vendredi 2 janvier 2009

Du bilanisme

Bilanisme est un comportement pathologique, la manie de dresser des bilans imaginaires, d’après mon dictionnaire de synonymes. Je ne sais pas s’il y a un mot pour quelqu’un qui n’en fait pas suffisamment ? Tout se nomme maintenant. Même l’innommable. Je vais tenter que le mien, mon bilan, ne soit pas imaginaire, cependant, vous n’en aurez aucune preuve. Dans la sphère errante du virtuel, jamais de preuve, et Le Petit Robert reste catégorique sur le sujet : « le virtuel : qui concerne la simulation de la réalité … ».

Une utilisation à outrance des dictionnaires pour s’adresser à ses lecteurs, comment s’appellerait ce comportement pathologique ? Dictionnarisme. Aucun dictionnaire va appuyer mon dire puisque je viens de l’inventer, je ne suis donc pas atteinte. Et bla-bla-bla … Tout pour ne pas faire de bilan ! Trop près peut-être des résolutions que je me refuse de faire publiquement pour la très bonne raison de ne pas les avoir tenues l’année passée ! Mon bilan ressemblera donc à un ramassis de réflexions.

Ce qui ressort de 2008 est une prise de conscience de ne plus lire de la même manière. Je me suis offert une preuve tangible : Nikolski. Je l’ai relu et je ne l’aborde plus du tout de la même manière. Ceci était une bande annonce … compte-rendu de lecture bientôt sur vos écrans, chez vous ou près de chez vous. J’ai le bilan humoristique. Je ne savais pas qu’il s’écrirait sur ce ton. Savons-nous vraiment quel humeur nous habite avant de s’emparer de notre clavier ? Non. Pendant que nous y sommes, parlons-en de ma prise de clavier ! Je ne le prends plus de la même manière, lui non plus. Il s’empare de moi, je le laisse beaucoup plus aller, je retiens moins la bride et il me fait des surprises. J’aime être surprise quand je lis, alors pourquoi pas quand je ME lis.

Mon année a aussi été marquée par le sceau indélébile des liens. Pour être lu, il faut savoir s’attacher à la grande chaîne des liens et ne nous faisons pas croire que nous écrivons un blogue avec l’idée que c’est seulement écrire qui compte. Surtout quand un des objectifs qui nous anime est d’être lu pour que les gens lisent encore plus … de québécois. Il fallait que la sorte celle-là. J’y reviens toujours pour toute son importante matière à réflexion. N’empêche que mon option de lire que du québécois fait encore se questionner plusieurs : ne serait-ce pas se fermer, ne serait-ce pas se priver des autres genres afin de mieux comprendre le québécois par la suite ? L’identité vient du geste de se poser à côté de l’autre, et de voir la différence, de cela je reste consciente. En 2009, mon projet est de continuer dans le québécois, incluant de temps en temps les exceptions qui font la règle. C’est sûr, l’envie de goûter à nouveau la littérature française est là et je ne peux passer à côté, l’idée n’est pas de m’offrir en sacrifice, surtout que je ne crois pas vraiment au bienfait du sacrifice. Mais je crois à l’exprès, à l’excès même, pour accentuer un mouvement. Si nous n’avions pas « excessivement » pris conscience qu’il faille parler le français le plus souvent possible au Québec, en « s’affichant » en français, en commettant ce que certains pourraient appeler un excès, aurions-nous pris conscience de la disparition du fait français de notre carte visuelle et auditive?

Je lis québécois, par exprès, par excès, pour amplifier le mouvement de conscience. À commencer par développer la mienne, pour qu’elle rejaillisse sur celles des autres. Voilà qui explique que, comme Suzanne si j’ai un livre à donner, il sera d’un auteur québécois. Et ce n’est pas parce que ce sont les meilleurs, mais pour la seule et si bonne raison d’être « nous ».

Bon, fini l’éditorial politique … ouf, sortie complètement de l’humour là ! Est-ce que j’ai fini avec l’an 2008 ? Je reviens à ce qui m’a frappé, le ou les débats, pour mon désir que ce blogue soit un carrefour d’opinions, en gardant cependant le ton du Passe-Mot. Que les lecteurs assidus s'y sentent chez eux, parce que ce sont mes visiteurs virtuels et à des visiteurs, on avance un fauteuil pour qu’il s’assoit confortablement. J’apprécie à tous les jours ma décision de modération des commentaires, je ne trouve pas l’habitude astreignante comme je le croyais à prime abord.

Mon doux, mon billet bilan est long sans bon sens ! Êtes-vous toujours là ?! Bon, ceux qui sont toujours là, eh bien, je vous annonce de nouvelles couleurs. Une forme artistique renouvelée, une apparence du Passe-Mot de Venise beaucoup plus à mon image, vous allez comprendre pourquoi si je vous laisse ce mot magique : MARSI.

En attendant, on entame cette 2009 avec appétit ?
Hum … pas le bon mot ces temps-ci, hein ?
Je recommence : on entame cette 2009 avec l’enthousiasme de l’espoir ?
Et si vous en manquez, un jour, une heure, une seconde, suivez-moi, j’en ais toujours un petit surplus juste pour vous !

29 commentaires:

Jules a dit...

Je suis toujours là... et rien d'autre ne me vient à l'esprit: Tu es adorable! Je te souhaite la meilleure année bloguesque en québécois ou en français selon tes envies!! Au plaisir de te lire encore et encore!

Beo a dit...

Je ne suis pas forte sur les bilans, par contre j'aime les regards circulaires et éclairés sur les actions passées qui permettent soit de rectifier le tir ou confortent dans les décisions prises. Assumer qu'ils disaient!

Je suis tout à fait d'accord avec ton point de vue de lire québécois d'abord et seulement, si c'est ton désir.

Personnellement, j'ai toujours abordé mes lectures par désir, sans égards envers l'auteur-surtout si c'est une découverte-.

Par la suite bien évidemment j'adopte ou pas. Pour bien illustrer mon affirmation-et surtout ne vexer aucuns auteurs-, je citerai l'exemple de Dany Laferrière.

Il est considéré comme auteur québécois, dans mon coeur il l'est aussi. Sauf que si je plonge dans ses écrits.... Je me retrouve plutôt dans l'univers haïtien. Une contradiction? Pas pour moi. ;)

Les auteurs sont influencés par leur lectures, par leurs coup de coeur. Je pense que c'est pareil pour le lecteur.

L'année qui vient saura bien guider tes choix :)

Pour le visuel de ce blog charmant: je suis impatiente de le découvrir!

Caro[line] a dit...

Je te souhaite une très belle nouvelle année, chère Venise !

Suzanne a dit...

De nouvelles couleurs!!!! Vite, j'ai hâte. Hum je sens quelques teintes de bleus..... (Clin d'oeil).
Euh dis-moi, est-ce que le lien d'où devrait mener mon prénom dans ton billet et qui mène vers ailleurs fait partie du côté humoristique de ton écrit? (Éclat de rire.)
Je blague dame Venise, ce n'est vraiment pas grave.
À très vite

Virge a dit...

Chère Venise, je te souhaite une nouvelle année pleine de magie et de lectures d'ici. Au plaisir de se recroiser bientôt :)

Venise a dit...

À Jules, Béo, Caro(line), Suzanne, Virge ... merci de votre indulgence ! J'arrive d'un party de famille (le dernier, le dernier) et je ME relis et moi qui disais que j'aime ME surprendre, je l'ai été à souhait en constatant mes sauts de mot, fautes, mauvais lien vers Suzanne ... alouette !
Je n'avais pas eu le temps de me relire, ce qui est intrépide, téméraire ou carrément négligent. Mais je me pardonne, une fois n'est pas coutume ! Et vous êtes vraiment fines de m'avoir laissé de si beaux messages, j'apprécie ÉNORMÉMENT !

Mistral a dit...

Addenda au bilan:

Ven a appris à faire des hyperliens.

Beo a appris que Dany est un écrivain japonais.

Les deux ont oublié.

:-)

Maxime a dit...

Kouuaahhh!!??? Marsi va... Marsi va... c'est pas vrai?! Je sens que ça va être génial! haha

Laurence a dit...

Ah! Chère Venise! De mon côté, je te souhaite une nouvelle année... sur les planches! Du théâtre, de l'intensité, l'éclosion de TON talent littéraire... Un programme d'exception pour une blogueuse d'exception!

Bonne année grand nez!
xx

Venise a dit...

@ Mistral : Pas question que j'oublie mes liens, mes hyperliens, mes superliens. Ni que je renie mes liens, mes superliens, mes hyperliens. Pas question que j'oublie ...
(Mon nouveau mantra que je partage avec vous).

Mistral a dit...

T'as pas oublié, vraiment, t'étais seulement bourrée, tu savais pus comment faire, sans doute, rien que de très temporaire, comme l'identité nipponne de Laferrière.

Venise a dit...

@ Maxime : Merci pour encore plus de pression.
Pas la bière.

Je m'amuse beaucoup de voir MARSI croulant sous la pression.
Pas la bière.

Il fût un temps où il résistait mieux à la pression et à la bière en fût.

Joke du troisième jour de l'an.

Venise a dit...

@ Mistral : Bourrée, gourée, on vient qu'on sait pu. Se saper made in Japan, se nipper made in Québec, on vient qu'on sait vraiment pu.

helenablue a dit...

Hello Venise ,

grâce à toi je lis québécois , et je me régale !!
Heureuse aussi que tu t'égare de temps en temps vers la France en autre !!
J'aime aussi aller chez Suzanne !!

Alors tu vas relooker ici , refaire la déco et tout et tout, chouette ,j'ai hâte !!

Blue kiss
helena

Mistral a dit...

LYES!!!

Venise a dit...

@ Laurence : Oui, les planches. Vaut mieux être sur les planches que sur le carreau.
Ça c'est de mon humeur troisième "Jour de l'an".

Mon humeur 362ième jour avant 2010 te remercie pour ce souhait qui me va droit au coeur ! Tu as ciblé mes désirs les plus chers.

Ceux qui savent le mieux souhaiter sont souvent au coeur même de leurs propres souhaits réalisés. Mon voeu va à ta belle poésie rebelle qu'elle se débride, qu'elle prenne tes lignes d'assaut comme les vagues ourlent la mer.

Pareillement grandes dents !

Venise a dit...

Ah, chère helenablue, tu me tends des perches irrésistibles : je ne m'égare pas quand je visite la littérature française, je me retrouve. C'est bien quand on visite ailleurs que l'on retrouve son chez soi le plus intensément.

Pour la déco, moi aussi je commence à sentir de la pression ! De la bonne ... euh, en tout cas, j'espère qu'elle fera du bon. En ce moment, c'est (un) brouillon. La seule chose vraiment claire est la confiance à celui qui brouillonne.

helenablue a dit...

Alors , ça ne peut être qu'une réussite !!
La confiance est une donnée plus qu'essentielle ! à mon sens ...
Et comme il est vrai que c'est plutôt un sentiment auquel je tiens , je suis parfois si étonnée que cela n'intervienne pas plus dans les relations et les échanges , et dans la vie ...
Car la confiance dans l'autre ( impliquant bien sûr une capacité à se faire confiance aussi ! ) est nécéssaire à l'humain pour s'épanouir ...
Ici , je suis en confiance ...
Et c'est trés précieux pour moi !

Merci à toi et à Marsi aussi !!

Helenablue

Maxime a dit...

Haha, et histoire de mettre encore plus de pression, c'est pour bientôt? :P

Venise a dit...

@ helenablue. La confiance. Ça y est le mot le plus important dans les échanges est lancé ! Précisons le genre d'échanges quant à y être et parlons des échanges virtuels ... comme par hasard ! La confiance est d'autant plus délicate à sentir que l'on n'entend pas le ton de la personne derrière l'écran. On n'a pas la moindre gestuelle pour tempérer certains mots. Il y a bien les "smiley" mais on ne peut tout de même pas remplacer tous nos points de phrases par de petits icônes "émotions" !

À mon sens, la confiance se tient très près de la connaissance. La connaissance rajoutée au temps, deux ingrédients menant sûrement à la confiance. Cependant, l'échange entre humeurs stables fait qu'il est parfois moins nécessaire de rajouter l'ingrédient "temps". Parfois mais pas toujours. Pas de garanti, même avec la confiance !

Le plus important est que, malgré tout, on fasse confiance à la confiance. Et le encore plus important est de te dire que ta confiance me touche et que je vais tâcher d'être à la hauteur.

Venise a dit...

@ Maxime : J'ai posé la question à Marsi qui y a répondu par un rire jaune d'un jaune bière blonde.

Je vais donc m'avancer pour lui à une date sûre d'être certaine :
en 2009

Mistral a dit...

La confiance, la confiance, Blue, c'est bien beau, mais si tu te ramasses jamais dans la valise du char à Ven et Marsi un soir où la neige abonde et le gros sel manque, faudra prendre ton mal en patience: y a pas de clé, pour cette valise, et Marc est le seul à pousser paske Venise tombe sul front dans le petit chemin interdit et qu'il préfère la savoir à l'abri, autrement dit ça pourrait prendre deux ou trois heures avant que tu soyes déprie.

Venise a dit...

@ Mistral, Quelle histoire ! Que d'imagination ! Une histoire à ne pas mettre un enfant dehors même par temps qui rit !

Mistral a dit...

Lyes!

Faut y apprendre, à notre chérie bleue, qu'une valise de char ici c'est dangereux, pis qu'elle a le droit de déambuler dans l'habitacle avec nous autres autochtones.

Sandy travaille là-dessus.

Phil a dit...

Un bilan intéressant dans un style inimitable. Continue d'être aussi passionnée et de permettre les échanges sur le passe mot.
Bonne année 2009 !

Venise a dit...

@ Phil : J'avoue que style inimitable fait plaisir à entendre. Une fleur. Qui pousse dans la neige. Je prendrai le temps de la humer quand j'aurais des doutes !

Je te souhaite une très bonne année, cher collègue de La Recrue :-D, une inspiration prolifique de tous les instants et une santé de fer pour le faire !

Lucie a dit...

Que ferait-on si tu n'existais pas? Il faudrait t'inventer? Mais tu t'inventes, tu te réinventes déjà, à chaque fois!
Bonne année 2009!

Venise a dit...

@ Lucie : Tu tombes sur LA phrase que Marc m'a dite juste avant que l'on commence notre histoire ! Il y a des couples pour qui c'est une chanson (il me semble que toi, ça doit être pas moins qu'un concert !) d'autres, c'est une phrase.

Se réinventer à chaque jour ... tout un défi !

Danaée a dit...

Pas toujours le jour même, mais moi aussi je suis là!
J'admire ta décision de t'en tenir à des lectures québécoises. Je n'irais pas jusque là, mais je pense comme toi qu'il faut assumer ce "nous". Et oui, donner des livres québécois, quelle bonne idée. Un geste (presque) politique.

Bonne année 2009, chère Venise. Qu'elle soit "enthousiaste", dans le sens "inspiré" du terme!
Bises!