jeudi 21 février 2008

La pyramide du temps

Bonjour ! Enfin, un peu de temps pour deviser sur le temps. Il m’en a manqué à cause de Pyramide. Je veux vous parler de ce quiz, jeu de mots qui arrive bientôt sur nos écrans. Certains connaissent peut-être déjà le concept puisqu’il a été en ondes partout sur la planète (j’aime ça exagérer !) avant d’atterrir à Radio-Canada. En gros et en petit, c’est de la devinette de mots. Un maître de mots essaie de t’en faire deviner, en rafale, 7 mots au 30 secondes (840 mots à l’heure !), et plus tu montes dans la pyramide, plus il y en a et ils se regroupent, les coquins, devenant des expressions par exemple. Et à un certain moment, ces fameux mots se transforment en dollars et c’est là que les participantes, comme – potentiellement – moi, interviennent. Ce n'est pas sans peine, j’ai commencé par passer une entrevue filmée et aujourd’hui, c’était une simulation du jeu, toujours filmée, parce que l’on filme beaucoup à Radio-Canada ! Et en bout de mots, je vais peut-être me mériter une participation, je le saurai quand ils vont le savoir (!) c'est à dire au mois de mars ou avril, ou jamais, si je ne suis pas choisie. Je me suis assez bien débrouillée, quand on aime les mots, on se permet d'espérer que ces mots puissent nous aimer suffisamment pour se transformer en argent afin que, par la suite, on puisse (re)transformer cet argent en mots ... en s’achetant des livres !

Je devais bien aboutir à la lecture un jour quant à vous parler de Pyramide. Si ça vous enchante, un petit clic de souris ici et vous serez sur le site et toutes ses explications. Voilà ! Mission accomplie, nous allons devenir concurrents ! Impossible de vous laisser sur cette futilité des mots, quand on a sous la main un génie de la réflexion absurde sur la littérature, et j’ai nommé nul autre que Nicolas Dickner. Je vous invite à lire cet extrait constructif autant que rigolo sur quel temps à employer dans nos romans. Le dilemme devant lequel nous place le choix du temps d’un récit :
Prenez le temps de narration. Vous entendez beaucoup de romanciers pester contre le temps de narration? Non, ils se taisent, les coquins. Quelle magistrale épine dans le pied, pourtant. Ce choix en apparence anodin entraîne des répercussions sans fin.
Essayez un peu d'imaginer de grands classiques déclinés dans un autre mode temporel...
Longtemps, je m'étais couché de bonne heure.
Longtemps, je me couchai de bonne heure.
À cette époque, je me couchais de bonne heure.
Ah, me coucher de bonne heure comme autrefois!
Depuis longtemps, je me couche de bonne heure.
Longtemps encore, je me coucherai de bonne heure.
Chacun de ces temps de verbe débouche débouchera aurait débouché sur un récit parallèle profondément différent.
Rien n'importe plus que le temps. Il passe trop vite ou trop lentement. Il est persillé d'ellipses. Il se cristallise, s'évapore, se condense. Nous évoquons les temps anciens, nous redoutons la fin des temps. Quant au présent, physiciens et bouddhistes nous assurent qu'il est illusoire: tout fuit et se transforme sans cesse. (Je veux bien, mais faut-il narrer ce mouvement au passé simple ou au présent?)
En écriture, négocier le temps du récit revient à magouiller avec l'anatomie de l'univers.
Ne croyez surtout pas les apprentis techniciens qui prétendent que le verbe x donne à coup sûr l'effet y. En matière de temps, Albert Einstein a clairement démontré que tout est relatif - et cette relativité cause mille migraines au romancier.
Si vous voulez lire sa chronique au complet dans le Voir, cliquez ici.

1 commentaire:

Danaée a dit...

Bonne chance pour ta participation, chère Venise. Si tu es prise, tu nous diras quand on pourra te voir en action!

En ce qui concerne le temps de narration, j'ai opté pour le présent. N'y a-t-il pas un plus bel angle pour aborder la vie? C'est le Carpe diem, mis en pratique!