J'avais hâte. Qu’est-ce que Philippe Falardeau nous avait concocté avec « C’est pas moi, je le jure ! » et Alice court avec René de Bruno Hébert ? Eh bien, je suis coite d’admiration. Depuis le temps que je suis à la trace les romans transposés sur écran, c’est mon meilleur. Falardeau a été cherché la crème des deux romans, faisant ressortir les motivations du bambin à n’en exacerbant l’émotion. Mais pas trop quand même, juste ce qu’il faut pour y croire.L’adulte que je suis y croyait et jugeait les adultes qui se gouraient royalement avec cet enfant. Qui ne savaient pas comment le prendre. La plus grosse différence est que dans le film, c’était moins dramatique que dans ma tête ! Le réalisateur y est arrivé ; faire ressortir le comique des situations, même celles de destruction massive. Mais surtout il a su amplifier ce qui manquait sur mon tableau intérieur, le côté heureux, malgré tout, de Léon.
Le couple enfant Léa et Léon est sublime de justesse, touchants tous les deux, mais donnons la palme au jeune comédien, Pour un jeune de cet âge, il n’est pas seulement question d’un talent d’interprète, c’est le talent de rester ce qu’il est, même devant une caméra. Ce qui fait que l’on n’aime pas seulement Léon, on aime le comédien Antoine L’écuyer. Cet enfant a du charme et c’est d’autant plus frappant qu’il a le teint pâle, les traits un peu ternes, mais quelle transparence dans le regard ! Il ne porte pas de masque, même pas celui de joli garçon.
C'est le père qui m’est apparu le plus différent. Chez un Daniel Brière, j'ai moins senti le personnage inspiré du sénateur Jacques Hébert, homme rigide et strict. De l’impatience, de la fermeture, mais pas l’exaspération colérique du père romanesque.
La reconstitution d’époque est forte parce qu’elle est restée à sa place ; un décor qui complète. Les musiques superbes qui étreignent l’âme et exacerbent la tristesse de l’isolement. Parce que c’est d’un enfant seul, très seul dont il s’agit. Est-ce pour cela que chaque personne dans la salle avait le goût de le prendre dans ses bras ou de jouer avec lui ?
La cuvée des films québécois est florissante cette année, mais celui-là, c’est mon coup de cœur pour l’habileté à y présenter des émotions fortes d’une manière si naturelle qu’on finit par se dire : « C’est la vie ! »







