Faites comme chez vous

Faites comme chez vous
c'est recevant !

lundi 6 août 2007

Fermer la clôture

Eh oui, il n'y a plus de trace dans mon village de la grosse fête de quatre jours plein d'effervescence. Tout, ou presque, est remis en place. Dès le lever ce matin, j'ai laissé tomber un « On l'a échappé bel ! » On aurait pu se faire laver par cette pluie mais j'aime croire que dame nature aime la littérature et brûlait de curiosité de lire par-dessus l'épaule des épistolières et épistoliers.


Tant mieux, l'échantillonnage des lettres pour le concours de la Poste restante n'en a été que plus varié. J'ai bien sûr assisté à la cérémonie de clôture et entendu l'écho des lettres des six lauréats ; deux hommes (ce qui explique maintenant mon épistolier !) et quatre femmes. Des lettres humaines, touchantes, très personnelles et franchement en connexion avec l'au-delà puisque souvent adressées à des personnes qui n'ont plus de corps. On dit aussi décédées mais je préfère dire des esprits, des âmes. À entendre la manière aimante et empreinte de réalisme avec laquelle un petit-fils ou une fille parle à son grand-père ou à sa mère, la réalité de l'âme s'ancre encore plus dans mon esprit.


J'ai aimé cette lecture de lettres d'une voix fière ou feutrée, selon la teneur. Francine Ruel et Bruno Lemieux ont lu les textes gagnants avec une sensibilité qui faisait même pleurer les lauréates assises sur la scène. Bonne idée d'ailleurs de leur offrir un siège, sinon elles se seraient peut-être effondrées d'émotion ! C'est la démonstration touchante qu'une lettre est un propos intime, dévoilant des événements et émotions si personnels que de les entendre lire avec des intonations tendres secouent l'auteur. C'est ce côté humain de l'événement des Correspondances que je privilégie. C'est l'essence même de la lettre que ces confidences, ces secrets qu'on osent parce qu'en communion avec soi et l'environnement ; parce que si beaux, si beaux ils étaient ces jardins !


J'aime aussi beaucoup les rencontres avec les auteurs, je serais bien malhonnête de le désavouer, ayant tellement pris de plaisir à boire chaque mot du très éloquent Robert Lalonde. J'assimile encore son enseignement et ce n'est qu'un début. Sa vision de l'écriture va faire plus que m'habiter, elle va changer mon attitude vis à vis le geste d'écrire, et de cela je suis certaine.


Nous en sommes donc à la décantation et au repos, pas encore au bilan général. En attendant, ce qui me ferait plaisir, si vous êtes venus faire un tour, stylo des Correspondances au cou, j'aimerai bien entendre votre écho à vous : Comment avez-vous vécu l'expérience ? Qu'est-ce qui vous a frappé, ému, déçu ? En mots tout simples... on est entre nous.

Venise

dimanche 5 août 2007

Superbe journée, superbes jardins d'écriture !


C'est la dernière journée ! Il fait si beau à Eastman, c'est paradisiaque. Venez écrire dans les merveilleux jardins, ou participer à des Cafés littéraires avec des personnes du milieu littéraire. Assister au spectacle de clôture (16 h 30 - Église St-Édouard) où les lauréats de la Poste Restante seront lues par Francine Ruel, notre porte-mémoire. Le tout agrémenté de musique et on m'a dit aussi, de belles surprises.

Sans compter, les expositions de photos (l'histoire des femmes d'ici), peinture (Galerie Riverin-Argolos, livre objet (Créatio ... se livre !). Des ballades littéraires sur le sentier de la Route verte ; se promener la tête dans les nuages, écoutant des lettres accompagnées de musique. Il y a même un Salon des artisans (17) cette année. Des objets en rapport avec l'écriture à rapporter chez soi pour se rappeler qu'écrire est un geste libérateur.

Ne manquez pas cette occasion de vous libérer l'esprit dans les treize splendides (le mot n'est pas trop fort !) jardins d'écriture. Dans ce cadre enchanteur, l'inspiration vient, comme une douce brise vous rafraîchissant. Les mots viennent à vous, vous n'avez qu'à les cueillir.

C'est rare tout de même, les activités de plein air qui se déroulent dans une aura de joyeuse sérénité. Si vous venez une fois, je vous garantis que les années prochaines, Les Correspondances seront un rendez-vous inscrit à votre agenda. Vous trouvez peut-être cela prétentieux ce que j'avance, mais je l'ai trop vu se concrétiser pour ne pas y croire ! Pour les détails d'horaire, cliquez ici

* * *
Hier, j'ai assisté à la lecture des Lettres de Fadette avec Francine Ruel et Andrée Lachapelle, mise en lecture, André Melançon. Je vous en reparle, dans la minute présente, je vous quitte ; je m'en vais à la rencontre de l'inspiration dans nos jardins !

samedi 4 août 2007

Étancher sa soif avec Robert Lalonde


Décidément, c'est mon année d'émotions fortes et d'apprentissages choc aux Correspondances. Cette fois-ci, j'arrive de que qui a été appelé « Les entretiens du club de lecture d'Eastman ». Je m'attendais donc à beaucoup de commentaires et de questions du club de lecture quant en fait, j'ai eu droit à 95% de réponses sur 5% (à peine !) de questions et commentaires. Les questions s'évanouissaient d'elles-mêmes, tellement Robert Lalonde est un homme loquace, volubile et généreux de son expérience de vie et de sa vision de l'écriture.

La meilleure définition de l'écrivain que Robert Lalonde a trouvé est un nez fourré partout et un panier percé ! Celui qui écrit, épie. Un ne va pas sans l'autre. Monsieur Lalonde a l'habitude d'illustrer ce qu'il avance, ce qui l'a amené à nous parler du vacarmeur. Qui est-il, que fait-il ce vacarmeur ? (Ne cherchez pas le mot dans le dictionnaire, plutôt parmi les titres de roman de Lalonde). C'est un rôle qu'il a joué étant petit pendant les parties de chasse de son père. Il devait faire du vacarme afin de faire fuir le gibier qui s'envolait. Ainsi son père pouvait l'abattre. Le vacarmeur ne voyait jamais la « victime » mais il savait qu'il jouait un rôle dans le résultat final. Ainsi en serait-il du rôle de l'écrivain qui attire l'attention en émettant une rumeur de mots. Le rôle s'arrêterait là. Le bruissement d'ailes entendus dans la tête du lecteur ne lui appartiendrait pas.

Il a abondamment parlé de plans, de structure, des idées projetés pour un roman (il enseigne encore, si j'ai bien compris), alors que l'on a même pas encore écrit une ligne. Il n'y croit pas. Cet échafaudage de projections serait même un empêcheur de tourner en rond. Vaut mieux plonger dans le bain plein de sa mouvance émotive et ce faisant, la chose littéraire se forme, se crée. Voilà le principe même de la naissance et de la croissance rapide ou lente, des personnages.

Un écrivain, un vrai, selon les vues de Robert Lalonde écrit des tonnes de pages pour en garder très peu. Quand tu es forgeron, tu aimes forger et tu forges longtemps et souvent. Quand tu es écrivain, tu aimes écrire et tu écris des tonnes de pages, c'est limpide pour l'auteur qui a à son actif une quinzaine d'oeuvres publiées. Il nous a aussi confié que l'inspiration vient du manque, de la carence de quelque chose. Il s'est donné en exemple. La nature est ultra présente dans tout ce qu'il écrit, assez que certains de ces lecteurs la considèrent comme étant le personnage principal sur lequel repose le récit. Une personne en a passé la remarque dans l'assemblée, nombreuse. Donc, tout le monde, moi aussi d'ailleurs, l'imagine vivre en plein bois. Et pourtant, il habite le coeur d'une grande cité. Son ennui de cette nature qu'il a tant appréciée lui manque au point où il peut en parler avec tant de passion.

Pour lui, l'écriture est né de sa délinquance. Il n'arrivait pas à décoder les codes dans les groupes, se tenant à côté des règles, il a été expulsé de sept collèges. Enfermé dans l'enceinte de béton de ces collèges où l'on vous obligeait à respirer au même rythme que les autres, il s'est évadé dans son imaginaire transposé en mots.

Un autre de ses tuyaux garant de succès mais pas du tout à la mode du jour où la performance et l'efficacité sont les leitmotiv de ce siècle pressé de vivre - et donc, de mourir !-, c'est l'acceptation d'écrire pour rien. Le rien étant ici la page qui va se cacher dans une poubelle ou un tiroir et qui ne sera pas numérotée tout de suite, ou même jamais.

Il nous a aussi parlé de la mémoire sensorielle. Quand on perpétue un crime, tuer quelqu'un par exemple ou un insecte, ou sa mère ou son conjoint en pensée, c'est la mémoire sensorielle de l'émotion du crime qui s'inscrit à jamais dans les cellules du corps. C'est elle que l'on doit débusquer à travers la forêt feuillue de nos étincelles intellectuelles. Irais-je jusqu'à dire que l'intellect est le pire ennemi du sensoriel ? À essayer en tout cas, pour mettre sur la sellette le sensoriel et bien sentir ce qu'il a à écrire.

J'en avais long à dire et évidemment je suis loin d'avoir tout dit. Et l'homme aussi n'avait pas terminé de s'entretenir avec nous. Il est une source intarrissable inépuisable. Ça tombe bien, nous étions tous très assoiffés.

J'ai aussi trouvé très juste son affirmation : on ne termine jamais un livre, on le quitte seulement.

Robert Lalonde, un gros merci pour votre générosité !


vendredi 3 août 2007

La marche, le doute, l'amour


J'ai bien fait de suivre le conseil de Richard Séguin qui, hier, nous a conseillé la lecture-spectacle échanges épistolaires et poésie de Gaston Miron, au Théâtre de la Marjolaine, ce soir à 19 h 30.

Trois comédiens sur scène et un musicien. Robert Lalonde a principalement défendu l'échange de lettres, la comédienne Éveline Gélinas et Sébastien Ricard, comédien et chanteur du groupe Loco Locass, la voix du poète.

J'aime la poésie mais à petites doses. J'ai toujours peur de ne pas être une bonne spectatrice. De passer outre une lecture vécue de l'intérieur, de faire fi d'un être humain qui se démène devant moi pour me transmettre la beauté des mots et des émotions. Pour « La marche, le doute, l'amour », je n'aurais pas dû avoir peur. La mise en lecture de Martin Faucher est allée droit dans le mil. Juste ce qu'il faut de support musical ; il s'agissait en fait d'un fond sonore au service des mots qu'on a laissés frapper fort. Faut dire que Martin Faucher avait devant lui trois messagers mus par une intensité hors du commun.

J'ai aimé l'idée de l'échange de lettres lu avec avidité par un Robert Lalonde qui a su trouver la fluidité du poète. Une lettre a un rythme qui lui est propre et l'homme de théâtre a trouvé et suivi un filon. Il a bien senti l'homme derrière les mots, se tenant si près de son souffle que l'impression de voir Miron s'incarner dans la chair de Lalonde battait la mesure du temps.

Le grand intérêt du spectacle est que par ces lettres signées Miron, nous rencontrions l'homme dans son intimité. Par ces lettres écrites à un grand ami nommé Claude (si quelqu'un sait qui est ce Claude qu'il se lève et parle !), il s'est dévoilé impudiquement. Une lettre intéressante dévoile toujours un pan d'intimité de toutes manières. Ses émotions passaient par la colère, la lassitude, le doute mais surtout la quête et toujours la quête de sa mission ici sur terre ; pourquoi écrire, et même bien écrire et pourquoi la poésie, si c'est pour rater sa vie et ne pas être aimé d'une femme ?

Et au-dessus de ces lettres, sondant le souterrain d'un soi, se tenait vivant et vibrant, le poète grand. Le poète immense. Porté haut par la bouche de trois comédiens qui nous en ont mis plein les oreilles faisant fondre nos âmes à vue d'oeil. Une salle remplie aux deux tiers, foudroyée par cette mélopée scandée de mots qui hurlent une fureur de vivre, voilà ce que j'ai vu, de mes yeux vus.

J'en suis encore bouleversée.

Première saucette d'écriture


Eh oui, entre deux menaces d'orage, nous nous sommes fait notre petite place dans la verdoyante nature. J'étais avec deux très bonnes amies, des habituées du stylo des Correspondances.

Aujourd'hui, vendredi, étaient ouverts cinq chambres d'écriture au village. Mais attention, pas les moindres ! Le Jardin des poètes nous a accueilli avec ce petit quelque chose de romantique ; un pont, d'immenses papyrus, un hamac, bancs de parc, ombrelle, fauteuils, tables, autant de petits recoins aménagés pour les épistolières. Oui, je me permets de féminiser jusqu'au jour où nos jardins se rempliront de la gent masculine. En ce moment, ils se font rares ... Oui, oui, messieurs, je n'invente pas, venez-y voir ! Il est temps que vous preniez votre place dans nos jardins d'écriture !

Évidemment, je n'ai jamais le temps d'écrire autant de lettres que je le voudrais. Demain, je vais me reprendre, je me le promets ! Par contre, je suis contente pour une chose, j'hésitais cette année à concourir à la Poste Restante. Manque de temps, et peut-être me dis-je, manque d'inspiration. Finalement, je me retrouve dans le jubé de l'Église St-Édouard. Une bénévole gentille et attentionnée m'explique les instructions. Je prends le formulaire en me disant, on verra bien. Au pire ou au mieux, je continuerais à correspondre à mes proches, sans la pression d'un concours. Et puis, me voilà à lire les cinq pistes d'écriture. Deux textes très inspirants complètent ces pistes, laissant de la place à l'expansion de l'imaginaire. Je choisis la cinquième et je laisse partir ma plume, elle semble savoir où elle s'en va, je la suis. Et puis, je mets le point final sur mon brouillon. Il ne me reste qu'à copier, mes amies arrivent, me demandent si j'ai fini puisqu'à 15 h 00, on désire assister à une lecture de Robert Lalonde à la Galerie Riverin-Arlogos. Après ma transcription, très fière de moi, je remets ma copie. Je suis d'autant plus contente, plusieurs personnes participent.

Finalement, Robert Lalonde est trop populaire, il ne restait plus de places ! Je voue en avise, il faut réserver tôt. Même si ce n'est pas inscrit sur le programme, ne prenez pas de chance, à l'accueil sous le chapiteau au coeur du village, ne vous gênez pas de poser toutes les questions désirées si vous tenez à une activité.

Demain, ma copine se laisse tenter par une ballade littéraire. Sous le thème lettres d'amour ou artistes peintres. Il y a aussi écrivains français ou québécois, Femmes de lettres, poètes, elle a le choix de l'environnement sonore (agrémenté de musique) dans laquelle elle prendra sa marche sur le sentier de la Route verte. Les départs se font à des heures précises, places limitées, réservez donc à l'avance. Voyez, la littérature s'adapte, on peut s'imbiber de belles pièces littéraires et musicales, tout en gardant la forme.

Ah oui, j'oubliais ce qui m'a grandement impressionnée : le Salon des artisans. Vraiment, il y a du talent au pied carré. Les exposants offrent des objets très diversifiés, pour toutes les bourses. C'est vraiment joli tout plein. Bâtiment Club de l'âge d'or. Ça vaut vraiment le coup d'oeil !

Ce soir, je m'offre un échange épistolaire de Gaston Miron avec Éveline Gélinas, Robert Lalonde, Sébastien Ricard, comme hier soir, à la Marjolaine (19 h 30). Mais aujourd'hui, pluie aidant, il fait moins chaud.

Je vous reparle aussitôt que je le peux, je quitte pour aller souper au Petit Eastman !

P.S. : Demain, dame nature nous fait le cadeau d'une journée ensoleillée (100% soleil) mais pas trop chaude. Il faut absolument que vous en profitiez, ces journées-là sont si rares au Québec. On vous attend !

À chaud !


Je vous parle à chaud ; j'arrive du spectacle de Richard Séguin. La salle était pleine à craquer, on a même rajouté des chaises. Le Théâtre La Marjolaine est très typique, charmant et extrêmement chaleureux. Oui, très chaleureux ... particulièrement ce soir où malgré les portes laissées ouvertes (au risque de l'apparition d'un raton laveur curieux), malgré les éventails au plafond ou à la main, l'ambiance était surchauffée.

Mais ce Séguin, que je voyais pour la première en spectacle, ne déçoit pas. Il arrive qu'un album soit aussi bon, ou pire encore, meilleur qu'un spectacle. C'était loin d'être le cas du spectacle ce soir ! Une chose parfaitement impossible avec l'intensité de cet homme qui sent chaque mot qu'il dit ou chante. Et en plus, il sait le transmettre. S'il y avait un mot, un seul, pour qualifier le spectacle dans son ensemble, je prendrais entre tous : complicité. Celle avec le public, oui, car l'homme est vrai et ne fait jamais semblant. Il fait chaud, c'est un peu difficile, on ne s'y attarde pas mais on s'éponge et on en parle. Cela crée une synergie, nous étions tous dans le même bateau et l'eau coulait à flot ! Et cette complicité plus que évidente avec ces camarades musiciens. C'est sciemment que j'utilise le mot camarade, au lieu d'ami. Il se dégageait de leurs regards en coin, leur sourire victorieux devant une entourloupette musicale particulièrement réussie, beaucoup de connivence masculine. Richard Séguin nous a fait un aveu en catimini : C'était la première fois qu'il donnait ce spectacle à trois. Oui, oui, deux musiciens seulement ... sérieusement, les yeux fermés je voyais un orchestre au grand complet ! Et on pouvait gager qu'ils l'avaient déjà promené partout, ce spectacle à trois lurons. Le chef de cet orchestre est Séguin car même si la camaraderie est tangible, il rayonne de leadership. Est-ce la paix qui anime son âme mais même la rébellion, chez lui, se vit aussi sereinement que férocement.


Il a choisi un amalgame bien dosé de ses classiques les plus entraînants, avec ses petites nouvelles ses « Lettres ouvertes ». Celles-ci sont empreintes d'un souffle fort et doux. « Comme une flamme » m'a coupé le souffle, je respirais en même temps qu'eux, s'entendait l'écoute dans ce sain silence. « Si près, si loin », la lettre chantée à sa fille, et tant de fois recommencée, nous a-t-il confié, est touchante de simplicité. La lettre à sa soeur, Marie-Claire Séguin « Où va l'instant », ces mots tel un pont jeté entre deux rives, remplie du regret d'avoir manqué d'écoute rejoint tout le monde pour toutes les fois où cela nous est arrivé. Toutes ces lettres soufflées par la musique m'ont émue et le miracle fût : j'ai frissonné ! Pourtant, je n'avais pas encore été enlevée par « Les héritiers ». N'y a-t-il que lui qui puisse faire monter progressivement et d'une manière contenue l'intensité d'une émotion avant qu'elle n'éclate en voix et en sons ? Ceux qui étaient là comprendront qu'il a introduit la chanson en paroles, de plus en plus gravement dites, jusqu'à son apogée où le trio a mordu dedans à pleines dents.

J'espère que malgré ma fatigue, je suis arrivée à vous transmettre un peu du bon, beau et chaud de ce spectacle grandiose de simplicité.

Il est tard, presque minuit et une journée très fourmillante m'attend demain ; remplie de mots, de jardins, de rencontres. Il faut que j'aille faire de la place dans ma tête.

Je ferme les paupières, le rideau tombe.

mercredi 1 août 2007

La jeunesse laisse ses empreintes


Nous voici enfin à « demain ». J'ai parfois les « demains » au lendemain de vos demains ... ne vous penchez pas trop sur la limpidité de cette déclaration ! De toutes manières, l'important est que je me dépose enfin, une plume qui virevolte, finit toujours par s'immobiliser !

J'avais pourtant hâte de vous parler de la Mémoire des fossiles, cette activité offerte par les animateurs du Parc archéologique de la Pointe-du-Buisson, en collaboration avec Les Correspondances d'Eastman. Ces guides, spécialistes en la matière, ont la gentillesse de venir atterrir dans un pré, à Eastman, le temps qu'il faut pour offrir aux jeunes de 8 ans et plus un atelier où ils pourront réaliser un moulage de leur empreinte fossile. Une initiation sur mesure pour la paléontologie ! Les jeunes aiment les activités de plein-air et, en plus, ils ont l'occasion de s'initier à tout un monde.

: À la Chambre des jeunes, dans un pré (Serres Simard)

Quand : Samedi, 4 août de 11 h à 17 h

Gratuit : Aucune inscription nécessaire

Exposition et vente de fossiles provenant de partout dans le monde. Les entrailles de la terre ouvrent son coffre aux souvenirs.


Quant à surfer sur le courant jeunesse, j'en profite pour parler des plumes primesautières ; les lauréats des écoles. Le primaire a glissé ses souvenirs dans « La tirelire aux souvenirs », tandis que le secondaire nous a raconté « La première fois où ... ». J'aime beaucoup le choix des thèmes, ça titille l'imaginaire et le crayon nous démange. Il n'y a pas à dire, l'écrivaine, Denise Neveu a été inspirée pour stimuler la verve de ces jeunes épistoliers. Faut dire qu'elle sait y faire, donnant régulièrement des ateliers d'écriture, elle a l'habitude d'élargir les effluents de l'imaginaire.

Si vous voulez voir et entendre cette jeunesse pleine de talent qui a interrogé sa jeune mémoire, c'est un rendez-vous sur le parvis de l'Église, jeudi, 2 août à 17 h 00. Si vous voulez en savoir plus long, cliquez ici, vous aurez accès aux informations du communiqué de presse (il y a des mines de renseignements sur le site des Correspondances).

Quoi de mieux que la jeunesse pour le lancement officiel de l'événement ? Si on y pense bien, c'est par la jeunesse que tout commence et recommence ?

lundi 30 juillet 2007

L'envol


Samedi, j'étais invitée à un « 4 à 6 », que j'appellerais « L'envol » des Correspondances à l'interne. Un genre de cri de ralliement avant que l'escadron des forces vives sortent du nid et s'envolent.

Ouf, j'étais impressionnée. Chacun a sa tâche, son secteur, sa mission à mener, autant de satellites tournant autour de quelques planètes. Une personne satellite couvrant le concours de la Poste Restante, quelques unes s'occupant du bataillon de bénévoles, une autre se dévouant pour les concours auprès des écoliers (je vais y revenir), celle-ci gérant le très nouveau Salon des artisans (17, toutes disciplines confondues).

Il faut aussi veiller sur l'encan silencieux, cette entreprise empreinte d'une originalité qui titille ma curiosité. Cette initiative, j'en ai parlée et j'en reparlerai encore, sort vraiment de l'ordinaire. Il n'y a pas à dire, nous avons une présidente ailée car elle a des idées soufflées par les anges. L'encan de la postérité ou de l'immortalité stimule mon grand livre d'images et quand cela m'arrive, je rêve. Je parle d'un rêve les yeux fermés, la conscience aux aguets. Après avoir entendu à « L'envol » que les personnes, après avoir inscrit leur mise au Théâtre La Marjolaine, se promèneront ensuite avec un macaron, j'ai vu dans mon rêve les enchérisseurs et enchérisseuses (remarquez, il y a le mot chéri !) dispersés mais repérables à travers tout le village ! Je trouve que cela représente bien l'événement : de la diversité qui s'unit. Par exemple, quand on pénètre dans un jardin d'écriture et découvre les têtes penchées sur leur écrit ou le nez en l'air sondant le ciel pour y grappiller les mots qui planent, un élan nous unit à cette personne qui, pourtant, a le regard tourné vers elle. Ce qui démontre qu'il n'est pas toujours nécessaire de tout extérioriser pour communiquer. Pour correspondre.


Si je reviens à l'encan, parce que je me suis un peu égarée n'est-ce pas, que vous misiez sur un dîner avec Dany Laferrière ou une page manuscrite de Robert Lalonde, une séance au SPA d'Eastman, ou même, c'est récent, une loge pour une partie des Canadiens, vous reconnaîtrez ceux qui partagent vos goûts et donc, vos mises ! Ça confère à l'activité un aspect de jeu. Un jeu qui peut valoir son pesant d'or : tableaux, bouteilles de vin, billets de spectacle ou même, son pesant de postérité : nom dans un roman, lettre d'amour ou page manuscrite d'un écrivain connu, ou le souvenir mémorable d'un souper pris en compagnie d'un écrivain, etc ... J'aborde cette histoire d'encan comme une histoire avec intrigue et les « écrivants » *, c'est connu, aiment les histoires remplies de suspense.

Ceux et celles qui sont déjà venus aux Correspondances sont sûrement tenaillées, comme moi, par la hâte de voir ou revoir les splendides jardins d'écriture. Il y en a toujours des nouveaux, et même les habituels sont si harmonieux, qu'une visite annuelle, c'est plus que précieux.

Je m'arrête ici, même si j'en ai encore long à dire, pour l'idée saine qu'une bouchée ne doit pas être trop grosse pour une bonne assimilation. Demain, je vous parle de la chambre des jeunes, dans un pré, parce que chacun sait que les jeunes ont besoin d'espace et de liberté pour s'épancher. Même eux, fouilleront leur mémoire, et d'une manière bien concrète ... vous verrez !

À demain !


* Écrivants : Un mot, fantaisie que certains se permettent (c'est aux Correspondances que je l'ai entendu la première fois) pour désigner des personnes qui écrivent souvent et facilement mais qui n'ont jamais été publiées sous forme de livre.


N.B.
: Vous avez remarqué que j'ai rajouté le lien du site des Correspondance en tout temps cliquable ? Des informations détaillées à la portée de souris !

vendredi 27 juillet 2007

Un devoir de mémoire et les mots qui trompent


Je vous ai déjà parlé du spectacle « Lettres ouvertes » de Richard Séguin. C'est peut-être relégué aux confins de votre mémoire, tellement de nouvelles informations sont entrées depuis. Alors je ne prends pas de chance et je vous aide à ramener le souvenir plus près, juste ici. Sinon, vous ne saurez pas que c'est à portée d'expérience. Richard Séguin nous ouvre son coeur en nous dévoilant des lettres écrites à ses proches, sur le ton de la confidence, et ensuite portées par de superbes musiques. J'ai l'album « Lettres ouvertes » à la maison et j'ose dire que les personnes qui vont assister à ce spectacle vont en rapporter un souvenir mémorable. Allez, gâtez-vous, il reste quelques billets pour ce spectacle intimiste au très typique Théâtre de la Marjolaine à Eastman.

Jeudi, 2 août 20 h 00 – Billets 22 $ à 28 $ - 450 297-2265


J'ai été surprise de lire cette phrase dans « De l'eau pour les éléphants » de Sara Gruen : "La robe de Marlène couvre à peine ses épaules, expose ses salières et une fine bretelle de soutien-gorge".

Je trouvais que c'était un bien bizarre d'endroit pour nicher des salières ... SOS Petit Robert qui a démystifié l'incongruité :

Salières : Enfoncement derrière la clavicule chez les personnes maigres.


Voyez ici, les rossignols ne sont pas toujours dans les arbres mais plutôt fait d'arbres. C'était jour d'inventaire et Mathieu, juché sur un escabeau à trois marches, retiraient tous les rossignols de la tablette.

Rossignol : Livre invendu, sans valeur ... qui reste perché sur les plus hauts casiers comme le rossignol dans l'arbre.

Et puis, avant mon Voyage au pays de la mémoire du 2 au 5 août à Eastman, j'ai visité les genres de mémoire, toujours d'après Le Petit Robert. Vous le savez combien son opinion compte pour moi ! Premièrement, la masculine, LE mémoire. « Un jardinier me présente des mémoires de deux mille francs tous les trois mois » (Balsac). Voilà un sens inusité à mémoire, une banale facture ! Celle du genre féminin maintenant, sous son aspect expressif « Le devoir de mémoire a ses pièges. La mémoire doit être instrument de réflexion, pas de légitimation (F. Maspero) :

Devoir de mémoire : de témoigner et de garder vivace le souvenir d'événements pour tirer les leçons du passé.

Tiens, Le Petit Robert nous fait la leçon ! Une bonne manière de faire ses devoirs de mémoire dans la joie est de venir aux Correspondances d'Eastman !


mardi 24 juillet 2007

Je ne raconte pas d'histoires !

Si vous aimez raconter des histoires aux enfants, pourquoi ne pas en écrire une ?


La revue québécoise Lurelu, spécialisée en littérature jeunesse, lance la 22e édition de son concours littéraire ouvert à tous les résidents canadiens qui n'ont jamais été publiés. Dans la première catégorie pour des lecteurs de 5 à 9 ans, on vous suggère le thème «Quand j'étais petit...» et dans la seconde catégorie, 10 ans et plus, le thème est «Cinéma, cinéma!». Les gagnants recevront 300$ pour les premiers prix, 150$ pour les seconds et leurs textes seront publiés et illustrés dans la revue de janvier 2008. 750 et 1500 mots. Date butoir : 31 août. Pour les règlements complets, visitez le site de Lurelu.




Vous aimez concourir en mesurant vos connaissances et vous avez justement besoin d'un dictionnaire à la dernière page, un Multidictionnaires de la langue française par exemple ?

Eh bien, le magazine Actualité a demandé à Marie-Éva de Villers de lui concocter 26 questions sur des mots ... des mots ... et des expressions. Je m'y suis frottées et en bout de ligne, je suis prête à avouer que, autant que notre connaissance, notre ignorance y est mesurée ! Mais je vous assure qu'avec un dictionnaire, de la patience et le soutien moral d'une autre personne ... on y arrive !

Parlant de dictionnaire, depuis le temps que je veux vous parler du mien. Ça s'adonne qu'il parle mon dictionnaire puisque c'est Le Petit Robert -CD Rom. Aussitôt qu'une interrogation se présente à un mot, je le sélectionne et clic me voilà transporter sur la bonne page du dictionnaire. Et si j'ai besoin d'entendre la bonne prononciation, je clic, clic, clic, il n'est pas avare de répétitions. Ce que j'adore par-dessus tout est la visibilité ; pas de lunettes, ni de plissement de yeux, la grosseur de la typographie est ajustable ! Et puis, il me conjugue un verbe le temps d'un clic et d'un autre clic, j'ai son histoire, ses caprices, ses contraintes. On me parle même de ses cousins, ses ennemis (opposés), ses composantes. Une fois dé-cliquer, je sais tout de ce mot. Je considère que je me suis fait un cadeau inestimable ... qui vaut sur le marché 85 $. Et non, je ne suis pas commandité par Le Petit Robert !


Aujourd'hui, j'ai été soufflé par une nouvelle et une découverte et comme je ne suis pas égoïste, je les partage tout de suite avec vous :

* 5,000 livres du dernier Harry Potter sont vendus à la minute aux USA !!! (cela mérite au moins 3 points d'exclamation)

* François Miville-Deschênes est un premier bédéiste québécois recruté par les éditions du Lombard, une réputée maison d'édition bruxelloise (Hergé et ses Tintin, Greg et son Achille Talon...) Dans un article de La Presse, Yves Sente, directeur du Lombard dit de sa nouvelle recrue : «Miville-Deschênes est à la croisée des traditions américaine et européenne. Il a l'élégance du trait européen et la puissance du graphisme américain». Cette affirmation est amplement vérifiable sur le site de l'artiste. Ne croyez jamais quelqu'un sur des prétentions quand vous pouvez aller vérifier vous-même ... même si je ne raconte pas d'histoires !


lundi 23 juillet 2007

Tissé serré


La vie se tisse sous mes yeux, un fil se tend vers l'autre. Je reste coite devant le phénomène des liens. On s'éprend d'un site littéraire qui nous amène à un autre. Chaque site sert de pont et quelqu'un en quelque part l'enjambe et se retrouve sur les rives d'un autre monde. C'est ce qui m'arrive ces temps-ci et j'en reste un peu stupéfaite. Le phénomène se répète et donne l'impression qu'il va se répéter à l'infini. Ce n'est toutefois qu'une impression, tout est appelé à se terminer, ceci dit sans vouloir déprimer personne !


En attendant, je profite de la vie et ses liens. Grâce à un commentaire de Adeline Corrèze (Le Libraire) sur le billet « Correction d'un texte », je me suis empressée de visiter le blogue de Ginette Lachance, reviseure et auteure. Je me suis empressée de lui rendre visite. Le monde de la révision et de l'édition, et ses voies impénétrables sont subitement à ma portée ; n'est-ce pas extraordinaire ? L'accès à toutes ces informations repose sur la générosité d'une personne qui a à coeur de transmettre son expertise empreinte de la vie au quotidien. Je vous suggère fortement d'aller visiter ce blogue d'une grande sobriété où trône un livre « La révision linguistique en français - Le métier d'une passion, la passion d'un métier. En cliquant sur le livre, il s'ouvrira sur « lire un extrait ». Cliquez, oui cliquez ! Quel extrait mes ami-e-s ! Un consistant Avant-propos, une Table des matières des plus élaborées et une instructive Introduction. À la suite de cette lecture, vous saurez si vous avez le goût d'aller plus loin.

Personnellement, j'ai l'impression que c'est le bouquin idéal pour mesurer l'ampleur de son ignorance, exactement l'impression qu'a ressentie l'auteure à ses débuts :

« Lorsque l'idée m'est venue de faire de la correction de textes, je ne savais pas ce qu'une telle entreprise représentait vraiment. J'avais le souvenir, comme beaucoup d»'autres, d'avoir été « bonne en français » à l'école (et la conviction de l'être demeurée). J'avais aussi poursuivi des études, entre autres, en littérature, et de plus, je lisais beaucoup et m'adonnais un peu à l'Écriture. J'étais donc certaine de posséder tout ce qu'il faut pour exercer convenablement ce métier auquel j'aspirais. [...] Dès mes premiers travaux de correction, j'ai constaté que j'avais beau être « bonne en français », je laissais échapper de grosses fautes, tellement mon esprit était occupé à tenter de découvrir les subtils pièges de la langue française en même temps que je devais vérifier les accords et que mon oeil s'appliquait à détecter les espaces manquants ou de trop, les erreurs de police ou de corps, les alignements, les mauvaises césures, les traits d'union insécables, ect. Bref, mon esprit allait en tous sens, et je n'arrivais pas à penser à tout, et encore moins à tout voir.

C'est ainsi qu'au fil des jours je découvrais l'ampleur de la tâche et, en même temps, celle de mes faiblesses.


Aujourd'hui, Ginette Lachance, grande gobeuse de dictionnaires devant l'éternel, exerce son métier de chez elle. Tout se transmet via cette monstrueuse machine tentaculaire qu'est le web.


* * *

Je ne peux passer sous silence l'événement planétaire de la fin de semaine ; l'arrivée du septième et dernier Harry Potter. Je ne suis pas très friande mais ça me plaît de m'imaginer cette grande réunion d'ardents lecteurs. C'est un événement rassembleur et tout ce qui assemble ceux qui se ressemblent vient chanter à mes oreilles le refrain que toutes les peuples sont tissés d'une seule fibre.


Et la vie se tisse sous mes yeux, un fil se tend vers l'autre ...

vendredi 20 juillet 2007

Renchérir sur l'immortalité


Encanter, encanteur, encanteuse, à l'encan : tous des québécismes... Non mais ! En l'apprenant, toujours par Petit Robert, je l'avoue, j'ai été bouche bée suffisamment longtemps pour retarder mon billet ! J'exagère. J'aime ça exagérer, c'est mon côté conteuse et la vie serait donc beige, et même grisâtre si on pense aux humeurs pluvieuses de dame nature, si on n'y ajoutait pas parfois un peu de la couleur ravigotante de l'exagération. Oyé ... Oyé ! Allergiques à l'exagération, s'abstenir de toute lecture subséquente de ce billet, je me dégage de toute responsabilité face à vos réactions exagérées et même, non exagérées !!!

Il y a toujours eu l'encan à la criée et maintenant existe aussi, l'encan silencieux. De plus en plus courant, l'encan silencieux. En catimini et avec sang-froid, vous décidez du montant que vous accorderez à une faveur ou à un objet. Une faveur, vous dites ? Oui, c'est mon mot à moi qui comprend les dons parce que les encans silencieux sont pour la plupart consacrés aux actes de générosité. Parce qu'il est permis d'être généreux et de recevoir en retour. Quant à moi, c'est même plus que souhaitable !

Mais que diriez-vous de l'encan de l'immortalité ? Moi, je suis gagné, exagération ou pas, je mise sur l'immortalité ! Qui va la gagner ? L'éternité bien sûr. Bon, bon, assez exagéré, je reviens les pieds sur terre. De toutes manières sur la Terre, malgré son important défaut de précarité (!), il y a de l'originalité, jugez-en en prenant connaissance de la bonne idée de Nicole Fontaine (présidente) :

« J’avais entendu parler d’un “encan de l’immortalité” au profit d’une organisation londonienne, la Medical Foundation for the Care of Victims of Torture. Plusieurs écrivains de renom, tels que David Lodge, Ian McEwan et Margaret Atwood avaient offert aux acquéreurs, la possibilité de passer à l’histoire en intégrant leur nom dans une œuvre à venir. Ken Follet, un autre écrivain britannique très connu, a même acheté une place pour voir son nom apparaître dans le roman d’un compatriote. Cette mise lui a coûté 2000 livres sterling et il semble que l’auteur en question lui ait demandé comment il souhaitait voir mourir le personnage portant son nom ! »


En partant du principe que ce qui est bon pour les Anglais, est certainement bon pour les bibliophiles* et futurs visiteurs des Correspondances, certains de vos rêves les plus fous sont maintenant accessibles :

« Vous rêvez de voir votre nom apparaître dans la prochaine œuvre romanesque de Michel Tremblay ou de Chrystine Brouillet ? Vous mourrez d’envie de recevoir une lettre d’amour de Louise Portal et de dîner en sa compagnie ? Vous avez follement le goût de partager la table de Dany Laferrière ou encore d’obtenir une page manuscrite recopiée de la main de Marie Laberge, de Nicolas Dickner ou de Yves Beauchemin ? L’occasion vous est donnée de faire une mise, à partir de 50 $, à l’occasion d’un encan silencieux organisé par Les Correspondances d’Eastman. À la liste prestigieuse d’une douzaine d’écrivains participants, s’ajoutent des vins millésimés d’une valeur marchande de 100 $, ainsi que deux tableaux d’artistes, l’un offert par le galeriste Pierre Riverin et l’autre par l’artiste Graeme Ross ».


Un seul paragraphe, c'est bien peu pour des rêves ! Allez fouiller la liste des rêves, il y en a sûrement un qui, depuis longtemps, turlupine votre conscient, ou votre inconscient ; c'est pareil dans le domaine du rêve !

En terminant, voici une originale définition du bibliophile : Il aime cette muette conversation des grands esprits qui n'exige pas de frais de réciprocité, que l'on commence où l'on veut, que l'on quitte sans impolitesse, qu'on renoue sans se rendre importun.

Et une sympathique famille de mots : Chérir, enchérir, renchérir, surenchérir : Enchérir sur quelque chose que l'on chérit !

mercredi 18 juillet 2007

Sonde ton coeur, Laurie Rivers

ou "Et si la mission tuait le missionnaire ?"
La Vie, la vie
: Qui n'a pas été charmé par ce télé-roman nouveau genre ? L'attachement aux personnages dans la trentaine a été instantané et durable. Stéphane Bourguignon a oeuvré une dizaine d'années dans l'humour comme auteur (qui le savait ?), maintenant il touche à l'écriture télévisuelle autant que, osons le mot, livresque.

Je termine son quatrième roman « Sonde ton coeur, Laurie Rivers » et avant de vous donner mes impressions, je donne la parole à Bourguignon :

« Je me suis posé bien des questions sur Bush qui, parfois, agit comme quelqu’un qui voudrait réparer les erreurs de son père à la Maison-Blanche ... C'est avec toutes ces interrogations en tête que j'ai construit ce livre ... »
« En un sens, ma méthode pouvait s'apparenter à celle du journaliste, à cause de la documentation, de la recherche et de la collecte de données factuelles ... »
« Mon livre parle beaucoup de corps, de notre manière de l'habiter et c'est là une préoccupation plus féminine que masculine ».

Si je tenais à ce qu'il parle avant moi, c'est pour la considération que ces affirmations révèlent beaucoup sur les ratés du roman. Avec moi en tout cas, c'est une rencontre ratée avec le personnage principal, l'enseignante dans une communauté rurale de l'Idaho, Laurie Rivers. Malgré mes efforts, je ne suis pas arrivé à la sentir, à la palper comme un être de chair et d'os, elle est restée de papier durant 184 pages. C'est long. Heureusement, j'ai un peu mieux senti les personnages secondaires et tout compte fait, pas si secondaires : Alice, l'obèse et Karen, le Mormon. Comme la deuxième partie du livre leur accorde une place importante, l'intérêt du roman monte d'un cran. À la toute fin, inévitablement, la sellette est remise au personnage principal et même si, tout à coup, l'auteur nous sert un enchevêtrement torturé de ses racines, (enfance, relation mère/fille), l'information arrive trop tard et d'une manière abrupte delà, un côté artificiel faisant en sorte que le sort de Laurie Rivers continue de nous indifférer*.
*je dis « nous » car mon mari a éprouvé le même sentiment.

Pour la lectrice que je suis, c'est une expérience désolante mais pas catastrophique. J'ai vraiment connu pire comme déception. L'écrivaine en devenir, elle, retire une précieuse leçon : Il est risqué de vouloir à tout prix passer un « message » dans un roman. Je pense que Bourguignon est un auteur qui ne manque pas de talent mais qui a été obnubilé par son désir d'aborder la mission qui peut corrompre le « missionnaire ». Si vous lisez l'intégral de l'entrevue avec Stanley Péan, l'auteur confie sa réflexion sur la mission que certaines personnes se donnent, se réfèrant particulièrement à Bush. Est-ce que la mission pourrait dépasser l'Homme ?

La situation en Irak répond très bien à cette question. Mais la manière métaphorique de Bourguignon nous embrouille plus qu'elle nous éclaire. On n'arrive pas à croire que l'enseignante voulant sauver une élève en la soulageant du poids de sa vie (celui qu'elle porte sur son corps et celui de l'emprise de sa mère) s'est trompée. À se concentrer sur son message, l'écrivain a négligé ses personnages et il nous a prouvé que cela ne pardonne pas. Si on ne croit pas à la « réalité » du missionnaire, sa mission nous passera dix pieds par-dessus la tête !

D'où l'importance de lire une grande variété de romans puisque les failles nous en apprennent autant que les trouvailles. C'est ça « La Vie, la Vie » !

dimanche 15 juillet 2007

La correction d'un texte


Mes lectures sur les blogues littéraires, et dernièrement sur celui de Soleil d'encrier, m'ont propulsé au coeur d'une réflexion sur les étapes de l'écriture. Je réalise jusqu'à quel point c'est personnel. Tellement personnel. Serait-ce comme la sauce à spaghetti (!) avec à peu près les mêmes ingrédients mais un goût différent selon chaque cuisinier ? Les ingrédients de l'écrivain sont certainement les mots mais comment les mélanger ? Ça commence par une recette trouvée sur papier ou dans sa tête, une histoire qui mijote à gros bouillons et puis tout à coup émerge l'audace de lalancer sur papier ou sur clavier.

Certaines personnes écrivent rapidement courant derrière le fil de leur histoire et par peur de s'essouffler par cette course de longue haleine, les mots déboulent rapidement. Les canaux sont ouverts, les mots les traversent et deviennent maîtres absolus du chantier. L'auteur les suit et pour les suivre, il ne s'arrête pas pour jeter derrière un regard sévère qui juge. Ne pas censurer, laisser couler de source, de cette précieuse source dont il ne faut pas perdre la veine. Et si elle se tarissait ? Et si elle nous trahissait ?

C'est ainsi que je m'imagine la manière idéale de sortir le premier jet. C'est la suite qui m'interroge : Comment réviser? Comment une fois l'histoire jetée sur papier procède-t-on pour l'améliorer ? Comment obtenir ce recul salutaire pour jeter ce regard de bon parent qui guide son enfant vers une croissance heureuse et épanouie ?

Plusieurs voies s'ouvrent à l'écrivain :

+ S'en tenir à sa propre voix et lui permettre d'évaluer et juger
+ S'ouvrir aux voix de l'entourage immédiat en exigeant la franchise
+ À celle d'un correcteur plus neutre pour l'assurance qu'il ne ménage pas votre susceptibilité ... ou amitié !
+ Faire appel au service de parrainage de la Fédération québécoise du Loisir Littéraire
+ La proposer à l'éditeur comptant sur les bons conseils d'un directeur littéraire

Je me suis efforcé d'énumérer ces voies afin de mieux comprendre la meilleure à prendre et puis voilà que je les relis et me dit : pourquoi pas TOUTES ces voies ? Surtout que pour la dernière option, le risque est grand de ne jamais entendre la voix du directeur littéraire si on n'ouvre pas l'oreille aux voix subséquentes. Plusieurs écrivains chevronnés clament qu'il y a et aura encore et encore des révisions et corrections jusqu'à la (première) impression.

Cette réflexion m'a menée à une grande question : jusqu'à quel point aime-t-on l'étape de Correction avec un grand C, autrement dit, l'étape de remaniement ? Est-ce une étape que l'on aime ? J'ai presque l'impression que poser la question, c'est y répondre ! Qui aime se faire corriger ? Cela implique reprendre et recommencer pour faire mieux. À mon sens personne n'aime vraiment ça. Je me trompe peut-être, d'ailleurs j'espère me tromper. Je pense à certains comédiens qui disent préférer les répétitions au jour de représentation devant public. Je les admire ces êtres-là, j'avoue. Leur amour du labeur dans l'ombre m'impressionne.

Même si je suis encore en réflexion, j'ose une conclusion "question" sur le mode temporaire (dans l'attente d'une autre !) : Est-ce que les écrivains qui aiment bûcher sur le remaniement de leur texte seraient meilleurs ou en tout cas les plus "publiables" ?

Comme la question se pose, je vous la pose !

vendredi 13 juillet 2007

Le souvenir d'avoir oublié


Tiens, je me souviens d'avoir oublié ...

Quand on parle de mémoire, on parle inévitablement de sa face cachée, l'oubli. Et semblerait, si on pousse le devenir sur les sentiers du souvenir, qu'on peut rencontrer une identité. La mémoire contient du passé et ce que nous avons été mène droit à qui nous sommes. En fait, c'est La mémoire comme identité qui m'y a fait pensé ; un des titres des Cafés
littéraires des Correspondances.

Je me suis amusée à jongler (sans en oublier un !) avec les titres des Cafés littéraires des Correspondances :

+ La mémoire de l'enfance
+ La vertu de l'oubli
+ La mémoire revue et corrigée
+ La mémoire comme identité
+ Je me souviens ? Pas toujours.
+ De quoi se souvient-on ? De quoi devrait-on se souvenir ?

À prime abord, comme ça, sans tenir compte de la palpitation instantanée que certains participants de certains Cafés font sur mon coeur (Louise Portal, Raymond Cloutier, Dany Laferrière), j'ai accroché au titre « La vertu de l'oubli ». Il y a quelque chose d'insondable, de mystérieux et a la vertu, justement, d'appliquer un baume indulgent sur les oublis de ma vie. Les oublis mémorables. Nous sommes faits d'oublis nageant au creux de notre conscience jusqu'au jour où, inopinément ou soulevés par un déclencheur, ils remontent à la surface.

Quant à y être, je n'oublie pas les titres des spectacles, tout aussi inspirants :

+ Les lettres ouvertes de Richard Séguin
+ La marche, le doute, l'amour
+ Le Cabaret de l'oubli
+ Lettres de Fadette

Ah là, mon coeur palpite très fort ; Les lettres ouvertes ... se transformant en chansons sous la modulation de la voix chaude et le sens inné de la mélodie de Richard Séguin. De quoi rêver !
Et que dire du Cabaret de l'oubli ? L'année passée, j'ai assisté au Cabaret de l'extase. Je revois encore l'énergie des artistes, vibrante, pour l'audace de leur talent ... Oui, j'ai atteint un sommet, j'ai touché le plafond de mon ciel. Et non, je ne l'ai pas encore oublié !

Cette année, quelles surprises ou douces folies nous réserve Le cabaret de l'oubli ?

Je ne sais pas. Je saurai une fois qu'il sera rangé dans les tiroirs de ma mémoire jusqu'au prochain Cabaret, l'année prochaine.


Noms des participants, heure, jour, sur le site des Correspondances d'Eastman.

mardi 10 juillet 2007

Moi, j'aime les Correspondances !


Je sais, mon titre est un peu naïf mais il a le mérite d'être vrai ! Dans à peu près trois semaines, mon village, Eastman, reçoit de la grande visite. On se prépare pour les Correspondances. En plus, on a commandé une température comme celle d'aujourd'hui ! Y paraît que dans la vie, il faut demander pour recevoir ... eh bien, c'est fait !

Pour cette cinquième édition, on a poussé loin le chapitre « Nouveautés ». Voyez vous-mêmes :

LES CORRESPONDANCES ET LA MARJOLAINE S'ENTENDENT BIEN !

Et quand on s'entend bien, il faut que ça paraisse ! Je ne sais pas si vous vous êtes déjà prélassé sur la vaste et magnifique terrasse de La Marjolaine à l'arrière du théâtre, eh bien, c'est bucolique à souhait ! L'énergie et le dynamisme ne risquent pas de faire défaut entre auteurs et participants lors des nombreux Cafés littéraires qui s'y tiendront. Le Théâtre ou le Piano Rouge seront les témoins des spectacles en soirée dont celui de Richard Séguin, à ne pas manquer.

L'ÉGLISE S'OUVRE

Au concours : Elle se prête au concours de la Poste Restante. Du 2 au 4 août (le 5, le comité trie, lit et prie de prendre de bonnes décisions !) des animateurs accueilleront les épistoliers qui désirent soumettre une lettre. Qui sait, peut-être sera-t-elle primée et lue par la joyeuse porte-parole, Francine Ruel ou d'autres invités de prestige lors de la Cérémonie de clôture (dimanche - 16 h 30).
À noter que le jury du Concours est présidé par madame Ginette Bureau, présidente de l’Association des auteures et des auteurs des Cantons-de-l’Est.

A son « air d'aller »
Dans l’attente d’un copain épistolier ou en quête d’inspiration, l’Allée des lettres accueille des pas perdus ... qui se retrouvent. De part et d’autre de l’allée centrale, vous pourrez déballer des missives de personnages célèbres et des cartes postales « Clins d’œil de Flora », fruit d'une alliance (20 au 22 juillet) entre Les Correspondances et Flora.

Une chambre nocturne
Que diriez-vous d'une expérience d’écriture nocturne sous les yeux de la chouette ? C'est chouette hein ? Pour l'ambiance, la harpiste Isabeau Corriveau accompagne « célestement » les oiseaux de nuits. Samedi, 21 h à 22 h 15.

ON S'ANIME !

Balades littéraires
Au détour d'un sentier ou d'un jardin, laissez-vous surprendre ou émouvoir par un échange de belles lettres lus par de mystérieux troubadours … Bucolique et inspirant.

Atelier d’écriture pour tous les âges
Adultes : Camille Deslauriers, écrivaine, anime un atelier d’écriture à la Bibliothèque d’Eastman, samedi, 16 h 00. Places limitées. Inscriptions : 5 $.
Petits : Samedi, 10 h 00. C'est gratuit !

Atelier d'art Postal
Du grand sac du facteur, l'artiste multidisciplinaire, Mireille Racine pige des mots couchés sur papier, puis enveloppés et timbrés. Avec harmonie, élégance, fantaisie, plaisir, ce projet s'abreuve de joie. Du soleil dans la vie des facteurs et des épistoliers ! Si vous avez de beaux vieux timbres, apportez-les !

Les tiroirs de la mémoire
Joignez-vous à une table ronde animée par Francine Ruel où l’on fouillera la mémoire des écrivains. Philippe Béha, Dominique Demers et Sonia Sarfati ouvriront leur « Tiroir à souvenirs » spécialement pour vous ! Soyez-y, c'est gratuit !
Bibliothèque d’Eastman Samedi 4 août, 14 h


UNE IMAGE VAUT MILLE MOTS
- Galerie Arlogos-Riverin : Sous le thème de la nostalgie, portraits de femmes du peintre montréalais Graeme Ross, élève de Pellan et lauréat de la Biennale de Paris (1995)
- Bibliothèque d'Eastman : L’histoire des femmes d’ici se déroule en photographies tirées de la collection Aux limites de la mémoire.
- Église St-Édouard : exposition collective du livre-objet, intitulée Creatio… se livre ! Réalisée par une vingtaine d’artistes de Magog.


FOUILLER LA CAVERNE D'ALI-BABA
Plusieurs talentueux artisans de la région vous proposent de rapporter un souvenir tangible, un bel objet pour raviver votre mémoire aux Correspondances. Plusieurs ont un lien avec la lecture et l’écriture.
Endroit : Bâtiment du Club de l'Âge d'or.

PIQUE-NIQUER DANS UN PRÉ !
Le pré des Serres Simard en face du Mont Orford est un endroit rêvé pour étendre sa nappe carreautée. En famille ou en amoureux. Vous avez oublié votre lunch ? Des épis de maïs frais seront en vente pour vous dépanner.
Et cette année, les jeunes ont leur pré pour écrire... Pourquoi ? Parce que le bonheur est dans le pré !


J'espère que je vous ai donné le goût ! Moi, je me le suis donné en tout cas ... C'est un rendez-vous du 2 au 5 août et pour les détails, le site des Correspondances n'est pas avare de mots.

lundi 9 juillet 2007

Poétiquement blogue


J'ai déniché sur le blogue "Objet bloguant non identifié" des citations à saveur poétique sur le phénomène "blogual". Il y a de petites perles que j'ai transcrites ici. Non vraiment, il y a moyen de voir de la poésie partout ... même dans la pluie. Je sais, je sais ... je touche un point sensible ; il y a de la susceptibilité dans l'air, je n'insiste pas. Alors place à une poésie nouvelle mais moins "contro-aversée" :

Depuis mon enfance j'ai toujours rêvé d'avoir un pouvoir magique, celui de lire dans les pensées des autres. Que se passait-il dans ma petite tête pour vouloir entrer chez les autres comme ça, sans y avoir été invité ? D'un blogue à l'autre j'ai l'impression de réaliser ce souhait. Les portes sont entre-ouvertes, tu es attendu et accueilli, même si on ne te connais pas. Une pensée déposée, quelques mots échangés et voilà que naît une nouvelle relation. Le blogue est le nouvel art pour donner et recevoir. On se laisse porter par le destin, au fil des clics, on découvre la beauté de la différence et le plaisir de la similitude.

Parce que certains blogues sont comme des coquillages que je mets à l'oreille, j'y entends d'autres maux, d'autres murs, d'autres mots, d'autres murmures, et quand je les repose j'ai du sable dans les oreilles.

Lire les blogues c'est comme lire un roman vrai : il y a des princesses, des fées, des monstres, des gentils et des méchants. La mort rôde, la vie reprend quand même, on lutte contre les démons, on se serre les coudes, on partage des recettes, des titres de livres, on entend des rires d'enfants, des chansons populaires, on voyage, on caresse un chat, on pleure la perte d'un chien, on se réjouit, on se lamente. On est ensemble et pourtant à distance, libre et protégé. Quand on en a assez, il suffit d'éteindre le bouton. Quoique, dans la nuit, les mots des autres nous poursuivent, alors le matin, entre le café et la douche, on rallume l'écran pour voir si, pendant la nuit ...

Pour la passion de l'être ; tisser des fils, des liens, des chaînes et toujours rester libre. Voir naître, entendre les doutes, sentir les frissons, entendre les cris muets, peindre les mots, sans que personne n'ait le pouvoir de rayer et railler au nom d'un bon goût douteux... Découvrir ce qui se dévoile, deviné ce qui ce trame, aimer ce qui s'exprime, s'imprime et m'imprime..

Pour la magie ! On se parle, on potine, on s'écrit, ça fait du bruit, une musique, ça s'éclaire, ça s'éteint, ça se rallume, ça se clique et ça brille dans la nuit !

Parce que bloguer, c'est parler en étant libéré des contraintes sociales, sans être interrompue par ceux qui ont plus de puissance vocale, ni être occultée par ceux qui ont plus de charisme.

Parce que les blogues c'est les autres ! Et moi j'aime bien les autres.

Parce qu'à défaut de visiter vos appartes ou vos jolies maisonnettes, j'entre par la plus petite porte, le blogue… Parfois je m'arrête dans le coin cuisine, j'en respire les parfums, je salive, parfois j'atterris dans la chambre, sans trop le savoir, et j'en souris, mais ce que je préfère c'est m'installer près de la cheminée, c'est cosy, c'est confortable, idéal pour trinquer jusqu'au bout de la nuit ...

Parce que ce qui se passe dans la tête des autres est parfois bigrement passionnant. Parce que lire et entendre des cinglés, des illuminés, des talentueux, des érotomanes, des vulgarisateurs, des écrivains, des humanistes et partager le monde avec eux, en peu de temps et un bourbon à la main. Pour cette possibilité d'éclater le cercle forcément restreint duquel nous faisons partie dans la vie non virtuelle.

Quand je me sens coincée dans mon champ de maïs, je peux partir en voyage dans des contrées lointaines et exotiques sans que mon compte en banque fasse un arrêt cardiaque En plus, je peux aller du Mont St Michel à Bangkok, de Sydney à Pekin, et de Montréal à Santiago en quelques minutes seulement!


C'est joli tout plein, vous ne trouvez pas ? Demain, on parle Correspondances ... le sujet est dans l'air.

samedi 7 juillet 2007

Quêteuse de citations


Je suis en quête de citations sur la Lecture avec un grand L, juste pour le côté inspirant, stimulant. Juste le plaisir de se dire que l'on est ensemble, c'est tout (clin d'oeil au film et roman d'Anna Gavalda).

En avez-vous de ces citations que vous aimez tellement que vous les citez, les re-citez et même les récitez ? Elles peuvent être signées par d'illustres connus ou inconnus, on est pas regardant, en autant que la citation se tienne debout devant l'auteur (une citation forte dépasse son auteur). Elle peut être de vous. On vous aime en tant qu'auteur du dimanche ou de tous les jours de la semaine. Et vous, vous aimez-vous en tant qu'auteur ou "citeur" ?

Pour partir le bal, en tant que quêteuse de citations, j'en ai glanées ici et là, histoire de s'inspirer :

L'Histoire est un roman qui a été, le roman est de l'Histoire qui aurait pu être
Frères Goncourt

ll y a autant de lecture d'un roman que de lecteurs.
Laurence – Biblioblog

Tant qu’un lecteur n’a pas reposé son livre de plein gré, c’est un individu potentiellement dangereux. Annie François
Piqué sur le blogue de Jules se livre

Le but suprême du romancier est de nous rendre sensible l'âme humaine, de nous la faire connaître et aimer dans sa grandeur comme dans sa misère, dans ses victoires et dans ses défaites. Admiration et pitié, telle est la devise du roman. George Duhamel (extrait de L'essai sur le roman). Autre citation dénichée par Jules.


À VOUS LA CITATION ...

jeudi 5 juillet 2007

Mises à mort

Qui oserait contester la préférence d'une personne pour l'orange au lieu de la prune ? Personne. Et pourtant, le principe est simple ; un goût, une couleur, une texture. Alors que dire quand on navigue à bord d'un point de vue, un style, un livre. En naviguant d'un blogue littéraire à l'autre, je réalise combien les goûts ne se discutent pas, ils s'exposent ou ils explosent, c'est selon !

Je vais tenter de vous exposer le comment et le pourquoi j'ai aimé le fameux (cliquez ici pour comprendre le fameux) recueil de nouvelles « Mises à Mort » de cette nouvelliste toute en sarcasme, Suzanne Myre. Je le termine et ne veut en aucun cas vous induire en erreur en vous disant, j'ai aimé, point. Oui, j'ai beaucoup aimé mais je créerais des attentes et vous seriez peut-être déçus. Je ne veux surtout pas tuer la nouvelle dans l'oeuf, le genre « nouvelle » est déjà suffisamment précaire, se vendant et se défendant plus difficilement que l'histoire en une seule bouchée. Ce sont les statistiques qui le clament, pas moi.

Je vous amène à cette auteur par deux chemins, le premier étant le titre de ses nouvelles qui en disent déjà beaucoup : Vile ville – Cadeau d'anniversaire – Câlin manqué – Cellules en l'air - Cendres amères – Ne vous endormez pas ! - Félix et le chat – Il l'aime tant – Point de salut – Dans la boîte – La mort d'un dogue – Marie, à mort – Mona se terre (sonne comme monastère et justement Mona se terre dans un monastère !). Buvez maintenant des extraits du concentré de son humour sarcastique :

Cueillir maman dans une boîte ne me semble pas plus triste que ces autres fois où je devais la cueillir sur son balcon, immobile au centre de ses boîtes de pétunias, pour l'emmener à ses rendez-vous médicaux.

Le menton-en-galoche pourrait la conseiller, il a la gueule cinéphile-total. Il s'amène sans perdre une seconde, le menton par-devant tel un gouvernail.

En attendant mon tour pour me faire extraire une dent de sagesse incluse qui constituait une menace tragique pour la rectitude des autres dents sagement enlignées, selon les dires de mon expert-dentiste-chalet-trois-étages-dans-les-laurentides-trois voitures-trois maîtresses ... Il me fallait calmer ce sentiment d'angoisse qui m'étreignait les pourtours du coeur à la pensée que dans quelques instants, un trou béant dans ma bouche s'ajouterait au vide plat de mon existence.

J'ai gaspillé de nombreuses heures indolentes à me bercer. Quand je pense à tout ce que j'aurais pu faire en même temps, de la broderie, des téléphones roses, lire une encyclopédie, produire un chef-d'oeuvre de tricot, écrire une mini-série télévisée ...

Mon coeur était blessé et je ne faisais pas confiance au temps pour le guérir.

Je n'arrivais pas à pleurer, je n'étais pas normale, il me fallait une psychanalyse de dix ans, un lavage de cerveau, des électrochocs, des bombes lacrymogènes ou du poivre de cayenne, un défrichage en profondeur pour déterrer les mauvaises herbes de mon coeur.

J'ai tenu à enfiler mes longs gants blancs d'autant plus qu'aujourd'hui même, j'ai trouvé un rédacteur de blogue énonçant avec honnêteté un « j'arrête de lire (des nouvelles justement) à la page 58 ; ça m'ennuie trop. Une personne lui a laissé le commentaire qu'elle s'apprêtait justement à le lire mais que ça la décourageait, le bloggeur a répliqué « Mais, toi, tu vas aimer ça ! ». Vraisemblablement, il connaissait la visiteuse pour avancer une telle allégation. Et comme je ne vous connais pas tous, eh bien, je suis prudente. Et avec des Mises à mort, on ne l'est jamais trop !

Mises à Mort - Suzanne Myre, Recueil de nouvelles - Marchand de feuilles, 179 p.

mardi 3 juillet 2007

La main sur la souris


Il y a des bibliothèques sur le net, donc évidemment des livres entiers à lire sur son écran. À prime abord, cela me dépasse un peu. Un peu beaucoup, disons. Pourtant, il y a de vaillants défenseurs de cette nouvelle manière de lire en ménageant nos arbres. Malgré cet argument pesant, je me sens rébarbative à cette nouveauté. Pourtant, je n'écris presque plus avec une plume et du papier. J'écris à mes amis en tapotant sur un clavier et j'attends des réponses instantanées via mon outlook EXPRESS. Ça presse toujours d'obtenir des réponses express parce qu'on aime donc ça les réponses. D'ailleurs, n'est-ce pas la raison pour laquelle on se pose tant de questions ?

Donc, tant qu'à faire, je pourrais aussi m'ouvrir à lire des livres sur un écran. Et plus j'y pense, je le fais déjà, puisque je lis quantité d'anecdotes qui sont autant d'histoires racontées en abrégé, non ?

Entendons-nous bien, je ne veux pas répandre de fausses rumeurs ici, après tout je suis nichée sous le blogue des Correspondances d'Eastman. J'utilise encore la plume et le papier. Et pas seulement durant l'événement Les Correspondances ... Holà, quand même ! Il faut bien que je me fasse la main avant ! Non, mais ça se perd une belle main d'écriture - vous vous rappelez, on disait ça autrefois - il faut donc s'entretenir, se pratiquer. Donc, je me pratique ... surtout avec les gens qui n'ont pas l'internet. Chut !

Maintenant que je me suis justifié plus que le lecteur n'en demande, je reviens au livre électronique, le e-book. Où il y a du livre, il y a de la bibliothèque et la première à s'allonger, tablette par tablette, auteur par auteur, est la Gutenberg. Parti courageusement de la tête d'un étudiant de l'Illinois qui, à temps perdu (!) et à l'aide d'innombrables bénévoles a entrepris de garnir une première bibliothèque électronique en 1971. À l'heure actuelle, elle contient 20,000 titres. Trente-six ans plus tard, il y aurait maintenant une douzaine de bibliothèques électroniques dont, bien sûr, une Québécoise.

Il faut donc se rendre à l'évidence qu'il y a des usagers qui fréquentent ces bibliothèques. Même si le phénomène est relativement nouveau, on commence déjà à se questionner, je dirais même à reculer, et cela malgré tout le respect que nous devons à nos érables centenaires.

Jusqu'à date, les défenseurs du livre papier s'écrient et se charment devant la sensualité du livre, irremplaçable contre la lumière crue d'un écran cathodique. C'est froid, disent-ils. Mais là, se rajoute une raison qui m'a tout à fait conquise, moi qui l'était déjà : La passivité. Paraîtrait-il que l'ouverture à l'autre (l'auteur) exige un constant effort à faire sur soi-même afin de ne pas se laisser distraire. Réaliser pleinement le plaisir que procure la lecture sans actions, sans tension et surtout sans tentation ... de mettre la main sur la souris. Cette souris qui, d'un clic, vous expédie ailleurs que dans l'univers d'un auteur. Les clics qui nous zappent d'un site à l'autre, d'un blogue à l'autre, d'un jeu à l'autre. Et oups, envolé le monde merveilleux de Marie Laberge !

Tandis qu'assis au salon, sous la lampe torchère, on se recueille les méninges. On se neutralise la neurone. Et puis, on avouera que tourner et puis marquer les pages d'un livre sont des points de repère essentiels à un cerveau. Au mien, en tout cas.

Morale de cette histoire : se tenir loin des souris.

dimanche 1 juillet 2007

La température ou la littérature ?


Un beau mois de juillet tout neuf ... et tout frais. On ne perd rien pour attendre, n'oubliez pas, l'année passée, juin a été frais et on s'est bien rattrapé par la suite. Considérons à partir de maintenant que nous avons de la chaleur en réserve.

Vous allez me dire que nous ne sommes pas ici pour parler de température mais de littérature et vous aurez bien raison. Voyons voir si vous connaissez ces romans :
. La Tournée d'automne – Jacques Poulin (amour)
. Le Souffle de l'harmattan – Sylvain Trudel (imaginaire)
. Le Goût du Bonheur – Gabrielle – Marie Laberge (mémoire)
. Volkswagen Blue – Jacques Poulin (voyage intérieur)
. La petite fille qui aimait trop les allumettes – Gaétan Soucy (frisson)

Si vous en connaissez au moins un, encore mieux deux, vous avez déjà du chemin de fait vers une joute de commentateurs sans prétention proposée au Top 5 Biblio Lys, se terminant le 22 septembre Vous avez tout ce temps pour lire et commenter et/ou voter).

Quant à moi, je n'ai aucun chemin de fait, le hasard faisant que je n'ai lu aucun de ces romans. Aussi, j'hésitais à me lancer, par peur de manquer de temps. Et puis là, ça me chicote* drôlement depuis que je suis allé visiter la carte du monde représentant les participants. Pour le moment, il y en a 13 au Québec et 6 en Europe répartis ainsi :

Montréal 1 Capitale nationale 4
Mauricie 1 Chaud. Appalaches 3
Lanaudière 1 Montérégie 3

Paris 1 Hauts-de-Seine 1
Morbihan 1 Essonne 1
Calvados 1 Haute Garonne 1

Cela m'a fait réaliser deux choses importantes : il n'y a personne qui s'est encore inscrit en Estrie et jusqu'à quel point, je connais peu le nom des départements français !

Toujours est-il que ça me tracasse et je dirais même plus, ça me turlupine (synonymes de chicote). Et vous, est-ce que ça vous fait le même effet ? Allez, aujourd'hui n'est pas la journée idéale pour les pique-niques et les baignades, un petit clic sur cette occasion en or de vous faire la main, et la tête, et le coeur à l'évaluation d'une lecture.

C'est en commentant que l'on devient commentateur ! Et je dirais même plus (je suis hantée par les Dupont et Dupond aujourd'hui), il faut battre les mots pendant qu'ils sont chauds ... eux !


* chicoter est usité en français de France du xvie s. à la fin du xixe s. au sens de « chicaner » et se rencontre en particulier dans les parlers manceau et saintongeais .... et bien évidemment au Québec !