Faites comme chez vous

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c'est recevant !
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mardi 5 mars 2013

À vous la parole !

Comme je n’ai plus de voix (gros mal de gorge qui s’incruste), je vais vous donner la parole. J’étais allongée et tentais d’écouter « Plus on est de fous, plus on lit ». Même immobilisée, je n’y arrive pas. C’est une émission littéraire, coudonc ! Et je n’arrive pas à m’y intéresser. Probablement que certains segments viendraient me chercher, mais je n’ai pas la patience de tout écouter pour glaner cette potentielle substance. J’aurais dû m’en douter, le jour où l’animatrice a été reçue à Tout le monde en parle et qu’elle a peiné à nommer quelques titres québécois. Peiner, comme avoir chaud, parce que la question est ardue, indue, imprévue. Je comprends très bien que Plus on est de fous, plus on lit, ne se soit pas donné la mission du Passe-Mot, je ne lui demande pas ça non plus, mais de là à me sentir perdue quand je l’écoute. C’est peut-être moi, remarquez. Alors, voici qu’arrive la question, la première :

1. Écoutez-vous Plus on est de fous, plus on lit, à quelle fréquence et sinon, quelle est votre émission littéraire préférée ?

Question ultime : On vous confie la conception d’une émission littéraire à la télévision ou à la radio, qu’est-ce que vous offririez pour qu’elle VOUS plaise ? (ça peut être une petite idée, qui vous semble même banale, pas obligé de grands concepts mais vous pouvez également vous éclater, ça coûte rien !).

J’ai numéroté les questions pour vous donner la possibilité d’en choisir une, deux ou dix. Allez-y avec celle ou celles qui vous interpellent cependant, si vous avez un petit effort à donner, ce serait pour la Question ultime (ci-dessus), je l'apprécierais. Je suis aussi bien de vous dire pourquoi. tiens. MaTV cherche des projets d’émission et je réfléchis depuis longue date à une possibilité d’émission littéraire. Ça rallierait mes forces, car après tout, les micros ne m’ont jamais fait peur avec ma formation de comédienne. Je dis, les micros ne me font pas peur, excepté quand j’ai mal à la gorge !

2. Quel livre avez-vous abandonné dernièrement ?
3. Quel est le titre qui vous a jeté à terre en cette dernière année ?
4. Quel est le titre que vous convoitez ces jours-ci ?
5. Est-ce que votre budget « lecture » augmente ou diminue ?
6. Est-ce qu’il vous arrive de commander un livre à votre bibliothèque ? Sous question : est-ce que ça se passe bien ?
7. Est-ce que vous avez un libraire préféré (pas une librairie ... un libraire !) ?
8. Quelle est votre dédicace la plus précieuse ?
9. Qu’est le livre le plus esthétique qui vous soit passé entre les mains ? Sous-question : l’apparence d’un livre compte-t-elle et compte-t-elle encore plus depuis la venue du numérique ?
10. Aimez-vous donner un livre en cadeau ? Sous question : Si vous l'avez fait dernièrement, est-ce que ça s'est passé ?
11. S’il y avait un mot pour décrire le lecteur ou la lectrice que vous êtes ? D’accord ... une phrase.
12. Est-ce que vous vous arrêtez au nom de la maison d’édition d’un bouquin. Pour vous, ont-elles une individualité ou est-ce du pareil au même ?
13. Est-ce que vous aimez entendre parler un auteur sur le livre d’un autre auteur ?

 M E R C I !

mardi 3 janvier 2012

2012 : Bilan & Top 10

J'ai tout d'abord pensé dresser un Top 5, pour cette impression de ne pas avoir assez de titres qui m'ont emballée cette année. Mais à partir du moment où j’ai reculé dans le temps, sans grand enthousiasme je l’avoue, ma mémoire m'a rapidement donnée des secousses « celui-ci, ah oui, et celui-là, aille, c’est vrai, je l’avais oublié ... » Incroyable jusqu’à quel point la mémoire à court terme supplante celle à moyen terme ! Et sans l’ombre d’un soupçon de scrupule.

Je suis toujours un peu effrayé par les bilans, ces miroirs qui renvoient l’heure juste. L’heure se présente en chiffres, ces vérités non discutables. Tout ce qui est non discutable se passe de mots. Et je n’aime pas me passer de mots, ni des miens ni de ceux des autres. Cette fois, les chiffres sont venus s’accorder avec mes mots, j’avais lu suffisamment pour un Top 10.

Comment ai-je procédé pour arriver à ce Top ? (plus un 3)
Essentiellement, j’y ai été avec le souvenir. De un, le souvenir de mon intérêt et, de deux, le souvenir de mon plaisir. Pour l’intérêt, premier critère : il fallait me souvenir le plus parfaitement possible de l’histoire. Qu’elle ait laissé ses empreintes sur moi. Que l'histoire se tienne dans ma main de lectrice, qu’elle fasse maintenant partie intégrante de ma vie.

Le plaisir maintenant. Là, on entre dans le carrément personnel. Vous le savez ceux qui fréquentez ce vaste club de lecture qu’est le Net et ses ramifications de blogues littéraires, le plaisir est chose intime. Ça se discute à peine et ça s’échange énormément. Un plaisir contre un autre peut mener à des plaisirs contagieux.
Ne disons surtout pas non à une contagion qui entretient la santé de notre milieu littéraire ! En parlant de santé, on s'en souhaite en 2012, de la santé comme dans sentez-vous bien avec vous-même, vos aimés, vos proches et ... vos lectures !
Top 10 de mes lectures 2012
1. La Petite et le vieux – Marie-Renée Lavoie - XYZ, Collection Romanichel
2. Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier - XYZ, Collection Romanichel
3. L’homme blanc – Perrine Leblanc - Le Quartanier
4. Les cœurs tigrés – Yves Morin - Hamac (Classique)
5. DRAGONVILLE – t.1 Porcelaine – Michèle Plomer - Marchand de feuilles
6. Le temps qui m’est donné – J. François Beauchemin - Québec AmériqueLien
7. La marche en forêt – Catherine Leroux - Alto

8. Déjà - Nicolas Bertrand - Hamac
9. Je compte les morts – Geneviève Lefebvre - Libre Expression, collection Expression noire
10. L’escapade sans retour de Sophie Parent – Mylène Gilbert-Dumas - VLB Éditeur

Romans illustrés - - - J'en ai lus peu, ce sera donc un Top 3 - - -
Ben - Danse toujours ! - Daniel Shelton - Les 400 Coups.
Pour en finir avec le sexe - Caroline Allard & Iris Boudreau - Septentrion - Collection Hamac-Carnet.
Le cristal qui pousse - Steve Proulx - Trécarré

dimanche 3 juillet 2011

Sondons-nous

Aussitôt l’annonce de la disparition de Vous m’en lirez tant des ondes et de Six dans la cité, et son mince segment littéraire, l’alerte a été donnée dans le milieu, les écrivains et éditeurs se demandant : « mais où allons-nous pouvoir parler de nos livres !? ». Avec les réseaux sociaux, on s’entend parler, et ça tombe bien, l’union fait la force ! Deux groupes se sont rapidement formés sous des titres explicites : Pour une émission littéraire à Radio-Canada et Pour une émission littéraire à ARTV. Dans un premier temps, l’émotion prédominante des fils de discussion était la consternation, la suivant de près, une étincelle de rébellion "pas question de se laisser faire".

Et puis, hop, quelques semaines plus tard, Cyberpresse nous apprend qu’à l’automne, Marie-Louise Arsenault animera une émission littéraire quotidienne du lundi au jeudi, de 20h à 21h, à la Première Chaîne de Radio-Canada (RC). Cet été, elle dirige déjà On aura tout lu le dimanche de 14 à 16h.

Réactions : surprise et satisfaction, quatre heures par semaine à parler de littérature. Un soupçon d’inquiétude demeure à la fameuse question encore sans réponse "quelle forme va prendre ce quatre heures ? «Une heure éclatée qui intégrera club de lecture, débats et prestations en direct» c’est ce que nous en savons de la bouche même de son animatrice, Marie-Louise Arsenault.

Pour une émission littéraire à ARTV, ce groupe facebook attend des idées, tout en jonglant, j’imagine, avec celles qui sont déjà sur la table. Pour le moment, le plus heureux étant de savoir que ARTV a à cœur d’en mettre une à l’horaire.

Tout cela m’a fait penser à nos amis Français et tout de suite à Bernard Pivot. Comment a-t-il fait, lui, pour tenir la barre d’une émission littéraire aussi longtemps ? Quelle était sa formule magique ? Et parce que j’y pensais fort, j’ai déniché un article dans Le Nouvel Observateur, réalisant que dans l’Hexagone, on se pose les mêmes questions que nous :

La question revient au même rythme que les nouvelles formules: peut-on encore parler de littérature à la télévision?

On voyait bien que toutes les formules, même les plus étranges, avaient été essayées. Entre littérature et télévision, le lien ne se crée pas.


Et pourtant, il y eut Pivot. «Mais Pivot était un phénomène non reproductible, estime Patrick Tudoret, auteur de "L'Écrivain sacrifié.

« C'est à l'auteur de transmettre sa passion, pas au journaliste.»

«La critique s'adresse à des gens qui sont déjà des lecteurs. Avant d'y arriver, il faut passer par l'enthousiasme.»


« La manie du casting médiatique et la peur des invités bredouillants avaient déjà cours du temps de Bernard Pivot »


«Les chaînes considèrent qu'un programme qui réunit 500.000 personnes ne fait pas d'audience? Autant arrêter de parler de littérature.

À la suite de ma lecture de ces extraits, j’ai une grosse et bonne question pour vous :

Comment aimeriez-vous votre émission de littérature (à la télévision ou à la radio) ?

Lancez vos goûts, vos idées, même les plus folles ! Il sera toujours temps de couper la folie en quatre, à l'arrivée des contraintes de toutes sortes !

jeudi 23 décembre 2010

HO HO HO !

Pourquoi ne pas écrire un petit billet avant Noël ? Je le désirais, même s'il ne reste pas beaucoup d’heures dans ma sacoche temps avant les ripailles du réveillon. Sans même un cadeau d’emballé, je cherchais un sujet respectant mon budget « temps ». Une conversation avec Marsi m’a allumée.

Je donne quatre livres à Marsi. Oui, quatre. C’est la première année que je me laisse aller à cette extravagance. Par les années passées, je résistais. Donner seulement des livres, peu d’imagination et de créativité pour la donneuse. Cette année, disparue cette pensée par un coup de baguette de la fée des étoiles. Je vais le contenter. Je ne vais pas me casser la tête, il veut des livres, il va avoir des livres.

Mais je ne vous dit pas tout. Que je me rende à son cher désir tire sa source d'une autre raison ; je savais sans l’ombre d’un doute lesquels lui donner. Je suis tellement fière de mon coup ! Je suis sûre que j’ai aussi hâte de les lui donner que lui de les recevoir. Et même parfois, je me demande ; n’a-t-on pas plus hâte de donner que de recevoir ? Je ne sais pas.... quand on y pense bien, recevoir ce qu'on ne veut pas recevoir peut être assez embarrassant.

Ça peut en dire long sur nous. Par exemple, je viens de déclarer à Marsi "j’ai l’esprit tranquille cette année, je ne peux pas me tromper, je t’offre des livres !" Bais ... me répond-il une deuxième fois à mon même commentaire (on radote parfois ici), ça dépend, si c'est le livre d'Anne-Marie Losique « Confessions sauvages ». Je l’ai tout d’abord ri, ensuite réfléchi. Ça dévoile beaucoup sur soi, le livre qu'on aimerait ne jamais recevoir.

Alors voici ma question, un peu audacieuse en ce temps des Fêtes où tout se doit d'être beau, lisse et bien emballé :

« Quel est le livre que vous n’aimeriez surtout pas retrouver sous votre arbre de Noël ? ».

Celui où votre talent d’acteur serait grandement sollicité pour cacher votre déception. Ou, si vous avez le courage de la franchise (ça dépend qui est le donneur j’avoue), celui où vous auriez à demander gentiment si on a gardé la facture.

Laissons le Père Noël rire dans sa barbe ...

J 0 Y E U X - - N o Ë L !

dimanche 11 juillet 2010

Je suis l'intruse

Bon, ça y est ! Après une fin de semaine très mouvementée de mon côté, j’arrive enfin avec les deux citations intruses.

Mon fils, Rémi, qui séjourne avec nous un certain temps a rajouté ses citations préférées mais n’a pas osé inscrire les citations intruses. J’avais un espoir qu’il les débusque, comme Marsi a fini par y arriver. Parce qu’il me connaît. Je lui ai d’ailleurs demandé de ne pas aller me démasquer.

Par contre, une personne m’a démasquée, une fois sur deux, et c’est ...... Daniel Rondeau. Bravo !

Je n’ai aucune idée pourquoi il a pointé la 11. Est-ce le Florence Marseille qui a éveillé un soupçon chez lui ? Parce que j’ai rajouté à Venise deux noms de ville. Bais oui, pourquoi pas ? C’est donc moi qui se cache sous cette citation.

La deuxième intruse, personne ne l’a trouvée, mais j’avoue que j’étais plus difficile à débusquer « Valentine St-Amant » puisqu’il faut savoir que je suis née la veille de la St-Valentin, à 1 h 35 près, j’aurais le prénom Valentine inscrit sur mon baptistère. Et St-Amant, vous ne trouvez pas suspect une personne qui s’appelle Valentine St-Amant ? La citation évoquant de l’épistolaire me semblait être un deuxième indice « puce à l’oreille ».

Personne n’a choisi mes citations comme leurs préférées. Alors, pour cela, je vous donne tous raison ! Mes préférés sont 1, 5, 6, 12.

Merci de vous être prêté au jeu !

mercredi 27 mai 2009

Ils ont le punch !

Vite, vite je vole au temps une dizaine de minutes ... euh, je vais essayer de me limiter à dix minutes. Dites-le moi, si je dépasse ! C’est que le temps me glisse des doigts, les notes du clavier aussi, et je cours après l’aiguille des secondes. Bon, d’accord, j’exagère et ça gobe du temps d'exagérer, surtout quand une seconde plus tard on s’en confesse ! Direct. Allez, j'y vais directement, je suis capable : Go !

J’avoue en partant que j’ai pris mon inspiration sur Facebook. Oui, oui ... c’est surprenant parfois. En tout cas, voici quelques jours j’ai été surprise de la réaction à une affirmation. Ce n'est pas suite à une de mes affirmations, et j'ai averti la personne que je la lui piquerai (il s’en lance plein à la face du book). Elle faisait allusion à son exaspération devant les préfaces de romans classiques qui dévoilent les punchs* (c’est un anglicisme, l’équivalent est point de chute !). Je ne sais pas s’il avait prévu autant de réactions, mais les commentaires se sont enlignés. Bien sûr, je m’en suis mêlé.

Et je suis rapidement sorti de la préface pour aborder la 4ième de couverture, et ensuite les critiques de lecture. Pour vous donner une idée jusqu’à quel point j’aime garder toute la surprise à l’histoire, j’hésite à lire le quatrième de couverture. C’est grave hein ? Je sais, c’est légèrement excessif ! À ma défense, je suis une lectrice avec une imagination débordante qui bondit en avant des actions, transpose, transfère et travestit l’action des personnages. Je tiens donc à mes fausses pistes. C’est mon univers de lectrice. Vous imaginez combien je me fais déjouer, puisqu’en partant des mêmes personnages, chaque personne se fabrique une histoire différente. On part des mêmes ingrédients et on ne fait pas la même sauce à spaghetti, imaginez une vie ! On part avec soi comme personnage et on s’amène où ? À son lit de mort. Mais vous avouerez que le comment on s’y rend est de première importance !!!

Donc, je me protège de toute divulgation d’intrigue, je veux dire, pas seulement du grand dénouement final qui assez souvent me déçoit. On est rarement entièrement satisfait d’une fin, vous ne trouvez pas ? J’imagine qu’il va en être de même pour notre propre fin. Que l’on ne décide pas. On se plaît à croire qu’on ne la décide pas, mais ne sommes-nous pas présentement à la préparer ? ... Mais ceci est une autre histoire. La vôtre. La mienne. La nôtre ... que je mets de côté (mais si ça vous chante de deviser sur ce thème, il y a pas de gêne !) pour revenir à un principal sujet, le lecteur, devant l’intrigue d’une histoire. Certaines personnes dans Facebook (des personnes plongées tête première dans le milieu littéraire) ne sont pas le moindrement dérangées par le fait de connaître des clés d’intrigue, qu'elles soient dévoilées par une préface ou par un critique. C’est entièrement le comment l'histoire se raconte qui les intéresse.

Il faut de tous les lecteurs pour faire de la lecture, ce n’est pas la première fois qu’on se le dit, mais vous qui n’avez pas participer à cette discussion, comment le vivez-vous ?

Ça m’intéresse de vous connaître sous cet angle. Remarquez, que ça changera pas ma manière de rédiger mes commentaires, je me battrai toujours contre mes mots, donnerais dans la censure bien sûr, pour ne rien dévoiler de l’intrigue, ça complexifie la tâche c’est certain, mais je le fais avec cœur. Comment faire autrement ? Ma mère avait pour son dire « on ne fait pas aux autres ce qu’on n’aimerait pas qu’on nous fasse ! ». Obéissante petite, obéissante toujours (pas vrai pantoute, c'est pour le besoin de la cause !).

Maintenant, à vous la parole, chers ami-es ... Je me tais, j’ai dépassé mon 10 minutes. Bip.

* (Petit Robert) Définition de punch : Aptitude d'un boxeur à porter des coups secs et décisifs . "Ils ont le punch : l'utilisation correcte des muscles frappeurs, et la détente".

Il me semble que les auteurs sont parfois des boxeurs, non ? En tout cas, j’aime bien quand ils aient du punch, et même qu’ils nous laissent KO.

jeudi 7 mai 2009

Jugez-le sur son apparence

Mine de rien, je vous ai passé une nouvelle chronique avec Marc, Sur la couverture, pif, comme ça, pas un mot à l’avance. Rien. Même pas une question vous demandant si ça vous intéressait le moindrement. Anti curieuse. Anti sondeuse. Anti vendeuse.

Je me reprends et je commence par le commencement : Le livre. Ce dont on ne parle presque pas ici. Je veux dire, oui, on parle des auteurs, des personnages, et plus que tout, de l’histoire. La fameuse histoire, qui accroche ou non. Qui éveille, stimule, endort, ennuie, enrage, touche, dépasse ... et jamais de la même manière d’une personne à l’autre. Mais le livre, on n’aborde jamais le livre. Les 100 ou 1,000 feuilles, savamment maintenues ensemble, le carton, le papier, l’encre, le caractère, oui le caractère, il en a un et même plusieurs. Le type de typos. Et par-dessus tout, la couverture. Aimons-nous les couvertures ? Dans la vie, l’apparence des gens, des objets, des événements, nous nous en soucions. Elle nous fait de l’effet, on y réagit. Il le faut, puisque c’est souvent la première chose qui se présente !

Mais revenons au livre. Vous êtes à la librairie, par hasard, complètement par hasard, sans intention aucune d’acheter, aucun titre en tête. Ni en poche. Même pas en sacoche. Vous êtes libre du livre, et allez à travers les allées sans autre souci que de vous sentir dans une librairie remplie de tentaculaires tentations. C’est juste si certains livres que vous reluquez ne tendent pas le bras pour vous happer vers eux. Que vous les ouvriez. Que vous les touchiez, pour qu’ils vous touchent ensuite, dans l’espoir d’une juste réciprocité.

Et c’est là qu’arrivent mes questions de satanée curieuse qui ne se tanne jamais de vous en poser :

Est-ce que vous êtes influencés par l’apparence générale d’un livre ? Sa robe, son enrobage, sa personnalité. Son image. La couleur de son vêtement, sa jaquette. Son grain de beauté de papier. Son volume. Sa prestance, son élégance. Son cri d’encre. Sa glaçure, son glaçage, son glacé. Son look. L’accroche-œil avant l’accroche-cœur.

Je gagerais que vous serez tentés de répondre « non », loin de moi la satanique tentation de l’apparence, seulement l’apparence, je suis et serai pour toujours et à jamais un être profond sans souci pour la superficielle apparence. Et pourtant, voyez-vous, j’ai un peu de difficulté à vous croire. Un peu. À vous de me déjouer, de vous défendre et de me convaincre de mon tort. Car moi, je l’avoue, je suis influencée par l’aspect du livre. Il me charme et je me pâme. Non pas que je me base que sur l’apparence, non mais quand même, ma mère m’a mieux éduquée que ça ;-) ... mais le look est ce petit plus qui rajoute à l’envie de lui tendre la main, pour ensuite le prendre sous mon bras.

Alors dites-moi comment ça se passe par chez vous ? Suis-je la seule de mon espèce ?

Parce que si oui, il faudrait peut-être en avertir les maisons d’édition. Il y en a quelques unes qui se donnent un surplus d’ouvrage.

lundi 16 mars 2009

Quels sont vos dix livres préférés ?

C'est la question qui a été posée à cent écrivains francophones (francophones, en tenant compte que l’info vient d’un site français !). En attendant d’avoir le plaisir de le faire avec cent écrivains québécois … euh, c’est toute une entreprise cent … peut-être cinquante ? … allez, continuons d’y réfléchir, en attendant, jetons un coup d’œil sur la liste des écrivains les plus cités, et les titres, les plus cités.

C’est intéressant, ça révèle … tiens, je laisse parler les chiffres, qu’ils se sentent importants de temps en temps. Pas que je veuille faire du Passe-Mot, le Passe-chiffre, mais une fois n’est pas coutume. De toutes manières, si vous voulez des mots qui accompagnent ces chiffres, il y en a plein ici. Mais que ça ne vous empêche de me laisser les vôtres ! Vos mots. Votre grain de sel de mer, iodé, ou même Windsor. Fleur de sel, ne pas s’abstenir. Vous comprenez maintenant pourquoi il est préférable que je laisse parler les chiffres ? Je dis seulement des niai … fantaisies ce soir. Ça en prend de ces moments dans une vie.

J'y pense tout à coup... vous, oui vous, les connaissez-vous vos dix préférés ? Bais, je sais, c'est pas évident. Mais ça peut être un bel exercice, par exemple. Si les écrivains sont capables, pourquoi pas nous ? On lit autant que les écrivains... Non ? Pas d'accord ? Bon. Au pire. Dites-en trois. Non. Cinq. Ah pis, dix, comme les écrivains !

Les auteurs les plus cités
Marcel Proust (33 fois)
William Faulkner (24)
Gustave Flaubert (23)
Fiodor Dostoïevski (16)
Virginia Woolf (15)
James Joyce (14)
Franz Kafka (14)
Louis-Ferdinand Céline (13)
Samuel Beckett (11)
Arthur Rimbaud (11)
Stendhal (10)
Mme de La Fayette (9)
Léon Tolstoï (9)
Malcolm Lowry (9)
William Shakespeare (9)
Herman Melville (9)
Primo Levi (9)
Georges Bataille (9)
Jean Giono (9)
Charles Baudelaire (8)
Homère (9)
André Breton (8)
Albert Camus (8)
Miguel de Cervantès (8)

Les livres les plus cités
A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust (33 fois)
Ulysse, de Joyce (13)
Iliade et Odyssée, d’Homère (9)
La Princesse de Clèves, de Mme de La Fayette (9)
Le Bruit et la Fureur, de William Faukner (8)
Absalon, Absalon !, de William Faulkner (8)
Les Fleurs du mal, de Baudelaire (8)
Sous le volcan, de Malcolm Lowry (8)
Don Quichotte, de Miguel de Cervantès (8)
L’Éducation sentimentale, de Gustave Flaubert (7)
La Bible (6)
Fictions, de J.-L. Borges (6)
Journal, de Franz Kafka (6)
Moby Dick, de H. Melville (6)
Les Frères Karamazov, de Fiodor Dostoïevski (6)
Une saison en enfer, d’Arthur Rimbaud (6)
Anna Karénine, de Léon Tolstoï (5)
Correspondance, de Gustave Flaubert (5)
La Divine Comédie, de Dante (5)
Les Liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos (5)
Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov (5)
Mémoires d’outre-tombe, de Chateaubriand (5)
Récits de la Kolyma, de Varlam Chalamov (5)
Si c’est un homme, de Primo Levi (5)
Voyage au bout de la nuit, de L.F. Céline (5)

jeudi 19 février 2009

Que le grand Vrac me croque !

Vous allez peut-être le trouver échevelé, découetté, ébouriffé mon propos pêle-mêle mais je vous assure qu’il y a un fil, ténu, alors tenez-le serré entre vos pinces de mains.
Indice : La ligne est ma ligne de conduite.

Les premières lignes
Voici le match parfait des incipits avec leurs auteurs :

Incipit 14 Gaétan Soucy – La petite fille qui aimait trop les allumettes
Incipit 13 Gilles Archambault – Un après-midi de septembre
Incipit 2 François Gravel – Vous êtes ici
Incipit 1 Alexandre Bourbaki – Grande plaine IV
Incipit 12 François Bégaudeau (Français) Entre les murs
Incipit 6 Annie Ernaux – Les années (Français)
Incipit 5 Michel Tremblay – La traversée de la ville
Incipit 4 Neil Bissoondath – Cartes postales de l’enfer
Incipit 3 Johanne Alice Côté – Mégot mégo petite mitaine (nouvelles)
Incipit 7 Dominique Demers – Marie Tempête (tome 1)
Incipit 10 Dominique Demers – Pour rallumer les étoiles (tome 2)
Incipit 11 Louise Desjardins – Le fils du che
Incipit 9 Marie-Claire Blais – Le jour est noir suivi de L’Insoumise
Incipit 8 Victor-Lévy Beaulieu – Race de monde
Incipit 15 Roxanne Bouchard – Whisky et Paraboles

Les lignes du facteur
Damnation que je suis jalouse de l’initiative de Lapin blanc ! Blanche de jalousie, et je le lui ai dit, écoutez-le nous parler du blog par la poste :
"… c’est l’ironie de se souvenir qu’il y a à peine quelques années, les gens ne bloguaient pas, ils correspondaient. Le blog par la poste, c’est de donner un espoir aux facteurs pour qu’ils ne perdent pas leur emploi trop rapidement. Le blog par la poste, c’est du partage d’écriture comme dans le bon vieux temps. Le principe est simple ! Je prends la liste des inscrits, je vais un jumelage, et vous avez une semaine pour envoyer à votre correspondant une lettre (carte postale? amusez-vous!) avec un petit cadeau de votre choix (musique, artisanat, dessin, photo, laissez-vous aller! Moi j’ai reçu par le passé une vraie serre de Harpie!). Simple, joyeux, et les facteurs ont du boulot".

J’ai sauvé l’honneur du village des Correspondances en m’inscrivant (je suis la soixantième), c’est possible jusqu’au 28 février sur le site de Lapin blanc. Ça s'annonce l’happening de la lettre dans de la boîte aux lettres qui gèle les doigts ... argument de persuasion un peu faible, je me reprends, c’est le fun, trouver une joyeuse et inventive lettre à travers l’amas de comptes, circulaires, dépliants, cartons d’agent d’immeubles … bonyenne, il y en a plus que de maisons !

La meilleure ligneLa Joute s'en donne à coeur joie ce vendredi 20, à 20 h 00
Des lignes tirées par la bouche de canons connus :
Jean Barbe, Sheila Copps, Yvy
Me semble que ça va barber fort
À vos pronostics, prêts, votez ...

La ligne sans frontières

Une envie d’ateliers d’écriture sans frontières qui vous dégourdissent l’inspiration, qui vous ratissent l’intérieur, qui vous enhardissent le dire ? Il y a l'écrivain Denise Neveu qui donne des ateliers d’écriture depuis des dizaines d’années, c’est une voisine, elle en donne régulièrement à Eastman et, en avril, elle revient à ses anciens amours : Montréal.
Au fil de cette expérience d’écriture sans frontières, nous passerons de nos volutes individuelles à la spirale collective en accueillant les inspirations des autres et en leur offrant généreusement les nôtres. Chemin faisant, nous dialoguerons avec ces scribes millénaires qui ont tracé la première spirale des écritures humaines.
Les lignes courent les concours
J’ai parlé du concours L'Aventure des mots à ma belle-maman, elle a tout de suite été emballée et s’est mise au travail. Et le beau-papa s’est dit pourquoi pas moi. Je trouve ça beau. Ça me fait penser au dessin quand on est enfant, on se lance sur les feuilles blanches sans complexe, on les remplit de couleurs, de lignes. Pour l’écriture, ça devrait être la même chose !

L’aventure des mots
(50 ans et plus)
Organisé par le centre Berthiaume-Du Tremblay
Thème « Ma mère avait pour son dire … »
5ième édition - 5 gagnants : 300 $ chacun

Et je me donne la dernière ligne
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lundi 16 février 2009

Le jeu de l'Incipit

J’ai été gâtée pour ma fête, j’ai reçu quinze romans ; trois de seconde main et douze flambants neufs. Comment arriver à me donner des titres qui ne se chevauchent pas, ou que je n'ai PAS déjà lus ? Toute qu’une entreprise qui a été laborieusement gérée par Marc, document à l’appui ! Les documents en question étant une liste d'auteurs québécois jamais lus, plus une liste de titres. Je m’attendais à ce que mes amis tombent dans la première liste, et c’est exactement ce qu’ils ont fait, exception d’une personne qui a des ailes pour le zèle, s’impliquant au point de faire des recherches systématiques sur l’Internet (Vous trouverez des astérisques accolés devant ses choix).

La nature humaine étant ainsi faite qu’elle aime avoir le dernier mot, nous nous sommes obstinés sur un mot qui annonce des premiers mots, l’incipit. Je pensais que l’incipit comprenait les citations avant le début du premier chapitre, et bien non, l’incipit englobe les premières phrases d’un roman. Un ami (Pierre-Greg) a alors eu une idée pour Le Passe-Mot ; au lieu de vous dévoiler mes titres dans une banalité des plus totales, je vous donne l’incipit et à vous d’essayer de trouver l’auteur. Si vous en avez un, tant mieux, deux, c’est encore mieux, tous ? Je tombe dans les pommes … euh, dans les congères !

Titres et auteurs :
Gaétan Soucy – La petite fille qui aimait trop les allumettes
Gilles Archambault – Un après-midi de septembre
François Gravel – Vous êtes ici
Alexandre Bourbaki – Grande plaine IV
François Bégaudeau (Français) Entre les murs (le livre avant le film)
Annie Ernaux – Les années (Français)
Michel Tremblay – La traversée de la ville
Neil Bissoondath – Cartes postales de l’enfer
Johanne Alice Côté – Mégot mégo petite mitaine (recueil de nouvelles)
*Dominique Demers – Marie Tempête (tome 1)
*Dominique Demers – Pour rallumer les étoiles (tome 2)
Louise Desjardins – Le fils du che
Marie-Claire Blais – Le jour est noir suivi de L’Insoumise
Victor-Lévy Beaulieu – Race de monde
Roxanne Bouchard – Whisky et Paraboles

Les Incipits
1) Que ferait un être universel, omniscient et omnipotent, si on lui rayait le côté de sa voiture avec une clé ? Intentionnellement, je veux dire, par pure malice et sans espoir de profit personnel. Il visionnerait la cassette de la nuit du crime, identifierait le coupable, puis, selon son humeur, ajouterait une note dans son dossier en attendant le Jugement Dernier.

2) - ILS SONT PARTIS PAR LÀ, regardez, ils ont enlevé oune touile et ils ont pris la fuite dans lé tounnel.
C’est une histoire sans dessus dessous, pense aussitôt Viateur, une histoire qui commence avec trop de « ou »

3) - Je suis désolée, on n’aurait pas dû insister. Mais tout a été tellement vite ! Ce matin, elle était bien.
- Ne vous en faites pas. Vous avez bien fait. C’était important pour elle qu’on la coiffe.

4) Tout le monde a des secrets. J’en ai un, moi. Pas vous ? Loin, très loin, un secret enfoui au tréfonds de votre âme, comme on dit.
Oui, bien sûr. Le paquet de chewing-gum que vous avez piqué au magasin du coin, la bière que vous avez descendue par un après-midi dans un recoin du sous-sol, le magasine porno que vous cachiez sous votre matelas pour égayer vos mornes soirées.

5) Le matin où elle s’est rendue compte qu’elle était sans doute enceinte pour une quatrième fois, Maria Rathier n’est pas rentrée travailler à la manufacture de coton, Nicholson File où elle gagnait – à peine – sa vie depuis près de cinq ans.

6) Toutes les images disparaîtront.
la femme accroupie qui urinait en plein jour derrière un baraquement servant de café, en bordure des ruines, à Yvetot, après la guerre, se renculottait debout, jupe relevée, et s’en retournait au café.

7) Ma mère a les cheveux bleus, elle n’est pas complètement marteau, ni même un peu Martienne, mais simplement coloriste, au Salon Charmante, rue Principale à Ste-Jovite. La semaine dernière, ses cheveux étaient « or cuivré ».

8) Jos, 27 ans; Charles-U, 26 ans ; Jean-Maurice, 24 ans ; Gisabella, 22 ans ; Ernest, 21 ans ; Abel dit Bibi Gomm, 20 ans; Steven, 19 ans; Félix, 17 ans; Gabriella, 15 ans; Élizabeth, 14 ans; Jocelyne, 13 ans; Colette; 10 ans.
Je suis le sixième de cette belle famille québécoise d’avant la pilule.

9) – Et lui qui est-il ? demanda Raphaël.
- Josué, c’est Josué, dit Marie-Christine.
Marie-Christine regarde Raphaël debout, un pied dans l’ombre du cerisier. Elle pense qu’elle l’aimait mieux l’autre été. Il n’avait pas ces poings cruels et ces lèvres boudeuses. Elle pense aussi qu’elle s’ennuie à cueillir des cerises.

10) Marie Lune versa l’eau bouillante sur les feuilles de menthe poivrée, replaça le couvercle sur la théière, puis s’arrêta un moment pour contempler le lac. Sa surface était de velours sombre, délicatement chatoyante dans la luminosité de cette fin de jour d’été.

11) En revenant de l’école, Alex trouve l’appartement vide. Pas normal, sa mère n’a jamais été absente sans avertissement. Pas de mot sur la table, ni ailleurs, rien. Alex s’installe devant son ordinateur. Elle pourrait au moins appeler, se dit Alex, qui se met à jouer frénétiquement au Pacman.

12) Le jour venu, débouchant du métro, je me suis arrêté à la brasserie pour ne pas être en avance. Au comptoir en cuivre, le serveur en livrée n’écoutait que d’une oreille un quadragénaire dont les yeux à lunettes glissaient en Z sur un article.
- Quinze mille vieux en moins, place aux jeunes !

13) Quand une personne meurt, elle emporte avec elle tant de secrets qu’elle apparaît avec le temps comme de plus en plus impénétrable. Ma mère est morte, l’automne dernier. Elle s’en est allée avec une partie de ma mémoire.

14) Nous avons dû prendre l’univers en main mon frère et moi car un matin peu avant l’aube papa rendit l’âme sans crier gare. Sa dépouille crispée dans une douleur dont il ne restait plus que l’écorce, ses décrets si subitement tombés en poussière, tout ça gisait dans la chambre de l’étage d’où papa nous commandait tout, la veille encore.

15) 3 juillet
M’enfuir. J’ai claqué toutes les portes pour aller m’échouer dans mon auto et j’ai grignoté les routes du Québec, kilomètre par kilomètre, conduisant mon désarroi fugitif sur les chiffres, la 31, la 40, la 55, la 138. J’y suis allée comme à la Loto, gagnant pour gros lots des noms de village qui baptiseraient ma tourmente de cette poésie qui a convaincu Maria Chapdelaine de s’établir à Péribonka

Juste à accoler le chiffre à l'auteur ! ... et j'ajoute la question de Réjean :
Parmi les incipits proposés, lequel pique suffisamment votre curiosité pour vous inciter à lire le livre ?

mercredi 24 septembre 2008

L'abandon

Une question me turlupine depuis longtemps, et je vais la poser, histoire de savoir si je suis dans la norme. Ça m’arrive de vouloir me situer ; dans la marge, à côté, en bas, en haut, et juste d’en parler, j’ai le tournis. Faut dire que je n’ai pas vraiment le sens de l’orientation.

C’est au sujet de l’abandon (quel mystère, c’est mon titre !), pas l’abandon d’un enfant, l’abandon d’un livre, le sujet restera léger mais intense. Je ne veux pas remettre en question les abandons, c’est notre droit de lecteur le plus strict, comme celui de clore le bec à tous les bla-bla de notre écran jacasseur, le téléviseur.

À combien de pages, reste une question intéressante qui mène droit à mon questionnement ; abandonnez-vous un livre plus facilement lorsqu'il est emprunté à la Bibliothèque ou à votre ami ? Je vais tout se suite vous répondre que dans mon cas, et je m’oblige quasiment à acheter mes livres pour ça, quand il est emprunté, mon jugement est plus cassant. C’est drôle, tout à coup, je suis moins ouverte, plus catégorique. Je laisse moins de chance au coureur que dans le cas du pavé à une trentaine de dollars. Surtout quand on est au courant des « pinottes » que l’on nous accorde en échange dans les librairies, et cela quand ils ne tiennent pas mordicus à ce que l’on reparte une pile encore plus épaisse sous le bras (c’est comme ça, à Sherbrooke).

J’aime m’obliger à lire un roman jusqu’au bout et non, ce n’est pas vrai que je me soumets à n'importe quelle nullité (cela serait une insulte pour les autres !). C’est juste que j’ai tendance à considérer les livres comme des personnes et je tiens à laisser du temps à quelqu’un pour s’exprimer avant de le mettre au rancart. Et cela me procure de réelles bonnes surprises. Vraiment, vraiment. D’ailleurs, cela pourrait en être une autre, question, vous est-il arrivé d’avoir été très tenté de décrocher, et puis, d’avoir réalisé que vous auriez manqué quelque chose ?

Ceci dit, c’est très personnel et l’idée n’est pas de juger vos habitudes. Non, ma question est, et j’y reviens quitte à passer pour une radoteuse : abandonnez-vous un livre plus facilement quand vous n’y avez pas investi de vos dollars ?

lundi 28 juillet 2008

Équilibrer le donner et le recevoir

Je nage dans une mer de questions ces temps-ci. Premièrement, vous l’avez bien vu, pardon, bien lu, j’en avais au sujet du phénomène Facebook. Parce que s’en est un phénomène et beaucoup plus important que je ne le croyais. Une porte s’entrouvre et je découvre un vaste rassemblement morcelé de petites chambres d’amis où il fait bon échanger sur la quotidienneté de la vie. C’est ce que j’y ais vu jusqu’à date, ce plaisir de la convivialité qui nous fait se coucher le soir en se disant que les êtres humains mangent tous à la même soupière. Qu'ils baignent tous dans la même tentation d’être heureux.

Ma mini-enquête a dévoilé 8 personnes inscrites à Facebook contre 4 qui ne veulent rien savoir. Je ne tirerais pas de conclusion, c’est trop minimaliste comme réponse, à savoir si c’est un guet-apens, si la dépense "temps" est rentabilisée, parce que tout est une question d'équilibre entre le « donner/recevoir » finalement.

Par contre, j’ai réalisé une chose dont je ne me doutais pas, l’on peut y inscrire un livre. Compter jusqu’à cent, de Mélanie Gélinas, La Recrue du mois d’août y est inscrit depuis sa parution. Pourquoi résister à une tribune aussi puissante qu’instantanée, aussi facile que gratuite ? http://www.facebook.com/group.php?gid=8723173564

Qui sait, peut-être est-ce une amorce de réponse pour la question que Nicolas Dickner soulève dans sa chronique Hors champ du Voir : Un écrivain peut-il gagner sa vie au Québec ? Si ça vous tente d’apprendre qu’est-ce qu’en pense l’auteur du très primé Nikolski (Alto), c’est ici.
Je vous disais que je nageais dans le questionnement, j'ai donc une autre question pour vous. Je me demandais si vous saviez que le site « Le libraire » nous renvoie à 81 sites web d’écrivains. Pas moins. Vous avez de la difficulté à me croire ou vous êtes curieux de vérifier si votre écrivain préféré y est, c'est ici

Êtes-vous intéressés à lire un écrivain que vous aimez en dehors de ses livres ?
Pendant que j’écrivais ce mot en forme de point d’interrogation, j’ai reçu une réponse dans ma boîte aux lettres. Elle était de Denis Thériault à qui j’avais acheminé voici un mois deux billets du Passe-Mot sur ses romans « L’Iguane » et « Le facteur émotif ». Il m’a répondu. Il se disait touché de mon appréciation et ça paraissait.
Je parlais d'équilibre entre donner et recevoir ... ma balance vient de se rééquilibrer. La sienne aussi, j'espère.

lundi 2 juin 2008

Quand je vous dis que je me mouille …

… jusqu’au trognon. Eh bien, voilà, Les Singes m’ont tagué mais pas n’importe quelle tague, une purement littéraire ; cinq questions sur mes habitudes de lecture. Comment résister ?
Où et quand ?
Le « où » dépend de mon « quand ». Quand je suis en vacances, c’est partout ! Sur le bord de la plage, dans l’auto, aussitôt que j’ai une minute et comme j’en ai plusieurs …
La balance de l’année, attention, je vais me mouiller, c’est principalement dans le bain. Eh non, je n’ai jamais échappé une brique ! Pas encore. Plus le livre est bon et plus je sors ratatinée. En plus, je suis chronométrée par mon bain « SPA », non réglable qui, après 25 minutes exactement, se met en branle « brassage d’eau pour rien ». J’essaie de déposer mon livre plus loin mais parfois il reçoit quelques gouttes. Je ne dépasse jamais deux brassages d’eau pour rien. Au pire, si je suis accrochée, je me téléguide jusqu’au lit et je continue au sec.
Comment je choisis mes lectures ?
C’est beaucoup elles qui me choisissent et si elles s’imposent d’elles-mêmes, ou par personne interposée, j’essaie de les choisir quand même en essayant d’aller chercher en moi qu’est-ce qui peut rejoindre cette personne qui, un jour, s’est mouillée en dehors d’un bain, qui a plongé dans son imaginaire, sans trop s’éclabousser, pour nous l’offrir sous forme d’une histoire.
Quel style de lecture ?
Je préfère les histoires vécues, partiellement vécues ou nullement vécues (quoique !) en autant que je sente que l’auteur s’est oublié. Qu’il a réussi à s’abandonner à plus grand que lui, même si ce plus grand niche dans ses cavernes intérieures. Je m’attends à y voir de la générosité, ce qui me tient loin du gargarisme de mots dans lequel succombent certains bien-pensants, dont le réflexe est de se croire plus propres que tout le monde.
Qu’est-ce que j’attends de mes lectures ?
J’attends beaucoup de mes lectures, plus que de n’importe qui d’ailleurs, pour mon pouvoir de les condamner au silence … sans jamais que le diseur en soit informé. Ni offusqué. Mes lectures doivent me trouver là où je suis et c’est souvent dans une marre d’émotions humaines. Les personnages qui, instantanément, naissent et grandissent en état d’appartenance à la race humaine dont je suis, me rejoignent, puis m’enchantent. Je préfère ne jamais douter de leur existence, avis au créateur ! Quant à se prendre pour Dieu, aussi bien se montrer puissant et efficace !
Mes petites manies ?
Je suis toujours en manque de marque-pages, je les sème à tout vent et les retrouve quand j’en ai plus besoin. Je retrouve donc entre mes pages, des lettres pliées, des factures, des billets de tirage perdants, jusqu’à des écornures d’oignon … Attention, danger ; main qui ferme un bouquin à l’horizon !
Le principe de la tague est de la donner : Lucie, Frisette, Caro(line), Phil, Éric. Par plaisir, sinon, le voir comme ma manière de vous dire que je suis une fan de vos blogues !

vendredi 18 mai 2007

Un délai


Personne qui lit ou a lu Le Bien des miens ? Je suis surprise. À moins que ... J'ai une idée, je vous laisse jusqu'à mardi pour me répondre ! C'est bon ça ? On donne toujours ce qu'on aimerait recevoir n'est-ce pas? Je vous donne un délai ... c'est ce que j'aimerais tellement recevoir en ce moment ! Une journée, une toute petite journée et nous serions fin prêts avec tous nos beaux livres fraîchement sortis de "l'exacto" (ce soir, ma fatigue me donne la permission de réinventer l'orthographe !). Ça sent l'encre pas sèche ici aujourd'hui.

Si vous êtes lasses de m'entendre parler de la fabrication de livres, eh bien dites vous que c'est absolument la dernière journée. C'est promis. Promesse facile à tenir puisque je ne peux pas faire autrement!

Donc, dès mardi, vous avez un feuillet consistant sur ce fameux Festival des Écrits de l'ombre à St-Antoine de Tilly. À moins que vous soyiez trop curieux pour attendre, alors rendez-vous sur le site. Toutes les informations y sont : www.ecritsdelombre.com. Vous trouverez le plan pour vous y rendre et l'horaire pour le public. Il n'y a que la météo qu'il ne donne pas, mais y paraît qu'après la pluie, le beau temps !

On s'en reparle mardi. Et attention, l'année prochaine, c'est vous qui présentez vos écrits. Des nouvelles, de la poésie, un scénario de film, un recueil de lettres peut-être ? Tout est permis, le ciel de votre imagination est la seule limite !


À VOS PLUMES ... PRÊTS ... ÉCRIVEZ !

jeudi 10 mai 2007

Poésie et les livres qui parlent

Vous pensez qu'il y a un lien ? Non. Ce sont deux sujets. Je vous ai bien attrapé hein ? Je suis bloggeuse mais aussi blagueuse !

Je commence par le premier sujet, la poésie, des plus rébarbatif pour certains et pour d'autres, des plus inspirant. Je m'adresse à ces derniers qui auraient une vingtaine de poèmes qui traînent dans leur tiroir. Qui traînent, mettons, depuis pas trop longtemps (qui n'a pas écrit quelques poèmes adolescent-e et pire, adolescent-e en peine d'amour ?). Vous pourriez vous offrir le plaisir de les actualiser ou même les glorifier par un prix qui s'adresse justement à une âme poète qui n’a pas encore été publiée.

Ce prix a été créé afin de favoriser l'écriture et la lecture poétique chez les gens de tout âge. Il se veut un hommage au poète Alphonse Piché et sera remis à la Maison de la Culture de Trois-Rivières lors de l'ouverture officielle du 23e Festival International de la Poésie qui se tiendra dans cette ville, du 28 septembre au 7 octobre 2007. Il est question de 20 poèmes (ou moins) sur un maximum de 25 pages à remettre avant le 30 juin 2007, sous pseudonyme, cette méthode étant toujours rassurante pour l’équité. Premier prix : 2000 $, Deuxième : 500 $, plus invitations (et coucher) pour participer au Festival. Pour plus d’informations : www.fiptr.com

Avant de quitter le sujet POÉSIE pour aborder les livres qui parlent, j’ai une question qui me brûle les lèvres et je l’adresse à priori aux hommes : comment se fait-il que, sur les 17 derniers lauréat-e-s de ce concours, 3 seulement aient été des hommes ???

Bienvenue aux dames (selon l’expression consacrée !) qui veulent tenter une réponse à cette question !

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Par les livres qui parlent, je fais allusion à ces livres maintenant lus, contés ou racontés sur un CD glissé dans la pochette du livre. Je pense, entre autres, à la maison d’édition Planète Rebelle qui utilise cette technique, particulièrement dans le domaine du conte, Fred Pellerin par exemple. Ces livres ne se vendent même pas plus chers - 22.95 $ - que dans le cas d’un livre silencieux. Cela se fait aussi pour les enfants. Et je me dis, pourquoi pas aussi pour les personnes qui ont de la difficulté à lire, dû à un problème de vision temporaire ou plus chronique.

J’aime l’idée de faire parler les livres et je viens de m’acquitter de l’exercice d’en enregistrer un durant trois jours : « Un morceau d’étoile filante » - conte pour enfants que j’ai rédigé voici quelques années. C’est ma solution à une problématique. J’ai envoyé cette histoire à plusieurs éditeurs et quelques uns ont pris la peine de m’expliquer que le sujet ciblait pile les 3 à 6 ans mais que la complexité de l’histoire, elle, rejoignait les 6 à 9 ans. Alors, pourquoi ne pas la rendre accessible aux 3 à 6 ans en la lisant moi-même, me suis-je dit.

J’ai réalisé combien ce n’est pas une mince tâche, j’ai eu un face à face sévère avec le micro. Aucune erreur n’est acceptable - le bafouillage est à la portée de toutes les bouches ! – et il faut lire avec cœur devant un outil si sensible qu’il guette les moindres sautes de voix. Il y a donc une « manière » de lire avec laquelle je me suis familiarisée.

L’expérience m’a fait réfléchir à ce marché du livre avec CD amené très probablement à se développer, ne serait-ce que pour un phénomène incontournable ; la population vieillissante. Il n’est tout de même pas question d’abandonner un loisir aussi enrichissant que celui de lire !