mardi 3 juillet 2007

La main sur la souris


Il y a des bibliothèques sur le net, donc évidemment des livres entiers à lire sur son écran. À prime abord, cela me dépasse un peu. Un peu beaucoup, disons. Pourtant, il y a de vaillants défenseurs de cette nouvelle manière de lire en ménageant nos arbres. Malgré cet argument pesant, je me sens rébarbative à cette nouveauté. Pourtant, je n'écris presque plus avec une plume et du papier. J'écris à mes amis en tapotant sur un clavier et j'attends des réponses instantanées via mon outlook EXPRESS. Ça presse toujours d'obtenir des réponses express parce qu'on aime donc ça les réponses. D'ailleurs, n'est-ce pas la raison pour laquelle on se pose tant de questions ?

Donc, tant qu'à faire, je pourrais aussi m'ouvrir à lire des livres sur un écran. Et plus j'y pense, je le fais déjà, puisque je lis quantité d'anecdotes qui sont autant d'histoires racontées en abrégé, non ?

Entendons-nous bien, je ne veux pas répandre de fausses rumeurs ici, après tout je suis nichée sous le blogue des Correspondances d'Eastman. J'utilise encore la plume et le papier. Et pas seulement durant l'événement Les Correspondances ... Holà, quand même ! Il faut bien que je me fasse la main avant ! Non, mais ça se perd une belle main d'écriture - vous vous rappelez, on disait ça autrefois - il faut donc s'entretenir, se pratiquer. Donc, je me pratique ... surtout avec les gens qui n'ont pas l'internet. Chut !

Maintenant que je me suis justifié plus que le lecteur n'en demande, je reviens au livre électronique, le e-book. Où il y a du livre, il y a de la bibliothèque et la première à s'allonger, tablette par tablette, auteur par auteur, est la Gutenberg. Parti courageusement de la tête d'un étudiant de l'Illinois qui, à temps perdu (!) et à l'aide d'innombrables bénévoles a entrepris de garnir une première bibliothèque électronique en 1971. À l'heure actuelle, elle contient 20,000 titres. Trente-six ans plus tard, il y aurait maintenant une douzaine de bibliothèques électroniques dont, bien sûr, une Québécoise.

Il faut donc se rendre à l'évidence qu'il y a des usagers qui fréquentent ces bibliothèques. Même si le phénomène est relativement nouveau, on commence déjà à se questionner, je dirais même à reculer, et cela malgré tout le respect que nous devons à nos érables centenaires.

Jusqu'à date, les défenseurs du livre papier s'écrient et se charment devant la sensualité du livre, irremplaçable contre la lumière crue d'un écran cathodique. C'est froid, disent-ils. Mais là, se rajoute une raison qui m'a tout à fait conquise, moi qui l'était déjà : La passivité. Paraîtrait-il que l'ouverture à l'autre (l'auteur) exige un constant effort à faire sur soi-même afin de ne pas se laisser distraire. Réaliser pleinement le plaisir que procure la lecture sans actions, sans tension et surtout sans tentation ... de mettre la main sur la souris. Cette souris qui, d'un clic, vous expédie ailleurs que dans l'univers d'un auteur. Les clics qui nous zappent d'un site à l'autre, d'un blogue à l'autre, d'un jeu à l'autre. Et oups, envolé le monde merveilleux de Marie Laberge !

Tandis qu'assis au salon, sous la lampe torchère, on se recueille les méninges. On se neutralise la neurone. Et puis, on avouera que tourner et puis marquer les pages d'un livre sont des points de repère essentiels à un cerveau. Au mien, en tout cas.

Morale de cette histoire : se tenir loin des souris.

2 commentaires:

Lucie a dit...

Ces bibliothèques en ligne regorgent en effet de trésors, surtout des textes anciens, impossibles à retrouver en bibliothèque. J'ai eu le plaisir d'y faire appel à quelques reprises mais, je le confesse, le plus souvent, j'ai imprimé le texte pour pouvoir le sentir au creux de mes mains.

rémi a dit...

Moi je suis d'accord qu'un écran d'ordinateur c'est froid, qu'il soit cathodique ou non. Je ne serais pas capable de lire un livre en entier sur mon ordinateur. Il y a des choses qui doivent changer, d'autres pas. Le contact avec le papier, avec la reliure du livre est essentiel. De plus, lire sur un écran d'ordinateur pendant trop longtemps me donnent des yeux rouges.