Faites comme chez vous

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c'est recevant !

vendredi 23 juillet 2010

À vitesse de pédalo

Effrayant comment l’été fait son été cette année et le « derrière l’écran » est presque une gifle donnée à dame nature qui se tient dans les paramètres du calendrier. Ce qui fait que Le Passe-Mot de Venise est au ralenti, la faute étant à mes idées qui sortent par portes et fenêtres ouvertes. La faute aussi à ces jambes qui se tiennent dans les herbes folles, qui sont vraiment folles, à couper au ciseau (pas encore de machin qui fait du bruit), à regarder les fleurs s’épanouir, oui, oui, je fais ça moi, à jouer au palet avec fiston en visite. Parce qu’à un certain âge, les fistons s'appellent de la visite ! Rajouté à cela de petits ennuis de santé qui sont maintenant réglés, ma vitesse n'est pas de croisière, mais de pédalo !

Pourtant couve ici à Eastman un grand rassemblement et je m’y prépare en privilégiant de lire les auteurs qui seront en visite entre le 5 et 8 août. De connaître sa visite, c’est plus poli :-)

Peut-être parce pas je ne suis pas dans l’humeur d’en mûrir, une idée spontanée s’est imposée : vous présenter des invités des Correspondances d’Eastman un peu moins connus. Peut-être vais-je vous présenter des auteurs que vous connaissez, ou même adorez, n’hésitez pas à nous faire signe si c’est le cas, bonifiez leur brève bio de vos mots d’amour.

Je vous présente ...

Simon Boulerice
Il allie les métiers d’auteur, de comédien et de metteur en scène. Il a étudié en littérature et dramaturgie (Cégep de Saint-Laurent et UQAM), puis en interprétation théâtrale (Cégep de Lionel-Groulx, promotion 2007). Il a aussi fait des études en danse (Conservatoire de danse) et en mime (Omnibus). Il écrit pour le théâtre depuis quelques années (Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella?, Petite Licorne 2008 et 2009, Éric n’est pas beau, Gros Mécano 2010) et joue en tournée, ici comme en Europe, pour l’Arrière Scène. Son spectacle solo Simon a toujours aimé danser a remporté le prix de la création lors du Fringe 2007, a été présenté en tournée à divers endroits, jusque dans le cadre d’un Festival de théâtre au Tchad, en Afrique. Il joue toujours la pièce en tournée. En septembre dernier, il publiait Les Jérémiades, son premier roman, aux Éditions Sémaphore, et un recueil de poésie, Saigner des dents, aux Écrits des Forges, qui lui a valu le prix Alphonse-Piché 2009. Il travaille présentement sur sa prochaine création, Martine à la plage, qui sera présentée en septembre 2010 au Bain St-Michel.


Max Férandon
Il est né en 1964 dans une jolie carte postale du centre de la France.
Une traversée de l'Atlantique en 1988 l'amène au Québec où il réside depuis.

À l'âge de quatorze ans, sa maman lui offre une machine à écrire, mais le bruit des touches empêche le chat de dormir, il adopte donc la plume et l'encrier. Des années plus tard, il publie un premier roman : Monsieur Ho (ALTO). Un récit qui décrit les états d’âme du recenseur de la Chine.

Il travaille actuellement sur son prochain livre: Un lundi sans bruit. Un titre qui fait le bonheur des chats, paraît-il.

Hélène Dorion
Née à Québec en 1958, Hélène Dorion a publié plus d’une vingtaine de livres de poésie, traduite et publiée dans plus de quinze pays, son œuvre lui a mérité plusieurs distinctions et prix littéraires, dont le Prix du Gouverneur général du Canada, le Prix Alain-Grandbois, le Prix Aliénor, le Prix International de Poésie Wallonie-Bruxelles et le Prix du Festival International de Poésie de Roumanie. Elle est la première Québécoise à avoir reçu, en 2005, le prix de l’Académie Mallarmé, décerné en France depuis 1937.

Les Éditions de l’Hexagone ont fait paraître une rétrospective de son œuvre poétique sous le titre Mondes fragiles, choses frêles. En 2002, elle a publié Jours de sable, récit qui lui a valu le Prix Anne-Hébert, puis, en 2003, a paru Sous l’arche du temps, ouvrage qui regroupe des essais autour de l’écriture, de la littérature et de la place de l’art dans la société. Son premier ouvrage jeunesse, La Vie bercée (2006), a été en lice pour trois prix littéraires, dont le Prix du Livre Jeunesse des bibliothèques de Montréal et The White Raven (Italie).

Pour les détails et les noms d'une trentaine d'autres invités, consultez Les Correspondances d'Eastman.

dimanche 18 juillet 2010

VraCorrespondances

Les finalistes de la Poste Restante : Le comité de sélection a reçu une centaine de lettres et il est à peu près temps que je vous communique les quinze finalistes ... par ordre alphabétique :

Bastin Jutras Agnès – Magog
Beauregard Gilles – Lachine
Bonin Gisèle - Saint-Basile-le-Grand
Brière Louise – Beauharnois
Caselles Brigitte – Magog
Chabot Doris – Sherbrooke
Chicoine Ginette – Québec
Fontaine Martine – Waterville
Gagnon Francisca – Sherbrooke
Guay Viviane – Magog
Langlois Anne - Saint Georges sur la Prée, France
Melançon Carole - Canton de Hatley
Pongis Khandjian Marie Ange – Québec
Shaarani Grazynka - Northampton, États-Unis
Toupin Michel - Magog

Parmi ces finalistes, le jury, retiendra 5 lauréat(e)s ex-aequo. Leurs lettres seront lues à la cérémonie d'ouverture (jeudi 5 août - 17h) et ensuite affichées en format géant sur la terrasse de la Marjolaine pendant la durée des Correspondances, puis publiées sur le site internet.

À noter qu'un prix de participation sera offert lors de la cérémonie d'ouverture, le nom sera tiré au hasard parmi tous les signataires des lettres, à l'exception des cinq gagnants.

J'en profite pour féliciter de tout coeur deux de ces finalistes qui suivent le Passe-Mot ... ils ou elles se reconnaîtront ou s'identifieront s'ils ou elles le désirent :-)

Attention ... attention ... SPÉCIAL D’OUVERTURE :
Recevez un stylo-passeport pour toute la durée de l’événement avec l’achat d’un billet pour le Café littéraire du jeudi - 5 août - 15 h avec
Kim Thùy, Marie Christine Bernard et Christine Eddie.

Qu’est-ce que vous permet un stylo-passeport (12.50 $ - 10 $ étudiants et aînés) ?

Trouver tout ce qu’il vous faut pour écrire à loisir autant de lettres que ces chambres et jardins d’écriture vous inspireront :

1. Le jardin anglais – 2. La chambre de la rivière* – 3. La chambre des poètes* – 4. Le sentier des lettres – 5. La chambre du temps qui passe – 6. Le jardin floral* – 7. La chambre sylvestre – 8. Le Portage des mots* – 9. La chambre du théâtre* – 10. Les pontons du lac (sur réservation à l’accueil) 11. La Place du village*
*Lieux d’écriture ayant un abri couvert.

D’autres activités sur le Circuit des lettres avec le stylo passeport :
Vendredi et samedi : 19 h à 22 h - Au Dojo Saku Shu Ka
Pour stimuler la rencontre avec soi et laisser courir les mots, un lieu de méditation est offert. Inscription à l’accueil.

Samedi 7 août
Au portage des mots – 14 à 16 h
LOUIS HAMELIN et ROMÉO SAGANASH - Connivences et confidences d’écrivains sur la nature, le nomadisme, des territoires et des espaces de rencontres. (20 places).

Samedi 7 août
À la Chambre Sylvestre - 10 h à 15 h (pause de 11 h 30 à 13 h 30)
Écrivez au son de flûtes à bec – Trio Bellerive -
Suivra à 15 h une lecture poétique par Dany Boudreault

L'ouverture des Correspondances d'Eastman est dans 17 jours, le 5 août. Le compte à rebours est commencé ...

jeudi 15 juillet 2010

Comme si de rien n'était - Maxime Collins

Un éventail d'opinions vous attend à la Recrue du mois. Je dirais que pour un certain choix de l'auteur, il y a unanimité. Sinon, plusieurs nuances sont apportées. En espérant qu'après la lecture d'une dizaine de points de vue, vous saurez si ce roman est pour vous, car après tout c'est une des raisons d'être de La Recrue du mois !

Où mènent des cul-de-sac ?

Dès le départ, nous savons que nous longerons quatre trajectoires de vie. Je trouvais l’idée bonne et je la trouve encore bonne, avec son bouquet de la fin : les retrouvailles.

À Benjamin, je suis toute là, troublée de certaines motivations de personnages, étonnée par un « je » qui s’infiltre dans les « il », ce voyeur qui regarde par un trou de souris. J’ai encore pleine confiance à l’auteur ; où me mènera-t-il ?

À Philippe, je m’accroche. Le personnage m’intrigue, son vide me remplit de questions. Quand Aurélia arrive dans le décor, je veux bien sûr croire en elle, comme je crois en lui. À cette fin facile, articulée par Aurélia, je me déleste d’une part de confiance.

À Dana, me voilà légèrement sur mes gardes. Le personnage est encore plus particulier, il se dédouble dans un mensonge d’identité. Je ne suis pas psychanalyste, lectrice seulement, ma difficulté est grande de croire à une si grande bêtise face à l’amour, à cette vérité trouée comme un emmenthal entamé. Je trouve que le personnage à double têtes ne se tient pas, je lis en surface, je glisse sur les lignes, plus spectatrice que lectrice.

À Éric, l’histoire aura à venir me chercher, mon esprit se méfie de peur de se faire mener en bateau. Éric a de la chair et a tout pour m’intéresser. Je ne saisis pas le personnage secondaire. Qui est-il, que veut-il ? En dehors de l’action, je regarde la scène de soulerie qui m’apparait burlesque. Je n’y crois pas et comme toute lectrice qui désire se remplir d’une histoire, je suis déçue.

Bien évidemment, j’ai hâte aux retrouvailles pour me réconcilier, faire connaissance avec les personnages en dehors d’accidents de parcours. Il n’y aura pas de retrouvailles, pas pour moi.

Le ton froid et distant au service d’un scénario aussi généreux en motifs psychologiques ne m’a pas dérangé au début, mais à la longue, oui. L’intervention du « je » est irrégulière, cette inconstance m’a déconcentrée. L’idée des amis écartelés, leur retrouvailles ensuite est excellente, par contre, on comprend vite que ce rapprochement final implique que chaque histoire (relation) débouchera sur un cul-de-sac. Le fait de le savoir a retiré un mystère que j’aurais préféré entier.

mardi 13 juillet 2010

Renard bleu - Yves Beauchemin

Pourquoi avoir tendu la main vers ce Renard bleu ? Il est possible que vous vous posiez la question puisque, rarement, je lis du roman jeunesse et surtout de cette consistance : 376 pages. C’est particulier, tout au long de ma lecture, je me suis demandé : à cette longueur, est-ce pour les adultes ? Ce n’est qu’une fois la couverture refermée que j’ai lu un article faisant allusion au défi lancé à Yves Beauchemin, ce routier des histoires à longue haleine, d'aborder un roman jeunesse autrement que par la brièveté.

Disons-le, j’ai tout d’abord éprouvé de la difficulté à prendre à cœur l’histoire du jeune renard qui fait tout, y compris l’impossible, pour sauver ses parents tombés dans un coma par le mauvais sort jeté par la sorcière Eulalie Laloux. Je me suis bien sûr demandé pourquoi, puisqu’il m’est déjà arrivé d’embarquer dans la vie d’animaux qui parlent, les prenant pour des êtres humains quand on me les présente comme tels. Mais cette fois, le bon vivant et doux ours Gustave, l’orgueilleux canard athlète (mon personnage préféré), et le courageux Renard bleu, au poil si joli (compliment donné à profusion) ne m’ont jamais fait oublier leur état animal puisqu’on nous le rappelle sans cesse par la surprise des humains qui les côtoient. Prend aussi une part active à cette histoire, une famille fantôme et un squelette. À chaque apparition visible de ces « invisibles », la réaction en est une assurée de surprise syncopée.

Avant même la première ligne, on présente des personnages par un dessin et une mini-bio, c’est amusant, par contre, il m’en est resté un désir de continuer à les « voir ». Comme le roman a de l’action et est très visuel, il serait avantageux de le présenter en dessin animé, et je me demande même s’il n’a pas été écrit avec cet espoir ! En tout cas, les dessins des personnages ont assiégé mon cinéma intérieur.

Cette histoire erre dans un entre-deux ; entre l’humain et l’animal, entre le naturel et le surnaturel, entre l’éveil et le sommeil, entre la terre et l’eau, et nous amène même visiter les épaves du Titanic, ce que j’ai bien aimé. C’est bien mené et l’originalité se situe surtout au niveau des personnages (j’ai aimé l’âme valeureuse du chat que j’ai admiré encore plus que le Renard Bleu), par contre le défi de la longueur est plus ou moins relevé. C’est le genre d’histoire prévisible, entre des bons et des méchants et plus encore, vu que la sauce est étirée, on a le temps de voir venir. Plus condensée, elle aurait pris de l’élan, à mon avis. Mais suis-je la lectrice cible, malgré mon esprit enfantin qui s’est allumé à quelques reprises ? J’ai éprouvé de petits coups de cœur, mais en dent de scie. Lecture légère et distrayante, idéale pour s’aérer les méninges en y laissant passer un peu de fraicheur.

dimanche 11 juillet 2010

Je suis l'intruse

Bon, ça y est ! Après une fin de semaine très mouvementée de mon côté, j’arrive enfin avec les deux citations intruses.

Mon fils, Rémi, qui séjourne avec nous un certain temps a rajouté ses citations préférées mais n’a pas osé inscrire les citations intruses. J’avais un espoir qu’il les débusque, comme Marsi a fini par y arriver. Parce qu’il me connaît. Je lui ai d’ailleurs demandé de ne pas aller me démasquer.

Par contre, une personne m’a démasquée, une fois sur deux, et c’est ...... Daniel Rondeau. Bravo !

Je n’ai aucune idée pourquoi il a pointé la 11. Est-ce le Florence Marseille qui a éveillé un soupçon chez lui ? Parce que j’ai rajouté à Venise deux noms de ville. Bais oui, pourquoi pas ? C’est donc moi qui se cache sous cette citation.

La deuxième intruse, personne ne l’a trouvée, mais j’avoue que j’étais plus difficile à débusquer « Valentine St-Amant » puisqu’il faut savoir que je suis née la veille de la St-Valentin, à 1 h 35 près, j’aurais le prénom Valentine inscrit sur mon baptistère. Et St-Amant, vous ne trouvez pas suspect une personne qui s’appelle Valentine St-Amant ? La citation évoquant de l’épistolaire me semblait être un deuxième indice « puce à l’oreille ».

Personne n’a choisi mes citations comme leurs préférées. Alors, pour cela, je vous donne tous raison ! Mes préférés sont 1, 5, 6, 12.

Merci de vous être prêté au jeu !

jeudi 8 juillet 2010

Vrac citations

Comme la mienne, ma parole, est temporairement engourdie sous un cerveau chaud, j’ai pensé leur donner la parole. Attention, il y a deux intrus.

Si le cœur vous en dit, laissez votre ou vos préférés. Voilà pourquoi je les ai numérotées ... ou lesquels vous pensez être les intrus.
On s’amuse là ! (sur le ton de « On jase là ! » de Guy A. Lepage)


1. « J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot... »
Honoré de Balzac

2. « L’art d’écrire des lettres est l’habileté de donner aux gens l’impression que l’on parle d’eux, tout en ne parlant que de soi »
Valentine St-Amant

3. « Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit ».
Marguerite Duras

4. « La gloire ou le mérite de certains est de bien écrire ; et de quelques autres, c’est de n’écrire point ».
Jean de La Bruyère

5. « Écrire, la seule façon d’émouvoir autrui sans être gêné par un visage »
Jean Rostand

6. «Quand je serai grand, j’irai à la paternelle »
Cédric, 3 ans

7. « La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l’écrivain »
Julien Green

8. Marsi se demande quand la terre sera déclarée « Patrimoine mondial de l'humanité » par l'UNESCO

9. « Les romanciers sont plus à nu dans leurs œuvres de fiction que dans leur autobiographie »
Madame de Staël

10. « La langue est la vraie patrie d’un peuple. C’est peut-être du reste la seule patrie »
Claude Duneton

11. « Le respect porté à l’autre est la courtoisie de l’âme »
Florence Marseille

12. "Le point d’interrogation est une exclamation qui s’arrondit en forme d’oreille".
Véronique Fleurquin

13. « Les mauvais livres sont ceux qu’on prête en craignant qu’on nous les rende »
Valtour

14. « Le dépendant affectif tire sa valeur de l’autre, comme le zéro reçoit la sienne du chiffre qui le précède »
Jocelyne Robert

15. « Après le plaisir de posséder des livres, il n’y en a guère de plus doux que d’en parler »
Charles Nodier

16. « Il faut écrire pour soi, c’est ainsi que l’on peut arriver aux autres »
Eugène Ionesco

17. « Avoir des livres sans les lire c’est avoir des fruits en peinture »
Diogène

18. « Caressez longuement votre phrase, et elle finira par sourire »
Anatole France

19. « Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture »
Jean Cocteau

20. « Pourquoi on met des lunettes de soleil ? Pour qu’il nous voit mieux ? »
Léonie, 4 ans.

lundi 5 juillet 2010

Lectures rafraichissantes

L’idée m’est venue comme ça, j’sais pas pourquoi (clin d’oeil), de parler de lectures rafraichissantes.

Premièrement, est-ce que ça existe ?
Deuxièmement, est-ce que ça existe pour vous ?

Même si c’est un sujet léger (donc rafraichissant ?), je me pose vraiment ces questions. À chaque année, on voit arriver les journalistes, et surtout tout bon magazine très colorée, avec des suggestions de lectures estivales. J’imagine qu’ils entendent par là des livres d’où glissent des grains de sable de plage. J’imagine qu’il y a dans cette notion de lectures rafraichissantes, une part d’idéal où les êtres humains pourraient mettre une pause sur tout ce qui se fabrique d’horrible dans le monde. Pourtant, pour certains, le polar ou l'horreur sont des lectures rafraichissantes, c’est dire que la définition dépend de chacun. Mais ... mais ... le chacun n’a pas nécessairement la cote dans les journaux et magazines, il y aurait donc une définition du rafraichissant sur laquelle on s’entendrait comme pour l’effet d’un verre d’eau avant de plonger dans un lac quand la chaleur est torride.

Je réponds à mes questions du mieux que je peux, car si je les pose, c’est que je me les pose et je n’ai donc pas toutes les réponses et bien évidemment encore moins le « deuxièmement » : est-ce que ça existe pour vous ? Qu’est-ce que pour vous une lecture d’été !

Les lectures rafraichissantes convenues auraient de l’humour, des drames aux fins heureuses, quelque chose qui ne ferait pas trop réfléchir. Ou futiles, pour ne prendre aucune chance de se casser la tête. Est-ce des lectures avec plus d'images ? Ou qui auraient un rapport direct avec les thèmes de l’été ? Plus j'énumère et plus je me sens un peu comme un cliqué sur deux pattes !

Deuxième question maintenant. Je vais décevoir mon hypothétique définition générale (rajoutez-y du vôtre, si je suis à côté), y a pas de doute. Je ne fais pas vraiment de spécial entre mes lectures d’été ou d’automne. La chaleur ne change pas mes goûts, le seul élément qui influe est le temps. En vacances, j’ai plus de temps et je lis autre chose que du roman, et autre chose aussi que du roman québécois. Bientôt, je vais lire "La mort attendra" - souvenirs de guerre d'André Malavoy et suivra (peut-être pas de près !), "Je ne veux pas mourir seul" , autofiction de Gil Courtemanche. Je change de routine, quoi, et il me semble que c’est la définition même des vacances !

Quel a été le déclencheur à mon questionnement ? Le renard bleu d’Yves Beauchemin, ce roman que j’achève en me posant encore la question "à qui il est destiné". Par contre, je me suis dit, voici ce que l’on nomme, je crois bien, une lecture estivale. Je suis donc, veut ou veut pas, en plein dans la vague ... de chaleur !

vendredi 2 juillet 2010

Sombre peuple - Marie Christine Bernard

Je commence à comprendre pourquoi j’ai toujours des réticences devant un recueil de nouvelles ... ma mémoire ! Je ne sais pas qu’est-ce qui se passe en moi, mais aussitôt le recueil déposé, il est presque aussitôt oublié. Même un que j’ai beaucoup aimé comme celui-ci et ses 13 nouvelles.

Aujourd’hui, où je me propose de vous dire pourquoi j’ai aimé, j’ai dû relire en diagonale une bonne partie des nouvelles, en fait, à peu près toutes les courtes. Tandis que « Cromwell » de 52 pages sur 195 pages, environ un quart de Sombre peuple, de celle-là je me souviens parfaitement. Eh, que je m’en souviens ! Je ne l’ai pas que lue, je l’ai tremblée, elle m’a fait oublier que j’étais dans le fictif. Comme si c’était la réalité, parce que justement, cela aurait pu l’être. J’ai pris le cas de ce couple si semblable, parce que dépareillé, tellement à cœur ! Ma seule déception, la fin de ce presque « roman » tombe abruptement, à la manière nouvelle. Le temps se précipite, les événements aussi, et malheureusement, je n’ai pas compris le punch de la dernière ligne. Suzanne (Entre les lignes) a lu et aimé Sombre peuple et se serait perdue à Cromwell.

Si je ne me souviens pas des histoires assez pour les relater, je me souvenais nettement de l’impression de lecture des premières nouvelles que j’ai préférées aux dernières. Je m’étais alors passé la remarque « comment une écriture peut couler aussi parfaitement, et comment des histoires peuvent être aussi bien tournées ? ». Nos méninges, les miennes en tout cas, ont de la difficulté à croire à la perfection ! À ma relecture rapide avant cette rédaction, j’ai renoué avec le plaisir des histoires. Les émotions varient autant que les sujets, on bondit du tragique au léger sans changer de ton (un peu comme les pince-sans-rire). C’est d’ailleurs ce que j’aime chez cette auteure, comme les conteurs de nos veillées d’antan qui jonglaient avec les faits cocasses ou horribles, elle manie le verbe avec une solidité et un recul qui laisse le lecteur face à lui-même. J’aime ces auteurs qui savent s’effacer derrière l’histoire de leurs personnages, et Marie Christine Bernard sait tenir cette distance.

J’imagine qu’il faut que je le dise, le thème rassembleur se veut la différence, jusqu’à la marginalité. J’en ai complètement fait fi, j’ai même préféré l’oublier. Peut-être est-ce parce que pour moi la différence va de soi. Il faut de tout pour faire un monde, même des extrêmes que je ne trouve pas si extrêmes, c’est seulement de la couleur déposée sur un « Sombre Peuple ».

Je vous laisse avec le père Stone :

« Il était gras, dans tous les sens du mot, de la racine des cheveux jusqu’aux orteils. Les épaules larges et voûtées, la panse velue, les mains courtes aux ongles toujours noirs, les petits yeux sombres enfoncés dans leurs orbites, la bouche molle et lippue, le nez épaté, Évrard Stone n’était pas ce qu’on peut appeler un bel homme. --- Page 45 « Vie et mort de Louis-Seize Stone ».

À savourer :

"Les heures ne supportent pas d’être comptées. Aussitôt, qu’on commence à le faire, elles s’échappent et fuient, de plus en plus vite". --- Page 150 « Cromwell ».

Commentaire de lecture de Suzanne "Entre les lignes".

lundi 28 juin 2010

De fil en chas d'aiguille


Masse critique
Les blogues québécois sortent de l’ombre et sont de plus en plus considérés par les maisons d’édition. En autant que l’on soit inscrit chez Babelio (c'est leur initiative d'ailleurs), et qu’on tienne un blogue, on peut recevoir des exemplaires de presse des maisons d’éditions participantes. La condition ? S’engager à en parler sur son blogue et sur Babelio dans un délai d'un mois. Je me suis inscrite, même si je reçois déjà des exemplaires de presse de temps en temps, j’aime faire partie de la masse !

Appel de textes pour la revue Zinc (Marchand de feuilles)
En 1964, la galerie Bianchini de New York présentait American Supermarket. C’est cette exposition qui a rendu la soupe Campbell de Warhol célèbre. Et cette canne de soupe, on peut encore l’acheter au supermarché du coin. Car il y a de l’art dans les rangées du supermarché. Et il est temps d’y trouver un peu de littérature.

Ils cherchent des nouvelles, essais, récits, poèmes, photos et illustrations pour un numéro spécial sur le supermarché, les rencontres qui y sont possibles, la meilleure glace à la pistache, l’horreur des aliments modifiés génétiquement et les espaces spécialisés pour nos amis les crudivores. Le supermarché, c’est un passage obligatoire où cohabitent le melon à cornes et le pain tranché, c’est l’endroit idéal pour se conscientiser et pour culpabiliser aussi.

Soumissions par courriel à : revuezinc@gmail.com
Les textes doivent compter entre 5 et 10 pages (simple interligne) et être accompagnées d’une notice biographique et de votre adresse postale.

Mieux connaître Marchand de feuilles :
Incubateur des écrivains de demain, nous publions des auteurs résolus à enrichir notre culture et notre paysage littéraire avec des textes novateurs et insolites.

1960
Hé, qu’il s’en est passé des « choses » culturelles en ces années 60. Bien obligé de le constater : Leméac a fêté son demi-siècle voici quelque temps, y me semblait l’an passé mais là, sur leur site, oui oui, j’ai bien dit leur site Internet (certains pensent encore qu’ils n’en ont pas !), on y dit que la maison existe depuis 1957.

Cette année, c’est au tour de Hurtubise HMH d’atteindre le demi-siècle, et ça fête en grand, sous forme papier et sous forme numérique :
Papier : En 1960, après avoir participé à la création de la revue La Relève et accouché des éditions de L'Arbre, Claude Hurtubise fondait les éditions Hurtubise HMH. Afin de souligner les 50 ans de leur existence, ils publient Histoires de livres, un ouvrage collectif ...
Numérique : Ils font le saut dans le monde virtuel, et pour leur 50e anniversaire, ils offrent dorénavant une cinquantaine de titres en format électronique.

Et même si ce n’est pas à proprement parler littéraire, Le théâtre La Marjolaine, juste à côté de chez moi, fête aussi son demi-siècle cette année !

Où j’en suis ?
Comme toutes les fois où je fais silence quelques jours sur le Passe-Mot, je ne suis pas portée à lancer une critique, celle de Sombre peuple en l’occurrence. J’ai le goût de reprendre le fil avec du plus personnel, et je me rabats sur du « vrac » pour m’y faufiler. Cette fois, mon vrac fut si consistant, qu’il ne reste que quelques lignes pour mon petit (chas) « moi ».

Je tenais juste à dire que je lis plus qu’il n’y parait, et que j’écris plus qu’il n’y parait. Je lis de plus en plus de bandes dessinées et je touche aux livres jeunesse. Et quand je n’écris pas sur l’amour, je collabore aux textes du prochain opus de Marsi où on retrouvera plus de mots que dans Miam miam fléau. Ou encore, je me voue à mon service de correspondance pour ceux qui aiment recevoir une lettre au lieu d’une facture. Et, en plus je mijote un projet personnel ... mais je mijote trop, je devrais bientôt retirer du feu, et y goûter. À suivre ...

mercredi 23 juin 2010

Le lys en liesse !

Ce n’est pas parce que je célèbre le Québec l’année durant, en honorant sa littérature, que je tairai la St-Jean, une fête qui brûle de mille feux.

Que s’éclate les feux d’artifice, que s’entende la joie, que se voit le lys en liesse !

Fêtez, qu’importe vos allégeances, fêtez, ne serait-ce que pour entendre le cri qui vous montre en vie, par cette journée qui fête l’été arrivée. Son flot d’enfants qui frétillent de vie, se dégourdissent les jambes hors des cours d’écoles.

Je me souviens, enfant, comment l’été commençait en rêvant quand on fêtait la St-Jean. Tout l’été devant soi, c’était autant que toute la vie devant soi. Comme reines et rois, on courait, on sentait la liberté se jouer sous nos pas.

Même si le temps présentement prend son temps, ne sort pas pressé de sa parenthèse qui prend ses aises, la St-Jean Baptiste garde toujours pour moi son odeur de commencement, sentant l’espoir que le meilleur est devant, bien plus que derrière.

Je nous aime comme nous sommes, et ce n’est pas facile de s’aimer comme l’on est. Aimer ce qu’on aimerait être est tentant. C'est souvent chez « l’autre » que l'on voit ce qu’on aimerait être. Pourtant, il n'est même pas besoin de tendre l’oreille pour entendre que cet autre sent l’essence du Québécois plus fortement qu’on se sent nous-mêmes.

C’est tout ce que j’avais à écrire en lignes, à vous de lire « entre ».


BONNE ST-JEAN À TOUS !!!

mardi 22 juin 2010

Pas moins que trois

Je termine Sombre Peuple de Marie Christine Bernard ce soir, mais en attendant, je vous parle des Correspondances d’Eastman, parce que ça bouge en joual vert par là ! Sont quasiment dur à suivre ! Trois nouvelles presque coup sur coup. Bon, par laquelle commencer donc ? Par la plus ancienne, tiens, qui date pourtant que du 17 juin !


La Poste Restante


Le concours de la Poste Restante a reçu une centaine de lettres dont, certaines de la France. Eh oui ! Dévoilement des gagnants le 12 juillet sur le web,et lecture des lettres et remise des prix le 5 août, à la sympathique cérémonie d'ouverture. Ça vaut le déplacement, car en plus, en soirée, c’est le spectacle-entrevue avec Clémence Desrochers sur les planches du Théâtre La Marjolaine.


Le village est envahi

Et on ne s’en plaindra pas ! Une douzaine de boîtes à lettres sont disséminées à travers le village. Et qu’est-ce qu’il y a dans ces boites ? Des milliers de lettres ! Vous pensez que j’exagère là ? Mais non, s’il y a quelque chose, mon chiffre est modeste, ça peut aller jusqu’à un million de lettres ! Oui, oui, dans les gros, gros bouquins, il peut arriver que s’y inscrivent des millions de lettres ... de l’alphabet !
Je vous ais bien eu n’est-ce pas ? Plus sérieusement, c’est bel et bien des livres qu'il y a à trouver dans ces boîtes à lettres, parce qu’aux Correspondances d’Eastman la lettre se porte dans son sens le plus large. L’activité consiste à fouiller dans la boîte à lettre du voisinage ... d’en garder un, de préférence qui nous intéresse, et de le lire ! Et surtout, le rapporter pour qu’il arrive le même bonheur à une autre personne. Le livre voyage ainsi de main en main, de cœur en cœur ... pour raconter une belle histoire.

Cette activité amusante du Passe-livre est possible par la collaboration de la maison d’édition Bibliothèque québécoise et du Club de lecture d’Eastman.


Qui dit mieux ?

L’encan-bénéfice et ses trésors littéraires, et autres prix (pièces de théâtre, spectacles danse et humour), est en ligne depuis hier ! Vous pouvez d’ors et déjà miser. Personnellement, j’ai commencé. Vous verrez votre mise s’enregistrer sous vos yeux. Tout se passe en temps réel, vous pouvez donc voir la mise des autres.

D’un clic, la galerie défile, et ses portraits de personnalités littéraires renommées. De toutes manières, s’il y a une figure que vous ne replacez pas, on vous aiguille par son œuvre.

Curiosité et générosité obligent ... passez par ici, on vous attend 24 heures sur 24 heures (hé, un encan de nuit !!).

dimanche 20 juin 2010

Ru - Kim Thúy

J’ai lu Ru. Ce livre dont on parle tant. Cette fois, je ne sais pas pourquoi, je m’étais imaginé que ça ne pouvait être aussi « grandiose » que ce que les gens en disaient. Peut-être parce que je mettais l’engouement sur le dos du spectaculaire, sur l’inédit du témoignage, plus que sur le récit talentueux par son fond et par sa forme. Surtout que les quelques personnes avec qui j’ai échangé le qualifiaient d’un « suberbe ! » , je voyais briller leurs yeux, se gonfler leurs thorax pour finalement qu’en sorte un autre « superbe ! ».

Ils étaient sans mot pour le dire, je le comprends maintenant. Comment rendre ce que j’ai vécu et ressenti par cette lecture ? Ce coup de cœur ne m’a pas transportée, mais transpercée.

Ce récit de l’auteure, une réfugiée arrivée par ce qu’on appelait les « boat people » n’est pas présenté d’une manière spectaculaire, pas du tout. J’en ai conclu que cette histoire de vie est trop bien assimilée, trop connectée à l'intériorité pour « tomber » dans le sensationnalisme. Une histoire jonglée, mûrie, réfléchie. Du temps s’est écoulé avant de l’écrire. L’ingrédient « temps » fait lever les anecdotes en douceur, en légèreté. On dit que le temps fait son œuvre, eh bien, avec Ru, il en a fait une œuvre de grande qualité.

Je me demande encore comment il est possible de décrire certaines horreurs sur un ton réaliste, presque détaché ? Je dis « détaché » mais je ne suis pas certaine que ce soit le mot juste. Je peux dire que ce n’est pas un ton sublimé, ni idéalisé, plutôt enjoué qui mène à des anecdotes portés par une grâce surprenante. Je vois en Kim Thùy une vraie conteuse. Elle a le don. Elle sait où exagérer, où tirer pour que le fil du tragique s’allonge jusqu’aux sourires. Elle sait aussi admirablement bien boucler ses anecdotes.

On dit souvent que la beauté physique est un cadeau, qu’une personne ne fait rien pour être belle, à ce compte-là, peut-on dire qu’un auteur ne fait rien pour être profond, que c’est un cadeau ? J’ai trouvé Kim Thùy d’une profondeur rare, ou en tout cas avec une manière de voir la vie qui me plait beaucoup.

Il y a de la matière à réfléchir dans ce livre. Sur la reconnaissance, la débrouillardise, l’endurance, les liens familiaux, la solidarité, les différences, le silence, l’éducation de parents aux enfants, l’exil bien sûr, les mœurs des vietnamiens. La seule matière qui se réfléchit moins bien est la méchanceté issue de l’abus de pouvoir. On aurait beau y réfléchir jusqu’aux maux de tête, c’est à n’y rien comprendre.

La forme est intéressante sous ses aspects ; l’organisation du récit et le style. Le récit découpé par ce qu’on pourrait quasiment appeler des chroniques non chronologiques, plutôt tissés par des liens intelligents, plus que la simple avancée du temps.

Et le style ? Le style ?! Vous vous demandez, comment j’ai trouvé le style ? ... Superbe ! Vraiment, vraiment ... euh .... Superbe !

P.R (Petite Remarque) : L'objet livre est élégant, d'un esthétisme ciblant le sujet. La couverture de bonne qualité, avec une texture particulièrement agréable à toucher, un format facile à tenir. Tous ces points donnent le goût de le conserver dans sa bibliothèque pour un jour le relire.

jeudi 17 juin 2010

Les plages et les grèves de la Gaspésie - Josée Kaltenback

Les assidus du Passe-Mot savent que Marsi et moi partons à chaque année pour notre tour de la Gaspésie. Cette année, nous irons deux fois, c’est certain, et même l’avenir se dessine pour ne pas faire mentir le « jamais deux sans trois ».

Marsi a eu le goût de vous entretenir d’un de ses livres de chevet, répandre la bonne nouvelle pour tous ceux qui, un jour, voudront fouiller la Gaspésie sans rien manquer. Alors, voici, je lui donne la parole, profitez-en, il est habituellement peu bavard.

Les plages et les grèves de la Gaspésie -

Pour les tours de la Gaspésie, ou pour ceux qui s’y sauceront le temps d’une excursion, voici la bible des plagistes et des chercheurs de trésors, des soucieux du détail salin, des amoureux des foules comme des marcheurs solitaires.

Ce n’est pas mon premier contact avec cet ouvrage qui répertorie l’ensemble des points de baignades, ainsi que les lieux où il fera bon admirer fleuve, mer et baie qui entourent cette péninsule tant aimée. La première édition est, depuis longtemps, l’un de mes livres de chevet, à moi, cueilleur d’agates et chasseur de fossiles de plage en tout genre. Déjà, donc, Les plages et les grèves de la Gaspésie de Josée Kaltenback m’avait indiqué quelques endroits prometteurs et coins de paradis secrets et déjà il m’accompagnait dans mon logis pour assouvir mes rêves faits de « J’ai hâte aux vacances ! ».

Oui, Venise et moi accomplissons la grande boucle à tous les ans mais nul besoin de s’y adonner à ce point pour apprécier ce guide pratique. Juste de s’y plonger, dans cette deuxième édition peaufinée dont les textes et photographies magnifiques – Celles-ci de Robert Baronet et Claude Bouchard – ont toujours le mot et le regard précis. S’il y a eu des changements, c’est donc toujours dans le but d’offrir à tous les Gaspésiens de corps ou de cœur, d’avantage de clarté et de justesse pour bonifier leur rencontre avec le rivage.

Je réédite mon « Chapeau ! » aux éditions Fides, ainsi qu’aux auteurs – Textes et photographies – de ce galet appréciable et apprécié.

mardi 15 juin 2010

Fol allié - Patrick Dion

Oui, oui, c'est le 15 du mois. Déjà ! Pour le moment, sept autres commentaires de lecture sur le site collectif La Recrue du mois :

Folie incontrôlable - Mylène Durand
À travers les yeux de l'autre - Lucie
Passeport pour la décadence - Julie
La rupture du point de vue de l'homme - Phil
Fol allié : faut le lire - Anick
"À la folie et à la douleur d'une profonde blessure d'amour" - Caroline
Par-delà le besoin de dire - Claudio
Au coeur d'un "moi" - Venise

J’avais des attentes vis-à-vis ce récit ; l’auteur est sympathique, la maison d’édition est nouvelle, le livre est esthétique, et je raffole du titre.

Tout récit au « je » est risqué, à mon avis. On clique ou non avec ce « je », ça passe ou ça casse. Je ne sais pas si vous me voyez venir mais le lien de sympathie avec le protagoniste ne s’est pas noué avec moi. Au lieu d’éprouver de la compassion, les jérémiades continuelles ont fini par m’énerver. Ou pire, m’ennuyer.

La première question que je me suis posée pendant et après ma lecture est pourquoi cette sympathie n’a pas surgi avec moi ? Probablement l’émotion, me suis-je dit. Quand un ami s’épanche, que ce soit heure après heure ou page après page, de son impuissance à aimer, de sa peine, de sa colère, de la détresse vécue dans son enfance face à son père alcoolique, tu dois éprouver une émotion, ou sinon ...

Déjà qu’un tête-à-tête avec un homme et sa peine d’amour a quelque chose d’étouffant, si on y rajoute, ce qui m’a semblé un journal intime déguisé en « lettres à Alex », j’en suis arrivé à une surdose d’intériorité. Mes passages préférés furent les scènes où le « je » étais accompagné d’autres personnages, une aération bienfaisante de mes neurones. L’auteur décrit bien, il manie habilement l’image. Je dirais même qu’il en est spécialiste. Je me suis laissée emportée à certains moments.

Pour être honnête jusqu’au bout, je dois aborder une difficulté, celle que j’ai éprouvée avec l’omniprésence de l’humour. Je touche à un gros point, et si je l’apporte en dernier, c’est pour la difficulté de m’afficher comme un bizarre de poisson à contre-courant, puisque l’humour a la cote. Personnellement, cet humour très affiché m’a rarement décroché un sourire, je dirais même, qu'au contraire il a été jusqu’à déranger ces précieux moments d’accompagnement d’Éric dans ses émotions. Et hop, le jeu de mots me ramenait à une réalité drolatique et me sortait de l’intimité. Je confesse donc avoir manqué de compatibilité avec l’humour, parfois facile des jeux de mots, mais j’imagine que pour une personne qui l’a apprécié, ce récit a pris une toute autre teinte.

samedi 12 juin 2010

Le champs des merles - Louise Poulin

Je vous avoue avoir eu de l’appréhension avant de commencer ce roman. J'ai rencontrée l’auteure au Salon du livre de Montréal. À chaque Salon, je me promets de découvrir une auteure, spontanément et sans préméditation. Pourquoi ce titre alors ? Justement, pour le titre « Le champs des merles ». Joli. Évocateur. La couverture, élégante par sa sobriété et son bon goût. Et pour la dame derrière sa pile de livres, souriante, avenante, « espérante ».

Mon appréhension venait du quatrième de couverture, et son sujet grave, dramatique : « Être expulsé de son pays (en l’occurrence, le Kosovo) avec, pour unique famille, un petit garçon, voilà le drame de tellement de réfugiés à travers le monde ».

Rapidement, mon appréhension s’est envolée ; le style et sa sobriété lumineuse qui ne s’apitoie nullement y a été pour beaucoup. Les phrases tombent précisément, avec fluidité, sans lourdeur, malgré le sujet qui, lui, l’est. Ne serait-ce que pour ce point, je considère que cette auteure a du talent, beaucoup de talent.

Je retiens la marche de Julia, accompagnée de son fils de 6 ans, Vebee, tous deux jumelés à Yusuf, rencontré par la force de leur volonté inexorable de sortir des griffes de leurs bourreaux. Ils quittent leur pays, le Kosovo. On les suit, en même temps que tant d’autres, une chaîne d’êtres humains éteints par la tristesse, expulsés de leur terre par la force de la méchanceté qui les pousse sur une route extrêmement dangereuse. Chemin faisant, Julia se pose tant de questions, et il m’a fait plaisir d’accompagner sa réflexion et celle de Yusuf. Pour la rigueur des conditions, inhumaines, le danger de perdre leur vie, on pourrait s’attendre à un état dépressif. Non, Julia et Yusuf sont courageux, vaillants, mus par l’espoir ; Yusuf, de retrouver femme et filles, et Julia, de sortir son fils de cette galère. Pour toujours. Donner toutes les chances à son fils de sortir de la bulle dont il s’est entouré pour se protéger. Heureusement, il y aura un cochonnet pour l’égayer. Et plus tard, un chat, pour égayer Yusuf. Je crois bon de préciser que le personnage pour lequel j’ai éprouvé le plus grand attachement est Vebee.

J’ai découvert une lumière diffusée au-dessus de cette marche presque initiative, tellement qu’elle m’a fait penser au chemin de Compostelle. Le regard de l’auteure crée une distance saine sur l’action, ce qui génère la force de ce récit, qui, je le répète, aborde pourtant un sujet dur ; l’exil obligatoire, l’expulsion. Des phrases sur les merles ponctuent le récit. J’ai eu l’impression, et c’est vraiment de l’ordre de la plus pure subjectivité, que l’auteure s’est nourrie, inspirée de ces sentences. Un concept intéressant si on pense que le merle est l’emblème du Kosovo, par contre, ces phrases m’ont plutôt laissée indifférente.

C’est rare à ce point, mais la fin m’a beaucoup contrariée. Ça devient délicat de parler d’une fin, premièrement, l’histoire et donc sa fin, appartiennent entièrement à l’auteure, et de cela, je suis parfaitement consciente. Et puis, s’exprimer librement à ce sujet peut affaiblir le ressort de l’intrigue, car justement, intrigue il y a jusqu’à la fin. Je ne peux que dire, sans rien trahir : « bon dieu que, personnellement, je n’aurais pas amené le dénouement dans ce retranchement ». Voilà d’ailleurs une des beautés de cette histoire, il y avait tant de fils et de fins possibles, et pour dire vrai, c’est la dernière que j’aurais choisie ! Peut-être est-ce inspiré d’un fait vécu, ce qui ne serait pas si surprenant.

Si vous avez le goût d’une histoire réaliste et d’actualité, abordée avec un recul surprenant, éclairant des personnages plus que crédibles, vrais, Le champs des merles vous enchantera.

Le champs des merles, Louise Poulin, Édition Nouvelle Optique, 2009, 177 p.

mercredi 9 juin 2010

Poste restante : sur des ailes de papier

Je viens d’attraper cette conversation au vol sur facebook, et je l’ai copiée intégralement (j'ai demandé la permission). Parce que vous êtes concernés (hé hé !). Enfin, j’ose le croire. Ou vous le conseille chaudement. Et vous le souhaite. Et vous y invite sans faute ...

Si, après tout ce palabre, vous hésitez toujours, parlez-en autour de vous ! Réveillez les cœurs d’épistoliers !


-------- Vient de participer au concours de la Poste restante des Correspondances d'Eastman.

-------- c'est quand la date de clôture ? c'est où, t'as le lien ! J'y pensais justement depuis plusieurs jours mais pas eu le temps !!!
merci d'avance !

--------- C'est jusqu'au 15 juin, 23h59... Infos ici ... , oui, c'est ça, .

------- merci merci merci ! j'veux y participer aussi !



Venise ---- Yé !!!! Que je suis contente d'entendre ça ! J'exulte !

(vous ferez un petit voyage au Québec, à Eastman, sur des ailes de papier !)

À noter :tiré de la page des règlements :

• Les textes doivent être présentés à double interligne, en caractères 12 points et nous parvenir par courriel : posterestante@lescorrespondances.ca Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
OU
par la poste : Concours de la poste restante C.P. 37 Eastman (Québec) J0E 1P0

Veuillez noter qu’aucune copie manuscrite ne sera acceptée.


bonne chance !

lundi 7 juin 2010

Au coeur de ma subjectivité

Bon, je me dépose enfin. Comme je tiens toujours mes promesses, eh bien, je vous reviens avec mes impressions sur la conférence de presse des Correspondances d’Eastman où étaient invitées, entre autres, l’auteure de Ru, Kim Thuy. Plusieurs personnes étaient présentes, mais je vous amène vers ce qui m’a laissé une forte impression.

J’ai été frappée par l’exubérance de cette écrivaine, Kim Thúy. Elle nous a adressé la parole ; un débit rapide, rebondissant d’une idée à l’autre, sans aucune feuille de route, elle semblait y aller d’un « au pire, ou au mieux, je dirai tout ». Une bombe d’énergie verbale ! Au cas où elle aurait une panne d’inspiration, j’imagine, elle avait apporté le livre « Les Murs » d’Olivia Tapiero, qu’elle a tenu entre ses mains tout au long de son allocution. Ce n’est qu’à la toute dernière minute, déjà éloignée du micro, qu’elle a laissé échappé un convaincant : « c’est super bon, ce roman ! ». Va sans dire mais je le dirai, elle a complété ma conquête de désirer ainsi, généreusement, pousser un premier roman québécois.

Elle est excitée par ce qui lui arrive, et ça se comprends. Réclamée un peu partout, son « Ru » l’amène de par le vaste monde. Cette journée-là, le 2 juin, elle quittait pour la Suisse, et juste avant de partir pour Eastman, elle avait reçu un appel vérifiant ses disponibilités pour un Concours qui récompense à la condition expresse que le lauréat soit présent pour recevoir son Prix (désolé, je n’ai pas saisi lequel). Il y avait donc beaucoup d’excitation dans l’air !

Je ne crois pas me tromper en avançant qu’elle est un peu dépassée par l’ampleur de son succès. Pour reprendre le thème des Correspondances, ce serait pour elle une "rencontre inespérée" avec le succès. Elle nous a d’ailleurs parlé de la quantité de personnes qui l’ont encouragée, poussée, pour qu’elle le sorte enfin ce récit de vie emprisonné dans sa tête. Elle est très reconnaissante à tous pour la foi qu’ils ont eu en elle et elle l’a exprimé avec fougue. Avant d’être publié, elle travaillait dans les cuisines d’un resto et nous a raconté plein d’anecdotes de cette époque, toutes plus drôles les unes que les autres. Elle adore faire rire, c’est clair qu’elle est une extravertie. On s’avouera, tout à fait entre nous, que les écrivains ne le sont pas tous !

Laissez-moi vous raconter ce moment magique de lecture. La charmante comédienne Macha Limonchik qui, elle aussi est absolument drôle (et sans le vouloir parfois !) a lu le début de Ru en présence de l’auteure. Dire que Kim Thúy écoutait serait bien en-dessous de la vérité, elle vivait le texte. Je l’avais sous les yeux, je la voyais très émue. Le dernier mot soufflé par Macha L., c’était à son tour de prendre la parole et je me suis sérieusement demandé si elle arriverait à avaler le « motton ». Elle aurait voulu faire semblant d’être au-dessus de l’hommage de cette lecture, qu’elle en aurait été bien incapable. Elle s’est dit bouleversée. C’était la première fois qu’elle entendait son texte à haute voix, il ne lui appartenait plus, ses personnages projetés hors d’elle, ses démons aussi. Elle a été jusqu’à éprouver la sensation que ces mots, c’était Macha Limonchik qui les avait écrits ! Vous voyez combien elle vit à fond ? Cette intensité plaît, attire, trouble. Danièle Bombardier, animatrice de ce moment fort a laissé tomber « Dommage que ce ne soit pas moi qui vous interviewe aux Correspondances ! ». Effectivement, ce ne sera pas Danièle Bombardier, et au cas où vous voudriez le savoir, ce sera Myriam Wojcik qui fera s’épancher Kim Thúy, aux côtés de Marc Levy et de notre dame écrivaine d’Eastman, Louise Portal. Une diversité telle, que je frétille de voir qu’est-ce que ce cocktail d’énergies va donner.

Pour revenir à la conférence de presse, parce que si on dit "presse" c’est que la presse est supposé y être, et c’était le cas. Le plus merveilleux est que dans ce sympathique resto d’Eastman « Les trois Grâces », on oublie les caméras, les journalistes qui prennent des notes, c’est l’intimité de l’endroit qui l’emporte. Faut le faire ! Une conférence de presse de village a un goût d’authenticité et de simplicité qui n’empêche pas l’effervescence.

Comme à chaque année, je suis revenue enchantée, et dévorée par la hâte. Cette fois s’ajoute la hâte féroce de lire Ru. Aussitôt terminé Le champs des merles, que j’achève, je m’y plonge !

jeudi 3 juin 2010

Communiquons !

Avant de vous parler du subjectif (mes impressions sur la conférence de presse du 2 juin), je laisse passer l'objectif ... les faits. Suit ci-dessous, le communiqué de presse (légèrement adapté) qui rassemble les grandes lignes de la 8e édition des Correspondances d'Eastman. J'ai bien dit les "grandes lignes", suivront d'assez près d'autres "petites lignes" ...

J'en profite pour vous amener au paragraphe qui vous concerne tous, immédiatement, celui qui précise la date limite pour participer à la Poste restante : 15 juin. Oui, le 15 juin ! Tout le monde attend-il la dernière minute pour participer ?! Allez, suivez votre désir, votre instant, votre instinct ! C'est un honneur que d'être lu à la grande fête de la lettre ! Prenez cet instant pour vous relier à vous, à votre intériorité, à votre créativité. Donnez-vous ce temps ; vous le méritez ! Nous attendons vos lettres en grand nombre ... il y a des récompenses littéraires, exprès pour vous qui vous seront remises dès l'ouverture des Correspondances, jeudi, le 5 août.

Sans plus tarder (car je suis capable de vous entretenir jusqu'à demain !)... Place au communiqué de presse, juste pour vous, chers lecteurs ! Et si vous avez des ? questions ? suite à cette lecture, n'hésitez pas une seconde, je suis ici pour y répondre et, en plus, ça me fait un immense plaisir :-) ...

Communiqué de presse ... à lire (publier) immédiatement
Du 5 au 8 août, les Correspondances d'Eastman porte haut la confiance en servant le thème des « Rencontres inespérées » qui ouvrent à tous les possibles de la vie. Pendant 4 jours et 3 nuits, cʼest lʼoccasion dʼentendre et de voir une trentaine dʼécrivains et artistes sʼexprimer sur le sens profond de la rencontre, quʼelle vienne de lʼesprit, des pensées, ou du coeur.

Cʼest à nouveau sous la marquise du Théâtre La Marjolaine, et suspendus dans une bulle champêtre, que les écrivains sʼabandonneront à des confidences parfois surprenantes lors dʼentretiens dirigés par des animateurs expérimentés, tel que Jacques Allard, Danièle Bombardier, Bruno Lemieux, Antoine Tanguay, et Myriam Wojick.

La porte-parole de lʼévénement, Danièle Bombardier est enthousiaste, et comment ne pas lʼêtre à lʼévocation de noms dʼécrivains tels que Dany Laferrière, invité dʼhonneur de lʼévénement et gagnant du prix Médicis 2009, ainsi que des Edem Awumey (en lice pour le prix Goncourt 2009), Jean Barbe, Jean-François Beauchemin, Myriam Beaudoin, Marie-Christine Bernard (Prix France-Québec 2009), Simon Boulerice, Joël Des Rosiers, Christine Eddie, Max Férandon, Dominique Fortier, Louis Hamelin, Monique LaRue, Alain Mabanckou (invité de la France), Marsi, Michèle Plomer, Louise Portal, Yvon Rivard, Hélène Rioux, Francine Ruel, Marc Séguin (prix des collégiens 2010), Rodney St-Éloi et Kim Thuy (prix RTL-Lire 2010). La floraison de talents est telle, quʼon pourrait sʼexclamer « nʼen mettez plus, le jardin est plein » !

Cette année, plus que jamais, les jeunes ne seront pas en reste. Pour lʼoccasion, des écrivains qui ont écrit pour la jeunesse, Dany Laferrière, Marie-Christine Bernard, Daniel Laverdure et le bédéiste Marsi se feront Mousquetaires des lettres. Ils iront, tambour battant, à la rencontre de lʼimaginaire fertile des jeunes de 8 à 15 ans.

Entretiens et cafés littéraires : Respirer lʼautre
À la demande générale, cʼest sous la marquise du Théâtre La Marjolaine, qui célèbre cette année ses 50 ans, que se vivront des «cafés littéraires» très prisés, si on se fie aux années antérieures. Afin de réserver des places qui partent vite, il est suggéré de se procurer les billets rapidement pour ce privilège rare de rencontrer de près, trois ou même quatre écrivains de renom sur une même tribune. Et quelle tribune ! Ces cafés littéraires à lʼair libre sont certainement une terre fertile pour des rencontres inespérées.

Marc Levy de retour pour son amour de la lettre
Que diriez-vous dʼun atelier dʼécriture sous la guidance de Marc Levy ? Les Correspondances dʼEastman sont privilégiées, cet écrivain de grande renommée sʼest pris dʼaffection pour cet événement unique en Amérique du Nord. Il faut dire quʼil entretient un amour particulier avec la correspondance ; dans presque tous ses romans, lʼénigme passe par le prisme dʼune lettre. Dans le cadre de cet atelier, en plus de recueillir ses confidences sur lʼimportance de la correspondance dans sa vie, quelques chanceux pourront bénéficier dʼune séance dʼécriture guidée par cet homme sensible, à lʼimaginaire débordant. Il serait de mise de se hâter pour réserver ! Si, malgré tout, vous avez manqué votre chance, vous pourrez vous reprendre en assistant au café littéraire « Lʼattente de lʼautre (lʼespéré) ». Lʼauteur y sera, en compagnie de Louise Portal et Kim Thuy. Si on se fie à lʼannée passée, il y aura de la magie dans lʼair !

SPECTACLES LITTÉRAIRES : CONCERT DE MOTS
Jeudi 5 août, 19 h 30 : Clémence. 50 ans de métier, ça se raconte!
Cʼest à Clémence DesRochers, une femme témoin de notre temps depuis 50 ans, que les Correspondances dʼEastman ont confié le spectacle dʼouverture. L'animation assurée par la très expérimentée Danièle Bombardier mettra notre Clémence nationale de lʼavant, cette femme attachante pour son humour à la fois tendre et mordant.

Vendredi 6 août, 19 h 30 : Lettres recommandées
Cette coproduction avec le Festival international de la littérature présage, avec ses savoureux extraits de missives de Yann Martel à Stephen Harper. La mise en scène est de Claude Poissant qui a aussi participé au collage des textes avec Marc-Antoine Cyr. Il sʼimposait de faire appel à des comédiens de calibre pour servir ces textes intelligents : Sophie Cadieux, Alexandre Goyette, Louise Laprade, Macha Limonchik, Olivier Morin et Étienne Pilon.

Samedi 7 août, 19 h 30 : Je suis un pays rêvé Hommage à Dany Laferrière
Lʼoccasion était trop belle de ne pas en profiter pour rendre hommage à Dany Laferrière. Le collage de textes sera lu par une comédienne accomplie, Pascale Montpetit, soutenue par Mireille Métellus, Mani Soleymanlou et, Martin Faucher qui assure également la mise en lecture. Cette soirée sera suivie par La Caravane de lʼEspoir, une activité-bénéfice au profit du Fonds Haïti de Bibliothèque sans frontières.

Dimanche 8 août, 15 h 30 : Hommage à Marie Laberge
Dans un élan naturel dʼaffection et dʼaffinité, Les Correspondances dʼEastman rendront également hommage à lʼécrivaine Marie Laberge dont le feuilleton épistolaire Lettres à Martha est suivi par plus de 42 000 lecteurs et lectrices.

Il est à noter que cette année, le partenariat avec le Théâtre La Marjolaine sʼaccentue et permet le système des sièges réservés pour les spectacles littéraires ci-haut mentionnés
(Venise rajoute ... réservez tôt ! ... numéros de téléphone à la toute fin)

Nouveautés : spécifiquement vôtre
Souper-causerie : complices dans lʼécriture comme dans la vie
Louise Portal, muse et co-fondatrice des Correspondances dʼEastman, et son complice, Jacques Hébert, nous font le cadeau de leur intimité de fervents créateurs, en partageant un repas de fine cuisine santé. Une rencontre coup de coeur présentée par le SPA Eastman. RSVP : 450 297-3009.

Le Salon de Martha
Passez au salon, des correspondantes de Martha attendent toutes personnes curieuses de faire
connaissance avec Martha, un personnage mis au monde par Marie Laberge, qui a rejoint plus de 40 000 correspondants et correspondantes.

UN COEUR QUI BAT LA MESURE DES LETTRES
Le Circuit des lettres prêtera le pas à quelque 3 000 personnes curieuses dʼarpenter les aires
aménagées pour lʼécriture : chambres, jardins et, sʼajoute cette année un sentier poétique où des
écrivains et des artistes ont laissé leurs empreinte : le Portage des mots. Lʼan passé, pas moins de 2 000 lettres ont été expédiées de par le monde, comme autant dʼéchos à la grande fête des lettres. Des projections de films, des expositions reliées à lʼart du mot, des lectures
publiques, seront autant de lieux propices pour mener le randonneur au
bonheur dʼune rencontre avec soi, ou avec lʼautre.

La Poste restante
Sous la supplique des fervents épistoliers, la lettre est maintenant mise en vedette avant lʼévénement. En cette 8e édition, la Poste restante voit grand et étend son concours à quiconque se sent inspiré par le thème « Rencontres inespérées ». Jusquʼau 15 juin, à partir du confort de son foyer, lʼépistolier peut envoyer autant de lettres quʼil le désire, par courriel ou par courrier postal. Les noms des gagnants du concours seront dévoilés lors de lʼouverture officielle, le jeudi 5 août, à 17 h. Description des nombreux prix et règlements

La Poste courante
La lettre courante prend les jambes à son cou, ce qui ne serait pas possible sans lʼaide des valeureux facteurs qui les transportent dans leur sac ! Pour le détenteur du stylo passeport, toutes ses lettres rédigées sur le Circuit des lettres seront affranchies, quʼimporte la destination. Et il nʼy a pas que la détente et lʼinspiration promises au coeur des chambres et des jardins dʼécriture, on y trouve aussi de la lecture avec une centaine de livres, mis à la disposition du randonneur épistolier. Il nʼy manque que le carnet dʼadresses personnel de lʼépistolier !
Le Sentier des lettres sera animé, lʼespace de notre passage, par les mots envoûtants de Dany Laferrière et des poètes haïtiens… à lire sur des panneaux graphiques le long du parcours qui mène à la Chambre sylvestre.

Un service en attire un autre
Le service de la Bouquinerie sʼimpose dans le contexte des Rencontres inespérées. Les
Correspondances dʼEastman, en collaboration avec la librairie Archambault, rendent possible la satisfaction du désir né dʼune rencontre inattendue. Quoi de plus apprécié par le lecteur, après avoir entendu un écrivain aimé à un café littéraire, de pouvoir se procurer son oeuvre en plus de la lui faire dédicacer ?

Le coeur du village palpitera dʼactivités, le coeur de La Marjolaine également, pour relier les deux, lʼaorte du chemin du Lac dʼArgent jusquʼau Chemin du Théâtre, le service de navettes est disponible gratuitement en après-midi.

Accueil et billetterie
Le stylo-passeport donne accès au site, incluant les expositions, les projections, les animations sur le Circuit des lettres. Papier et enveloppes sont fournis gracieusement à lʼinscription. Les enveloppes accréditées par les Correspondances sont affranchies aux frais de lʼorganisation, et ce, partout dans le monde ! Le stylo-passeport biodégradable est en vente au chapiteau de lʼaccueil au coût de 12,50 $ pour les adultes et de 10 $ pour les aînés (65 ans et plus) et les étudiants avec pièce dʼidentité. À noter que lʼentrée est gratuite pour les moins de 16 ans.

Heures dʼaccueil sous le chapiteau dans le stationnement de lʼÉglise :
Jeudi (de 12 h à 17 h)
Vendredi et samedi (de 9 h 30 à 20 h)
Dimanche (de 9 h 30 à 15 h 30).
Les billets pour les spectacles, les cafés littéraires et les ateliers sont en vente aux endroits suivants :

Billetterie officielle : La Place des lettres (338, rue Principale, Eastman)
Ouvert du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h
Le dépanneur de la Pointe (25, rue Lapointe, Eastman)
Ouvert 7 jours sur 7, de 6 h 30 à 22 h (le dimanche à partir de 7 h)
Le magasin Archambault de Sherbrooke (330, rue des Érables)

Réservations téléphoniques : 450 297-2265 ou 1 888 297-3449
Renseignements : info@lescorrespondances.ca

photo 1 --- Kim Thuy Auteure de Ru
photo 2 --- Martin Faucher, Kim Thuy, Danièle Bombardier, Macha Limonchik
photo 3 --- Marc Levy
photo 4 --- Sélection de livres d'écrivains invités / Brigitte Beaudet
photo 5 --- Macha Limonchik lisant un extrait de Ru de Kim Thuy
photo 6 --- Martin Faucher, Kim Thuy, Danièle Bombardier, Macha Limonchik, Line Richer, Nicole Fontaine

mardi 1 juin 2010

Pleurer comme dans les films - Guillaume Corbeil

« Une histoire d’amitié et de rêves projetés sur l’écran sombre de l’inquiétude et de la souffrance » Il est dit aussi sur la quatrième de couverture : « Guillaume Corbeil a terminé une maîtrise en création littéraire. Il étudie présentement à l’école nationale de théâtre du Canada. »

Eh bien, je n'ai pas été surprise d'apprendre que cet auteur étudie en théâtre en lisant la quatrième de couverture, une fois ma lecture terminée. J’y ai trouvé une essence théâtrale, par les personnages forts, mystérieux, étranges, pour la tension dramatique qui sous-tend chaque tableau. Et un côté nettement décalé entre la réalité et le fictif. Un peu comme si on se regardait vivre, pleurer, rire, créant un décalage comme dans les films. Et finalement ce qui m'a semblé être des symboles, par exemple, celui des boules que l'on secoue pour y créer de la magie est très présent.

C’est l’histoire de deux enfants, un garçonnet hydrocéphale (j’ai pris cette info sur la quatrième, je ne l’ai pas saisi en lisant) et sa petite amie et cousine, Jade. Celle-ci est aveugle, en fait elle n’a pas de yeux du tout, et est affublée, pauvre elle, d’un père complètement borné qui, de génération en génération se relaie le rêve d’une vie : conduire des grues. Donc, c’est réglé, pas d’école pour cette petite puisque le seul horizon possible est le maniement de manettes... et comme elle ne voit pas, peine perdue, vie fichue.

Une tendre complicité unit ces deux enfants qui nagent dans un monde d’enfance étrange, empreint de peurs, de mystères, et de ces fortes interprétations de la réalité. Le garçon adapte sa vision pour Jade, lui offre un monde embelli. Par amour pour elle, il désire qu'elle voit du beau, du magique. L’auteur nous amène à la frontière étroite rasant le réel et l’imaginaire. C’est poreux ; on chavire dans un ou dans l’autre. Ça peut donner un peu de vertige, le sol de la réalité se dérobe parfois.

Ce que j’ai cependant trouvé le plus étrange est la projection de la mère sur son fils : il ne sera pas un écrivain, il est un écrivain, j’ai eu l’impression bizarre que le présent s’imbriquait dans le futur. Elle va jusqu’à laisser libre une place dans la bibliothèque pour ses futures œuvres. C’est trouble, nébuleux, malsain cette attention et ambition que cette mère prête à son fils. Tout est excessif dans cette histoire. Un fait est resté dans le brouillard pour moi et c’est la relation de la mère avec Émile Ajar, son locataire qui vampire la vie de la mère et du fils ; est-il ou pas le père du garçon ?

Ce que j’ai préféré est la relation des enfants entre eux. L’ambiance est forte et convient à l’étrangeté. On s’y attend avec des enfants. Avec les adultes, c’est spécial, suis-je arrivé à vraiment m’adapter ? Ce roman ouvre les vannes de l’imaginaire, alors les amateurs de réalités terre à terre, abstenez-vous ! Par contre, ceux qui aiment les symboles, les métaphores, les excès, l’onirique, on peut aller jusqu’à dire la poésie, vous serez plus que servis, vous serez comblés.

Thème très bien abordé de l'enfermement dans lequel nous projette la pauvreté de notre vision. J’ai apprécié, par contraste avec l’étrangeté, que la plume soit alerte, habile, précise. Je suis certaine que ce n'est pas le dernier roman de cet auteur.

Sophie Cadieux a adoré !

Pleurer comme dans les films, Guillaume Corbeil, Leméac, 151 p.