jeudi 8 mai 2008

Confession d'un bloguoïnomane

Dans mon billet du 23 avril (premier anniversaire du Passe-Mot), j’ai fait une allusion à la bonne attitude pour continuer à alimenter un blogue dans le plaisir. J’en parle car je trouve que c’est un exercice d’équilibriste ; suivre le fil sans tomber. Ça l’air de rien comme ça, mais il faut s’observer. Ne pas se perdre de vue. Un excès est si vite arrivé quand il s’agit du désir d'être lu et aimé fidèlement.
Les lecteurs nous apportent tellement qu’on ne veut pas les négliger, naît parfois le dilemme : me négliger ou les négliger ? Où se termine l’assiduité pour se commencer en esclavage ? Devenir dépendant, en avoir besoin pour son bien-être, prendre l’escalier pour monter l’escalade du donner pour recevoir et finir par s’essouffler en réalisant qu’il n’y a pas de fin à monter. Continuer à monter, monter…. Puis dégringoler !
Avant même d’écrire le premier mot du Passe-Mot, j’ai eu un avertissement pour ne pas tomber dans cette dégringolade (permettez-moi cette chute de mots !). Un spot rouge accompagné d’un système à l’alarme stridente m’ont réveillé avant même que je m’endorme. Je parle de la confession de Steve Proulx, journaliste du Voir et blogueur. Je vous invite à le lire ci-dessous, il dit tout.
Mais auparavant, je précise que quelques semaines plus tard, il a repris son blogue, adoptant une autre vitesse de croisière, mais il l’a repris. Je vois la même chose dans les blogues que je visite, les personnes crient « Ouf !... j’arrête ou je ralentis » et à partir du moment où se casse le lien des attentes, on ressent de nouveau son confort. Ce confort qui prend sa source de l’attitude.
Mais je donne la parole à un bloguoïnomane* (peut-être dans le dictionnaire dans une décennie !)
Bonjour, mon nom est Steve Proulx et je suis bloguoïnomane.
Depuis presque un an maintenant, j'alimente un blogue de façon régulière. Oh, j'ai commencé de façon naïve, sans penser au lendemain, en me disant que je pourrais arrêter n'importe quand. Des gens se sont mis à me lire. Quelques-uns, puis plusieurs y compris ma mère. Au début, j'étais galvanisé par cette soudaine attention. Mes lecteurs devenant de plus en plus nombreux, j'ai toutefois commencé à ressentir une sorte de poids. "Je dois leur donner de quoi lire, sinon ils vont partir..." La pression. Ce qui n'était au départ qu'un désennuie de fin de soirée est devenu une obligation.
Puis un jour, le blogue est devenu pour moi une dépendance. J'avais besoin de bloguer. Bloguer à tout prix, à toute heure du jour. Bloguer n’importe quoi mais surtout ne jamais cesser de bloguer. Pour ne pas perdre l'attention de mes lecteurs. Ma drogue. Bloguoïnomane.

Je m'en rends bien compte, j'ai perdu le plaisir de bloguer. Ce goût de partager ma curiosité a fait place à une pression d'attirer l'attention. C'est le grand piège des blogues. Bref, […] je vais prendre du recul. Car à force d'avoir le nez collé sur mon écran d'ordinateur à tenter d'aligner des mots, j'ai oublié le monde autour de moi. À force d'être dans le virtuel, je me suis éloigné du réel. Et le réel me manque. Le réel me nourrit. Et visiblement, j'ai faim...

Voilà. J'abandonne cette pression de bloguer. Je veux plutôt retrouver ce plaisir de communiquer. Moins souvent, mais mieux. Je serai désormais un blogueur irrégulier, quitte à n'avoir plus que trois lecteurs.

*J'ai obtenu la permission de Steve Proulx pour reproduire sa confession.

5 commentaires:

Éric a dit...

C'est vraiment des mouvements irréguliers nourrir un blogue. Je sors d'un creux et là ça remonte tranquillement. Ça t'arrivera j'en susi certai ;-)

Frisette a dit...

Comme c'est vrai. On passe tous par une période où poster des messages devient une corvée afin de ne pas perdre de lecteurs, où on consulte trop souvent nos statistiques.

Dépassé ce stade, on arrête de bloguer, on poursuit avec moins d'assiduité ou on vit avec la dépendance, chacun son choix... :)

JULES a dit...

Le terme "blogoïnomane" dans le dictionnaire dans 10 ans, mais des rencontres de BA (bloggeurs anonymes) bien avant svp! :oP Je pense que nous traversons tous une telle période à un certain moment... Mais on s'en sort et il faut accepter d'être moins populaire, etc.

Danaée a dit...

Le blog doit rester un plaisir. Et il faut arriver à oublier un peu les statistiques de fréquentations... sinon, on finit par devenir esclave de ce qui, au départ, n'était qu'un loisir.

Cristina Dumitru a dit...

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