Faites comme chez vous

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c'est recevant !

lundi 9 août 2010

Les liens ruptures - Les Correspondances d'Eastman

Café littéraire de vendredi 10 h avec Myriam Beaudoin, Simon Boulerice, Francine Ruel. Animation : Tristan Malavoy-Racine.

Chose certaine, nous avons eu à vivre un lien rupture puisque la très attendue Myriam Beaudoin a eu un empêchement familial majeur et n’a pu être aux côtés de Simon Boulerice et Francine Ruel. L’animateur nous a cependant situé « 33, rue de la Baleine » , nous en a lu un extrait de sa voix chaude et grave.

En partant, je regardais ce duo d'écrivains et me demandait sérieusement qu’est-ce qui les unissait, est-ce qu’il y aurait une chimie, est-ce que l’animateur aurait à travailler fort !? D’un côté, une Francine Ruel connue, que j’ai lue, une personne sûre de son expérience ou avec une expérience sûre, je vous laisse répondre à l’option proposée. De l’autre, un jeune auteur que je ne connais pas, que je n’ai pas lu et dont je ne connais aucun titre. Celui-ci est resplendissant, un bonheur irradie de lui, il exulte du plaisir d’être là. Rapidement, j’ai réalisé qu’ils avaient des points communs : deux comédiens, deux metteurs en scène, deux auteurs, deux enthousiastes et deux personnes nullement intimidées d'être juchées sur une estrade, je dirais même, ravigotées d'avoir une assistance.

Ce qui intéresse beaucoup aussi est ce qui les distingue : Simon Boulerice est aussi poète, auteur de pièces de théâtre et a étudié en danse et en mime. Tristan Malavoy-Racine lui a posé des questions percutantes sur son premier roman « Les Jérémiades », "une histoire d'amour atypique entre un gamin de 9 ans et un adolescent roux, l'autopsie d'une passion dévorante qui habite un enfant éperdu d'amour et d'absolu" (tiré du quatrième de couverture).

Il nous révèle avoir commencé l’écriture de Les Jérémiades par la fin. Au fur et à mesure qu’il s’entretient avec Francine Ruel, dans une réjouissante complicité, il est amusé de réaliser qu’il a fait la même chose pour le prochain à paraître « Martine à la plage », commençant encore par la fin. À entendre toutes les permissions qu’il se donne, je suis sortie convaincu d’une chose ; il est à lire absolument, c’est une voix singulière assurément. Il ose être lui, je ne vois aucune uniformité dans cet être et j'appose sans hésitation le sceau de l’originalité. Histoire à suivre ...

La populaire Francine Ruel, si aimée de son public (télévision) et de ses lecteurs, nous a entretenu de son petit dernier avec un enthousiasme pétillant. Cette femme est vive d’esprit, souriante, c’est son charme, et plusieurs personnes se mirent en elle. Pour son dernier roman « Cœur trouvé aux objets perdus », elle a eu le goût de sortir du visiblement inspiré de son vécu, comme le fut ses romans précédents « Et si c’était ça le bonheur ? » et "Maudit que le bonheur coûte cher ! » romans qui s’animaient autour de la rénovation de sa nouvelle maison de campagne. Cette fois, les personnages, nommés Lambert et Dylan, portent le début trentaine. C’est vraisemblablement une histoire d’amour, sur fond citadin, puisque l’action part du métro. Francine Ruel précise qu’elle s’inspire de son vécu mais qu’elle extrapole beaucoup, qu’elle vit des déclencheurs forts, cette fois, c’est son émotion devant l’idée de tomber amoureux d’une femme, à seulement la voir lire sous ses yeux à tous les jours. S’ensuit une dissertation sur l’importance des prénoms et noms donnés à leurs personnages. Simon Boulerice en aura long à dire sur le sujet, puisque Les Jérémiades est tiré du nom de son personnage principal Jérémy.

La première question du public à l’endroit de l’écrivaine « Quand nous revenez-vous dans un rôle à la télévision ? » Ce à quoi elle a répondu que les rôles étaient rares pour les femmes de son âge, et elle en a profité pour applaudir le fait que Louise Portal reste active malgré tout.

Une rencontre pétillante d’enthousiasme dont je garde cependant un souvenir un peu diffus ... ça m’apprendra à oublier mon carnet de note !

samedi 7 août 2010

Les lettres lauréates de la Poste restante

Enfin, je peux vous dire deux mots sur la sympathique cérémonie d’ouverture des Correspondances d'Eastman qui s’est déroulée au Parc du temps qui passe. Sous un soleil de plomb, au coeur d'une nature luxuriante, parmi des lauréats heureux, peut-être intimidés d’être vus et entendus, grâce au comédien Dany Boudreault et la comédienne et auteure, Francine Ruel qui en ont fait la lecture. Après de brefs mots de remerciement et de transmission d’informations, l’animatrice Danièle Bombarbier est vite passé au cœur du sujet : la lettre.

Les cinq lettres retenues parmi les quinze finalistes, celles-ci sélectionnées parmi une centaine de lettres reçues dans le cadre du concours de La Poste Restante, ne s’est pas fait sans peine. Une très bonne cuvée, si on se fie à la qualité des cinq présentement exposées dans tout leur éclat sur la passerelle nous menant à chacun des Cafés littéraires, quatre par jour ces temps-ci.

Ah, si j’avais un tambour, je vous ferai entendre son tam-tam pour faire durer le suspense qui a pourtant assez duré ... particulièrement pour les finalistes !

Les voici donc ces cinq lettres lauréates dont je vous offre un court extrait, juste pour vous donner le goût de les lire en entier sur le site des Correspondances vers la mi-août.

Gilles Beauregard, Lachine
Une lettre adressée à son géniteur qui commence ainsi « C’est la première lettre à mon géniteur » et se termine « C’est la dernière lettre à mon géniteur » en passant par « avant même que je naisse, avant même que j’arrive ... tu étais déjà parti, sans savoir que j’aurais pu être ta fille ou ton fils.

Brigitte Caselles, Magog
Une lettre adressée au poète Arthur Rimbaud.
« Mon ami, je voulais aujourd’hui te dire merci. Pour m’avoir apprivoisée à moi-même, m’avoir fait découvrir l’univers tourmenté de sombre beauté qui fût le tien et surtout, surtout fait découvrir la poésie ». Ton amie, Brigitte

Francisca Gagnon, Sherbrooke
Une lettre adressée à Monsieur Desjardins, le mythe d’une fillette.
« Les aiguilles de l’horloge ne bougeaient plus. Quel drame pour la fillette que j’étais à l’époque ! C’est alors que vous avez chuchoté un secret à mon oreille « Je suis le maître du temps ».

Marie-Ange Pongis-Khandjian, Québec
Une lettre adressée à un chien Wouf (Mira)
« J’ai l’impression de t’avoir attendue pendant des siècles, mais nous étions tellement faits un pour l’autre que nous n’aurions pas pu ne pas nous rencontrer ! J’ai fait ta connaissance du bout des doigts, et tu as fait la mienne du bout de ta langue »

Anne Langlois, Saint George sur la Prée (FRANCE)
Une lettre adressée à Monsieur (et notez que je ne vous dis pas cher monsieur car vous ne l’êtes certainement pas). « C’est vous qui m’avez appris l’inégalité sociale et que, des pauvres, on pouvait tirer et la sueur, et le plaisir sale qu’on n’ose pas prendre parmi les siens. C’est vous qui m’avez appris l’arrogance du riche qui s’autorise toutes les licences, persuadé que son argent lui assure, et lui assurera, l’impunité ».

Pour la lauréate, Anne Langlois, celle-ci habitant la France et fréquentant le Passe-Mot, j'ai été mandatée, par elle, pour aller chercher son prix des mains du maire d'Eastman, ce qui m'a beaucoup émue ... pour elle (vous savez comme moi que certains se tissent derrière les écrans).

Au moment où je vous écris, des gens s’arrêtent pour les lire. Les assimiler, les aimer. À leur préférée, ils apposent une étoile. Plein d’étoiles brillent sur chacune de ces cinq lettres et, je l'espère dans les yeux de leurs auteurs épistoliers.

Spontanéité en feu ...

ou Clémence Desrochers aux Correspondances d'Eastman.
Marsi et moi, et quelques amis, nous considérons privilégiés d’avoir assisté à cette prestation de Clémence Desrochers dans le cadre des Correspondances. Un moment unique dans le sens de hautement original, et aussi dans le sens qu’on ne peut pas reproduire.

Danièle Bombardier, assise sur scène, nous introduit celle qui est sa bonne amie de toujours, Clémence Desrochers. Cette Clémence arrive droite, petite soldate dans sa tunique blanche, fonce vers nous, nous parle comme si on était tous ensemble dans un grand salon, nous interpelle, fanfaronne, improvise. C’est joli de la voir s’étonner de nous étonner, à chaque détour d'improvisations, elle surprend son amie, Danielle qui rit sous cape ou en éclat. Clémence est un ressort qui rebondit, on ne sait jamais d’où il part, et où il va atterrir.

Danièle Bombardier est déjà une animatrice d’expérience qui sait donner liberté et latitude à ses invités mais quand ils sont ses amis, c’est encore plus vrai. Elle a encadré Clémence, tout en lui laissant la scène. Clémence, que je soupçonne avoir été ce soir-là dans une forme particulièrement inspirée, allait au gré de son inspiration, et de sa mémoire. Se souvenant d’un poème, d’un bout de chanson, de monologue, elle s’y jetait. Et si le fil de la mémoire venait à casser, l’ambiance restait amusante puisque, telle la funambule du mot qu’elle est, elle se rattrapait d’une entourloupette. Et bien sûr, la présence presque tendre de Danièle Bombardier, toujours là, pour relancer la verve de Clémence.

Le charme de cette femme qui a cinquante années de métier dans le corps est de savoir rigoler d’elle-même autant que des autres. Nous dégustions sa dérision aigre-douce par ruisseau de rires. Cette impitoyable moqueuse sait s’acoquiner son monde et nous amène dans ses univers avec la complicité d'une coquine. Elle possède l’art de s’adresser au public, d’égal à égal, avec cœur et franchise. Quand quelque chose la dérange, elle le dit. La rangée vide en avant l’a dérangeait, elle l’a déclaré haut et fort, également mis le holà aux flashs des appareils photo pendant un monologue.

C’est la personne que j’ai vu ajouter le plus de parenthèses au monde ! Elle en ouvre tant, et qui surclassent le texte, qu’elle finit bien sûr par perdre son fil à tisser, s’empare vite d’un autre, et avec l’habileté d’une grande fileuse, nous brode des histoires. Sa spontanéité se vit à vif, l’abandon est sa trame de fond. Un spectacle d'une fraîcheur qui nous a rajeuni tous, tout en nous émouvant. Tout le monde est sorti de là, de la chaleur dans le coeur et la spontanéité à vif, parce que oui, Clémence, elle est contagieuse.

Et quand je pense qu’elle se demande encore qu’est-ce qu’on peut bien lui trouver à sortir ainsi du confort de notre foyer pour aller la voir au Théâtre La Marjolaine !

Je rajoute un lien d'importance, ClaudeL, qui est venue aux Correspondances, j'adore la suivre, pour son regard observateur ... de l'extérieur.

vendredi 6 août 2010

S'aimer dans l'autre - Correspondances d'Eastman

Je commence top-chrono, c'est-à-dire avec le premier Café qui se déroulait avant l’ouverture officielle des Correspondances. C’est rare qu’avant même l’ouverture, un Café fait terrasse comble, et c’était le cas. Les Correspondances d’Eastman, victime de leur succès (!) ont même dû déplacer le Café L’attente de l’autre (Marc Levy, Kim Thùy, Louise Portal) dans la salle du théâtre pour accueillir plus de fervents admirateurs. Je vous le dis en passant, c’est samedi, 13 h 15, profitez-en pendant qu’il reste des places, c'est à peu près le seul Café où il reste des places.
Allez, hop, au coeur du sujet !

Café littéraire « S’aimer dans l’autre » avec Marie Christine Bernard, Christine Eddie et Kim Thùy – Animation Bruno Lemieux

La rencontre a démarré lentement, elles ont découvert sous nos yeux qu’elles avaient plusieurs points communs, pour n’en citer qu’un qu’on ne doit pas voir le travail dans un texte, les « coutures de la robe », expression de Kim Thùy qui est une femme imagée et extrêmement expressive. Elle aime être drôle. Elle tient énormément à l’humilité, c’est clair qu’elle a le complexe de l’imposteur, elle a même tendance à refuser toute marque de reconnaissance. Elles sont catégoriques, un texte n’est jamais terminé, et heureusement que l’éditeur est là pour mettre le point final. Très touchante, cette Christine Eddie et son Carnet de Douglas qu’elle a écrit pas du tout dans un but de publication, plutôt en cadeau à une grande amie qui vivait un dur moment, ce qu’elle nous a expliqué d’une voix douce et chantante. Un câlin pour l’oreille, cette voix ! Marie Christine Bernard est une femme détendue qui dégage une assurance sereine qui n’altère en rien une note coquine et joyeuse. Pour elle, le geste d’écrire est aussi essentiel que répondre à la faim, par le geste de bouffer. Ne manque plus que la discipline pour gruger un peu de nuit pour écrire le matin, surtout quand elle est appelé à enseigner au Cegep.

J’ai toujours su que la plaie des écrivains est le manque de temps pour écrire mais à ce Café, j’en ai été frappée plus que jamais, je l’ai presque vécu à leur place. Elles doivent faire des contorsions avec le budget « temps » pour y arriver. Christine Eddie sort enfin de cette période, après son « Carnet de Douglas » que j’ai tant aimé, son deuxième roman est (enfin pour nous, trop tôt pour elle !) remis à son éditeur, Antoine Tanguay, qui était dans l’assistance.

Il est apparu comme une tâche difficile, pour ne pas dire insurmontable, pour l’animateur, Bruno Lemieux, de départager la part d’attention sur chacune quand en présence d’un extravertie explosive Kim Thùy. Ironie du sort, elle qui tient tant à ne prendre trop de place ...

C’est une personne de l’assistance à la période de questions qui a demandé « J’aimerais vous entendre chacune sur le thème du Café « S’aimer dans l’autre ».

mercredi 4 août 2010

L'attente de l'autre

Comme pour les vins, cette huitième édition des Correspondances s’annonce une édition exceptionnelle et ce n’est plus seulement palpable, c’est maintenant vérifiable. L’attente de l’autre est à son paroxysme, puisque nous attendons des visiteurs plus que jamais. Déjà, les organisateurs travaillent fort pour rajouter des places, à droite, à gauche...

Mais comme l’idée est de répondre à la demande le plus possible, ils font preuve d’ingéniosité, et même à la dernière minute, ils réagissent. Par exemple, le Café littéraire l'Attente de l'autre (l’espéré) du samedi 13 h 15 a été déplacé de la Terrasse La Marjolaine à l’intérieur de la grande salle du théâtre : 200 places viennent donc de s'ajouter pour cette rencontre avec Marc Levy, Louise Portal et Kim Thuy !

Il ne reste déjà plus de billets pour jeudi, vendredi, samedi ! Les Cafés littéraires du dimanche sont pour le moment disponibles mais comme ça part comme de petits pains chauds, il faut vérifier auparavant.

Bien évidemment que l’essence même de l’événement, l’écriture de missives au cœur d’aires inspirantes reste intacte, assister à des projections de films (au Mirador), danser la salsa, participer à la Caravane de l'Espoir, visiter des expositions, prendre part à l’encan, lire sous l’ombrelle d’une branche fournie, voter pour la meilleure lettre, et surtout goûter à l’ambiance qui va régner dans ce village qui fête la lettre au pied du Mont Orford !

Le Devoir parle des Correspondances
Frédérique Doyon du journal Le Devoir a écrit un passionnant article « Semer des mots et des rencontres ». En voici le début :

Après les chambres et jardins d'écriture, les 8es Correspondances d'Eastman (CE) défrichent littéralement un nouveau sentier poétique pour inspirer les participants dans la rédaction de leurs lettres — acheminées gratuitement par Postes Canada à leur destinataire. Car l'écriture épistolière fait la marque et le charme de ce rendez-vous littéraire des Cantons-de-l'Est, qui se déroule du 5 au 8 août.

Le sentier du Portage des mots est ponctué d'oeuvres d'artistes et semé d'écrits de quelques poètes — Saint-Denys Garneau, Gilles Vigneault, Michel Pleau, Serge Bouchard, dont des extraits de poèmes sont affichés sur des arbres. Notre collègue Louis Hamelin et le Cri Roméo Saganash, qui a vécu dans la forêt jusqu'à six ans, y animeront d'ailleurs une discussion avec le public (samedi 7 août à 14h) sur la nature, le nomadisme, les territoires.

Ce sera l'une des «rencontres inespérées» qui font le thème de cette huitième édition. Dans la rencontre surgit l'autre, même si cet autre se trouve en soi et qu'alors la rencontre se fait sur un mode plus solitaire. La solitude fera d'ailleurs l'objet d'un café littéraire en compagnie d'Edem Awumey, de Domnique Fortier et de Marc Séguin (6 août, 13h15). Pour continuer votre lecture, passez par ici ...

Je vous passerai le mot
Comme par les années passées, vous pouvez compter sur moi, ceux et celles qui ne peuvent assister à tous les Cafés et Spectacles, je vais tenter que vous y soyez en esprit. Je vous prêterai mes yeux et mes oreilles.

À demain pour ce premier Café littéraire où je me sens gâtée avec trois auteures que j’adore. Est-ce que je m’aimerai dans ses femmes ?!

«S’aimer dans l’autre » - Marie Christine Bernard, Christine Eddie, Kim Thùy.
(Jeudi – 15 h 00)

* * *
Oh là là, je viens de lire le très beau billet de l'auteure d'Enthéos, Julie Gravel-Richard, Une belle description sur ce qu'est cette fête de la lettre rassembleuse, parce que sans frontière !

Il y a ClaudeL aussi qui s'en vient nous voir. Un billet d'une vraie passionnée du livre et du mot. Une passionnée qui s'est donnée rendez-vous.

vendredi 30 juillet 2010

On parle des Correspondances d'Eastman

Audacieux titre au Voir
Dominic Tardif du Voir recommande (impossible de passer à côté de celle-là !) Lettres recommandées. Le titre de son article « Lettres à un timbré », plutôt audacieux quand on sait que le spectacle est une mise en lecture, dirigée par Claude Poissant, de certaines lettres de Yann Martel au premier ministre du Canada. L’article au complet ici.

Votez pour votre très chère lettre
Vous savez – ou vous ne savez pas, ça dépend si vous suivez assidûment le Passe-Mot - les 5 lettres gagnantes du concours de La Poste Restante seront lues le jeudi 5 août à 17h au Parc du temps qui passe à Eastman (Bienvenue à tous !). Mais la vie de ces chères lettres ne s’éteindra pas là, eh que non, elles seront affichées en format géant sur la terrasse du Théâtre La Marjolaine pendant toute la durée de l'événement. Afin que vous les lisiez bien sûr, mais pas seulement les lire, pour que vous puissiez voter pour votre lettre chouchou. N’est-ce pas adorable ? Moi, j’adore en tout cas et je vais donner l’exemple en allant poser mon étoile sur l’affiche « Lettre » dès la première journée. Comme je n’ai jamais été prof, c’est ma première occasion de coller une étoile sur une copie ! Et comptez sur moi pour y amener la visite.

Une lettre pleine de reconnaissance
Plusieurs personnes ont participé à cette première édition de la Poste Restante, jusqu’en France imaginez-vous donc, et helenablue a été appelée par le thème. Sa lettre est adressée à un écrivain québécois, elle lui exprime sa reconnaissance :
J'ai grandi à vous lire, j'ai pris la mesure aussi sans doute parce que j'y suis prête de ce que j'avais envie moi-même à mon tour de transmettre et de quelle façon. J'ai compris l'importance plus encore des mots, de leur force de frappe et j'ai mesuré l'impact de la truculence, de l'authentique, du vécu à chaud, du témoignage et de l'audace d'être ce que l'on est et de le dire. Pour la lettre dans son entier, passez par ici, ça vaut le détour jusqu’en France.
Le coup de cœur d’une écrivaine pour une autre écrivaine
Julie Gravel-Richard, auteure du roman Enthéos a parlé de jolie façon de 33, Chemin rue de la Baleine à la radio de Radio-Canada. Et comme c’est aussi un de mes récents coups de cœur, je ne peux le passer sous silence. Quel rapport avec Les Correspondances ? Avant tout, cet ouvrage enferme des lettres d’amour qui m’ont bouleversée, ensuite, l’auteure, Myriam Beaudoin participe au Café littéraire « Les liens ruptures », vendredi 6 août à 10 h 00 en compagnie de Francine Ruel et Simon Boulerice, animé par nul autre que Tristan Malavoy-Racine. Eh que ça promet ! J’en frémis.

Entendez ici son opinion, toujours agréable de découvrir la voix d’une écrivaine qui travaille, plus souvent qu’autrement, dans le silence.

mardi 27 juillet 2010

Les larmes de saint Laurent - Dominique Fortier

À chaque fois qu’une pièce de cette envergure se présente à moi, j’ai presque le trac devant mon ambition de vous passer le mot, justement, adéquatement.

Trois parties, pour ainsi dire trois romans, qui se tiennent la main. Les trois ont la tête tournée vers le sol, la Terre. Ce qu’on a sous les pieds, et au-dessus de la tête importe beaucoup pour cette auteure qui nous tient loin des sujets nombrilistes.

La première histoire s’attache à un homme bon enfant qui s’échappe de la fatalité d’un volcan, monstre engloutissant, parce que faisant corps avec le sol. Tout à coup intéressant, pour n’avoir rien fait d’autre que suivre son instinct de survie, on embauche cet unique rescapé dans un cirque. J’y ai suivi avec grand intérêt ses histoires d’amour. Est-ce parce qu’il est un emblème exemplaire de survivance, mais j’ai catalysé sur lui mon désir qu’il réussisse ce qu’il a eu sauve, sa vie. Ceci dit, j’ai eu beaucoup de plaisir à errer, sous une plume alerte et imagée, au-dessus de ce village cupide et aveugle devant les signes annonçant la catastrophe.

Quand je pense à la deuxième histoire, je suis envahie par la couverture avec son cœur flamboyant unissant deux oiseaux. Ici, on a affaire à deux drôles d’oiseaux unis au-delà des corps. Une fusion d’âmes. Deux chercheurs, un via les chiffres, l’autre via le son, survolant leur quotidien, se découvrent et se devinent dans leur essence. La manière d’appréhender la Terre, de la tourner dans tous ses sens est captivante, nous mène loin par des observations justes, solides, précises, qui sonnent comme des sonnets. Un peu comme les enfants qui, par leur côté observateur très terre-à-terre nous sortent des perles d’un champ de boue.

La troisième, sur la montagne à Montréal nommée le Mont-Royal est celle qui m’a le plus frappée, bien malgré moi. Est-ce le fait que pour la première fois, l’auteure m’a amené là où mes pieds ont déjà foulé le sol mais cette manière de décrire, par cette précision infinie qui la caractérise, l’environnement occupé par deux êtres qui ne savent pas qu’ils se sont trouvés, m’a jeté par terre. Les descriptions de la nature et de la géographie du Mont-Royal est jeté sous nos yeux comme un canevas de mini points. Combien de phrases ai-je lues et relues pour leur beauté intrinsèque ? Et miracle, moi qui ne suis pas amatrice de la gent canine, après ces escapades en montagne en compagnie d’une bande de joyeux chiens, j’ai caressé l’idée d’en avoir un chez moi ! Magie que ces moments imaginés par une autre qui viennent se déposer sur son propre imaginaire !

À quelques reprises au cours de ma lecture, j’ai réfléchi à la fameuse expression un livre « littéraire » parce que dans ma tête, je ne pouvais m’empêcher de me dire, j’aime ce genre de romans littéraires comme Les larmes de saint Laurent, ça me plait, me rejoint. Pourtant, qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Je me suis fait ma propre définition : c’est un roman dans lequel je peux admirer la forme, m’y arrêter parce qu’elle amplifie le fond. Que cette forme me transporte, m’égare, me dépasse, tout en me tenant captive du fond, l’histoire.

Les larmes de saint Laurent - Dominique Fortier - Alto. Mai 2010 - 344 pages

vendredi 23 juillet 2010

À vitesse de pédalo

Effrayant comment l’été fait son été cette année et le « derrière l’écran » est presque une gifle donnée à dame nature qui se tient dans les paramètres du calendrier. Ce qui fait que Le Passe-Mot de Venise est au ralenti, la faute étant à mes idées qui sortent par portes et fenêtres ouvertes. La faute aussi à ces jambes qui se tiennent dans les herbes folles, qui sont vraiment folles, à couper au ciseau (pas encore de machin qui fait du bruit), à regarder les fleurs s’épanouir, oui, oui, je fais ça moi, à jouer au palet avec fiston en visite. Parce qu’à un certain âge, les fistons s'appellent de la visite ! Rajouté à cela de petits ennuis de santé qui sont maintenant réglés, ma vitesse n'est pas de croisière, mais de pédalo !

Pourtant couve ici à Eastman un grand rassemblement et je m’y prépare en privilégiant de lire les auteurs qui seront en visite entre le 5 et 8 août. De connaître sa visite, c’est plus poli :-)

Peut-être parce pas je ne suis pas dans l’humeur d’en mûrir, une idée spontanée s’est imposée : vous présenter des invités des Correspondances d’Eastman un peu moins connus. Peut-être vais-je vous présenter des auteurs que vous connaissez, ou même adorez, n’hésitez pas à nous faire signe si c’est le cas, bonifiez leur brève bio de vos mots d’amour.

Je vous présente ...

Simon Boulerice
Il allie les métiers d’auteur, de comédien et de metteur en scène. Il a étudié en littérature et dramaturgie (Cégep de Saint-Laurent et UQAM), puis en interprétation théâtrale (Cégep de Lionel-Groulx, promotion 2007). Il a aussi fait des études en danse (Conservatoire de danse) et en mime (Omnibus). Il écrit pour le théâtre depuis quelques années (Qu’est-ce qui reste de Marie-Stella?, Petite Licorne 2008 et 2009, Éric n’est pas beau, Gros Mécano 2010) et joue en tournée, ici comme en Europe, pour l’Arrière Scène. Son spectacle solo Simon a toujours aimé danser a remporté le prix de la création lors du Fringe 2007, a été présenté en tournée à divers endroits, jusque dans le cadre d’un Festival de théâtre au Tchad, en Afrique. Il joue toujours la pièce en tournée. En septembre dernier, il publiait Les Jérémiades, son premier roman, aux Éditions Sémaphore, et un recueil de poésie, Saigner des dents, aux Écrits des Forges, qui lui a valu le prix Alphonse-Piché 2009. Il travaille présentement sur sa prochaine création, Martine à la plage, qui sera présentée en septembre 2010 au Bain St-Michel.


Max Férandon
Il est né en 1964 dans une jolie carte postale du centre de la France.
Une traversée de l'Atlantique en 1988 l'amène au Québec où il réside depuis.

À l'âge de quatorze ans, sa maman lui offre une machine à écrire, mais le bruit des touches empêche le chat de dormir, il adopte donc la plume et l'encrier. Des années plus tard, il publie un premier roman : Monsieur Ho (ALTO). Un récit qui décrit les états d’âme du recenseur de la Chine.

Il travaille actuellement sur son prochain livre: Un lundi sans bruit. Un titre qui fait le bonheur des chats, paraît-il.

Hélène Dorion
Née à Québec en 1958, Hélène Dorion a publié plus d’une vingtaine de livres de poésie, traduite et publiée dans plus de quinze pays, son œuvre lui a mérité plusieurs distinctions et prix littéraires, dont le Prix du Gouverneur général du Canada, le Prix Alain-Grandbois, le Prix Aliénor, le Prix International de Poésie Wallonie-Bruxelles et le Prix du Festival International de Poésie de Roumanie. Elle est la première Québécoise à avoir reçu, en 2005, le prix de l’Académie Mallarmé, décerné en France depuis 1937.

Les Éditions de l’Hexagone ont fait paraître une rétrospective de son œuvre poétique sous le titre Mondes fragiles, choses frêles. En 2002, elle a publié Jours de sable, récit qui lui a valu le Prix Anne-Hébert, puis, en 2003, a paru Sous l’arche du temps, ouvrage qui regroupe des essais autour de l’écriture, de la littérature et de la place de l’art dans la société. Son premier ouvrage jeunesse, La Vie bercée (2006), a été en lice pour trois prix littéraires, dont le Prix du Livre Jeunesse des bibliothèques de Montréal et The White Raven (Italie).

Pour les détails et les noms d'une trentaine d'autres invités, consultez Les Correspondances d'Eastman.

dimanche 18 juillet 2010

VraCorrespondances

Les finalistes de la Poste Restante : Le comité de sélection a reçu une centaine de lettres et il est à peu près temps que je vous communique les quinze finalistes ... par ordre alphabétique :

Bastin Jutras Agnès – Magog
Beauregard Gilles – Lachine
Bonin Gisèle - Saint-Basile-le-Grand
Brière Louise – Beauharnois
Caselles Brigitte – Magog
Chabot Doris – Sherbrooke
Chicoine Ginette – Québec
Fontaine Martine – Waterville
Gagnon Francisca – Sherbrooke
Guay Viviane – Magog
Langlois Anne - Saint Georges sur la Prée, France
Melançon Carole - Canton de Hatley
Pongis Khandjian Marie Ange – Québec
Shaarani Grazynka - Northampton, États-Unis
Toupin Michel - Magog

Parmi ces finalistes, le jury, retiendra 5 lauréat(e)s ex-aequo. Leurs lettres seront lues à la cérémonie d'ouverture (jeudi 5 août - 17h) et ensuite affichées en format géant sur la terrasse de la Marjolaine pendant la durée des Correspondances, puis publiées sur le site internet.

À noter qu'un prix de participation sera offert lors de la cérémonie d'ouverture, le nom sera tiré au hasard parmi tous les signataires des lettres, à l'exception des cinq gagnants.

J'en profite pour féliciter de tout coeur deux de ces finalistes qui suivent le Passe-Mot ... ils ou elles se reconnaîtront ou s'identifieront s'ils ou elles le désirent :-)

Attention ... attention ... SPÉCIAL D’OUVERTURE :
Recevez un stylo-passeport pour toute la durée de l’événement avec l’achat d’un billet pour le Café littéraire du jeudi - 5 août - 15 h avec
Kim Thùy, Marie Christine Bernard et Christine Eddie.

Qu’est-ce que vous permet un stylo-passeport (12.50 $ - 10 $ étudiants et aînés) ?

Trouver tout ce qu’il vous faut pour écrire à loisir autant de lettres que ces chambres et jardins d’écriture vous inspireront :

1. Le jardin anglais – 2. La chambre de la rivière* – 3. La chambre des poètes* – 4. Le sentier des lettres – 5. La chambre du temps qui passe – 6. Le jardin floral* – 7. La chambre sylvestre – 8. Le Portage des mots* – 9. La chambre du théâtre* – 10. Les pontons du lac (sur réservation à l’accueil) 11. La Place du village*
*Lieux d’écriture ayant un abri couvert.

D’autres activités sur le Circuit des lettres avec le stylo passeport :
Vendredi et samedi : 19 h à 22 h - Au Dojo Saku Shu Ka
Pour stimuler la rencontre avec soi et laisser courir les mots, un lieu de méditation est offert. Inscription à l’accueil.

Samedi 7 août
Au portage des mots – 14 à 16 h
LOUIS HAMELIN et ROMÉO SAGANASH - Connivences et confidences d’écrivains sur la nature, le nomadisme, des territoires et des espaces de rencontres. (20 places).

Samedi 7 août
À la Chambre Sylvestre - 10 h à 15 h (pause de 11 h 30 à 13 h 30)
Écrivez au son de flûtes à bec – Trio Bellerive -
Suivra à 15 h une lecture poétique par Dany Boudreault

L'ouverture des Correspondances d'Eastman est dans 17 jours, le 5 août. Le compte à rebours est commencé ...

jeudi 15 juillet 2010

Comme si de rien n'était - Maxime Collins

Un éventail d'opinions vous attend à la Recrue du mois. Je dirais que pour un certain choix de l'auteur, il y a unanimité. Sinon, plusieurs nuances sont apportées. En espérant qu'après la lecture d'une dizaine de points de vue, vous saurez si ce roman est pour vous, car après tout c'est une des raisons d'être de La Recrue du mois !

Où mènent des cul-de-sac ?

Dès le départ, nous savons que nous longerons quatre trajectoires de vie. Je trouvais l’idée bonne et je la trouve encore bonne, avec son bouquet de la fin : les retrouvailles.

À Benjamin, je suis toute là, troublée de certaines motivations de personnages, étonnée par un « je » qui s’infiltre dans les « il », ce voyeur qui regarde par un trou de souris. J’ai encore pleine confiance à l’auteur ; où me mènera-t-il ?

À Philippe, je m’accroche. Le personnage m’intrigue, son vide me remplit de questions. Quand Aurélia arrive dans le décor, je veux bien sûr croire en elle, comme je crois en lui. À cette fin facile, articulée par Aurélia, je me déleste d’une part de confiance.

À Dana, me voilà légèrement sur mes gardes. Le personnage est encore plus particulier, il se dédouble dans un mensonge d’identité. Je ne suis pas psychanalyste, lectrice seulement, ma difficulté est grande de croire à une si grande bêtise face à l’amour, à cette vérité trouée comme un emmenthal entamé. Je trouve que le personnage à double têtes ne se tient pas, je lis en surface, je glisse sur les lignes, plus spectatrice que lectrice.

À Éric, l’histoire aura à venir me chercher, mon esprit se méfie de peur de se faire mener en bateau. Éric a de la chair et a tout pour m’intéresser. Je ne saisis pas le personnage secondaire. Qui est-il, que veut-il ? En dehors de l’action, je regarde la scène de soulerie qui m’apparait burlesque. Je n’y crois pas et comme toute lectrice qui désire se remplir d’une histoire, je suis déçue.

Bien évidemment, j’ai hâte aux retrouvailles pour me réconcilier, faire connaissance avec les personnages en dehors d’accidents de parcours. Il n’y aura pas de retrouvailles, pas pour moi.

Le ton froid et distant au service d’un scénario aussi généreux en motifs psychologiques ne m’a pas dérangé au début, mais à la longue, oui. L’intervention du « je » est irrégulière, cette inconstance m’a déconcentrée. L’idée des amis écartelés, leur retrouvailles ensuite est excellente, par contre, on comprend vite que ce rapprochement final implique que chaque histoire (relation) débouchera sur un cul-de-sac. Le fait de le savoir a retiré un mystère que j’aurais préféré entier.

mardi 13 juillet 2010

Renard bleu - Yves Beauchemin

Pourquoi avoir tendu la main vers ce Renard bleu ? Il est possible que vous vous posiez la question puisque, rarement, je lis du roman jeunesse et surtout de cette consistance : 376 pages. C’est particulier, tout au long de ma lecture, je me suis demandé : à cette longueur, est-ce pour les adultes ? Ce n’est qu’une fois la couverture refermée que j’ai lu un article faisant allusion au défi lancé à Yves Beauchemin, ce routier des histoires à longue haleine, d'aborder un roman jeunesse autrement que par la brièveté.

Disons-le, j’ai tout d’abord éprouvé de la difficulté à prendre à cœur l’histoire du jeune renard qui fait tout, y compris l’impossible, pour sauver ses parents tombés dans un coma par le mauvais sort jeté par la sorcière Eulalie Laloux. Je me suis bien sûr demandé pourquoi, puisqu’il m’est déjà arrivé d’embarquer dans la vie d’animaux qui parlent, les prenant pour des êtres humains quand on me les présente comme tels. Mais cette fois, le bon vivant et doux ours Gustave, l’orgueilleux canard athlète (mon personnage préféré), et le courageux Renard bleu, au poil si joli (compliment donné à profusion) ne m’ont jamais fait oublier leur état animal puisqu’on nous le rappelle sans cesse par la surprise des humains qui les côtoient. Prend aussi une part active à cette histoire, une famille fantôme et un squelette. À chaque apparition visible de ces « invisibles », la réaction en est une assurée de surprise syncopée.

Avant même la première ligne, on présente des personnages par un dessin et une mini-bio, c’est amusant, par contre, il m’en est resté un désir de continuer à les « voir ». Comme le roman a de l’action et est très visuel, il serait avantageux de le présenter en dessin animé, et je me demande même s’il n’a pas été écrit avec cet espoir ! En tout cas, les dessins des personnages ont assiégé mon cinéma intérieur.

Cette histoire erre dans un entre-deux ; entre l’humain et l’animal, entre le naturel et le surnaturel, entre l’éveil et le sommeil, entre la terre et l’eau, et nous amène même visiter les épaves du Titanic, ce que j’ai bien aimé. C’est bien mené et l’originalité se situe surtout au niveau des personnages (j’ai aimé l’âme valeureuse du chat que j’ai admiré encore plus que le Renard Bleu), par contre le défi de la longueur est plus ou moins relevé. C’est le genre d’histoire prévisible, entre des bons et des méchants et plus encore, vu que la sauce est étirée, on a le temps de voir venir. Plus condensée, elle aurait pris de l’élan, à mon avis. Mais suis-je la lectrice cible, malgré mon esprit enfantin qui s’est allumé à quelques reprises ? J’ai éprouvé de petits coups de cœur, mais en dent de scie. Lecture légère et distrayante, idéale pour s’aérer les méninges en y laissant passer un peu de fraicheur.

dimanche 11 juillet 2010

Je suis l'intruse

Bon, ça y est ! Après une fin de semaine très mouvementée de mon côté, j’arrive enfin avec les deux citations intruses.

Mon fils, Rémi, qui séjourne avec nous un certain temps a rajouté ses citations préférées mais n’a pas osé inscrire les citations intruses. J’avais un espoir qu’il les débusque, comme Marsi a fini par y arriver. Parce qu’il me connaît. Je lui ai d’ailleurs demandé de ne pas aller me démasquer.

Par contre, une personne m’a démasquée, une fois sur deux, et c’est ...... Daniel Rondeau. Bravo !

Je n’ai aucune idée pourquoi il a pointé la 11. Est-ce le Florence Marseille qui a éveillé un soupçon chez lui ? Parce que j’ai rajouté à Venise deux noms de ville. Bais oui, pourquoi pas ? C’est donc moi qui se cache sous cette citation.

La deuxième intruse, personne ne l’a trouvée, mais j’avoue que j’étais plus difficile à débusquer « Valentine St-Amant » puisqu’il faut savoir que je suis née la veille de la St-Valentin, à 1 h 35 près, j’aurais le prénom Valentine inscrit sur mon baptistère. Et St-Amant, vous ne trouvez pas suspect une personne qui s’appelle Valentine St-Amant ? La citation évoquant de l’épistolaire me semblait être un deuxième indice « puce à l’oreille ».

Personne n’a choisi mes citations comme leurs préférées. Alors, pour cela, je vous donne tous raison ! Mes préférés sont 1, 5, 6, 12.

Merci de vous être prêté au jeu !

jeudi 8 juillet 2010

Vrac citations

Comme la mienne, ma parole, est temporairement engourdie sous un cerveau chaud, j’ai pensé leur donner la parole. Attention, il y a deux intrus.

Si le cœur vous en dit, laissez votre ou vos préférés. Voilà pourquoi je les ai numérotées ... ou lesquels vous pensez être les intrus.
On s’amuse là ! (sur le ton de « On jase là ! » de Guy A. Lepage)


1. « J’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot... »
Honoré de Balzac

2. « L’art d’écrire des lettres est l’habileté de donner aux gens l’impression que l’on parle d’eux, tout en ne parlant que de soi »
Valentine St-Amant

3. « Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit ».
Marguerite Duras

4. « La gloire ou le mérite de certains est de bien écrire ; et de quelques autres, c’est de n’écrire point ».
Jean de La Bruyère

5. « Écrire, la seule façon d’émouvoir autrui sans être gêné par un visage »
Jean Rostand

6. «Quand je serai grand, j’irai à la paternelle »
Cédric, 3 ans

7. « La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l’écrivain »
Julien Green

8. Marsi se demande quand la terre sera déclarée « Patrimoine mondial de l'humanité » par l'UNESCO

9. « Les romanciers sont plus à nu dans leurs œuvres de fiction que dans leur autobiographie »
Madame de Staël

10. « La langue est la vraie patrie d’un peuple. C’est peut-être du reste la seule patrie »
Claude Duneton

11. « Le respect porté à l’autre est la courtoisie de l’âme »
Florence Marseille

12. "Le point d’interrogation est une exclamation qui s’arrondit en forme d’oreille".
Véronique Fleurquin

13. « Les mauvais livres sont ceux qu’on prête en craignant qu’on nous les rende »
Valtour

14. « Le dépendant affectif tire sa valeur de l’autre, comme le zéro reçoit la sienne du chiffre qui le précède »
Jocelyne Robert

15. « Après le plaisir de posséder des livres, il n’y en a guère de plus doux que d’en parler »
Charles Nodier

16. « Il faut écrire pour soi, c’est ainsi que l’on peut arriver aux autres »
Eugène Ionesco

17. « Avoir des livres sans les lire c’est avoir des fruits en peinture »
Diogène

18. « Caressez longuement votre phrase, et elle finira par sourire »
Anatole France

19. « Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture »
Jean Cocteau

20. « Pourquoi on met des lunettes de soleil ? Pour qu’il nous voit mieux ? »
Léonie, 4 ans.

lundi 5 juillet 2010

Lectures rafraichissantes

L’idée m’est venue comme ça, j’sais pas pourquoi (clin d’oeil), de parler de lectures rafraichissantes.

Premièrement, est-ce que ça existe ?
Deuxièmement, est-ce que ça existe pour vous ?

Même si c’est un sujet léger (donc rafraichissant ?), je me pose vraiment ces questions. À chaque année, on voit arriver les journalistes, et surtout tout bon magazine très colorée, avec des suggestions de lectures estivales. J’imagine qu’ils entendent par là des livres d’où glissent des grains de sable de plage. J’imagine qu’il y a dans cette notion de lectures rafraichissantes, une part d’idéal où les êtres humains pourraient mettre une pause sur tout ce qui se fabrique d’horrible dans le monde. Pourtant, pour certains, le polar ou l'horreur sont des lectures rafraichissantes, c’est dire que la définition dépend de chacun. Mais ... mais ... le chacun n’a pas nécessairement la cote dans les journaux et magazines, il y aurait donc une définition du rafraichissant sur laquelle on s’entendrait comme pour l’effet d’un verre d’eau avant de plonger dans un lac quand la chaleur est torride.

Je réponds à mes questions du mieux que je peux, car si je les pose, c’est que je me les pose et je n’ai donc pas toutes les réponses et bien évidemment encore moins le « deuxièmement » : est-ce que ça existe pour vous ? Qu’est-ce que pour vous une lecture d’été !

Les lectures rafraichissantes convenues auraient de l’humour, des drames aux fins heureuses, quelque chose qui ne ferait pas trop réfléchir. Ou futiles, pour ne prendre aucune chance de se casser la tête. Est-ce des lectures avec plus d'images ? Ou qui auraient un rapport direct avec les thèmes de l’été ? Plus j'énumère et plus je me sens un peu comme un cliqué sur deux pattes !

Deuxième question maintenant. Je vais décevoir mon hypothétique définition générale (rajoutez-y du vôtre, si je suis à côté), y a pas de doute. Je ne fais pas vraiment de spécial entre mes lectures d’été ou d’automne. La chaleur ne change pas mes goûts, le seul élément qui influe est le temps. En vacances, j’ai plus de temps et je lis autre chose que du roman, et autre chose aussi que du roman québécois. Bientôt, je vais lire "La mort attendra" - souvenirs de guerre d'André Malavoy et suivra (peut-être pas de près !), "Je ne veux pas mourir seul" , autofiction de Gil Courtemanche. Je change de routine, quoi, et il me semble que c’est la définition même des vacances !

Quel a été le déclencheur à mon questionnement ? Le renard bleu d’Yves Beauchemin, ce roman que j’achève en me posant encore la question "à qui il est destiné". Par contre, je me suis dit, voici ce que l’on nomme, je crois bien, une lecture estivale. Je suis donc, veut ou veut pas, en plein dans la vague ... de chaleur !

vendredi 2 juillet 2010

Sombre peuple - Marie Christine Bernard

Je commence à comprendre pourquoi j’ai toujours des réticences devant un recueil de nouvelles ... ma mémoire ! Je ne sais pas qu’est-ce qui se passe en moi, mais aussitôt le recueil déposé, il est presque aussitôt oublié. Même un que j’ai beaucoup aimé comme celui-ci et ses 13 nouvelles.

Aujourd’hui, où je me propose de vous dire pourquoi j’ai aimé, j’ai dû relire en diagonale une bonne partie des nouvelles, en fait, à peu près toutes les courtes. Tandis que « Cromwell » de 52 pages sur 195 pages, environ un quart de Sombre peuple, de celle-là je me souviens parfaitement. Eh, que je m’en souviens ! Je ne l’ai pas que lue, je l’ai tremblée, elle m’a fait oublier que j’étais dans le fictif. Comme si c’était la réalité, parce que justement, cela aurait pu l’être. J’ai pris le cas de ce couple si semblable, parce que dépareillé, tellement à cœur ! Ma seule déception, la fin de ce presque « roman » tombe abruptement, à la manière nouvelle. Le temps se précipite, les événements aussi, et malheureusement, je n’ai pas compris le punch de la dernière ligne. Suzanne (Entre les lignes) a lu et aimé Sombre peuple et se serait perdue à Cromwell.

Si je ne me souviens pas des histoires assez pour les relater, je me souvenais nettement de l’impression de lecture des premières nouvelles que j’ai préférées aux dernières. Je m’étais alors passé la remarque « comment une écriture peut couler aussi parfaitement, et comment des histoires peuvent être aussi bien tournées ? ». Nos méninges, les miennes en tout cas, ont de la difficulté à croire à la perfection ! À ma relecture rapide avant cette rédaction, j’ai renoué avec le plaisir des histoires. Les émotions varient autant que les sujets, on bondit du tragique au léger sans changer de ton (un peu comme les pince-sans-rire). C’est d’ailleurs ce que j’aime chez cette auteure, comme les conteurs de nos veillées d’antan qui jonglaient avec les faits cocasses ou horribles, elle manie le verbe avec une solidité et un recul qui laisse le lecteur face à lui-même. J’aime ces auteurs qui savent s’effacer derrière l’histoire de leurs personnages, et Marie Christine Bernard sait tenir cette distance.

J’imagine qu’il faut que je le dise, le thème rassembleur se veut la différence, jusqu’à la marginalité. J’en ai complètement fait fi, j’ai même préféré l’oublier. Peut-être est-ce parce que pour moi la différence va de soi. Il faut de tout pour faire un monde, même des extrêmes que je ne trouve pas si extrêmes, c’est seulement de la couleur déposée sur un « Sombre Peuple ».

Je vous laisse avec le père Stone :

« Il était gras, dans tous les sens du mot, de la racine des cheveux jusqu’aux orteils. Les épaules larges et voûtées, la panse velue, les mains courtes aux ongles toujours noirs, les petits yeux sombres enfoncés dans leurs orbites, la bouche molle et lippue, le nez épaté, Évrard Stone n’était pas ce qu’on peut appeler un bel homme. --- Page 45 « Vie et mort de Louis-Seize Stone ».

À savourer :

"Les heures ne supportent pas d’être comptées. Aussitôt, qu’on commence à le faire, elles s’échappent et fuient, de plus en plus vite". --- Page 150 « Cromwell ».

Commentaire de lecture de Suzanne "Entre les lignes".

lundi 28 juin 2010

De fil en chas d'aiguille


Masse critique
Les blogues québécois sortent de l’ombre et sont de plus en plus considérés par les maisons d’édition. En autant que l’on soit inscrit chez Babelio (c'est leur initiative d'ailleurs), et qu’on tienne un blogue, on peut recevoir des exemplaires de presse des maisons d’éditions participantes. La condition ? S’engager à en parler sur son blogue et sur Babelio dans un délai d'un mois. Je me suis inscrite, même si je reçois déjà des exemplaires de presse de temps en temps, j’aime faire partie de la masse !

Appel de textes pour la revue Zinc (Marchand de feuilles)
En 1964, la galerie Bianchini de New York présentait American Supermarket. C’est cette exposition qui a rendu la soupe Campbell de Warhol célèbre. Et cette canne de soupe, on peut encore l’acheter au supermarché du coin. Car il y a de l’art dans les rangées du supermarché. Et il est temps d’y trouver un peu de littérature.

Ils cherchent des nouvelles, essais, récits, poèmes, photos et illustrations pour un numéro spécial sur le supermarché, les rencontres qui y sont possibles, la meilleure glace à la pistache, l’horreur des aliments modifiés génétiquement et les espaces spécialisés pour nos amis les crudivores. Le supermarché, c’est un passage obligatoire où cohabitent le melon à cornes et le pain tranché, c’est l’endroit idéal pour se conscientiser et pour culpabiliser aussi.

Soumissions par courriel à : revuezinc@gmail.com
Les textes doivent compter entre 5 et 10 pages (simple interligne) et être accompagnées d’une notice biographique et de votre adresse postale.

Mieux connaître Marchand de feuilles :
Incubateur des écrivains de demain, nous publions des auteurs résolus à enrichir notre culture et notre paysage littéraire avec des textes novateurs et insolites.

1960
Hé, qu’il s’en est passé des « choses » culturelles en ces années 60. Bien obligé de le constater : Leméac a fêté son demi-siècle voici quelque temps, y me semblait l’an passé mais là, sur leur site, oui oui, j’ai bien dit leur site Internet (certains pensent encore qu’ils n’en ont pas !), on y dit que la maison existe depuis 1957.

Cette année, c’est au tour de Hurtubise HMH d’atteindre le demi-siècle, et ça fête en grand, sous forme papier et sous forme numérique :
Papier : En 1960, après avoir participé à la création de la revue La Relève et accouché des éditions de L'Arbre, Claude Hurtubise fondait les éditions Hurtubise HMH. Afin de souligner les 50 ans de leur existence, ils publient Histoires de livres, un ouvrage collectif ...
Numérique : Ils font le saut dans le monde virtuel, et pour leur 50e anniversaire, ils offrent dorénavant une cinquantaine de titres en format électronique.

Et même si ce n’est pas à proprement parler littéraire, Le théâtre La Marjolaine, juste à côté de chez moi, fête aussi son demi-siècle cette année !

Où j’en suis ?
Comme toutes les fois où je fais silence quelques jours sur le Passe-Mot, je ne suis pas portée à lancer une critique, celle de Sombre peuple en l’occurrence. J’ai le goût de reprendre le fil avec du plus personnel, et je me rabats sur du « vrac » pour m’y faufiler. Cette fois, mon vrac fut si consistant, qu’il ne reste que quelques lignes pour mon petit (chas) « moi ».

Je tenais juste à dire que je lis plus qu’il n’y parait, et que j’écris plus qu’il n’y parait. Je lis de plus en plus de bandes dessinées et je touche aux livres jeunesse. Et quand je n’écris pas sur l’amour, je collabore aux textes du prochain opus de Marsi où on retrouvera plus de mots que dans Miam miam fléau. Ou encore, je me voue à mon service de correspondance pour ceux qui aiment recevoir une lettre au lieu d’une facture. Et, en plus je mijote un projet personnel ... mais je mijote trop, je devrais bientôt retirer du feu, et y goûter. À suivre ...

mercredi 23 juin 2010

Le lys en liesse !

Ce n’est pas parce que je célèbre le Québec l’année durant, en honorant sa littérature, que je tairai la St-Jean, une fête qui brûle de mille feux.

Que s’éclate les feux d’artifice, que s’entende la joie, que se voit le lys en liesse !

Fêtez, qu’importe vos allégeances, fêtez, ne serait-ce que pour entendre le cri qui vous montre en vie, par cette journée qui fête l’été arrivée. Son flot d’enfants qui frétillent de vie, se dégourdissent les jambes hors des cours d’écoles.

Je me souviens, enfant, comment l’été commençait en rêvant quand on fêtait la St-Jean. Tout l’été devant soi, c’était autant que toute la vie devant soi. Comme reines et rois, on courait, on sentait la liberté se jouer sous nos pas.

Même si le temps présentement prend son temps, ne sort pas pressé de sa parenthèse qui prend ses aises, la St-Jean Baptiste garde toujours pour moi son odeur de commencement, sentant l’espoir que le meilleur est devant, bien plus que derrière.

Je nous aime comme nous sommes, et ce n’est pas facile de s’aimer comme l’on est. Aimer ce qu’on aimerait être est tentant. C'est souvent chez « l’autre » que l'on voit ce qu’on aimerait être. Pourtant, il n'est même pas besoin de tendre l’oreille pour entendre que cet autre sent l’essence du Québécois plus fortement qu’on se sent nous-mêmes.

C’est tout ce que j’avais à écrire en lignes, à vous de lire « entre ».


BONNE ST-JEAN À TOUS !!!

mardi 22 juin 2010

Pas moins que trois

Je termine Sombre Peuple de Marie Christine Bernard ce soir, mais en attendant, je vous parle des Correspondances d’Eastman, parce que ça bouge en joual vert par là ! Sont quasiment dur à suivre ! Trois nouvelles presque coup sur coup. Bon, par laquelle commencer donc ? Par la plus ancienne, tiens, qui date pourtant que du 17 juin !


La Poste Restante


Le concours de la Poste Restante a reçu une centaine de lettres dont, certaines de la France. Eh oui ! Dévoilement des gagnants le 12 juillet sur le web,et lecture des lettres et remise des prix le 5 août, à la sympathique cérémonie d'ouverture. Ça vaut le déplacement, car en plus, en soirée, c’est le spectacle-entrevue avec Clémence Desrochers sur les planches du Théâtre La Marjolaine.


Le village est envahi

Et on ne s’en plaindra pas ! Une douzaine de boîtes à lettres sont disséminées à travers le village. Et qu’est-ce qu’il y a dans ces boites ? Des milliers de lettres ! Vous pensez que j’exagère là ? Mais non, s’il y a quelque chose, mon chiffre est modeste, ça peut aller jusqu’à un million de lettres ! Oui, oui, dans les gros, gros bouquins, il peut arriver que s’y inscrivent des millions de lettres ... de l’alphabet !
Je vous ais bien eu n’est-ce pas ? Plus sérieusement, c’est bel et bien des livres qu'il y a à trouver dans ces boîtes à lettres, parce qu’aux Correspondances d’Eastman la lettre se porte dans son sens le plus large. L’activité consiste à fouiller dans la boîte à lettre du voisinage ... d’en garder un, de préférence qui nous intéresse, et de le lire ! Et surtout, le rapporter pour qu’il arrive le même bonheur à une autre personne. Le livre voyage ainsi de main en main, de cœur en cœur ... pour raconter une belle histoire.

Cette activité amusante du Passe-livre est possible par la collaboration de la maison d’édition Bibliothèque québécoise et du Club de lecture d’Eastman.


Qui dit mieux ?

L’encan-bénéfice et ses trésors littéraires, et autres prix (pièces de théâtre, spectacles danse et humour), est en ligne depuis hier ! Vous pouvez d’ors et déjà miser. Personnellement, j’ai commencé. Vous verrez votre mise s’enregistrer sous vos yeux. Tout se passe en temps réel, vous pouvez donc voir la mise des autres.

D’un clic, la galerie défile, et ses portraits de personnalités littéraires renommées. De toutes manières, s’il y a une figure que vous ne replacez pas, on vous aiguille par son œuvre.

Curiosité et générosité obligent ... passez par ici, on vous attend 24 heures sur 24 heures (hé, un encan de nuit !!).

dimanche 20 juin 2010

Ru - Kim Thúy

J’ai lu Ru. Ce livre dont on parle tant. Cette fois, je ne sais pas pourquoi, je m’étais imaginé que ça ne pouvait être aussi « grandiose » que ce que les gens en disaient. Peut-être parce que je mettais l’engouement sur le dos du spectaculaire, sur l’inédit du témoignage, plus que sur le récit talentueux par son fond et par sa forme. Surtout que les quelques personnes avec qui j’ai échangé le qualifiaient d’un « suberbe ! » , je voyais briller leurs yeux, se gonfler leurs thorax pour finalement qu’en sorte un autre « superbe ! ».

Ils étaient sans mot pour le dire, je le comprends maintenant. Comment rendre ce que j’ai vécu et ressenti par cette lecture ? Ce coup de cœur ne m’a pas transportée, mais transpercée.

Ce récit de l’auteure, une réfugiée arrivée par ce qu’on appelait les « boat people » n’est pas présenté d’une manière spectaculaire, pas du tout. J’en ai conclu que cette histoire de vie est trop bien assimilée, trop connectée à l'intériorité pour « tomber » dans le sensationnalisme. Une histoire jonglée, mûrie, réfléchie. Du temps s’est écoulé avant de l’écrire. L’ingrédient « temps » fait lever les anecdotes en douceur, en légèreté. On dit que le temps fait son œuvre, eh bien, avec Ru, il en a fait une œuvre de grande qualité.

Je me demande encore comment il est possible de décrire certaines horreurs sur un ton réaliste, presque détaché ? Je dis « détaché » mais je ne suis pas certaine que ce soit le mot juste. Je peux dire que ce n’est pas un ton sublimé, ni idéalisé, plutôt enjoué qui mène à des anecdotes portés par une grâce surprenante. Je vois en Kim Thùy une vraie conteuse. Elle a le don. Elle sait où exagérer, où tirer pour que le fil du tragique s’allonge jusqu’aux sourires. Elle sait aussi admirablement bien boucler ses anecdotes.

On dit souvent que la beauté physique est un cadeau, qu’une personne ne fait rien pour être belle, à ce compte-là, peut-on dire qu’un auteur ne fait rien pour être profond, que c’est un cadeau ? J’ai trouvé Kim Thùy d’une profondeur rare, ou en tout cas avec une manière de voir la vie qui me plait beaucoup.

Il y a de la matière à réfléchir dans ce livre. Sur la reconnaissance, la débrouillardise, l’endurance, les liens familiaux, la solidarité, les différences, le silence, l’éducation de parents aux enfants, l’exil bien sûr, les mœurs des vietnamiens. La seule matière qui se réfléchit moins bien est la méchanceté issue de l’abus de pouvoir. On aurait beau y réfléchir jusqu’aux maux de tête, c’est à n’y rien comprendre.

La forme est intéressante sous ses aspects ; l’organisation du récit et le style. Le récit découpé par ce qu’on pourrait quasiment appeler des chroniques non chronologiques, plutôt tissés par des liens intelligents, plus que la simple avancée du temps.

Et le style ? Le style ?! Vous vous demandez, comment j’ai trouvé le style ? ... Superbe ! Vraiment, vraiment ... euh .... Superbe !

P.R (Petite Remarque) : L'objet livre est élégant, d'un esthétisme ciblant le sujet. La couverture de bonne qualité, avec une texture particulièrement agréable à toucher, un format facile à tenir. Tous ces points donnent le goût de le conserver dans sa bibliothèque pour un jour le relire.

jeudi 17 juin 2010

Les plages et les grèves de la Gaspésie - Josée Kaltenback

Les assidus du Passe-Mot savent que Marsi et moi partons à chaque année pour notre tour de la Gaspésie. Cette année, nous irons deux fois, c’est certain, et même l’avenir se dessine pour ne pas faire mentir le « jamais deux sans trois ».

Marsi a eu le goût de vous entretenir d’un de ses livres de chevet, répandre la bonne nouvelle pour tous ceux qui, un jour, voudront fouiller la Gaspésie sans rien manquer. Alors, voici, je lui donne la parole, profitez-en, il est habituellement peu bavard.

Les plages et les grèves de la Gaspésie -

Pour les tours de la Gaspésie, ou pour ceux qui s’y sauceront le temps d’une excursion, voici la bible des plagistes et des chercheurs de trésors, des soucieux du détail salin, des amoureux des foules comme des marcheurs solitaires.

Ce n’est pas mon premier contact avec cet ouvrage qui répertorie l’ensemble des points de baignades, ainsi que les lieux où il fera bon admirer fleuve, mer et baie qui entourent cette péninsule tant aimée. La première édition est, depuis longtemps, l’un de mes livres de chevet, à moi, cueilleur d’agates et chasseur de fossiles de plage en tout genre. Déjà, donc, Les plages et les grèves de la Gaspésie de Josée Kaltenback m’avait indiqué quelques endroits prometteurs et coins de paradis secrets et déjà il m’accompagnait dans mon logis pour assouvir mes rêves faits de « J’ai hâte aux vacances ! ».

Oui, Venise et moi accomplissons la grande boucle à tous les ans mais nul besoin de s’y adonner à ce point pour apprécier ce guide pratique. Juste de s’y plonger, dans cette deuxième édition peaufinée dont les textes et photographies magnifiques – Celles-ci de Robert Baronet et Claude Bouchard – ont toujours le mot et le regard précis. S’il y a eu des changements, c’est donc toujours dans le but d’offrir à tous les Gaspésiens de corps ou de cœur, d’avantage de clarté et de justesse pour bonifier leur rencontre avec le rivage.

Je réédite mon « Chapeau ! » aux éditions Fides, ainsi qu’aux auteurs – Textes et photographies – de ce galet appréciable et apprécié.