Faites comme chez vous

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dimanche 6 janvier 2013

Notre langue et cetera

"Une langue, ce n’est pas seulement un ensemble de sons et de symboles qui permettent de parler au cellulaire et d’envoyer des textos. Une langue, c’est l’empreinte du coeur de ceux qui la parlent. C’est le répertoire des réflexions, des émotions, des expériences et des rêves partagés par une communauté. Notre langue n’est pas meilleure que celle des autres, mais c’est la nôtre. C’est notre vécu. C’est à nous qu’elle parle. Bien au-delà des mots. Nos rires, nos pleurs, nos soupirs sonnent français. Et si on est fier de ce qu’on est, on est fier de la langue qui nous a permis de devenir ce que nous sommes. Notre réalité, c’est en français que nous l’avons nommée. Que nous nous la sommes appropriée".

Qui a écrit cette strophe voici un an, quasiment jour pour jour ? Je vous le donne en mille : le blogueur, concepteur, auteur et réalisateur, Stéphane Laporte. J’avais cueilli son texte comme un fruit mûr, que j’ai ensuite fait confire (!) pour le déguster un an plus tard. C’est simple, mais c’est vrai. Il a pondu cette réponse après une question posée par les jeunes de Star Académie : « Pourquoi chanter en français ? ».  Il est revenu à la question source « Pourquoi parler en français ? »

De ramener ce texte sur la langue s’y prête aujourd’hui que l’on m’a posté cette liste de spécificités que j’ai trouvée aussi amusante qu’instructive :

1. Le plus long palindrome de la langue française est « ressasser »
On peut donc le dire dans les deux sens.

2. « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette » Oups ***.... se rajoute d'autres mots :
magnétocassette, lette (autre nom du letton, langue de Lettonie), pied-d'alouette, bébé-éprouvette, fume-cigarette, porte-serviette, casse-noisette, fixe-chaussette, quartette et quintette.

3. « Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e »
C'est-à-dire qu'il ne comporte aucun « e ».

4. L'anagramme de « guérison » est « soigneur »

5. « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave
Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul !

6. Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot.
Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre , « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ».

7. « Endolori » est l'anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal.

8. « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d'être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle
Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel. C'est ainsi!

9. « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] - « Oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles. Eh oui ! 


*** Cette liste est tirée de la page facebook Révision + Rédaction administrée par Marie-Claude Masse. 

page couverture temporaire
Donc, à demain, la reprise des recensements, histoire de finir mon année littéraire. Je suis si gourmande que parfois, j’aimerais être capable de lire plus qu’un livre à la fois. En fait, oui on le peut, mais en parallèle pas en même temps. La preuve est que je le fais en ce moment. En même temps que Qu’est-ce que tu fais là, tout seul ? je suis à lire, et à beaucoup regarder, Colis 22, la prochaine bande dessinée de Marsi. Il m’a demandé de la lire car demain, il commence une autre étape : l’encrage partiel et la coloration. Voici un an, j’ai lu attentivement le texte puisque je l’ai révisé (ainsi que Pierre-Greg Luneau) mais ce laps de temps me l’a fait oubliée, mais surtout, je n’avais aucun dessin sous les yeux. J’avais seulement ceux que je me faisais dans la tête ! Aujourd’hui, je vois ceux de Marsi et j’avoue que l’histoire a pris une dimension toute autre. Je la comprends mieux et l’apprécie mieux. Et je m’émerveille de ce talent de cinéaste de Marsi ; plans, prises de vue, séquences. Il règne du mystère dans cette bande dessinée pour moi qui l’ai déjà lue alors imaginez pour ceux qui la découvriront ! En passant, c’est une comédie policière de 153 pages, format un peu plus petit que le classique. Elle sera publiée en 2013, je ne m’avance pas pour le mois exact. Diplomatie oblige. Mais, vous vous doutez bien que je vais vous le faire savoir ...


*** à noter que ce n'est pas cette couverture qui sera publiée.

dimanche 21 décembre 2008

RÉPONSES au Méli Mélo Mots

Exercice 1 (remplacez les mots en italique)

A. Pas facile de manoeuvrer cette machine (ou utiliser)
B. Prendre ce raccourci va me faire gagner du temps
C. Selon les conditions du contrat … (ou clauses)
D. J’ai dû partir à l’entracte
E. Il me faudrait passer l’aspirateur (j’ai l’impression qu’en France, ça ne colle pas !)
F. Quelles sont les conditions d’admissibilité à ce concours.

Exercice 2 (remplacez « élaboré » par le mot approprié)

A. Pourriez-vous développer davantage votre sujet de composition
B. Elle a une toilette recherchée (sophistiquée, extravagante, soignée ...!)
C. C’est un programme très compliqué

Explication :
Élaborer, c’est préparer, construire par un long travail de l’esprit.
Élaborer, au sens de développer, préciser, donner des détails, est un anglicisme.

Exercice 3 (relever l’anglicisme )
Il y en avait deux :
1 Servir un avertissement
2 Il faudrait informer les personnes impliquées

Explication :
Employé en tant que transitif direct, servir se rapporte à des personnes. Il signifie s’acquitter de certains devoirs ou donner à manger. On ne peut donc servir un avertissement, servir au sens de « donner » est alors un anglicisme.

Être impliqué, c’est se trouver compromis dans une situation fâcheuse, illégale ou être engagé dans une cause, dans une action. Impliqué au sens de concerné est un anglicisme.

Exercice 4 - Tout

A. Les gens sont tout surpris (n’avait pas à être corrigé)
B. Rachel est tout heureuse (retrait du « e »)
C. Hélène est toute surprise (n’avait pas à être corrigé)
D. Elles sont toutes honteuses (ajout de « es »)
E. L’assistance tout entière se lève (retrait du « e »)
F. Les bolides sont tout seuls sur la piste (tout au lieu de tous)

Explication :
Le mot « tout » peut être adverbe quand il est placé devant un adjectif qualificatif. Il signifie alors « tout à fait » « entièrement »

Invariable si l’adjectif est au masculin
Invariable si l’adjectif est au féminin et commençant par une voyelle ou un « h » muet
Variable si l’adjectif est au féminin commençant par une consonne ou un « h » aspiré.

Règles tirées de Ma grammaire de Jacques Laurin et Roland Jacob, Éditions de l’homme.
N.B. : Toutes les "explications" sont tirées textuellement du "Bulletin pour tout dire " par Jacques Laurin.

=====
Je suis particulièrement contente pour cette règle du "Tout". Il me semble qu'enfin, elle s'est éclaircie dans ma tête. Et c'est bien là le but de l'exercice !

Susceptible - Colérique - irritable

Ah, bien là, nous allons pas laisser Jacques Laurin ou autres maîtres de la langue en décider à notre place ! Et si ça nous tente, on peut être les trois, c'est à nos risques et périls.
Mais, bonhomme de neige, que ça doit être fatiguant !

Allez, la récréation du Temps des Fêtes maintenant !

vendredi 19 décembre 2008

Méli Mélo Mots

Aucune odeur de tourtière, ni même de farce, l’odeur des mots seulement dans cette dernière leçon de français en 2008.

Remplacez les mots en italique
A. Pas facile d’opérer cette machine
B. Prendre ce raccourci va me faire sauver du temps
C. Selon les termes du contrat …
D. J’ai dû partir à l’intermission
E. Il me faudrait passer la balayeuse
F. Quelles sont les conditions d’éligibilité à ce concours ?

Élaborer est ajouté à toutes les sauces, remplacez-le par le mot approprié
A. Pourriez-vous élaborer davantage votre sujet de composition ?
B. Elle a une toilette élaborée
C. C’est un programme très élaborée

Relever les anglicismes (au besoin)
A. Donner un avertissement
B. Servir un avertissement
C. Je me suis trouvé impliqué dans cet accident
D. Il faudrait informer les personnes impliquées
E. Je suis impliqué dans un mouvement pour la promotion du droit des enfants

Au besoin, corrigez l'accord de l'adverbe tout dans les phrases suivantes :
A. Les gens sont tout surpris.
B. Rachel est toute heureuse.
C. Hélène est toute surprise.
D. Elles sont tout honteuses.
E. L'assistance toute entière se lève.
F. Les bolides sont tous seuls sur la piste

Êtes-vous ?
  • Susceptible
  • Colérique
  • Irritable
Pour vous aider à y répondre, tiré d'« Un bouquin n’est pas un livre » , Rémi Bertrand en décline les nuances :

Le susceptible se vexe – affecté dans son amour-propre
Le colérique se cabre – victime d’une saute d’humeur
L’irritable craque – est le jouet de son système nerveux

Et si le latin le confirmait :
Le susceptible, dépourvu de carapace, reçoit en plein cœur tout ce qu’on lui lance, qu’il prend pour des flèches. Le mot latin susceptibilis signifie « capable de recevoir »
Le colérique est celui dont la bile s’échauffe à cause d’une iniquité ou d’une faute auxquels il n’est pas forcément lié : la colère éclate comme une libération. Colère est emprunté au latin impérial « cholera » qui veut dire « bile ». On écrivait cholère jusqu’au dix-septième siècle.
L’irritable est celui auquel on inflige reproches et revers jusqu’au moment, qui vient assez rapidement, où il se montre irrité. Ses nerfs sont vite éprouvés. Irritable est emprunté au mot latin irritabilis signifiant « qui fait réagir les nerfs ».

Pour cette dernière question, je vous offre une porte de sortie (prière de ne pas la claquer !)
  • Aucune de ces réponses.
N.B. : Comme à l’habitude, je vous invite à oser vos réponses dans les commentaires. C’est en commettant des erreurs que l’on apprend ... ou en en faisant commettre aux autres ;-0

mercredi 3 décembre 2008

La politicaillerie

Le mot existe, j’en doutais un peu. Il s’invente des mots parfois, à cause des réalités qui, elles, ne s’inventent pas.

Politicaillerie, j’aime que le mot sonne en « raillerie » parce que c’est ce que je m’apprête à faire ici, de la raillerie de politique. De la basse politique, pas de la haute. Attention longue parenthèse : (Le problème en ce moment est que tout le monde doute qu’il y en ait de la haute, mais pour cette question épineuse, je vous dirige plutôt vers les blogues de Joseph Facal et Chantal Hébert, ces cerveaux lanternes qui nous allument et nous illuminent).

Je continue sur ma lancée « politicaillerie » pour l’expérience que j’en ai vécue dimanche au Salon des Arts de Brompton. Voilà l’histoire :

La tête penchée sur mon livre, je n’ai pas vu entrer deux hommes qui n’avaient pas le profil du visiteur de salons de cadeaux. Ceux-ci arrivent habituellement la tête haute, l’œil allumé, du rire et de la nervosité plein le corps. Tandis que là, sous mes yeux, deux vautours s'avancent, enveloppés de manteaux gris, le dos courbe et fourbe. Un des hommes découvre mon regard, fonce vers moi, me tend la main. Me tend la main ? Geste traître. Dans un tel Salon, qui te tend la main avant de regarder ce que tu as sur ta table ? Plutôt habituée aux œillades pour cette peur que les gens ont de se faire happer par la gentillesse de l’artiste et ensuite se sentir obligés de l’encourager quand c’est seulement acheter qu’ils veulent.

L’homme me décline son nom anglophone, enchaîne rapidement d’un « Je suis votre député dans la circonscription de …. » La surprise doublée d’étonnement devait détonner dans ma figure car il me demanda aussitôt : « D’où venez-vous ? » j’ai pensé lui répondre de Vénus, mais je répondis plus sobrement « De Eastman ». « Je ne suis pas votre député ». Derechef, je déclare : « Même pas besoin de me parler alors ! » accompagné d’un air aussi joyeux qu’un pinson découvrant une talle de graines de tournesol en plein hiver. Il recula. Ébloui par tant de joie peut-être ? Non, la mâchoire est trop serrée, l’œil trop mauvais pour en présumer. Il arrive à articuler un indigné « Voyons donc, madame, vous ne pensez pas ce que vous dites ! » Mais mon cher monsieur, je vous taquinais. Vous avouerez que c’était tentant !

Il déguerpit rapidement, sans demander son reste (quel reste d’ailleurs ?) vers des proies plus faciles mais surtout plus payantes. Son acolyte, lui, avait comme fonction de préparer le terrain en achetant de l’artiste (prière de ne pas retirer le de). Ma voisine de table, elle, habitant la circonscription a eu le bonheur de se faire acheter un agenda d’anniversaire à 12 $. Elle regrette encore de ne pas avoir poussé une vente plus lucrative. Quant à faire, me dit-elle après coup, car c’était peut-être pigé à même l’argent du parti !

Mais trêve de raillerie de la politique et revenons plus dignement au livre. Au temps du livre. Au temps qu’il faut prendre pour lire un livre. La courbe du temps, la dernière chronique de Nicolas Dickner est succulente, dégustez cette phrase en apéro :
Le livre, en revanche, demeure l'un des seuls objets culturels qui exigent de tout arrêter.
Je vous envoie aussi, si vous aimez l’homme qui arpente la vie par quatre chemins et cela depuis quelques décennies : Jacques Languirand et son nouveau site « Les repères de Languirand ». Si ça vous tente de le voir, autant que l’entendre, le sol de son repère est jonché de vidéos. Personnellement, j’ai préféré son boudoir où des livres parchemin s’ouvrent. Comme des miroirs, on y puise des sentences qui font réfléchir.

Voilà qui était pour ma chronique d’aujourd’hui, qui n’y a pas été par quatre chemins de politique raillerie.

Ça a fait du bien à mon cœur de rockeuse … euh, de "voteuse".

vendredi 14 novembre 2008

Connaissez-vous votre littérature québécoise ?

Il y a toujours un QUIZ à la fin de Bazzo.tv et hier soir, il portait sur la littérature québécoise. J’étais fébrile, toute excitée mais finalement, ils ont eu le temps de poser peu de questions. Qu’à cela ne tienne, la balance était sur le site. Vous avez toute la fin de semaine pour mesurer vos connaissances – avec ou sans appui – parce que finalement ce qui compte c’est d’apprendre. Lundi, j’irai quêter les réponses chez Bazzo.tv ... elles n’y sont pas en ce moment, donc pas de tricherie possible !

Juste avant de vous enfoncer dans la malle de votre mémoire, deux mots sur le Club de lecture (aux 2 semaines). Il y a une rotation dans les critiques et hier c’était Réjean Thomas, Pascale Navarro et Jean Barbe ou plutôt, Jean Barbe d’un côté et les autres, de l'autre. Les livres en jeu : Mégot mégot petite mitaine de Johanne Alice Côté et La Ritournelle de la faim de J.M.G Le Cléziot. Jean Barbe a dû mettre du feu et de la flamme pour défendre son opinion, ils étaient tous contre lui avec leur « pour ». Pour le premier, il a parlé de « scolaire et faire ses gammes" et pour le deuxième, une déclaration assassine pour un Nobel 2008 (!) : « une élégante façon de s’ennuyer ».

Il y avait de la fureur dans l’air, oublions le calme ici, même Dany Laferrière (qui les avait lus) n’a pas pu mettre son grain de poivre. Il s’est fait coupé la parole frette net sec. Il y avait un duel au bout de la table. J’aime bien ces discussions même si hier soir, j’ai eu l’impression qu’il y avait trois personnalités en jeu, pas seulement des bouquins. Je répète "l'impression", parce que tout le monde sait maintenant combien j'ai d'imagination que parfois je prends pour de l'intuition.

Allez, on a un QUIZ sur la table ! À la fouille et moi, ce ne sera pas seulement la mémoire !

Q. Dans quel roman publié en 1916 une femme hésite-t-elle entre trois soupirants (dont François Paradis) ?
Q. Quel sont le titre et l’auteur de ce roman du terroir se déroulant au Chenal du Moine ? Écrit en 1945, il a fait l’objet d’adaptations à la radio et au cinéma.
Q. Ce roman historique en deux tomes relate la révolte des Patriotes à travers le regard de la femme de leur chef.
Q. Quel personnage de bande dessinée québécoise fête cette année ses 25 ans ? Son auteur a écrit sa première bd à 10 ans. Comment s'appelle-t-il ?
Q. Quel guide du vin publie sa vingt-huitième édition cette année ?
Q. Quelle maison d’édition célèbre ses 50 ans cette année ?
Q. Quel éditeur a lancé un disque en début d’année ?
Q. Son roman La Sablière fut porté au grand écran sous le titre Mario.
Q. Elle a crée Mademoiselle Charlotte, héroïne des jeunes
Q. Quel auteur a remporté le prestigieux prix Man Booker Prize en 2002 ? Pour quel roman ?
Q. Qui était derrière Les Insolences du frère Untel ?
Q. Elle a 20 ans en 1968 à Montréal, c’est la première héroïne de Francine Noël.
Q. Qui signe la préface de la biographie de Réjean Thomas ?
Q. Dans quelle région se déroule Un homme et son pêché ?
Q. Sur quel crustacé Jean Barbe s’est-il penché dernièrement ?
Q. Quel crustacé est illustré sur le plus récent roman d’Éric Dupont ?
Q. Pour quel roman Anne Hébert a-t-elle remporté le prix Fémina en 1982 ?
Q. Quel classique de la littérature québécoise vient, à 50 ans, d’être adapté en bande dessinée ?
Q. Quel roman de Michel Tremblay fut à la fois adapté au cinéma et à la télévision ?

Questions et photos sont tirées du site de Bazzo.tv

ATTENTION, CERTAINES RÉPONSES SONT DANS LES COMMENTAIRES ... SINON MÊME TOUTES !

vendredi 31 octobre 2008

Réponses : avez-vous tout bon ?

Voici les réponses. La première, j'avoue que j'ai diablement le goût de la contester. C'est un peu pour ça que je l'ai inscrite. Voyez vous-même et on s'en reparle en bout de réponses :
1. Au lieu de escorte, call-girls (!!!)
2. Boire à la fontaine

Mâle-Femelle
:
3. Je suis le mâle d'une oie : Jars
4. Je suis la femelle du faisan : Faisane
5. Je suis le mâle de la chouette : Chouette
6. Je suis la femelle du sanglier : Laie
7. Je suis la femelle du lièvre : Hase
8. Je suis un veau femelle : Génisse
9. Je suis la femelle du corbeau : Corbeau
10. Je suis la femelle du chevreuil :
Chevrelle

Pour cette dernière catégorie c'est, une fois de plus, la démonstration que nous en savons peu sur le "Mâle-Femelle" ... et englobez-y tous les sous-entendus si ça vous chante !

En toute honnêteté qui a eu tout bon ? Que vous soyez mâle ou femelle, levez-vous que l'on vous voit et vous applaudisse !

Escorte maintenant. Y paraît que :

Escorte
est un cortège d’honneur ou encore un groupe de personnes, parfois armées, qui accompagnent quelqu’un pour le protéger. Escorte désigne aussi un ou des navires de guerre protégeant des navires de transport. Par exemple, les gardes du corps du premier ministre constituent son escorte. (Référence "Pour tout dire")

Je veux bien. Mais le remplacer par call-girls, je sais pas. Ça rentre pas dans mon ciboulot. Mais, enfin ... tout en sachant ce qui est béni des maîtres contestables de la langue, modulons avec notre langue en bouche. Parce que notre langue, elle nous appartient, surtout qu'en tant qu'habitante d'un palais, elle a sa royauté. Après tout, nous ne sommes pas toujours sous le lorgnon d'un Pivot qui tend son piège de dictée honorifique.

Mais ne disons pas pour autant fontaine, je ne boirai pas de ton eau parce qu'y paraît que :

Un abreuvoir est un lieu ou une installation où boivent les animaux. • Soir et matin, les vaches vont à l’abreuvoir. Quand les gens ont soif, ils vont plutôt boire à la fontaine. Notez qu’on ne s’abreuve pas à une fontaine, on y boit. (Référence "Pour tout dire")

Me voilà désaltérée de mots certifiés jusqu'à la prochaine fois.

dimanche 13 juillet 2008

Est-ce qu’on se fait la leçon ?

La leçon de français, je veux dire.
Il y a toujours à apprendre avec elle. Elle porte bien son nom de vivante. Elle est si vivante, qu'elle me tient en vie. Il n’y a pas une journée où je me couche sans avoir appris un petit quelque chose à son sujet. Elle se révèle petit à petit, mot à mot, accent par accent.
Faisons un petit tour chez moi. Je prends mon bain à tous les soirs. Ça, c’est correct. Mais si je dis, regardez mon bain, comme il est spacieux … eh bien là, je me goure, je devrais dire « Regardez, comme ma baignoire est spacieuse. Et de un !
L’année passée, nous sommes revenus avec un magnétoscope tout neuf et Marc, patiemment, l’a connecté au téléviseur. Ça c’est correct. Mais si le même Marc veut le connecter dans la prise murale pour que ça paraisse que nous avons fait l’acquisition d’un beau magnétoscope neuf, eh bien, là on se goure, car il doit le brancher dans la prise murale et, non, le connecter. Et de deux !
Je ne sais pas si vous le saviez mais Marc et moi aimons décorer, comme bien des gens d’ailleurs. Ayant au-dessus de nos têtes, un toit "cathédrale", les pans de murs ne manquent pas et comme nous n’avons pas les moyens de s’acheter des tableaux de grands maîtres, pour tromper la nudité des murs, j’utilise nos plus belles photos et je les encadre. Je suis donc abonnée chez Omer De Serre où il se vend de jolis cadres. Ça, c’est correct, c’est linguistique et économique. Un appareil photographique performant, une famille photogénique et beaucoup d'enthousiasme font que nous possédons maintenant une belle collection de cadres sur nos murs. Et bien là, attention, le cadre est ce qui entoure la photo, on ne doit donc pas désigner l’ensemble cadre et photo par le mot cadre. Est-ce qu’on appelle cet ensemble photo et cadre "tableau" ? Là, j’avoue que je n’en ai aucune espèce d’idée. Le bulletin « Pour tout dire » de Jacques Laurin n’en glisse pas un mot, c’est pour dire qu’il ne dit pas tout !
Cet été, il ne fait pas très chaud, il faut donc parfois enfiler des bas sous nos sandales. Ce n’est pas correct. Et pas seulement parce que c’est laid ! Si j’ai les pieds qui commencent à refroidir et que je vais de ce pas enfiler mes chaussettes, alors là, en plein dans le mille ! Mais s'il vente très fort et que je suis une personne particulièrement frileuse, que mon mollet est frigorifié jusqu’aux genoux et si malgré l’été, je déniche une paire de bas dans mes tiroirs, alors là, tous les linguistes de la Terre crieront « Chapeau bas ! ».
Amusant n'est-ce pas ?
Maintenant, un petit test de connaissance, histoire de ne pas perdre (sa) connaissance ?
Au besoin, remplacez ou corrigez les mots en caractères gras :
1. Ces derniers cinq mois ont été un pur ravissement.
2. Cette tâche semble beaucoup trop fatiguante pour toi.
3. D'ailleurs, Jean-Paul siège sur le comité depuis trois ans.
4. Avais-tu remarqué ces superbes châles indigo en solde?
5. Ses cheveux châtains clairs...
6. Il s'agit, en fait, d'un fabriquant de jouets réputé.
(Adaptés de « Ma Grammaire », par Roland Jacob et Jacques Laurin, Éditions de l'Homme)
Réponses demain, à moins que quelqu’un ait tout bon ... ce qui risque fort de se produire.

jeudi 21 février 2008

La pyramide du temps

Bonjour ! Enfin, un peu de temps pour deviser sur le temps. Il m’en a manqué à cause de Pyramide. Je veux vous parler de ce quiz, jeu de mots qui arrive bientôt sur nos écrans. Certains connaissent peut-être déjà le concept puisqu’il a été en ondes partout sur la planète (j’aime ça exagérer !) avant d’atterrir à Radio-Canada. En gros et en petit, c’est de la devinette de mots. Un maître de mots essaie de t’en faire deviner, en rafale, 7 mots au 30 secondes (840 mots à l’heure !), et plus tu montes dans la pyramide, plus il y en a et ils se regroupent, les coquins, devenant des expressions par exemple. Et à un certain moment, ces fameux mots se transforment en dollars et c’est là que les participantes, comme – potentiellement – moi, interviennent. Ce n'est pas sans peine, j’ai commencé par passer une entrevue filmée et aujourd’hui, c’était une simulation du jeu, toujours filmée, parce que l’on filme beaucoup à Radio-Canada ! Et en bout de mots, je vais peut-être me mériter une participation, je le saurai quand ils vont le savoir (!) c'est à dire au mois de mars ou avril, ou jamais, si je ne suis pas choisie. Je me suis assez bien débrouillée, quand on aime les mots, on se permet d'espérer que ces mots puissent nous aimer suffisamment pour se transformer en argent afin que, par la suite, on puisse (re)transformer cet argent en mots ... en s’achetant des livres !

Je devais bien aboutir à la lecture un jour quant à vous parler de Pyramide. Si ça vous enchante, un petit clic de souris ici et vous serez sur le site et toutes ses explications. Voilà ! Mission accomplie, nous allons devenir concurrents ! Impossible de vous laisser sur cette futilité des mots, quand on a sous la main un génie de la réflexion absurde sur la littérature, et j’ai nommé nul autre que Nicolas Dickner. Je vous invite à lire cet extrait constructif autant que rigolo sur quel temps à employer dans nos romans. Le dilemme devant lequel nous place le choix du temps d’un récit :
Prenez le temps de narration. Vous entendez beaucoup de romanciers pester contre le temps de narration? Non, ils se taisent, les coquins. Quelle magistrale épine dans le pied, pourtant. Ce choix en apparence anodin entraîne des répercussions sans fin.
Essayez un peu d'imaginer de grands classiques déclinés dans un autre mode temporel...
Longtemps, je m'étais couché de bonne heure.
Longtemps, je me couchai de bonne heure.
À cette époque, je me couchais de bonne heure.
Ah, me coucher de bonne heure comme autrefois!
Depuis longtemps, je me couche de bonne heure.
Longtemps encore, je me coucherai de bonne heure.
Chacun de ces temps de verbe débouche débouchera aurait débouché sur un récit parallèle profondément différent.
Rien n'importe plus que le temps. Il passe trop vite ou trop lentement. Il est persillé d'ellipses. Il se cristallise, s'évapore, se condense. Nous évoquons les temps anciens, nous redoutons la fin des temps. Quant au présent, physiciens et bouddhistes nous assurent qu'il est illusoire: tout fuit et se transforme sans cesse. (Je veux bien, mais faut-il narrer ce mouvement au passé simple ou au présent?)
En écriture, négocier le temps du récit revient à magouiller avec l'anatomie de l'univers.
Ne croyez surtout pas les apprentis techniciens qui prétendent que le verbe x donne à coup sûr l'effet y. En matière de temps, Albert Einstein a clairement démontré que tout est relatif - et cette relativité cause mille migraines au romancier.
Si vous voulez lire sa chronique au complet dans le Voir, cliquez ici.

vendredi 4 mai 2007

De l'âne au coq


Quand l'intention est d'aborder un sujet et puis l'autre, sans suivre d'ordre, quelle importance de placer le coq avant l’âne, voulez-vous bien me le dire ? Je suis certaine que vous n’y verrez que du feu ! "N'y voir que du feu", une autre expression courante. Je me jette sur mon dictionnaire … Mon dieu, à cet instant, combien j’apprécie que le français soit ma langue maternelle ! Une page et demie de dictionnaire pour « feu », combien cela vaut-il de pages en caractère lisible ?! Bien entendu, j’ai du lire tout, absolument tout, pour arriver à la fin à un « n’y voir que du feu » : ne rien y voir (dans le sens d’éblouir). Tout cette lecture pour ça ! Soit que je change de dictionnaire, soit que je m’adresse à quelqu’un qui a plus d’imagination, ou de connaissance, ou un meilleur dictionnaire. Parce que ici, nous faisons au moins un feu par jour (n’ayez crainte dans un foyer de masse !) et je n’ai jamais été ébloui par le feu. Je peux partir dans la lune en le fixant longtemps oui, mais éblouie jamais. M’échappe la filiation du mot. Y aurait-il un détective de la lettre à l’écoute ... ? En attendant, puisqu’il faut bien attendre, j’ose une conclusion intempestive sur l’extrême adaptabilité de la langue. Comme pour le principe du jeu du téléphone, les expressions se transforment à l’usage, et rapidement à part ça, et nous avons la surprise de réaliser qu’à la source l’expression n’avait pas ce sens. Et pourtant, tout le monde comprend le nouveau sens adapté. C’est pour dire que se sont les utilisateurs d’une langue qui ont le dernier mot.

Mais ce n’était pas là mon dernier _ _ _. Le paragraphe précédent était de l’imprévisible, il est donc grand temps que je m’attaque à mon prévu qui était à saveur de coq à l’âne, vous vous rappelez ? Quant à être dans les mots, parlons mot de passe dans le Passe-mot. Une personne m’a raconté sa tentative d’ajouter son commentaire au Passe-mot ce qui est, à mon avis, très très louable ! Quand il lui a été demandé son « Mot de passe », elle a figé (j’ai beaucoup d’imagination) et a tout interrompu. Elle ne connaissait pas « notre » mot de passe ! Elle a eu l’impression (toujours l’imagination) de ne pas faire partie de la gang des amoureux de la lettre puisqu’elle ne connaissait pas LE mot de passe. Il est temps que je dise un mot sur le sujet, et pas un mot de passe, même si c’est le Passe-mot. Il n’y a pas de « Mot de passe » prédéterminé. Imaginez-en un ! Votre auteur préféré mettons. Ou le nom de votre chat, s’il a une connotation littéraire … je blague. N’importe quel mot qui vous inspire, excepté « feu » … J

Pour terminer, même si je n’ai pas abordé tous les ingrédients de mon coq-à-l’âne (ils l’écrivent comme ça aussi dans le Larousse) je ne peux passer sous silence la lecture sur scène par Jean L’Italien et Bernice Hamel (initiatrice du projet) d’un échange de lettres « Le grand amour Monet-Chartrand » à l’Église de Richelieu. J’ai réalisé en l’écoutant combien ces lettres m’ont marqué dès une première lecture dans « Ma vie comme rivière ». Elles se sont ancrées en moi. Un hommage mérité et respectueux pour cette grande dame, Simonne Monet. Un incident m’a particulièrement touché, Michel Chartrand, dans toute la fragilité de ses 90 ans, s’est levé de son banc un peu avant la fin et de son propre-chef a décidé d’aller donner la main à chacun des participants. Ceux-ci accueillaient ces remerciements l’air un peu éberlué. Une bonne âme lui a tendu le bras pour aller le reconduire et ainsi pouvoir donner le mot de la fin.

Quant à moi, c’est Michel Chartrand qui l’a eu le mot de la fin.

Sachons accueillir l’imprévisible, de toutes manières, les événements de la vie se présentent de l’âne au coq !

Venise

mercredi 25 avril 2007

Le dictionnaire tire de la patte

La vie devance le dictionnaire. C’est en 2006 seulement que les deux dictionnaires francophones entraient le mot « blog » dans leurs lourdes entrailles. Petit Robert 2006 :
"Carnet de bord sur internet. Site animé par un individu ou une communauté qui s’exprime régulièrement dans des billets commentés par les lecteurs".
Le Larousse a tenu à ajouter ; synonyme du weblog.

« Web-log », un son pas particulièrement français. Le langage web a un penchant pour l'anglais , pensons e-mail ou chat (pas du minou là !). Et puis, un jour, une petite saveur de français sur la langue a donné du goût pour que le web résonne en français par son courriel et son clavardage. Alors, pas de surprise si je vous avoue préférer la francisation, transformant le blog en blogue. Oui, nous, on aime ça les « ue » en français !

Le Petit Robert n’a pas fini de courir pour nous suivre. Récemment, j’ai trouvé dans le blogue de Steve Proulx, journaliste du Voir et rédacteur en chef de la revue Urbania, un nouveau mot, bloguoïnomane. Il expliquait son état en ces mots :
"Bonjour, mon nom est Steve Proulx et je suis bloguoïnomane. Depuis presque un an maintenant, j'alimente un blogue de façon régulière. Oh, j’ai commencé de façon naïve, sans penser au lendemain, en me disant que je pourrais arrêter n'importe quand et puis …"
Puis, il est devenu accro. J'y vais de cette prédiction : en 2016 le dictionnaire adoptera bloguoïnomane et sa définition d’excès dans l’action de bloguer.

Mais en attendant, je suis encore surprise d’entendre des analystes aussi crédibles qu’un Jean-François Lisée avancer que, d’après consultation des blogues du matin, les gens pensent ceci ou cela. La masse silencieuse parle. Dans le temps de ma mère, c’était via les lignes ouvertes et parfois, les gens s’engueulaient ferme. Les blogues ont ceci de bon qu’on prend le temps de se tourner le crayon sept fois avant d’écrire. Pour ne pas dire des niaiseries ou si on en dit (comme moi présentement !), qu’elles soient bien senties !

Blaque à part, je suis très impressionnée par l’ampleur du phénomène. Il faut drôlement croire à son « je » pour s’avancer ainsi avec ses opinions, ses commentaires, ses informations. Si quelqu'un m’avait dit, voici un an, que j’oserais tenir un blogue, j’aurais répliqué « Bais, voyons donc ! » .

Tout a commencé par mon intérêt à lire les articles sur le site Voir. Je lisais quantité de chroniques ou de reportages, attentivement, très attentivement et pourtant, même après une année d'une telle lecture, je ne connaissais toujours pas la personne cachée derrière son texte. Il faut dire que le texte journalistique a quelque chose de froid pour la rigueur à rendre compte. Et puis, forcément, puisque c'est très en évidence, j’ai découvert que chaque chroniqueur (ou presque) tenait un blogue. Quelques semaines à avaler goulûment du blogue, à réagir aux commentaires et voilà, c’était presque des amis !

J'exagère un peu pour l'amitié mais chose certaine, il y a rencontre. Le blogueur (prédiction : en 2010 dans le Petit Robert) dévoile ses goûts, ses opinions et partage une mine de renseignements. Il s’ouvre. Et cette ouverture est une invitation implicite aux lecteurs à s’ouvrir. Entre gens ouverts, les idées circulent, les informations aussi. C’est un partage respectueux et de là un apprentissage possible. On apprend un de l’autre. Si je me suis mise à aimer ces antres où l'on parle au "je", c’est aussi parce que j’aime les coulisses, la face cachée du paraître me captive outre mesure. Vous allez me dire, on appelle ça de la curiosité. Oui et je l’assume.

N’empêche, qu’il y a quelque chose d’encore nouveau pour moi de se faire des amis, des alliés derrière un écran. Ça, si on me l’avait dit quand j’avais sept ans, j’aurais certainement répondu « Je vous crois pas ! » (on est plus direct quand on a 7 ans !).

Alors, si comme moi vous aimez les coulisses, les dessous, tout ce qui ne se dit pas sous le couvert de l’officiel, on est fait pour s’entendre. Si vous êtes en quête perpétuelle de trésors à lire, si vous aimez échanger sur la lettre dans son sens large, suivre le monde littéraire qui fourmille de créateurs fous d’imagination, si vous aimez vous mesurer via des concours littéraires (que je vous communiquerai avec plaisir) ; bienvenus ici, vous êtes à la bonne place !

Le frottement des opinions crée des étincelles qui donnent de la lumière afin d’y voir plus clair.

Curieusement vôtre,

Venise

mardi 24 avril 2007

Cher anonyme

Je vais tenir pour acquis qu'il ne faut pas prendre pour acquis !

Donc, cher anonyme, merci ! (en passant, c'est la première fois que je remercie un anonyme, j'imagine qu'il y a un début à tout). Si vous avez tenu à votre anonymat j'espère que ce n'est pas parce que vous m'avez repris car sachez que, bien au contraire, je vous en suis reconnaissante. J'aime apprendre !

La vie est un "work in progress" ou une tâche continuellement en cours d'exécution, et si quelqu'un a une meilleure traduction de cet adage de langue anglaise, je suis grande ouverte car ...

... il ne faut jamais rien tenir pour acquis !

Venise