mercredi 28 mai 2008

Quand partez-vous ?

Céline Dion danse dans sa tête, moi, je voyage dans ma tête. Toujours prête à partir. Parfois, je pars de loin et accoste près de moi. D’autres fois, je pars de moi et arrive de loin. Quand la Terre dégèle, mon pied danse, dépasse ma tête qui pense.

Le voyage nous fait décoller. On lit pour voyager dans sa tête, oui ? Je ne dois pas être la seule inspirée par le voyage, c’est dans l’air du temps de l’été. Après l’invitation du festival littéraire Métropolis Bleu « L’invitation au voyage », Les Correspondances d’Eastman s’exclame « Tout un voyage ! » à prendre sur un air d’aller vers Eastman du 7 au 10 août.

Et qui l’a dit aussi sur un ton franchement et joyeusement journalistique ? Chantal Guy :

J'avoue que le voyage est pour moi indissociable du livre. La littérature m'aurait fait voyager au propre comme au figuré, avec enthousiasme et naïveté. J'ai déjà fait de l'auto-stop jusqu'à Kamouraska parce que j'aimais le roman d'Anne Hébert. J'ai vécu le même trip à Québec en pensant aux Plouffe de Roger Lemelin. Inutile de parler de Paris, qui attire quotidiennement tous les lecteurs du monde...

Et lorsque je ne connais pas la ville où je débarque, je m'empresse de trouver l'écrivain qui pourrait la représenter. J'ai commencé à lire Bukowski et Bret Easton Ellis quand j'ai dû aller à Los Angeles, qui ne m'intéressait pas du tout. Dans ma tête, New York va à Scott Fitzgerald ou Paul Auster, tandis que Saint-Pétersbourg appartient à Dostoïevski. En contrepartie, j'aimerais bien savoir s'il y a des touristes qui choisissent le Québec à cause d'un livre et si oui, lequel?

L'on n'est pas porté à l'exotisme, au fond, si l'on choisit des destinations qui sont nées de nos lectures. Nous ne faisons qu'aller vérifier sur place des paysages inventés par les écrivains dans nos esprits. Mais seuls les bons lecteurs savent qu'il n'y a pas de plus beau voyage que celui qu'on entreprend sans repères. Ainsi en est-il des lectures. Qui ne font pas tant voyager qu'apprendre à voyager.

Extrait d’un article de Chantal Guy – 18 mai 2008 –cyberpresse.ca

4 commentaires:

Karine a dit...

Moi aussi je voyage dans les livres! Quand je visite une ville, je ne peux m'empêcher de dire "ça, c'est là où..." en parlant de mes romans préférés! Je n'imagine même pas combien de fois je vais dire ça à Paris!!!

Venise a dit...

@ Karine : Tu pars pour Paris, Danaée part pour Paris ... vous croiserez-vous ? Bande de chanceuses va !

réjean a dit...

Quand on a vu Paris et qu'on lit un roman dont l'action se passe dans cette ville, c'est une expérience de lecture très différente. Pour ma part, j'aurais bien aimé aller faire un tour dans la Ville-Lumière en juillet, mais les compagnies aériennes viennent d'imposer une surcharge pour le carburant. Je ne ferai pas un éditorial contre de telles pratiques puisque ce n'est pas la place, mais c'est vraiment frustrant de voir que la facture nous est toujours refilée. Je crois que je vais plutôt me contenter de lire un Modiano pour me plonger dans l'atmosphère de Paris, car de tous les auteurs contemporains, c'est d'après moi celui qui en parle le mieux.

Venise a dit...

@ Réjean : Encore si préoccupée de la flambée des prix du carburant par terre, je n'avais pas encore réalisé celle par les airs. Le dernier maillon va encore payer pour tous les autres avant ? Ce n'est tellement pas juste ! Heureusement que personne ne peut nous empêcher de voyager dans notre tête par nos lectures.

Changer d'univers, de regard, de vision, même si l'auteur est de mon patelin (ou de mon immense patelin qu'a été Montréal), j'éprouve la même sensation d'être ailleurs que les pieds dans un autre pays. Mais quand j'ai les deux, comme en ce moment ou Gabrielle Roy me fait voyager à travers les États-Unis, l'Europe et le Canada, je suis comblée.