Faites comme chez vous

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c'est recevant !
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lundi 24 juin 2013

Je me souviens

Rassurez-vous, je n’ai pas abandonné le bateau, la gondole je veux dire. La seule raison de cette absence est notre fameux pèlerinage annuel en Gaspésie. Je devais poster des billets, à tout le moins une couple, et puis voilà que mon portable m’a fait la gueule. Il a momentanément perdu la carte. Au gîte La Rêvasse à Percé, pas moyen de me brancher ; « on » disait que je n’avais pas la carte pour le faire. Ma foi, j’en doutais bien un peu, mais pas suffisamment pour trouver le moyen de contourner la problématique.

Au bercail depuis dimanche, aujourd’hui, je fête la St-Jean-Baptiste en vous écrivant un mot sans contrainte.

Je suis contente, en huit jours de vacances, j’ai lu trois romans et des poussières, les poussières étant quelques pages de La manière Barrow d'Hélène Vachon que j’ai terminé dans l’auto. J’ai apporté huit romans selon l’humeur du moment. J’ai bien fait. Au quatrième jour, j’entame « Un garçon maladroit » après avoir terminé « Si tu passes la rivière » de Geneviève Dumas. Je réalise rapidement que c’est un thème semblable, trop semblable, je décide de repousser cette lecture. Je n’allais pas diluer la saveur de Si tu passes la rivière que j’ai grandement aimé. La digestion, c’est aussi important que l’ingestion.

À un moment donné, j’étale les romans afin de réfléchir au prochain et je réalise que cinq romans sur huit ont une couverture bleue, avec une référence directe ou détournée, avec la mer. Quand je le constate, je suis sous le toit du gîte Wanta-Qo-Ti, un paradis d'intimité avec la mer. Pour moi, c’est la mer, même si on doit dire une baie à cette hauteur. 

Je n’ai pas pris de note de mes lectures. En vacances, ayant la tête vide, je me suis dis, je vais me souvenir de mes impressions. Danger, ma tête se remplissant dangereusement et rapidement depuis mon retour, j’aurais dû, j’aurais donc dû, remplir des fiches. Je ne sais pas si c’est juste pour le livre, mais je me fie souvent à ce qui m’en reste, la mémoire jouant le rôle de filtreur.

J’ai réalisé que j’aimais lire le genre policier pendant les vacances. Au contraire de certaines personnes, j’arrête de réfléchir lorsque j’en lis. Je ne joue pas le jeu de la devinette, je m’abandonne, surtout quand je me sens entre bonnes mains. Cette fois, les ficelles étaient (bien) tirées par André Jacques, auteur que je désirais lire depuis qu’il m’a donné deux ateliers d’écriture. J’ai lu son deuxième roman, La commanderie.

Autre roman à la couverture bleue ; « Les pavés dans la mare » de Nicolas Delisle L’Heureux, un premier roman. Je me retiens pour ne pas vous en parler tout de suite, de ce titre, qui m'a captivée jusqu’à lire à la faible lueur de l’éclairage de l’auto.

Au retour de notre tour de la Gaspésie, je me suis emparée du roman, toujours un premier ; « Les portes closes » de Lori St-Martin. La couverture est grisâtre.

Voici qui était une manière de fêter la St-Jean-Baptiste avec vous. J’en ai eue une autre : pour quatre petits dollars, je me suis procurée, dans une vente de garage à Sutton, le jeu de société « Je me souviens » ; 2400 questions et réponses sur le Québec. Ainsi, j'aurai l'occasion de me souvenir durant les 364 autres jours. C’est important de se souvenir, pas seulement aujourd’hui !

vendredi 10 mai 2013

Mes bibliothèques

Helenablue est une rassembleuse. Elle ne manque jamais une occasion de nous entraîner dans un thème inspirant sous son blogue de nuit (je l’appelle ainsi, car il y fait noir). Elle a le tour, nous faisons des pactes diaboliques avec le temps pour arriver à répondre à ses commandes.

Cette fois-ci, le thème était incontournable ; nos bibliothèques. Pas celles autour de chez soi, celles dans nos maisons. Ça m’a interpelé mais, le plus comique est que je suis légèrement passé à côté du thème. En lisant le mot d’introduction d’Helenablue et le détail des présentations des nombreux participants, j'ai réalisé que l'on visait plutôt l'amour des livres. J’ai pris au mot, bibliothèque, le meuble. Plutôt drôle que grave. Ça bien l’air que j’arrive à en dire long sur des meubles ! Faut dire qu’elles ont, chez moi, leur fonction bien à elles et je n’y déroge pas. J’en profite pour rajouter que celles de Marsi habitent ailleurs, dans son atelier et dans une moindre part, son bureau. C’est dire que nous sommes nantis en livres, en comptant qu’il ne fait pas qu’en rentrer, il en sort aussi.

Je vous les présente dans l’image avant le mot :




Comment en avoir qu'une seule quand il y a tant de moments et d'endroits pour lire ?

Je commence par ma majestueuse, celle qui fait salon à longueur de jour. Un coup de cœur, surtout pour Marsi mon conjoint. Elle trône depuis à peine un an. J'aimerais me porter aussi bien qu'elle à son âge. En plus, elle fait du patin à roulettes quand on doit éventer la poussière entre ses pattes. Le côté gauche, pour les livres de cuisine du chef, le côté droit pour les romans québécois de certaines maisons d'édition, celles qui soignent leurs couvertures comme les œuvres d'art qu'elles peuvent être. 

L'autre, la foncée, j'y suis attachée. Un jour, elle changera peut-être de couleur mais jamais elle ne disparaitra de mes yeux. Elle siégeait dans le bureau de la femme d'affaires qu'était ma mère, la Jeanne. Elle a déjà porté de lourdes vitres coulissantes. Son ventre est maintenant laissé ouvert à la main butineuse. C'est un fouillis de romans québécois en continuelle rotation, ils vont et viennent au gré des envies des amis et même de ceux qui le sont moins.

Oh, ma douce blanche, je dirais même ma favorite. Pourquoi ? Si les élans du cœur s'expliquaient, je dirais que la cause en est une de conversion. Elle a déjà été une pharmacie dans un hôpital tenu par des religieuses. C'est de l'ordre de la faveur qu'elle règne maintenant entre les murs de notre chambre blanche. Elle a été reblanchie avec de la peinture pour automobile et depuis, elle fait sa coquette. Elle aussi a déjà été vitrée. Il faut croire que je ne supporte aucune cloison entre moi et mes livres chéris. Cette bibliothèque contient précieusement mes livres vierges, sur lesquels mes yeux ne se sont pas encore posés. Je sais, ne me le dites pas, il y en a trop.

J'ai ajouté cette solitaire mais combien importante tablette. Elle supporte, pas trop longtemps car elle ne le pourrait pas, les livres lus mais non encore commentés. Elle est à la hauteur de mes yeux lorsque je travaille à l'ordinateur.




mercredi 3 avril 2013

Cher tous,

Une petite sortie de routine et je vous explique pourquoi.

Je fais passer le titre « On ne rentre jamais à la maison » de Stéphani Meunier avant les deux autres de la marge à droite. Pour ceux qui suivent, j’ai lu ce titre après La fiancée américaine et Fâché Noir. Habituellement, je tiens à la chronologie, pas de chicane, pas de chouchou, à chacun son tour. Mais aujourd’hui, c’est spécial. C’est un titre que nous avons lu à deux. Avec Maxime Jobin.

« Qui est Maxime Jobin ? » Justement la question que je désirais que vous me posiez. J’ai connu Maxime par Le Prix des Collégiens, il avait alors 18 ans. Il avait recensé cinq titres et son préféré était un celui de Stéphani Meunier « Ce n’est pas une façon de dire adieu ». Son recensement était tellement senti que je me le suis acheté. J’ai par la suite suivi, et l'auteure, et le blogue de Maxime. Après une fréquentation d’usage, je lui ai fait une grande demande ; devenir rédacteur de La Recrue du mois ! Il accepta avec enthousiasme.

Depuis, il est devenu un ami cher que je fréquente assidûment. À ma fête, il a voulu me donner le dernier titre de Stéphani Meunier « On ne rentre jamais à la maison » mais je l’ai reçu avant qu'il puisse le faire. On a alors pensé recenser le titre en duo, et sortir notre recensement le même jour à la même heure.

Cela avait des côtés irrésistibles, commémorer notre rencontre qui date déjà de cinq ans et, en plus, réveiller son blogue en hivernation. Et que Maxime renoue avec un titre québécois, me faisait un plaisir supplémentaire. Il est le webmestre bénévole de la Recrue du mois, en plus de travailler maintenant à temps plein en informatique. En passant, vous remarquerez qu’il fait démentir l’idée préconçue que les informaticiens n’aiment pas la littérature. C’est aussi Maxime qui est derrière le très beau site de notre ami Pierre-Greg « La lucarne à Luneau » qu'il a coréalisé avec Marsi. Le tandem se complète pour mettre sur pieds un site Internet. Ils sont responsables, sérieux mais rient beaucoup. C’est souvent à celui qui fera la blague la plus absurde !

Alors, Maxime et moi sommes prêts. Demain, à 8 h 00 AM, nos recensements seront en ligne. (Je ne fais jamais ça, mais je l’ai préprogrammé).

dimanche 24 juin 2012

Avoir besoin d'acheter un livre

Hier, j’ai vraiment fait un bon coup d’entrer à la librairie Monet. Faut dire que c’est toujours Marsi, mon bédéiste préféré qui m’y entraîne. Il est certain que dans ce lieu, il trouvera l’album de bande dessinée qu’il désire puisque le choix est faramineux. Bien sûr que j’en profite pour reluquer le présentoir de romans québécois, prenant plaisir à jauger la diversité et la quantité des titres. J’ai vu sur leurs tablettes certains titres québécois sortis depuis six mois, aussi bien dire le grand luxe pour les auteurs qui, assez souvent, voient leurs ouvrages trôner à peine trois mois. Mais il y a des librairies d’exception, et la librairie Monet en est une à Montréal, au même titre que l’est la librairie Vaugeois à Québec.

Je trouve difficile de mettre les pieds dans une librairie. Un genre de gageure que de feuilleter, lire les quatrièmes, dévorer les extraits de commentaires (les libraires en glisse dans certains volumes) et ne RIEN acheter. Ma promesse de lire le plus tôt possible certains auteurs, dont les livres me sont offerts par la maison d’édition, me retient fermement mais encore plus de savoir qu’on m’a déjà proposé le titre que je tiens en mains et que je n’y ai pas donné suite.

Hier, je tournais et retournais dans mes mains Mayonnaise d’Éric Plamondon. Il me faisait envie. Le temps de le dire, j’ai avalé deux chapitres et j'ai tout de suite été projetée dans l’instant de l’écrivain. D’un geste brusque et fier, je l’ai arraché à sa pile, brandi sous les yeux de Marsi en claironnant un fier « Je l’achète ! »

Est-ce que mon enthousiasme se lisait dans ma figure, un libraire m’a interpelé me disant que j’avais fait un excellent choix. Il avait aimé le premier titre, Hongrie-Hollywood Express et avait dévoré le deuxième, le déclarant même meilleur que le premier.

De plus en plus fière de mon achat, j’arrive au comptoir pour payer, la caissière attrape le livre, et tout en le feuilletant avec convoitise, me dit qu’elle avait adoré le premier, qu’elle brûlait d'entamer ce Mayonnaise. Je lui avoue que ce sera ma première rencontre avec l’auteur. On félicite mon audace de commencer par le deuxième, même si le premier est plus qu’excellent et qu’il a été en lice au Prix des libraires. Les deux libraires, parce qu’elles sont deux, aiment cet auteur et prévoient que Mayonnaise risque fort de se retrouver une seconde fois parmi la liste des finalistes l’an prochain. Celle qui s'occupe de ma transaction m'assure que c'est ce qu’elle a lu de mieux ces derniers temps et en me remettant mon livre avec un large sourire, elle bénit l’existence d’Éric Plamondon.

Les oreilles m’en bourdonnaient pour l’auteur ! Dans ces moments-là, je pense à ces êtres solitaires que sont les écrivains qui bûchent sur les mots, doutent, effacent, corrigent, écourtent leur nuit, grugent une part de vie sociale pour sortir leur histoire, sans savoir comment elle sera accueillie et même, parfois, si elle le sera.

Si je passe le mot, c’est pour eux qui travaillent avec acharnement, un an, deux ans, à tâtons e dans l’ombre. J’ai toujours une corde sensible qui vibre en pensant à eux et hier, j’ai particulièrement apprécié de la sentir vibrer pour reprendre le collier.

Car suspendre le fil de la rédaction d’un blogue, ce n’est pas une mince affaire pour le geste d’y revenir, parce que rapidement la vague de la vie te submerge, et tu ne sais plus où tu trouvais la force pour la traverser sans te noyer. Mais je retrouve le souffle, je retrouve peu à peu ma respiration, puisque je retrouve une routine dans ce nouveau chez moi. Et la routine, je le constate encore une fois, c’est le lit où repose la discipline.

Un peu en retard ... je souhaite une Bonne St-Jean à tous et en particulier aux auteures et auteurs.

= + + =
Pour ceux et celles qui suivent la chronologie de mes lectures, mon prochain commentaire de lecture portera sur Elle et nous, que je fais passer avant la biographie de Normand Brathwaite.

mardi 3 janvier 2012

2012 : Bilan & Top 10

J'ai tout d'abord pensé dresser un Top 5, pour cette impression de ne pas avoir assez de titres qui m'ont emballée cette année. Mais à partir du moment où j’ai reculé dans le temps, sans grand enthousiasme je l’avoue, ma mémoire m'a rapidement donnée des secousses « celui-ci, ah oui, et celui-là, aille, c’est vrai, je l’avais oublié ... » Incroyable jusqu’à quel point la mémoire à court terme supplante celle à moyen terme ! Et sans l’ombre d’un soupçon de scrupule.

Je suis toujours un peu effrayé par les bilans, ces miroirs qui renvoient l’heure juste. L’heure se présente en chiffres, ces vérités non discutables. Tout ce qui est non discutable se passe de mots. Et je n’aime pas me passer de mots, ni des miens ni de ceux des autres. Cette fois, les chiffres sont venus s’accorder avec mes mots, j’avais lu suffisamment pour un Top 10.

Comment ai-je procédé pour arriver à ce Top ? (plus un 3)
Essentiellement, j’y ai été avec le souvenir. De un, le souvenir de mon intérêt et, de deux, le souvenir de mon plaisir. Pour l’intérêt, premier critère : il fallait me souvenir le plus parfaitement possible de l’histoire. Qu’elle ait laissé ses empreintes sur moi. Que l'histoire se tienne dans ma main de lectrice, qu’elle fasse maintenant partie intégrante de ma vie.

Le plaisir maintenant. Là, on entre dans le carrément personnel. Vous le savez ceux qui fréquentez ce vaste club de lecture qu’est le Net et ses ramifications de blogues littéraires, le plaisir est chose intime. Ça se discute à peine et ça s’échange énormément. Un plaisir contre un autre peut mener à des plaisirs contagieux.
Ne disons surtout pas non à une contagion qui entretient la santé de notre milieu littéraire ! En parlant de santé, on s'en souhaite en 2012, de la santé comme dans sentez-vous bien avec vous-même, vos aimés, vos proches et ... vos lectures !
Top 10 de mes lectures 2012
1. La Petite et le vieux – Marie-Renée Lavoie - XYZ, Collection Romanichel
2. Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier - XYZ, Collection Romanichel
3. L’homme blanc – Perrine Leblanc - Le Quartanier
4. Les cœurs tigrés – Yves Morin - Hamac (Classique)
5. DRAGONVILLE – t.1 Porcelaine – Michèle Plomer - Marchand de feuilles
6. Le temps qui m’est donné – J. François Beauchemin - Québec AmériqueLien
7. La marche en forêt – Catherine Leroux - Alto

8. Déjà - Nicolas Bertrand - Hamac
9. Je compte les morts – Geneviève Lefebvre - Libre Expression, collection Expression noire
10. L’escapade sans retour de Sophie Parent – Mylène Gilbert-Dumas - VLB Éditeur

Romans illustrés - - - J'en ai lus peu, ce sera donc un Top 3 - - -
Ben - Danse toujours ! - Daniel Shelton - Les 400 Coups.
Pour en finir avec le sexe - Caroline Allard & Iris Boudreau - Septentrion - Collection Hamac-Carnet.
Le cristal qui pousse - Steve Proulx - Trécarré

lundi 19 décembre 2011

Je m'emballe

Je m’emballe à écrire des cartes de Noël, alors j’écris moins au Passe-Mot .... Hon ! J’emballe également des cadeaux, dont des livres bien sûr. Et je pense. Et là, je m’arrête parce que je pense trop. Il faut que ça sorte ! Je pense aux centaines d’achats de livres qui se feront à Noël, et surtout OÙ ils se feront.

La fête de Noël est importante pour les commerçants, ça nous le savons tous. Particulièrement pour les boutiques, les artisans, les magasins qui ne sont pas des chaînes et évidemment donc, pour les librairies de quartier.

Préférablement acheter vos livres dans une librairie, au lieu du Wall-Mart ou du Costco, malgré les rabais, peut sembler masochiste, mais c’est un geste consciencieux et intelligent. Ces magasins-là, pour ne nommer qu'eux, vont chercher ce fameux profit dans lequel les librairies puisent pour subsister le restant de l’année. En tenant compte aussi qu’avec les livres numériques, les librairies deviennent encore plus vulnérables.

Se laisser tenter par la facilité des choix qui s’offrent sous nos yeux signifie qu’une quantité effarante de best-sellers se retrouveront sous les sapins. Avez-vous pensé que nous lirons tous les mêmes titres ? Ça ne fait pas des individualités bien fortes ! Pourtant, tout au long de l’année, nous ne manquons pas une occasion de claironner que nous sommes des êtres uniques et créatifs.

Les libraires conseillent, guident, c’est un métier, c’est une passion. Penser à visiter cette librairie près de chez vous, de préférence une librairie indépendante, où vous serez accueillis et où vous ferez des trouvailles fait toute la différence. La personne à qui vous l’offrirez risque d’être d’autant plus touchée que le titre sera particulier. Et en plus du service personnalité, vous risquez d'échanger des sourires et des suggestions pour vos prochaines lectures ! D’après moi, ce qui risque le plus d’arriver est que vous y preniez goût.

En vous approvisionnant dans une librairie, vous ne faites pas que vous contentez sur le moment, vous contribuez à ce qu'un service de qualité demeure le restant de l’année. Je pense à nos jeunes, les étudiants par exemple. Quand ils ont besoin de conseils pour une recherche, c’est le libraire qui va l’aider à trouver, ou qui va commander le livre dont il a besoin. Ce n’est pas Wall-Mart ou Costco qui vont faire ça pour lui ! L’idée derrière ceci, pour ne pas dire le principe, est de ne pas penser aux librairies seulement quand on en a besoin mais aussi quand ils ont besoin de nous. Se rappeler que la revue Le libraire et le site nous éclairent 365 jours par année par leurs commentaires et informations. Ils nous en donnent pour notre argent, sans qu'on ait un sou à débourser :-) !

Ce serait triste de voir nos librairies s’éteindre une à une à cause du manque à gagner, parce qu’on achète tous nos best-sellers ailleurs (et le ailleurs est vaste) dans le temps des fêtes ! Qu’est-ce que vous diriez que l’on se retrouve avec uniquement des grandes surfaces qui tiennent un inventaire qui oscille entre 400 et 600 livres !

On se retrouverait devant une culture étroite comme une allée de supermarché.

Ouf... ça m’a fait du bien ! Je peux maintenant continuer à emballer, l’esprit un peu plus en paix.

mercredi 5 janvier 2011

10 coups de cœur ... et plus !

Je me suis décidé finalement. Je fais une femme de moi-même, j’ai dressé le bilan de mon année de lecture par dix coups de cœur. Je vous avoue m’être dit, ça va être facile. Oh que non, détrompez-vous, j’ai réalisé combien c'est un casse-tête. Bon exercice pour mieux comprendre la torture que peuvent vivre certains comités de sélection.

Pourtant mes critères étaient des plus subjectifs. Je ne suis pas un comité de lecture, je ne m’appuie donc pas sur des critères de sélection serrées poursuivant le but ultime de cerner la qualité. J’y ai été en mesurant l’intensité de mon plaisir de lecture. Ce fut mon critère premier, mais on s’entend qu’en bout de ligne, ça accroche au passage la qualité du produit final.

L’exercice étant déjà assez périlleux, je ne me suis pas imposé un palmarès, vous pouvez me traiter de lâche, je vous le permets. Je me suis pas soumise à l’ordre de mes préférences, plutôt à l'ordre du temps. J’ai ramené les vieux titres commentés devant les jeunes. J’ai un penchant de ramener les « vieux » en avant des « jeunes », allez savoir, c'est peut-être ma manière de contrer l’impitoyable règle des libraires qui mettent au rancart les « vieux » titres pour faire rapidement place aux "jeunes". Encore récemment, j’entendais dire une auteure que son livre était disparu de sa librairie de quartier deux mois après la sortie.

Bon, assez tergiverser, la voici cette fameuse liste coup de coeur :

1. La Renarde et le mal peigné – Pauline Julien et Gérald Godin
2. Cette année s’envole ma jeunesse – Jean-François Beauchemin
3. Miss Pissenlit – Andrée Poulin
4. Tout bouge autour de moi – Dany Laferrière
5. Ru – Kim Thùy
6. Les larmes de saint-laurent – Dominique Fortier
7. Agaguk – Yves Thériault
8. Monsieur Julot – Marie-Christine Bernard
9. Je ne veux pas mourir seul – Gil Courtemanche
10. Une vie à aimer – Michel Jean


En m’auto-analysant, j’ai réalisé que ma tendance va pour le biographique ou l’autofictif ; 6 œuvres sur 10 (1, 2, 4, 5, 8, 9). Je n’ai pas calculé le titre 10, même si je devine une grande influence autofictive, sans que ce soit officiellement affichée.

Il reste donc 3 titres purement fictif ; (3, 6, 7).

Si je vous en fait part, la raison est simple, plus vous connaitrez mes goûts et tendances, plus vous pourrez faire la part des choses lorsque je commente un livre !



Récapitulatif
Le défi « Plume Québécoise » est terminée, Suzanne en présente le récapitulatif.
Passez par ici, pour piquer de bonnes idées à mettre dans votre chapeau.


Le Cercle
Je pense vous avoir aiguillé en 2010, Marc et moi avons auditionné pour devenir participants à l’émission « Le Cercle ». Eh bien voilà, samedi, Marsi enregistre cinq émissions. Journée qui commence à 8 h 00 et se termine vers 18 h 30. Oui, oui, j’entends votre question « Quelles dates seront présentées ces 5 émissions ? ». Nous le saurons samedi. Je me souviens vous avoir promis de vous en parler, et pas seulement la veille comme dans le cas de Pyramide.

De mon côté, on m’a appelé avant-hier pour me dire que c’est le 22 janvier que j’enregistrerais 5 émissions. J'étais très fières, inquiète un peu, je n'ai pas la culture générale de mon mari, j'ai de grosses lacunes, en cinéma et musique américaines et en sports. Et en culture populaire comme les téléréalité par exemple. Donc, gagner, je ne sais pas, mais m’amuser oui ! Et j’espère que ça va paraître.

À suivre ...

jeudi 25 mars 2010

500e billet ou le poids de 15 livres

Eh oui, mon 500ième billet ! Heureusement, lorsque l’on met le pied dans cette aventure, on ne sait pas dans quoi on s’embarque ! Un peu, juste un peu, comme donner naissance à un enfant, vivant avec lui tous les jours, même quand il n’est pas à tes côtés, tu penses à lui. C’est accaparent, il y a les hauts et les bas, mais au bout il y a l’amour. L’attachement. Le lien.

Je voyais arriver le 500, j’avais le goût de le souligner mais me demandait comment. Mais par un chiffre pardi ! Le 15. Circule dans la blogosphère littéraire cette activité libre, nommer 15 livres qui ont marqué sa vie. Des marques-page de vie ! L’idée n’étant pas du tout de repérer les meilleurs, plutôt des livres jalons, qui marquent une partie de vie.


HKPQ de Michèle Plomer --- Pour l’affinité de cette écriture d’une femme. Pour la corde sensible qui a vibré au diapason de cette écriture et histoire tendres et fantaisistes. Parce que je n’ai pas de distance avec ce roman, j’en suis trop amoureuse.

Nikolski de Nicolas Dickner --- Roman qui m’a tourné vers la littérature québécoise. Il m’a frappé par la structure du roman qui m’a sorti de la traditionnelle chronologie, je criais au génie ! Parce que je l’ai lu deux fois, ce qui est rare. Depuis, j’ai découvert un Hors champ qui remplit une partie de ma vie.

La clé des mondes secrets de Paul Twitchell --- "Découvrez la voie secrète menant à Dieu par le Voyage de l'Ame. 'Les mondes cosmiques sont invisibles à la vue physique de l'homme, mais ils sont aussi authentiques que le sol sur lequel nous marchons sur Terre.' Les fusées du vingtième siècle ont propulsé l'homme à travers les frontières passionnantes de l'espace. Mais qu'en est-il de son univers intérieur? Il est malheureux qu'il soit encore enfoui dans le trou noir du mystère et de la spéculation..." – Exceptionnellement, j’ai laissé parler l’auteur car je lui jalouse cette explication parce qu’elle dit tout sur mes convictions.

Un autre corps pour mon âme de Mickael Newton --- Ce n’est pas un roman, même si ça pourrait en être un pour certains ! L’excursion d’un hypnologue dans plusieurs « entre-vies »(environ une trentaine). Pour ma profonde attirance pour la vie en dehors du corps.

Bonjour tristesse de Françoise Sagan --- Pour le mystère laissé sur ma peau de très jeune fille. Cette lecture m’a frappée parce qu’elle me dépassait. J’avais l’impression d’être entrée dans une chambre sombre où la naïveté n’est pas le mot de passe pour bien comprendre.

Les accoucheuses d’Anne-Marie Sicotte --- Pour ma peur des sagas vaincue ! Pour les traces laissées sur moi par l’histoire des sages-femmes au Québec, si bien déguisée en des personnages qui ont trouvé le chemin de mon cœur.

La fabrication de l’aube – Jean-François Beauchemin --- La seule lecture commandée impérieusement par ma voix intérieure. Plus que rejointe, atteinte par ce récit de vie au chevet de la mort avec l’impression de maintenant connaître un être d’exception qui ne banalise pas la vie.

Ma vie comme rivière de Simone Monet-Chartrand --- Pour le titre de ces 4 tomes. Pour la femme qu’après lecture, j’appelle Simone. Pour sa grande déclaration traduite en mes mots « Tout se dit, même l’intime, parce que nous partageons le même état humain » Livre impudique, particulièrement pour l’époque.

La détresse et l’enchantement de Gabrielle Roy --- Une écrivaine qui nait sous nos yeux, sans retenue, juste de la générosité. Un dévoilement gratuit, presqu’un testament littéraire ... non achevé. Un style intériorisé foudroyant.

Mon cher Grand fou – Correspondance de Gabrielle Roy avec son mari --- J’adore les correspondances généreuses, le nez enfoui dans cette intimité parce que je voulais toucher de mon esprit cette femme dévoilée.

Une Vie de François Ricard --- Le choc de ma rencontre avec Gabrielle Roy. Un coup de vie pour une femme morte. J’ai eu mon époque BIO que je tenais à représenter ici, j’aurais aimé nommer un autre titre pour varier. Désolé ! Ce n’est pas possible !

Les mots pour le dire de Marie Cardinal --- Frappé en plein cœur et en plein ventre, presqu’effrayée tant j’étais impressionnée, par la douleur de cette descente en soi. Et parce que je lui ai écrit et qu’elle m’a répondue !

Tintin au Tibet de Hergé ---Tous les Tintin m’ont marquée (mon frère avait la collection), assez pour en mémoriser des phrases entières. Mon personnage préféré ? La Castafiore. « Lu » avant de savoir lire puisque mon frère me les lisait, relisait, relisait, relisait ... inépuisable qu’il était. Jo, Zette et Jocko de Hergé --- Pour l’autonomie d’une petite fille ; moi ! J’avais MA collection préférée de bande dessinée ce qui me rendait unique à mes yeux !

Vacuum de Christian Mistral --- Pour la débâcle de cette écriture qui fouette, parce que c’est le premier blogue mis sous presse. Parce que l’écrivain a une veine unique d’où il s’abreuve et que j’en ai tiré des leçons personnelles : vigilance et exigence vis à vis chaque mot que j'écris.

Madame Bovary de Flaubert --- Mon frère me suppliait de l’écouter « réciter » ses classiques (j’en ai choisi qu’un mais il y avait aussi Maupassant et Diderot). Curieux, en lisant la bio de Flaubert, j’ai trouvé ceci « Il (Flaubert) teste ses textes en les soumettant à la fameuse épreuve du « gueuloir», qui consiste à les lire à pleine voix. Quand, à 7-8 ans, on te lit des œuvres majeures, s’imprime en toi, et à jamais, l’amour des mots.

jeudi 11 mars 2010

Les mystérieuses maisons d'édition

J’ai participé à une discussion dans le blogue de l’auteure d’Enthéos, Julie Gravel Richard. Quand Julie a envoyé son billet intitulé « Recalcul » je pense qu’elle n’avait pas idée que la discussion s’envolerait, rasant de près toutes les questions que l’on se pose sur les maisons d’édition. En fait, de cette discussion, que j’ai trouvée passionnante, je retiens une phrase de Gilles Herman, directeur de chez Septentrion :
" Mais là j'arrête la discussion, on tombe dans les clichés pauvre auteur exploité et éditeur requin des finances... "
Ça m’a fait réfléchir. Ma mère était propriétaire et d’emblée, on pensait qu’elle était riche et que les locataires, eux, pauvres. C’est un peu simpliste, je pourrais développer des nuances, mais vous comprenez l’idée. Vis à vis celui qui est propriétaire, que ce soit de quatre murs de béton ou d’une maison d’édition, on tombe souvent dans l'idée qu'il est là pour exploiter l’autre.

Le déclencheur de cette discussion est les droits d’auteur, sujet qui touche l’écrivain et bien sûr, l’acheteur du bouquin qui n’en revient jamais d’entendre que l’auteur reçoit 10% du prix. Quand l’auteure reçoit-il ce montant, quelle est la procédure pour le calculer ? Il y a des règles communes, mais certaines différences d’une maison d’édition à l’autre, et cette discussion nous en donne une petite idée.

Ce montant que l’auteur reçoit est en relation étroite avec le nombre de livres vendus, bien évidemment. Ce qui peut mener à ces questions:

Je me demande du coup comment on mesure le succès d'un auteur au Québec, surtout dans le cas d'un premier roman : combien d'exemplaires faut-il vendre ? indépendamment des ventes, combien de bonnes critiques faut-il avoir obtenu ?
Questions posées par Phil qui vit au Québec depuis 7 ou 8 ans, j’aimerais pouvoir dire, moi qui est née au Québec, je le sais ! Mais, ma réponse serait à peu près ...

Julie a répondu à Phil : Mystère et boule de gomme! Comment jauge-t-on le succès d'un auteur au Québec? Combien de ventes, combien de bonnes critiques? Il me semble que ça sonne comme une belle idée de billet pour Venise!

Bien sûr, le clin d’œil au Passe-Mot se reçoit comme une patte de velours déposé doucement sur l’égo, mais surtout, ça me replonge dans mon propre questionnement. J’ai déjà pensé rédiger un questionnaire aux maisons d’éditions et je ne l’ai pas fait. On s'offre tant d’entrevues avec les écrivains et si peu avec les éditeurs, il me semble. Il me semble aussi qu’il y a peu de livres sur l’édition au Québec, en général. J’en ai lu un de Victor-Lévy Beaulieu, mais il parlait de la sienne propre, j’ai trouvé le sujet passionnant.

Alors, cela m’a remis à ma résolution de pondre ce questionnaire. Voulez-vous m’aider ? Peut-être que vous en avez des questions vous aussi ... auparavant, faisons parler les chiffres de la chaîne du livre pour être dans le bon ton :

La chaîne du livre (chiffres relevés de l'ANEL - association nationale des éditeurs de livres)


Premier tirage

40 p. 100 au libraire 4,00 $

17 p. 100 au distributeur 1,70 $

20 p. 100 à l'imprimeur 2,00 $ *

13 p. 100 à l'éditeur* 1,30 $ (production, gestion et promotion)


0,00 $ (profits)

10 p. 100 à l'auteur 1,00 $


Deuxième tirage et tirages subséquents

40 p. 100 au libraire 4,00 $

17 p. 100 au distributeur 1,70 $

20 p. 100 à l'imprimeur 2,00 $ *

13 p. 100 à l'éditeur* 0,00 $ (production, gestion et promotion)


1,30 $ (profits)

10 p. 100 à l'auteur 1,00 $

*Il s'agit bien évidemment d'un cas-type, donné à titre indicatif, et qui ne rend pas compte de toute la complexité de cette question. Pour tous les intervenants de la chaîne du livre, ce tableau indique une marge brut. Le profit net peut varier. Pour l'éditeur, il existe une différence importante entre le premier tirage et les autres. Avec sa part, l'éditeur espère couvrir, s'il écoule l'ensemble du premier tirage, les coûts reliés à la production du livre (correction et infographie), à la gestion, à la promotion et à la publicité. Si la première impression n'est pas entièrement vendue, l'éditeur accuse généralement une perte. La plupart des ouvrages n'étant pas réimprimés, la rentabilité des maisons d'édition est souvent précaire

lundi 28 décembre 2009

Palmarès Plaisir de lecture

Éric Simard l'a fait le premier (à mon su et vu en tout cas), Catherine l'a suivi de près. Intéressant. Le palmarès situe, englobe, synthétise, cerne. Il me semble que tout à coup, je comprenais mieux leurs lectures.

Je me suis alors dit, pourquoi pas moi !

Je ne m'attendais pas à ce que l'exercice soit si difficile ! Si difficile que je me serais bien échappé du casse-tête par plusieurs ex aequo. Finalement, quand j'aimais également, j'ai devancé le titre qui avait reçu le moins d'attention. Entendons-nous bien, je n'ai pas tenu compte du niveau de difficulté du roman, je laisse ce critère aux juges des hautes instances littéraires, j'ai seulement jaugé mon plaisir de lecture.

1 33, Chemin de la Baleine - Myriam Beaudoin
Parce que rarement une lecture m'empêche de dormir. Je me suis levé la nuit pour le lire. Le coeur m'arrêtait de battre à certains passages. J'ai pris à coeur l'attente de cette femme qui aime trop d'une manière qui m'a moi-même surprise.

2 HKPQ - Michèle Plomer
Il m'a tenu sur une vague d'ambiance douce, sensuelle, spirituelle et j'aurais voulu à jamais qu'elle se poursuivre. Je lisais lentement et relisais de peur que le roman se termine trop vite.

3 Mademoiselle Personne – Marie Christine Bernard
Le souffle court, béate d'admiration, les yeux écarquillés devant tant d'intensité autour d'un personnage. Tant d'ingéniosité aussi pour la structure du roman. Et quel style rythmé !

4 Les filles - Lori Lansens
Je refuse qu'elles n'existent pas, elles m'accompagnent encore. Se sont des amies, ces filles jumelles par la tête mais pas du tout par le coeur. Le plus grand traquenard de faux vrai que j'ai lu jusqu'à date.

5 La louée – Françoise Bouffière
Une histoire qui m'a enfiévrée. Éprise par le coeur d'un trop-plein d'émotions devant cette femme forte traitée en victime. Pour ma compassion à toutes les femmes qui ont un jour vécu de ce pareil au même de voir leur corps loué, au nom de la maternité.

6 Almanach des exils – Stéphanie Filion et Isabelle Décarie
Pour mes haussements de sourcils devant le charme de ces écritures féminines. Tant de soin à écrire la poésie qui sort par les pores du quotidien. Un bel échange d'amitié, à travers les antipodes de deux pays, le Canada et le Brésil.

7 Le discours sur la tombe de l’idiot – Julie Mazzieri
Pour m'avoir fait entrer dans un village sans contours précis où la folie rode sans contour précis, avec une écriture précise à couper au couteau.

8 Paul à Québec – Michel Rabagliati
Pour une histoire qui sent le Québec. Pour une histoire qui repose sur la progression de l'attachement. Pour cet art rare de raconter par la complémentarité parfaite entre le mot et l'image. Parce que j'ai éclaté en sanglot, ce qui ne m'arrive jamais en lisant.

9 La traversée du continent – Michel Tremblay
Pour avoir voyager à travers les yeux d'une gamine de 12 ans et d'avoir éprouvé toutes ses frousses, tous ses espoirs. Pour me reconnaître par la voie du passé de ma mère.

10 Tarmac – Nicolas Dickner
Pour le contrôle du dit, pour la divulguation de l'histoire avec une maîtrise esthétique. Pour ses personnages qui survivent à la fin du monde et au point final. Pour l'admiration du concept des 99 chapitres titrés. Pour un style unique, identifiable.

=====
Avez-vous fait le vôtre ?

mercredi 6 mai 2009

Townships de William S. Messier

... « s’intéresse particulièrement au vernaculaire*, ainsi qu’aux rapports entre oralité, réalisme et réalité ». Ceci expliquant cela. J’avoue, oui je l’avoue, j’ai eu besoin qu’on me situe vis-à-vis cette douzaine de brèves nouvelles nommées "récits d’origine". Les puristes diront que ça va à l’encontre de l’abandon total à un auteur et son univers. Écoutez un peu mon plaidoyer, je tenais à être juste face à ce texte. J’ai tout de suite senti que ma difficulté à apprécier ce style moderne, imagé, si habile à rendre les ambiances venait beaucoup plus de mes limites personnelles que celles de l’auteur. En fait, le style est plus que moderne, il est sauté, ce qui lui confère une originalité certaine. Et avec beaucoup d’assurance.

Je suis donc satisfaite d’avoir continué ma lecture, et même de l'avoir recommencée ! Comment ça, recommencer ? Après quelques nouvelles me faisant vivre une perplexité souffrante, j’ai repris du début en compagnie de Marc. Il a spontanément aimé et m’a amené à ouvrir l’œil et ma faculté à voir les ambiances. J'ai commencé à apprécier ces nouvelles comme autant de séquences de films qui s’animent par de nombreux détails qui projettent dans l'instant, sans passer par des explications. Surtout pas d’explications ! Vous n’en trouverez aucune, ce sont des tableaux par où voyage l’esprit, vous prenez ce que vous voulez, ce que vous pouvez.

Toutes ces histoires se déroulent dans les Cantons-de-l’Est, non loin de la frontière, le borderline, le entre-deux. La dualité de ce latin de Québécois qui rase de près les États-Unis. C’est le temps, je crois, de rappeler ces mots « oralité, réalisme, réalité ». Comment dire mieux ? Ces nouvelles ont toutes un quelque chose tirée de l’oralité, elles sont d’ailleurs transportées par une lecture à haute voix. Et puis c’est le rendez-vous avec l’étrangeté campée avec un réalisme à tout crin qui donne une saveur de franche réalité.

Nouveauté, scoop, nouveauté, scoop ...

Foin de mes propres impressions quand j’ai celles de Marc à vous présenter ! Depuis un certain temps me turlupinait l’idée d’aborder le livre dans son état d’objet. Le livre qui tient au creux de notre main et qui nous charme ... ou non. C’est un produit, ne nous le cachons pas, et si on veut qu’il le reste, ne devenant pas seulement un fichier de plus dans l’électronique, parlons-en !

J’ai placé cette requête à mon illustrateur et graphiste de mari, et pour son amour infini du livre en tant qu’objet, il a accepté. Si je me spécialise sous la couverture ...

Sur la couverture - par Marc
Que voir dans cette forme plutôt bien concoctée ? Tout d’abord, l’américanité flagrante. Le pygargue* ne ment pas. Non seulement il représente nos bons voisins du sud mais également leur influence assurée sur nos us et coutumes. Et cet oiseau, qu’est-il au juste ? Qu’une tête de peluche en fait. Une mascotte dirait-on. L’allégorie populaire par excellence, celle qui, au-delà de personnifier, nous amuse et dont on se moque. Puis, il me semble en ressortir sinon une profonde amertume, du moins une réflexion sur un coin de lit, dans la chambre terriblement neutre d’un motel « vacancy ». La réflexion d’un individu qui, sous ce grotesque casque, se pose face à sa condition. Parce que très populaires, ces récits d’origine n’en sont pas moins lestés d’une identité crue, autochtone, qui nous conduit invariablement à réfléchir aux bienfaits et aux méfaits de notre appartenance.

Et encore, ce graphisme qui tranche sensiblement avec la sobriété des lieux. Un jaune or riche, constellé de micro-étoiles présentant une rutilance solide. Du lingot aurifère ? C’est assurément d’une certaine richesse dont il s’agit ici. La nôtre. Celle que l’on répudie parce que parfois si vulgaire, mais que les nôtres adoptent une fois la porte fermée.

Mise en page et couverture M.-P. Béland.
Photographie de la couverture : Jamie Campbell
Maison d'édition : Marchand de feuilles

* vernaculaire : langue parlée seulement à l'intérieur d'une communauté, souvent restreinte
* Pygargue : Oiseau rapace diurne, brun, à tête et queue blanches, appelé aussi aigle de mer.

mardi 30 décembre 2008

Parle-moi de Gaston Miron

Je suis complètement gaga des 12 hommes rapaillés de Gaston Miron, le tout récent album où 12 chaudes voix d’hommes encensent 12 poèmes. Complètement subjuguée par cette œuvre, la poésie m’en semble encore plus exaltée, si c’est possible, et je l’écoute au minimum deux fois par jour. Et toutes les autres fois que je ne l’écoute pas, c’est parce que je me retiens !

Faut dire qu’en plus qu'il ne fût pas n’importe quel poète, ce ne sont pas n’importe quelles voix : Michel Rivard, Daniel Lavoie, Plume, Jim Corcoran, Yann Perreau, Vincent Vallières, Richard Séguin, Martin Léon, Michel Faubert, Louis-Jean Cormier, Gilles Bélanger, Pierre Flynn.

Tout mon engouement pour ses mots me porte à vouloir m’intéresser à Gaston Miron, à qui il a été. Non pas que je ne le connaissais pas - qui ne le connaît par de réputation ! - mais ça n’implique pas nécessairement de reconnaître celui qui a été de tous les combats ; sociaux, littéraires, politiques. « Il affiche tout son être sur la place publique » comme disait de lui, Jacques Brault, poète.

On appelait Miron, le poète militant (ça se perd ce genre de poète, il me semble qu’on en retrouve peu maintenant) et sa plus grande ferveur allait pour une défense virulente du français. Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir de regarder une entrevue où il nous donne, à sa manière colorée, presque théâtrale, jamais emportée mais si fougueuse, un plaidoyer pour la défense du français au Québec. C’est tout à fait réjouissant comme entrevue, le sourire est garanti, le rire parfois, l’attendrissement certain. Et l’aboutissant : son propos est encore, malheureusement, d’actualité.

« Qu’on dise joual, oual ou cheval, peu importe, pourvu qu’on ne dise pas horse » Entendez-le de sa bouche, je vous le dis, ça vaut la peine ! (gros merci à Sandy Gordon et Mistral de m’avoir indiqué le chemin jusqu'à cette entrevue fascinante).

Et si ça vous dit d’avaler de ses mots comme une goulée de tendreté, ne vous gênez, tant qu’il y en a pour 10, il y en a pour 100, tant qu’il y en a pour 1000, y en a pour 10,000 …

Parle-moi (sur le CD, chantée par Gilles Bélanger)

parle-moi parle-moi de toi parle-moi de nous
j’ai le dos large je t’emporterai dans mes bras
j’ai compris beaucoup de choses dans cette époque
les visages et les chagrins dans l’éloignement
la peur et l’angoisse et les périls de l’esprit
je te parlerai de nous de moi des camarades
et tu m’emporteras comblée dans le don de toi

jusque dans le bas-côté des choses
dans l’ombre la plus perdue à la frange
dans l’ordinaire rumeur de nos pas à pas
lorsque je rage butor de mauvaise foi
lorsque ton silence me cravache farouche
dans de grandes lévitations de bonheur
et dans quelques grandes déchirures

ainsi sommes-nous un couple
toi s’échappant de moi
moi s’échappant de toi
pour à nouveau nous confondre d’attirance
ainsi nous sommes ce couple ininterrompu
tour à tour désassemblé et réuni à jamais

Gaston Miron extrait de L’amour et le militant tiré de L’homme rapaillé

mardi 29 avril 2008

Un faux gagnant

Aujourd’hui, nous étions à Sherbrooke et avions 20 minutes à tuer entre deux rendez-vous. Et qu’est-ce que l’on fait vous pensez dans ce temps-là ? Eh oui ! En plein dans le mil, nos pieds se dirigent vers une libraire.
Ce que je ne savais pas c’est qu’une tâche à la « Robin des bois » m’y attendait. Quand j’entre dans une librairie, je fais toujours la même chose, je me dirige vers l’étalage « Livres québécois » et regarde les nouveautés, les quantités, l’ordre, le désordre. Je scrute, c’est juste si je ne me promène pas avec une loupe et un calepin !
J’aperçois tout à coup à l’extrémité d'une étagère des romans qui me sont familiers. Je m’approche, pas trop sûre de mes yeux qui ont vu une étiquette « Prix des libraires » sur Coco, Léon et Mulligan de Christian Mistral. « Bais, voyons donc, est-ce que le gagnant aurait été proclamé et l’info m’aurait échappée, moi qui surveille ce Concours depuis le début ! » J’y regarde à deux fois et trouve trois autres concurrents (finalistes) mais eux, n’ont pas d’étiquette « Prix des libraires ». Je ne comprends pas. Je vais voir la libraire derrière son comptoir et lui demande s’ils ont accolé une étiquette sur celui-là seulement parce que c’est leur préférence dans cette librairie (tout en sachant très bien que ce n’est pas la procédure). Elle me répond « non ». J'en profite pour lui faire remarquer que le cinquième finaliste « Un taxi la nuit » brille par son absence auprès de ses copains les autres finalistes. Est-ce qu’elle manquerait d’exemplaires ? Elle demande à son ordi qui répond qu’ils en ont trois exemplaires. La chose commence à mériter son déplacement. Elle attrape au passage les trois exemplaires de « Un taxi la nuit » qui ont, eux aussi, une étiquette de Prix du Libraire ?!? Nous avons donc maintenant deux gagnants ou deux finalistes ! Je porte à son attention que ce n’est pas très juste pour les trois autres finalistes. Elle est d’accord et va le faire remarquer à «Michel » demain.
Évidemment, de Eastman, je suis un peu loin pour mener au bout mon enquête, je dois donc faire confiance. Cela n’empêche pas ma déception. Ce n’est malheureusement pas la première fois où les choses se passent un peu bizarrement chez GGC, comme placer une nouveauté très « nouveauté », genre arrivé la veille, dans le fin fond, en arrière d’un volumineux volume. Rien de judicieux, quoi !
Je vois un seul avantage à ce que j’ai vécu ; j’ai été si occupée que je n’ai rien acheté !
L’histoire ne vous dit pas que je m’étais laissé tenter à la librairie « Un livre … Une histoire » par « Volkswagen Blues » de Jacques Poulin.

mercredi 2 avril 2008

L'organisation de sa bibliothèque

Il est à peu près temps que je tire ma ligne de pêche et je me mette à la date du jour qui est encore de ne pas se découvrir d’un fil ; il vente en diable ! Est-ce Mère Nature qui souffle comme une enragée sur l’hiver qu’il aille se nicher ailleurs le temps d’un printemps ? J’espère.

J’ai déniché un très amusant billet sur les bibliothèques,vous savez celles que nous avons à la maison (obligatoirement !) et sur lesquelles nous essayons de faire tenir la tonne de papier que nous lisons ou lirons ? Celles-là, pas les publiques. C’est Nicolas Dickner (auteur de Nickolski) qui reparle de l’organisation de nos bibliothèques, à nous qui aimons tant lire que nous accumulons livre sur livre par-dessus une pile de livres. Voici ce qu’il en dit, c’est vraiment rigolo, toujours impayable ce chroniqueur du Voir, ce monsieur vraiment Hors Champ (nom de sa chronique hebdomadaire).

« ….l'organisation de sa bibliothèque personnelle - notamment le fait que tous les livres exposés dans un espace raisonnablement public du foyer devaient au préalable avoir été lus d'une couverture à l'autre. La vieille idée du livre-comme-trophée-de-chasse, en somme.
Du coup, d'autres blogueurs y sont allés de leurs variantes sur le sujet: à quoi sert une bibliothèque? Que doit-on y mettre? Comment classer les livres?
J'ai suivi cette discussion avec un soupçon de jalousie. Il existe donc, sur cette planète, des gens qui ont le temps de gérer leur bibliothèque?! Qui planifient le classement des livres, leur regroupement, leur impact visuel?
Pour ma part, j'ai lâché prise. Durant quelques héroïques années, j'ai vainement tenté de défendre une invisible frontière entre mes bouquins et ceux de ma sociologue préférée, un combat rapidement (et irrémédiablement) perdu.
Il faut préciser que ma sociologue bien-aimée est la propriétaire officielle des bibliothèques du salon - deux Billy en mélamine jaunâtre achetées chez IKEA en 1987 et dont les tablettes ploient de façon franchement inquiétante -, ce qui m'empêche d'y imposer quelque ordre que ce soit. C'est le Far West du livre de poche.
En fait, ma seule préoccupation consiste désormais à empêcher lesdites Billy de s'effondrer sur elles-mêmes ou (pire encore) sur l'anatomie d'un être humain situé à proximité. Je suis devenu un professionnel de la perceuse, du point d'ancrage renforcé et de la petite béquille judicieusement placée.
En ce qui a trait au classement proprement dit, j'ai tout abandonné. Je tente simplement de maximiser le nombre de bouquins au mètre cube, dans l'ordre où ça se présente. D'ailleurs, l'espace a commencé à manquer et les romans s'empilent maintenant un peu partout: sur la table de chevet, sous le lit, sur l'ordinateur - sans oublier les livres dont ma fille saupoudre le plancher du salon.
Faute de pouvoir changer la situation, je lui cherche désormais des avantages.
Avantage no 1. Le temps que vous ne consacrez pas au classement devient du temps pour lire de nouveaux livres.
Avantage no 2. Le chaos réserve d'infinies surprises. En cherchant La Décroissance, de l'économiste Nicholas Georgescu-Roegen, vous risquez à tout coup de tomber sur une vieille Rubrique-à-brac de Gotlib. Voilà qui change radicalement le cours de la matinée.
Pas encore trouvé de troisième avantage. J'y travaille. »
…

Drôle n’est-ce-pas ? J’adore son humour. Juste ce qu’il faut de rose pour ne pas être noire (mauve peut-être ?!). Si vous désirez lire l’ensemble de ses chroniques, c’est ici, en attendant son tout prochain roman : Quand … Quand ? Si quelqu’un le sait, qu’il lève la main haut et qu’il parle fort. Une date prochaine pourrait tromper ma hâte qui est grande.
Signé une fan de Nicolas Dickner

lundi 28 janvier 2008

Une trahison

Vous le savez, le livre en vedette à La Recrue ce mois-ci est « Judas » de Tassia Trifiatis. Eh bien, j’ai eu chaud ! J’ai failli être obligé d’aller l’acheter à Montréal. Il est vrai qu’il y a un peu de ma faute ; je me suis prise deux semaines et demie avant le 15 février. Je comptais sur le fait que c’est encore une nouveauté et qu’alors les librairies de ma région l’auraient encore sur leurs tablettes. Bais non ! J’avais encore oublié que nous n’avons pas la même définition de « nouveauté ». Après trois mois, au mieux quatre, un livre est mis au rencart à moins, bien sûr, de promesses de vente à cause de la réputation. Mais comment les premières oeuvres peuvent-elles jouir d'une réputation ? Voilà qui est une autre paire de manche ou la manche d'une partie à gagner ! Pour moi, donc, « Judas » est encore jeune, il a à peine 5 mois. J’ai contacté trois librairies indépendantes (ou presque !), il y en a même une, La Librairie Médiapaul à Sherbrooke qui m’a confiée ne rien recevoir, ou presque, de Leméac et de ne pas savoir pourquoi ! Si le libraire ne le sait pas, imaginez-moi !!!
J’ai fait une recherche « Google » pour justement connaître l’âge réel de « Judas ». Je n’ai jamais trouvé de site pour Leméac, une adresse courriel et postale, mais pas de site Internet. Pourtant la maison Leméac fête ses 50 ans et il n’y aurait pas de site Internet ?! Je suis un peu dépassée, comme vous pouvez le constater.
J’ai finalement trouvé « Judas » à la librairie où il ne faut pas que j’achète, de préférence, puisqu’ils ont des politiques qui nuisent aux librairies et donc aux livres. Voir mes billets sur le sujet. J’étais mal prise, que voulez-vous, alors je m’y suis résignée. Les autres librairies m’ont pourtant toutes gentiment offert de le commander mais le délai était de 2 à 3 semaines, ce qui m’aurait à peine donné une journée pour le lire et le commenter pour La Recrue . Un peu trop pour mes méninges qui aiment s’éventer un peu avant de plonger (éventer ... plonger ... serais-je dû pour un p’tit voyage en Guadeloupe ?).
J’ai quelque peu trahi mes principes mais j’ai mon « Judas ». Un nom prédestiné, quoi !

vendredi 4 janvier 2008

Le profil d'une lectrice

C'est à croire que j'ai pris la résolution de moins écrire ! Ce n'est pas le cas, loin de là, c'est tout bonnement que je lis beaucoup ! Je suis plongée au plus profond des "Accoucheuses" - La Révolte » Tome 2, pas loin de 900 pages de la prolifique Anne-Marie Sicotte. Malgré une certaine redondance dans le discours féministe et l'omnipotente de l'Église décrite et surtout décriée sur tous les tons, j'y trouve amplement mon compte. Trop, même. Ma vie quotidienne en souffre. Tous les prétextes possibles et surtout impossibles sont valables pour sauter sur ma tonne de pages à la gueule ouverte. Oui, vous savez quand le carton est mince et qu'à force de le tenir ouvert, il bâille aux chouettes rayées (on en a vue une stationnée sur une branche récemment). Ça fait naître en moi l'irrésistible envie de lui tenir le clapet, ce que je m'empresse de faire à la moindre occasion qui s'y prête !

Cela ne m'empêche pas de réfléchir sur le profil du lecteur, cette expression à l'air un peu sérieux faisant allusion aux goûts littéraires de mes amies. Mes livres circulent entre plusieurs mains et j'essaie de mieux cerner et même deviner les goûts. Vous savez ce genre de prédictions que l'on assène généreusement "Je suis sûre que tu vas aimer !" J'aimerais ne jamais me tromper et me taxer de grande devineresse de la nature humaine ! Je blague bien sûr mais j'aimerais être un peu plus intuitive et faire circuler les livres à mes amies d'une manière efficace. En passant, si je féminise en disant amiEs, ce n'est pas par déformation de liseuse des Accoucheuses, c'est parce que c'est la réalité ! Aucun ami ne me réclame aucun livre. Même après avoir osé tendre « Nickolski » de Nicolas Dickner à un ami, le roman a fini par aboutir entre les mains de sa conjointe. C'est d'ailleurs sur ce profil de lectrice que je suis penché. J'essaie de comprendre qu'est-ce qui l'attire comme lecture, qu'est-ce qui la comble et je n'y arrive pas. Hier, on discutait ferme autour de "La notaire" de Patrick Nicol, roman qu'elle a lu jusqu'à la dernière page mais qu'elle a fermé éprouvant de la déception. J'essayais de savoir pourquoi (je me reprendrais un jour sans un verre de vin !), cette lecture ne lui avait rien apporté, cette phrase revenant souvent dans sa bouche.
Je me butte à cette phrase, en essayant de me définir, moi. C'est vrai, oui, il faut qu'une lecture m'apporte quelque chose. Rien ne sert de le nier, on est ainsi fait, on ne fait rien pour rien. Ma définition de « m'apporter » semble bien différente de celle de mon amie par contre. Ne serait-ce que simplement le style en soi m'apporte de la satisfaction. Je peux m'arrêter et me remplir d'admiration de longues minutes sur l'habileté à dire avec précision ce qui flottait, égaré, dans mon esprit. Juste de cela, je suis reconnaissante à l'écrivain. Et puis, j'étudie les manières de dire les histoires, de les structurer. Et sous tellement de formes différentes. J'ai lu quelques fois des textes au « tu » et j'étais un peu égarée mais à la longue, le "tu" s'est tu et j'ai écouté tout simplement ce que l'histoire avait à me raconter.

Mais cela ne me dit pas quel genre de lectrice est cette amie. Il y en a d'autres que j'ai mieux cernées, celles qui me ressemblent en fait. Je crois que je n'ai tout bonnement pas encore trouvé les bonnes questions à lui poser. J'y réfléchis. Mes questions ne sont pas prêtes ... et c'est évidemment la faute de ces Accoucheuses qui ne me laisse plus d'espace pour "respirer dans ma tête" .

Les Accoucheuses ont pris le contrôle de ma vie ! C'est principalement ce que je voulais vous confier ce soir ... mais « pour le sûr » (expression des Montréalistes vers 1852 - Les Accoucheuses), je vais y revenir à ce profil de la lectrice !

jeudi 20 décembre 2007

Triste pour la littérature québécoise

Ne vous en faites pas, ce n'est pas dramatique mais ça donne un petit pincement au coeur. Je suis allée porter quelques titres québécois de livres usagés au Tourne-Livre de Sherbrooke. Ce matin, une des propriétaire m'a appelé, elles n'en prennent aucun. La cause : ça se vend pas. Elles les ont essayé, disent-elles, les nouveaux venus, mais la demande du client, ce sont les valeurs sûres ; du Marie Laberge, Michel Tremblay, Guillaume Vigneault pour les jeunes. La chose littéraire est bien compartimentée, ne nous mélangeons pas ; Guillaume Vigneault pour les jeunes !

C'est sûr, une librairie de livres usagés doit aller avec la demande, si elle veut survivre, si elle veut mettre de la margarine aux gras non saturés sur ses toasts. En quelque part, oui, je comprends. Les livres qui s'empoussièrent, c'est pas gagnant, l'argent roule pas et il faut qu'il roule, l'argent. Ça ne m'empêche pas de trouver le refrain triste, la ritournelle un peu révoltante. Quelque chose me dit qu'il y aurait quelque chose à faire, on ne peut pas à ce point se soumettre aux lois du marché. Un dialogue, pour ne pas dire une obstination en règle s'enclenche dans ma tête. Les missionnaires, ces personnes pour qui le jeu de l'argent n'est pas en cause, d'un côté, et la littérature québécoise rentable, de l'autre. Il me semble, je dis bien il me semble, que si je tenais une librairie de livres usagés, j'essaierai de fondre les deux côtés, en continuant mon apostolat du livre québécois. J'aiderai la demande à surgir. J'essaierai de jouer un rôle pour ce faire. Je ne baisserai pas les bras aussi facilement devant la sacro-sainte demande. Une autre voix (sur mon baptistère, je porte le nom de Jeanne D'arc – et c'est strictement la vérité !) me dit que je ne suis pas dans cette position et que c'est alors facile de parler. Quelle voix a raison, quelle est la voix de la raison ? Je vous en prie, exprimez vos voix que je sorte un peu de ma tête, il est temps !

Pour ma pile de livres prêts à être lus par d'autres yeux, je vais donc me rabattre sur Montréal, la grande cité. Probablement, qu'ils vont accepter quelques titres de ces nouveautés québécoises, encore là, je n'en suis même pas sûre. De toutes manières, je vous ferai suivre le dossier, promis. Moi, qui pensais que la nouveauté avait toujours meilleur goût ... pas dans le domaine de la littérature, semblerait-il. Partout ailleurs, mais pas dans ce domaine. Les auteurs édités pour une première fois de leur vie, ici, au Québec, n'ont pas de mérite à rester humbles ! Impossible de s'enfler la tête et encore plus difficile de s'enfler le portefeuille !

Bais non, je vais pas rester morose bien bien longtemps, les grelots des petits lutins vont me sortir de mon état ... surtout que je les entends à l'année !

Foi d'une Jeanne d'Arc.
* peinture ci-dessus : Christine de Pisan "Jeanne d'Arc et le pouvoir"

mercredi 31 octobre 2007

Un présent des bibliothèques

Je vous avais parlé d'un concours dans le cadre de la 9e semaine des bibliothèques ? Voir mon billet : Visitez Esther Lalumière en silence !

Eh bien, Marc et moi avons sagement été porté nos coupons bien remplis à la bibliothèque de Magog. Les réponses étaient "collimage", nouveau terme français pour scrapbooking. Et il fallait aussi répondre "souvenirs". J'ai appris sur les lieux que cette bibliothèque a pris l'initiative d'un tirage "maison". Eh bien, je vous annonce que Marc a gagné un livre, un présent ! Une bibliothécaire l'a appelé, pas Esther Lalumière mais tout de même, et lui a annoncé qu'il gagnait "Le présent" de Spencer Johnson. Il faut le faire ! C'est bientôt son anniversaire et il reçoit un cadeau du destin déguisé sous les traits du hasard. Quel est ce mystérieux présent que Marc doit absolument lire ? Nous ne l'avons pas encore entre les mains mais voici le résultat de notre recherche :


Présent (Le) » Un cadeau qui arrive au bon moment. Les histoires de Spencer Johnson reposent sur des vérités simples et intemporelles. Elles ont changé la vie professionnelle et personnelle de millions de lecteurs partout dans le monde. Voici maintenant une toute nouvelle fable inspirante et pratique en ces temps de turbulence. Le présent est le plus beau cadeau que vous puissiez recevoir car il vous fera connaître le bonheur et le succès ! Qu’il s’agisse… · De trouver la tranquillité d’esprit et de vous sentir plus alerte · D’accroître votre productivité et vos réussites · De découvrir ce qui est important pour vous et les personnes avec qui vous partagez votre vie professionnelle et votre quotidien. Le Présent raconte le parcours passionnant d’un jeune qui devient adulte et sa quête pour découvrir le présent, un cadeau mystérieux et insaisissable dont lui a parlé un vieux sage. Selon le vieil homme, ce présent est le plus merveilleux cadeau qu’on puisse recevoir.

Ça fait drôle de vivre avec un homme directement connecté avec ses anges !

dimanche 28 octobre 2007

L'encre n'est pas sèche ...

Je ne sais pas si je suis la seule comme ça mais la quantité de livres qui sortent, un après l'autre, me donnent le tournis. Je ne sais plus où donner de la tête, même si je ne veux pas la donner ma tête, j'en ai besoin. Pour justement lire toutes ces nouveautés qui me narguent de leurs titres, et de leurs auteurs. Surtout leurs auteurs. Il y a tellement de livres qui sortent et se lancent, que je n'ai pas le temps de les attraper au passage. Malgré tout, il y en a un qui me nargue plus particulièrement et non, celui-là, il n'est pas question que j'attende. Autant je me suis élancé à la libraire à la sortie de « La fabrication de l'aube », trop rapidement d'ailleurs, il était encore dans l'arrière boutique, autant cette fois-ci, je n'attend pas la sortie en grande pompe de Quand les pierres se mirent à rêver de Jean-François Beauchemin. Je me contente de la sortie en petite pompe.

Vous allez me dire, c'est mieux que de ne pas savoir vers quel livre allonger le bras. C'est vrai. Pour le fan-club des indécis, nos télévisions se sont enfin sortis de leur inertie et nous présentent deux émissions où des écrivains peuvent s'exprimer. Ça aide à s'arrêter et faire connaissance. Un bon remède contre le tournis. Je vous annonce, ou remémore ces émissions, et cette fois en grande pompe :
On fait tous du showbusiness – dimanche 15 h 00 – Radio-Canada (enfin, notre télévision nationale se mêle de ce qui la regarde !)
Ça manque à ma culture – lundi au jeudi, 19 h 30 – Télé-Québec, avec une vedette (Serge Postigo)

En attendant de rencontrer Jean-François Beauchemin à ces émissions (enfin, j'espère qu'il y sera invité !), je lui laisse la parole ... parce qu'il a les mots pour le dire.
Dans ma démarche d’écriture, j’aspire à me rapprocher le plus possible d’un langage qui rende compte à la fois des faits, du songe et du pressentiment, facettes multiples d’une même réalité. La poésie, on le comprendra, n’est donc jamais loin, et le dispute ici toujours à la prose. Mais peut-être ne pourrait-il en être autrement, puisque tous mes écrits plongent au cœur des grandes préoccupations humaines: l’amitié, l’amour, la joie, la souffrance, la mort.

Quand les pierres se mirent à rêver est le fruit d’une réflexion sur la solitude, non seulement vécue comme un état, mais aperçue comme un lieu. Ce lieu bien sûr est intérieur à l’homme, tout entier délimité par cet objet étrange qu’est le corps. Pourtant, il est suggéré dans ces pages que quelque chose dans cette solitude relie le corps au reste du monde, et ainsi ne cesse de le convier à une forme de célébration. Il ne s’agit pas tant ici d’expliquer cela. Ou si on l’explique, ce ne sera jamais qu’au moyen d’une certaine poésie. C’est sans doute ce qui fait de ce petit livre une sorte d’invitation à la rêverie, mais une rêverie jamais séparée de la joie lucide qui la précédait, la déclenchait peut-être.

* * *
Je l'admire de poursuivre sa (dé)marche jusqu'au bout. Sa marche vers l'écriture de plus en plus poétique. C'est certain qu'elle prend sa source d'une pulsion intérieure. Il ne s'est sûrement pas dit ; "Tiens, je vais écrire sur la solitude intérieure avec poésie, j'ai là une formule gagnante"! Le mot « poésie » fait trop peur pour le mêler à un succès littéraire. Cet auteur approchait déjà la poésie de très près, mine de rien, avec un remarquable naturel, j'ai hâte de voir jusqu'où il l'a poussée. Je vous en reparle, c'est une promesse, un rendez-vous !

À la quête d'une image de couverture du livre à vous offrir, je réalise qu'encore une fois, je suis trop pressée. Quand les pierres se mirent à rêver sort le 1er novembre et pas moyen, à travers le pourtant vaste web, d'en trouver une représentation. Peut-être que l'encre n'est pas sèche ;-) ...