Pas encore pour un gouvernement, mais pour le Top 3 à partir de notre première année de lecture à La Recrue. Est-ce que je vous l’apprends ? Je comprends qu’on n’en parle pas tout à fait autant que monsieur Coupure-Harper, mais j’ose espérer que la nouvelle est à se répandre dans la blogosphère littéraire.Nous avons choisi ce Top 3 parmi douze Recrues qui nous ont donné des frissons et des émotions. Je n’ai pas toujours trouvé évident de me prononcer, surtout au début, j’ai trouvé l’exercice délicat et ardu. Surtout quand j’étais particulièrement envahie d’émotions, il faut arriver à y voir assez clair pour s’expliquer. En plus, ce sont des premières œuvres et notre motif pour le faire porte son filon émotif; donner un coup de pouce aux auteurs d’une première œuvre québécoise.
Finalement, il a fallu que je change dans ma tête le mot « coup de pouce » pour vitrine. Ce qui fait toute une différence. Oui, les rédacteurs ont parfois éprouvé du dissentiment presqu’en chœur pour certains romans mais au moins, on parlait de l’écrivain et de sa première œuvre. Tout, sauf le silence qui sonne l’indifférence, celle-ci, pour un écrivain, est une claque en pleine figure. Malgré les haussements d’épaules de certains d'entre eux, je reste convaincue que tous désirent viscéralement être lus car, sinon, ils laisseraient leurs textes dans un tiroir. Le geste de proposer son texte à une maison d’édition est limpide de clarté : être entendu et ultimement faire une différence dans la vie de certains lecteurs.
Reste que je ne vous ai pas encore parlé de ce que j’ai trouvé le plus frappant dans cette expérience d’un an déjà et c'est le regard différent d’un lecteur à l’autre. Ça continue à me remuer au plus haut point. J’ai visionné sur le net le premier Club de lecture de Bazzo.tv, il y avait là autour de la table, la comédienne Sophie Cadieux, l’écrivain, Jean Barbe, et le médecin Réjean Thomas qui se sont prononcés sur « Les accommodements raisonnables » de Jean-Paul Dubois et Bestiaire d’Éric Dupont. Leurs regards pétillaient dans la différence. Un peu ébranlés malgré tout d’entendre une vision complètement différente, à commencer par celle de l’animatrice. De les voir au lieu de les lire venait renchérir l’inébranlable constatation ; une manière de lire est aussi distinctif qu'une empreinte digitale.
La différence entre les êtres humains n’a pas fini de m’ébranler car La Recrue entame une nouvelle année avec Enthéos de Julie Gravel-Richard. Maintenant, nous tentons de choisir plus méthodiquement nos premières œuvres. Le vote se fait maintenant confidentiellement, en tentant d’exprimer pourquoi celui-là plus que cet autre. Une personne, Lucie, est mandatée pour accueillir en vrac les propositions livresques et elle nous en fait part consciencieusement. Nous nous structurons un peu. Et s’ajoute une nouvelle rédactrice, Anick Arsenault, dont nous vous parlerons sous peu.
Tout ceux qui m’ont accompagné jusqu’à cette dernière ligne sans cliquer sur Top 3, je ne vous trouve décidément pas assez curieux …




















