Faites comme chez vous

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c'est recevant !

dimanche 28 novembre 2010

La trajectoire de Stéphane Libertad

J’aime les histoires tirées du vécu, je ne les cherche pas, elles viennent à moi. Celle-ci, j’étais curieuse. J’aime le regard des autres sur le Québec, j’aime le titre, La Trajectoire, j’aime la collection Hamac et en plus j’aime leur nouveau look. J’étais donc grande ouverte.

L’écriture est d’une grande simplicité, je n’ai rien contre, c’est reposant, en autant que l’on ait quelque chose à me raconter. J’ai attendu, patiente, je pourrais quasiment dire indulgente, quelques dizaines de pages, que je sois tirée par un fil qui m’accroche. Pour aller de l’avant. Parce que si on revient à l’essence même de la lecture, il faut être motivé pour suivre la trajectoire d’une autre personne que soi.

On suit ce Français qui a un fils avec une Québécoise, celle-ci ayant jusqu’alors vécu en France, en 2006, c’est à son tour de s’exiler. Il arrive donc au Québec tandis qu’il aurait de beaucoup préféré l’Espagne, et sa chaleur et son soleil.

Il a beaucoup à dire sur son quotidien de travailleur (il est écrivain), de mari, de père, de gendre. J’ai bien dit son quotidien, vous savez ce que nous vivons tous et qui est assez souvent ordinaire et que parfois, même nos amis écoutent distraitement, tellement les quotidiens se ressemblent d’une personne à l’autre ? C’est un art de rendre intéressant un quotidien, l’art du conteur. J’oserai conclure que monsieur Libertad ne l’a pas encore suffisamment développé. J’ai été jusqu’à m’imaginer que l’écrivain s’est offert un journal de bord tout d’abord pour lui.
Ça manquait de feu et de flamme. Ou de cette fibre impudique nécessaire pour rendre la confidence émouvante ou à tout le moins croustillante.

Pour être tout à fait juste, ce n’est pas que linéaire, des pointes d’humour, ou d’humeur, donnent des soubresauts au récit, mais elles n’ont pas réussi à me garder alerte. Et je me suis sincèrement demandé pourquoi. Je ne peux que tenter cette réponse ; ses observations sur nos mœurs me seraient apparues banales, ses sautes d’humeur trop communes.

J’ai toutefois senti que lorsque l’homme est allumé, ça passe. À la naissance de son fils, qu’il veille à cause d’un problème de santé, le père se donne corps et âme. J’ai trouvé ces passages plus attractifs. L'auteur a réussi à me sortir de ma torpeur pour l’accompagner. La passion et l’intensité suintaient des lignes.

Peut-être qu’au bout du compte l’auteur a trop misé sur l’intérêt que susciterait nécessairement sa vision de nos mœurs et coutumes, ne soignant pas assez la manière de nous séduire.

jeudi 25 novembre 2010

Controverse - Gil Courtemanche

Sans me prendre pour un « Bernard Derome », une nouvelle de dernière heure interrompt ma programmation habituelle ! (je reviendrai à « journée Salon », partie 2). C'est que ça parle de littérature haut et fort dans les médias mais, attention, pas de l’œuvre dans sa substance, plutôt du croustillant qui l’entoure.

Gil Courtemanche a exigé que l’on retire son « Je ne veux pas mourir seul » de la liste des finalistes du Prix littéraire Archambault pour se dissocier de l’empire Québécor, propriétaire de cette chaîne. Ça, c’est une chose. C’est son droit le plus strict, qui pourrait contester un tel choix ? Qui peut obliger une personne à être finaliste ? Et inversement qui peut obliger les finalistes (nommés ci-dessous) à ne pas l’être !

PRIX DU PUBLIC - Titres sélectionnés par les librairies Archambault et éventuellement soumis au vote du public.

¤ Paradis Clef en main, Nelly Arcand
¤ Dérives, Biz
¤ Maleficium, Martine Desjardins
¤ La canicule des pauvres, Jean-Simon DesRocher
¤ Mon vieux, Pierre Gagnon
¤ L'énigme du retour, Dany Laferrière
¤ La petite et le vieux, Marie-Renée Lavoie
¤ Dans sa bulle, Suzanne Myre
¤ La faim de la terre t.1 et t.2, Jean-Jacques Pelletier
¤ Ru, Kim Thùy

PRIX DE LA RELÈVE - Titres choisis par un comité de lecteurs des librairies Archambault et éventuellement soumis au vote du public

¤ Les seigneurs de Mornepierre, Isabelle Berrubey
¤ La louée, Françoise Bouffière
¤ Les révolutions de Marina, Bia Krieger
¤ La petite et le vieux, Marie-Renée Lavoie
¤ Je compte les morts, Geneviève Lefebvre
¤ Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, Martin Michaud
¤ Confidences en trompe-l'oeil, Guy Mouton
¤ La foi du braconnier, Marc Séguin
¤ Ru, Kim Thùy

Question extraite d’une lettre signée par un des finalistes, Jean-Simon DesRocher :

«Si M. Courtemanche avait réellement voulu atteindre Quebecor Média, n'aurait-il pas fait mieux d'attendre que les finalistes soient révélés afin de préparer une action concertée avec certains d'entre eux? Cette question, je la pose en toute candeur, car étant en accord avec les principes énoncés pour justifier le retrait de sa candidature, je dois avouer que la validité de ses motivations et les conséquences de sa vision binaire me laissent aujourd'hui perplexe.»

Dans une entrevue accordée à Chantal Guy, Gil Courtemanche aborde cette question :

GC : «Et si j'avais eu les noms des autres finalistes, je les aurais contactés avant. J'ai demandé à tout le monde dans le milieu s'ils connaissaient les noms. Je n'en ai eu qu'un seul, que j'ai contacté, mais il n'était pas d'accord avec moi.»

À la question de Chantal Guy s’il ne fallait pas avoir les moyens financiers d’une telle position :

GC : «Je n'en ai pas les moyens. Je ne suis pas riche, et 10 000$ seraient très bienvenus. Ça ne m'est jamais passé par l'esprit. D'ailleurs, c'est la deuxième fois que je suis en nomination pour ces prix, et la dernière fois, j'ai accepté, parce qu'il n'y avait pas de lock-out.»

Autre question, tout aussi pertinente, toujours de Chantal Guy : Et ceux qui en sont à leur première nomination à vie, qui en sont à leurs premiers pas, qui ont besoin d'un coup de pouce?

GC : «Tous les écrivains qui vont mal actuellement vont mieux que les travailleurs qui sont dans la rue depuis deux ans. Ils continuent à travailler, ils croient en leurs rêves, ils ne sont pas humiliés et traités comme des moins que rien.

Ce que j’en pense

Mon opinion transparait déjà mais je rajouterai que c’est tout à l’honneur de Gil Courtemanche de poser un tel geste, j’aime les personnes qui vont au bout de leurs convictions. Qu’il ait l’idée d’inviter les autres écrivains à faire comme lui, pourquoi pas. Je dis bien « inviter », pesons le mot, une invitation implique une complète liberté d’accepter ou refuser. De quelle manière a été faite cette invitation ? Et quelle est l’attitude de GC devant les refus, là sont mes questions.

Je constate que les finalistes viennent à la défense de leur position comme s’ils étaient attaqués. Pourquoi ? Ils ont droit à leur opinion souvent basée sur leur position unique sur l’échiquier du monde de l’édition. Quand GC déclare qu’un 10,000 $ aurait été bienvenu, on s’entend que TOUT LE MONDE rajouterait un 10,000 $ dans ses poches, mais indéniablement certains en ont plus besoin que d’autres. D’ailleurs, il mentionne que 10,000 $ ait été en jeu ne lui est même pas venue en tête ! Ça rajoute à mon avis que ce montant serait de l’ordre du surplus. Gil Courtemanche n’est pas dans la rue avec ses succès littéraires portés en film, ses chroniques régulières au journal Le Devoir. et multiples invitations à des conférences. Ce qu'il récolte est mérité, là n'est pas la question, mais qu'il a moins à gagner et donc à perdre en retirant son nom.

Un écrivain est lu s’il sort un peu de l'ombre, être finaliste pour un Prix en est une manière, et il y en a plusieurs autres. J’en viens à croire que des écrivains à leur début sont autant en peine que certains journalistes en lock-out. Et il est bien entendu pour moi que je laisse aux écrivains, un à un, le loisir de l'évaluer.

Que chacun des écrivains en nomination soit fiers de l'être !! Qu’ils prennent le meilleur de cette controverse : on parle du Prix, et par ricochet d’eux. Alors, bravo, mission accomplie monsieur Courtemanche ! Peut-être pas celle que vous aviez en tête cependant.

Mais qui peut se vanter d’avoir le contrôle sur la Vie ... et sur des finalistes à un Prix littéraire ?

Article complet de Chantal Guy d'où j'ai tiré les réponses de Gil Courtemanche.
Chronique de Jean Barbe sur la même question

mardi 23 novembre 2010

Journée Salon

J’ai encore un “ouf” empêtré au niveau de la cage thoracique en pensant à cette journée bourrée de rencontres et donc d’émotions. C’est toujours pêle-mêle dans ma tête, comment la transmettre alors ? La tendance serait-elle d’y aller par chronologie ? Essayons !

Samedi, 13 h 00, c'est au pas de course que nous nous dirigeons vers le kiosque Hachette pour adultes. Heureusement, notre explorateur BD, (Pierre-Greg) nous intercepte et nous indique le kiosque Hachette pour la jeunesse où Marsi est attendu pour sa séance de dédicaces, Surprise, il y a déjà du monde qui attende ! Quelle bonne nouvelle, pourrait-on dire, si ce « petit monde » n’était pas en ligne pour Zep, auteur de Titeuf, auteur archi connu qui a sa séance juste après Marsi ! « Êtes-vous Zep ? » demandaient certains enfants, malgré que Marsi ne ressemblait pas du tout à leur idole. C’est dire la hâte agitant ces enfants ! La personne qui s’occupait du kiosque, un libraire de Planète BD a eu la délicatesse d’écarter les enfants, afin de ne pas empêcher l’affluence (!) des admirateurs de Marsi. Mon homme déjà occupé à bavarder et dédicacer l'album de ce chaleureux libraire, j'empoigne courageusement mon plan et ma feuille de route, laissant là mon héros à sa séance d'humilité et, aussi fébrile que les enfants que je venais de rencontrer, je me jette vers l’escalier menant au kiosque de Louis Hamelin.

En déambulant, je doute encore un peu. Je m'apprête à poser le dernier geste de m’approprier une lecture exigeante, ne serait-ce que par sa longueur sans même y ajouter la profondeur (600 pages). Pour moi, le plaisir d’attendre est presqu’aussi grand que la rencontre avec l’écrivain, j’aime sentir la ferveur circuler parmi les rangs. À l’avance, ces lecteurs partagent un point commun, le désir de « La constellation du lynx ». L’homme derrière moi en parle allégrement avec son compagnon, il achève le bouquin. Lecture aussi intéressante qu’ardue, affirme-il. Éviter de lire que dix pages à la fois au risque de rater certains liens entre les innombrables retours dans le passé (flashbacks). Toujours devant la chaise vide que devrait occuper l'auteur, il finit par se présenter à la course, s’excusant de son retard. Je l’imaginais aussi grand que son œuvre, il est petit, sa voix me fascine, une douce mélodique, quasiment un accent féminin. J'y vois une qualité, mais pas certaine du tout qu’il l’entendrait ainsi ! Peu de temps nous est alloué pour ce tête-à-tête devant public, enfin devant l'auteur, mes mots déboulent nerveusement. Grosso modo, je lui déclare que jusqu’à date je l’ai plus vu que lu, à preuve, je l’ai raté à son atelier donné dans le bois durant les Correspondances d’Eastman. Je le regrette encore et toujours. Je repars avec cette dédicace « Pour Venise, en souvenir des rencontres arrivées, ou pas ... Merci ! ». J’ai été me cacher pour la lire, des mots manuscrits adressés à soi par un écrivain fait naitre une vague de chaleur au niveau du cœur.

Pas une minute à perdre, il m’en faut une autre, je n’ai pas encore ma dose ! Direction vers le très central et très achalandé kiosque « Libre expression » pour Une vie à aimer. Juste ce titre m’aimante. Sa réputation n’est plus à faire comme journaliste, mais moi, c’est l’auteur, donc l’humain, qui m’intéresse. Tout me porte à croire que Michel Jean se dévoilera par cet écrit. Je réalise rapidement, en joignant la file, que fans rime avec femmes. Faut dire que « Une vie à aimer est un hommage aux femmes, le portrait poignant d’un homme qui jette un regard lucide sur le monde, sur les gens qu’il a croisés et, surtout, sur lui-même.

« Un livre d’homme qui pourtant ne parle que de femmes. Bonne lecture ! » si vous sentez concernés par cette dédicace, rien ne vous empêche de la faire vôtre !

Je me sens à l’avance très émotive pour ma visite prochaine à Gil Courtemanche, suivi de près par celle à Jean-François Beauchemin. Je ne me cache pas que ces deux noms servent d’hameçon jeté dans votre eau afin que vous replongiez pour la suite demain. L'on dit maintenant que le lecteur est un butineur, que son attention se lasse rapidement, première raison pour scinder mon texte. Et également, le lancement « Partie de pêche » qui mérite sa place d’honneur, je ne suis quand même pas pour vous l’expédier à mille mots à la minute !

À noter :
Notre ami Pierre-Greg nous entretient de sa vingtaine de dédicaces à la Lucarne à Luneau. Il a aussi assisté au lancement, vous aurez donc bientôt deux versions du même événement !

vendredi 19 novembre 2010

12 Finalistes - Prix des Libraires

Dévoilés cet après-midi au Salon du Livre de Montréal, presque en primeur, voici la liste des douze finalistes de chacune des catégories de l'Association des libraires ! ...

Je vais d'ailleurs tenter de lire le plus possible de titres de la catégorie que vous imaginez (!) avant le dévoilement des grands gagnants au mois de mai !


Catégorie Roman québécois
¤ Je voudrais qu’on m’efface, Anaïs Barbeau-Lavalette (Hurtubise)
¤ Paul et Claudel, Daniel dÄ (Hurtubise)
¤ La canicule des pauvres, Jean-Simon Desrochers (Les Herbes rouges)
¤ Les larmes de saint Laurent, Dominique Fortier (Alto)
¤ La constellation du lynx, Louis Hamelin (Boréal)
¤ Ceci n’est pas une histoire de dragons, Mathieu Handfield (Ta mère)
¤ Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles, Nicolas Langelier (Boréal)
¤ La petite et le vieux, Marie-Renée Lavoie (XYZ éditeur)
¤ L’Homme blanc, Perrine Leblanc (Le Quartanier)
¤ La ballade de Nicolas Jones, Patrick Roy (Le Quartanier)
¤ Petite armoire à coutellerie, Sabina Senez (Leméac)
¤ Attraction terrestre, Hélène Vachon (Alto)


Catégorie Roman hors Québec
¤ L’équilibre des requins, Caterina Bonvicini (Gallimard)
¤ La malédiction des colombes, Louise Erdrich (Albin Michel)
¤ Suite(s) impériale(s), Bret Easton Ellis (Robert Laffont)
¤ Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Mathias Enard (Actes Sud)
¤ L’école des films, David Gilmour (Leméac)
¤ Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer (Grasset)
¤ La carte et le territoire, Michel Houellebecq (Flammarion)
¤ L’homme inquiet, Henning Mankell (Seuil)
¤ Purge, Sofi Oksanen (Stock)
¤ Rosa candida, Audur Ava Ólafsdóttir (Zulma)
¤ Sukkwan Island, David Vann (Gallmeister)
¤ L’indésirable, Sarah Waters (Alto)

À Noter :

" L’auteur(e) doit résider au Québec. L’oeuvre doit être écrite, ou traduite, en français. L’oeuvre doit avoir été publiée en français, au Québec, entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’année qui précède la remise du Prix des libraires du Québec. Les livres primés doivent être un roman, un récit ou un recueil de nouvelles inédites. Un auteur qui a déjà remporté le Prix ne peut l’obtenir une seconde fois ".

Et maintenant ...

"
Une fois la sélection des titres complétée, vient le processus de votation, coordonné par
l’Association des libraires du Québec. Un bulletin de vote est envoyé à tous les libraires du Québec, (chaque employé de la librairie a droit à un vote, le bulletin de vote en fait foi, puisqu’il est accompagné de la signature de l’employé) qui, une fois rempli, le retournent à l’ALQ. La compilation s’effectue à huis clos à l’ALQ ".

jeudi 18 novembre 2010

Vrac en différé

Me voilà un peu fébrile à vous écrire aujourd’hui. Je vous le communique, car ça ne se transmet pas nécessairement par l’écrit !

Le Devoir au Cercle
De savoir que ce soir même nous passons chacun, Marsi et moi, une audition pour l’émission « Le Cercle » y fait pour beaucoup, mais il y a plus encore. Il y a également Le Devoir des écrivains du 17 novembre. J’apporte avec moi cet exemplaire spécial où l’actualité est vue par 33 écrivains. Une idée prometteuse pour apporter à l’attention des lecteurs du Devoir que le Salon du livre de Montréal s’amorce le 17 novembre jusqu’au 22. La pléthore d’écrivains enfermés dans ce carré de larges feuilles, c’est fabuleux. J’ai feuilleté l’exemplaire rapidement ce matin, assez pour attiser ma hâte, je réserve cependant une lecture plus approfondie dans la salle d’attente (1h 30) durant l’audition de Marsi. Ce qui est appelé une audition comporte un test écrit sur les connaissances générales suivi d’une simulation du jeu, là où nous devrons démontrer que nous sommes des personnes souriantes et dynamiques même en se creusant la tête !!

Notre festivité livresque

Notre journée « Salon » arrive, ça contribue à mon effervescence. C’est samedi et les heures de présence se déclinent ainsi :

¤ Au kiosque 466 - HACHETTE - Glénat-Québec pour son tout nouvel album collectif (6 auteurs) "Partie de pêche" – De 13 h 00 à 14 h 00. Le lancement aura lieu dans le même bâtiment, à l’Hôtel Hilton de la Place Bonaventure à 17 h 00.
¤ Au kiosque 353 - La Pastèque pour Miam miam fléau, - De 18 h 30 à 19 h 30.

Et quant à moi, je me promets une promenade parmi des auteurs que j’aime voir autant que lire : Michel Jean, Jean-François Beauchemin, Louis Hamelin pour leurs petits derniers « Une vie à aimer », « Le temps qui m’est donné » et « La constellation du lynx ». Moi, qui commence à réaliser que j’aime particulièrement les écritures de femmes, je n’ai que des hommes à l’horaire !

Mon Prix chouchou

Le nom des finalistes du Prix des Libraires sera annoncée demain au Salon du livre ... j’ai tellement hâte de la connaître !

Ce que les collégiens vont lire

¤ Tiroir no 24 de Michaël Delisle (Boréal)
¤ La Constellation du Lynx de Louis Hamelin (Boréal)
¤ Les Larmes de Saint-Laurent de Dominique Fortier (Alto)
¤ La Respiration du monde de Marie-Pascale Huglo (Leméac)
¤ Mon nom est Personne de David Leblanc (Le Quartanier).

Ces titres seront lus par les étudiants de 50 collèges et cégeps.
Remise du prix le 15 avril prochain.

Surprise !

Un premier roman remporte le Grand Prix du livre de Montréal :
Perrine Leblanc pour l’homme blanc – publié chez Le Quartanier

Le Cercle, aujourd’hui

Comme je n’ai pas eu le temps de poster mon billet hier, je peux maintenant vous dire que nos auditions à Marsi et à moi se sont très bien déroulées. Je gagerai n’importe laquelle de mes blouses que Marsi est un futur concurrent. Nous recevrons la confirmation de mon pressentiment en 2011, pas avant. Quant à moi, mes chances sont bonnes, mais je garde mes blouses, ou si je gage, c’est quelques boutons !

mardi 16 novembre 2010

Éteignez, il n'y a plus personne - Louise Lacasse (Prix Robert-Cliche)

Ne serait-ce qu'en lisant les phrases hameçon (theaser), se réalise aussitôt la divergence des opinions des cinq rédacteurs ce mois-ci :

Quand un roman vous donne envie d’éteindre votre lampe de chevet et d’échanger la lecture pour votre oreiller.
Maxime Jobin

Louise Lacasse propose un récit dynamique et plein d’humour. Cette histoire aux multiples personnages mêle des trajectoires individuelles et le portrait d’une région désertée par ses habitants.
Philippe Guillaume

Un premier roman qui a du potentiel… mais qui s’éparpille.
Mylène Durand

Une langue truculente qui ne réussit pas à sauver ce premier roman
Lucie Renaud

J’aime être déroutée, surtout quand c’est bien fait, j’entends par là avec un naturel où l’on ne soupçonne pas le « faire exprès ».
Venise Landry


Roman déroutant

Au départ, j’ai eu à m’habituer à cet humour subtil, d’une ironie pince-sans-rire. L’emploi sporadique du « nous » est un peu surprenant mais a créé une complicité avec le lecteur qui l’a emportée sur l’incongruité, qui allait dans le même sens que le style inclassable et, en cela, original.

Le regard de l’auteure sur le monde n’est pas accoutumé, en tout cas moi, je n’ai pas vu si souvent des mères avoir si peu d’instinct maternel, une femme de facteur si engagé, des fils en – Ric, Éric, Ulric, Bénédic – se ressembler tant et s’éloigner autant, une étudiante aussi impliquée que détachée. Sans tout énumérer, il y a matière à être déconcerté, ce que j’ai accepté de bon gré, vu l’aisance avec laquelle le tableau est présenté.

J’ai cru repérer chez Louise Lacasse une réelle faculté à donner pleine liberté à la fantaisie qui l’habite, congédiant un rationnel qui peut être inhibant. Un lecteur qui se mettrait en tête de passer à la loupe les incongruités pour évaluer le degré de plausibilité des situations pourrait en trouver, mais à mon avis, il se priverait surtout du plaisir d’être mené hors du sentier trop foulé des clichés.

Une auteure que je vais suivre, assurément.

samedi 13 novembre 2010

Petite armoire à coutellerie - Sabica Senez

Je ne sais pas où j’ai été cherché ça mais je croyais que c’était un roman conventionnel, avec des chapitres, des pages pleines, plusieurs personnages. La seule chose dont j’étais absolument certaine était de désirer le lire. Le titre et son air un peu vieillot m’attirait, point.

Ne l’ayant pas feuilleté (recouvert d’une pellicule plastique), je fus quitte pour l’étonnement en découvrant plusieurs pages remplies d’une seule ligne. Si je l’ouvre pour vous, là, au hasard « Ton silence est une lame sur ma gorge » couvre la page 60.

Un roman où se réfléchit une poésie existentielle. Un roman où l’on rencontre une femme qui ne réfléchit plus, tellement elle a mal à son cœur qui bat la démesure. La démesure du cœur qui vit pour quelqu’un qui n’est plus là. Cette absence pleine remplit les pages de savoureuses phrases. Un esprit fin habite chaque mot, un esprit souffrant pourtant.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une partition de musique, pour sa portée de silences qui s’entendent bien. Du déchaînement, des fausses notes, des croches, une pluralité de noires forment ce tout musical chantant une peine pleine d’amour.

Très inspirant ce petit volume qui remplit la main tendue de celui qui l’offre, et de celui qui le reçoit. Même si on ne s’emballe pas à chaque souffle, le tout rachète les parties.

Aux personnes qui portent en leur cœur une peine d’amour ancienne, aimant s’étourdir de l’opium poésie, c’est à prendre comme l’écrin s’ouvrant sur un petit bijou.

jeudi 11 novembre 2010

Un Prix pour chaque livre

Un Prix pour notre professeur !

Notre prof d’atelier d’écriture, Michèle Plomer, ne va pas que voyager en Chine, avec cette nouvelle fraîche, la France l’attend ! Comment le dire mieux que Sylvianne Blanchette de la Librairie Vaugeois :

Nous ne pouvions passer sous le silence que l'auteure de HKPQ, notre chouchou par excellence s'il en faut un, a reçu le Prix littéraire France-Québec! Ce prix, accompagné d'une bourse de 5000 euros, aide à diffuser et à mieux faire connaître en France les romans publiés au Québec. Si ce n'est pas déjà fait, nous vous suggérons fortement la lecture de ce sympathique roman. Nous le recommandons chaudement à nos clients depuis presque deux ans maintenant et nous ne nous en lassons pas! Merci à Mme Plomer d'avoir créé de si charmants personnages comme Poissonne et de nous faire visiter Hong Kong à travers ce sublime récit!

Prix en argent sonnant

Les cinq finalistes du Grand Prix du livre de Montréal de l’édition 2010 viennent d’être annoncés. Voici les cinq potentiels récipiendaires de la bourse de 15 000 $ :

¤ Marie-Claire Blais, Marie au bal des prédateurs (Boréal)
¤ Louis Hamelin, La constellation du lynx (Boréal)
¤ Perrine LeBlanc, L’homme blanc (Le Quartanier)
¤ Miguel Syjuco, Ilustrado (Penguin)
¤ Élise Turcotte, Ce qu’elle voit (Noroît)

C’est le 16 novembre que nous connaîtrons le lauréat de la bourse de 15,000 $. Je ne voudrais pas décourager personne en le disant, mais se frotter à La constellation du lynx, hum ... ce sera pas évident de s’en tirer gagnant. Même si j’essaie d’éviter les pavés (600 pages), je vais être « obligé » de le lire celui-là !

Prix en devenir

Aujourd’hui est la première journée de délibération du jury pour le Prix des Libraires. C’est mon prix chouchou, sans vraiment trop savoir pourquoi. Peut-être parce que je le sens plus près de moi, peut-être est-ce parce qu’il m’apparait avoir une incidence plus marquée sur les ventes, peut-être parce que l’opinion des libraires m’importe ... enfin, j’imagine que c’est pour tout ça !
Donc, une palpitante histoire à suivre pour moi et ... pour nous ?

C’est pas chouette !!! - - -Tiré du magazine Le Libraire :

Un scandale aussi tragique qu’absurde a éclaté la semaine dernière en Inde. Selon le ministre de l’Environnement du pays, Jairam Ramesh, le succès d’Harry Potter menacerait en effet la population de chouettes d’Inde.

Dans Harry Potter à l'école des sorciers, une chouette au plumage blanc nommée Hedwige est offerte à Harry pour son 11e anniversaire. L’oiseau majestueux devient, jusqu’au dernier tome de la série, le fidèle compagnon du jeune magicien.
Or, la fascination pour la saga de J.K. Rowling pousserait les jeunes lecteurs du monde entier à exiger leur propre chouette Hedwige, faisant accroître de façon inquiétante la contrebande d’oiseaux provenant de l’Inde.

Pour le ministre de l'Environnement, la chute de la population de chouettes serait ainsi causée par la vente de ces volatiles offerts aux enfants en guise de cadeau d'anniversaire.
Informée de la situation, Rowling en personne est intervenue pour demander au peuple de cesser cette exportation, rappelant l’aspect cruel de ce commerce.

Illustration tiré de ce site

lundi 8 novembre 2010

Je ne veux pas mourir seul - Gil Courtemanche

“À la première femme qui parce qu’elle est la première devient la dernière femme » - Cet exergue donne un indice révélateur ; ce roman autofictif parle plus d’amour que de mort.

Sous ce titre, Gil Courtemanche, journaliste et romancier reconnu pour son franc-parler et son côté dénicheur de réalités méconnues, fait plus que s’épancher, il se confesse. Et je vous prie de me croire que je n’abuse pas du mot « confesser ».

Il recevra le congédiement de celle qui l'aime depuis huit ans, par courriel. Ça donne un choc : « La mort est plus subtile, c’est un cancer qui s’annonce, un courriel qui dit « Je te quitte ». Et quelques raisons suivent. Elle est en Afrique, moi en Europe. Je croyais que nous étions heureux et me voici mort ou presque par un simple courriel. » Cet homme, qui a reçu sa première condamnation par courriel, en recevra une autre : cancer du larynx. C’est à prendre ou à laisser ! L’option de « prendre ou laisser », il la jaugera tout au long du roman divisé par chapitres qui alternent entre la vie et la mort. Peu de différences entre les deux qui se côtoient intimement dans sa situation d’homme réalisant dans la souffrance l’ampleur de l’amour qu’il portait pour Violaine.

C’est la déclaration d’amour la plus troublante que j’ai lue jusqu’à date, puisque je n’y ai trouvé aucune culpabilité malsaine, ou ton plaintif, ou état de victime à défendre. S’entend le cri douloureux de l’éveil de l’homme réalisant combien il a raté d'occasions d’exprimer l’intensité de son amour, et pour toutes sortes de raisons sottes ... qu’il confesse sans se ménager. Je me suis bien sûr demandé si cet acte de lucidité et d’humilité n’était pas un dernier cri lancé à l’aimée. Qu’elle entende au moins la clameur vibrante de son amour qui survit, et même grandit, à son départ.

Le récit s’intensifie de cette bataille pour garder sauve sa vie, tandis que Gil Courtemanche n’y tient pas. Voici le cœur même du drame. « Car, dans ce testament, je ne veux léguer qu’une chose : cet amour absolu qu’elle n’a jamais compris. [...] Des mots, même inspirés par la mort qui rôde autour du stylo, ne seront toujours que des mots qu’elle ne lira qu’après mon décès. Peut-on léguer une douce caresse, un regard admiratif, l’ennui d’un parfum ? »

Eh bien, oui, on le peut, monsieur Courtemanche, on le peut, puisque vous l’avez fait. Cependant, votre lègue ne sera peut-être pas relevée par la personne visée, mais à d’innombrables autres. Et je l’espère, pas seulement aux femmes, aux hommes aussi. « Le besoin n’est pas la dépendance, ma chérie, c’est la reconnaissance de la force et de la richesse de l’autre. Ce n’est pas non plus un jugement négatif sur soi, un aveu de faiblesse, c’est l’acceptation du fait qu’exister seul et sans besoin d’un autre est une forme de pauvreté ou d’orgueil mal placé. »

Et sa déclaration d’amour posthume de continuer de vivre au-delà du temps :

« Avant toi, je ne savais pas que l’on pouvait mourir du souvenir d’une crème du matin au parfum d’amande. Je ne savais pas que le bruit des pas qui reviennent à la maison pouvait enchanter plus que toutes les récompenses et les prix du monde ».

Et c’est un homme qui en a reçus qui l’affirme.

mercredi 3 novembre 2010

D'un pont à l'autre

Parce que du plus personnel m’occupe, le Passe-Mot ne passe pas le mot très souvent. Ce soir, je le refile à la plus silencieuse des Babillardes qui s'éveille pour vous conter fleurette et sa vie de château*. Si ça vous intéresse, passez la visiter, elle adore !
Peux quand même pas me sauver sans un mot sur la littérature, non mais quand même, je sais vivre !
Il me reste que quelques pages à lire de « Je ne veux pas mourir seul » de Gil Courtemanche. Je suis déjà à même de dire que je comprends tout à fait qu’il soit en lice (titres ci-dessous) pour le Prix du public du Salon du livre de Montréal :
Nelly Arcan, Paradis clef en main (Coups de tête)
Gil Courtemanche, Je ne veux pas mourir seul (Boréal)
Michel David, Un bonheur si fragile (Hurtubise)
Delaf et Dubuc, Les Nombrils - Duel de belles (Dupuis)
Nadine Descheneaux, Les Secrets du divan rose - Oui, non… peut-être? (Boomerang)
India Desjardins, Le Journal d’Aurélie Laflamme (Intouchables)
Dany Laferrière, L’énigme du retour (Boréal)
Jean-Jacques Pelletier, La faim de la terre (Alire)
Michel Rabagliati, Paul à Québec (La Pastèque)
Louise Tremblay-D’Essiambre, Mémoires d’un quartier (Guy Saint-Jean)
Fait notable, sur les dix finalistes : deux auteurs disparus et deux bandes dessinées. Et quant à être dans le sujet, bande dessinée/salon du livre de Montréal, Marsi y sera doublement cette année.
Le samedi 20 novembre, grosse journée pour Marsi ! Au kiosque Glénat-Québec, il donnera une séance de signatures pour « Une partie de pêche » à 13 h, avant même que cet album (collectif) soit lancé quelques heures plus tard à 17 h. Suivra au kiosque La Pastèque, à 18 h 30, une séance de dédicaces pour Miam miam fléau qui continue son petit bonhomme de chemin. Petit bonhomme ira loin ! Je pêche pour ma paroisse bien sûr, et ça ne fait de mal à personne, puisque toutes les paroisses sont bienvenues !
À notre retour de Québec, en mission de repérage pour Colis 22, le projet dans lequel Marsi travaille fort, je vous donnerai mon impression du roman très personnel de Gil Courtemanche « Je ne veux pas mourir seul ».
À très bientôt !
* Photo du Château de Frontenac que j'ai été dans l'impossibilité de rajouter à La Babillarde.

samedi 30 octobre 2010

Nos échoueries - Jean-François Caron

La Recrue du mois.
À visiter ... on s'est mis beau ! Et nous sommes maintenant un webzine.

Avec du Gilles Vigneault en exergue, je m’attendais à un style poétique et sur ce point, pas de déception.

En fait, je me suis demandé à plusieurs reprises pourquoi je devais forcer mon attention pour ne pas quitter Sainte-Euphrasie, puisque je n’avais rien, tout au contraire, à reprocher à une langue de très haute qualité.

Serait-ce parce que l’auteur nous confine dans un village et que nous y naviguons, non par le cœur des gens, mais par la langue justement, et ses très nombreuses descriptions ? Pourtant, je ne suis pas du genre à sauter les descriptions pour passer à l’action quand je suis tenue par une intrigue mais, à un moment, comme dans n’importe quoi, trop c’est trop.

Malgré tout, ma réponse à ma difficulté à me concentrer, certains diraient embarquer, m’apparaît incomplète. Je me souviens d’ailleurs où j’ai commencé à décrocher ; un certain chapitre où le nouvel arrivant au village vole un matelas abondamment souillé abandonné derrière l’hôtel voisin. Qu’il soit si troublé de voler un déchet m’a franchement égarée. C’est dans la maison de son enfance vidée qu’il couchera sur ce qu’il nomme « son matelas de suicidé ». Suis-je passée à côté d’une part de la symbolique; les personnages importants de son exil disparaissent et je n’ai pas su en comprendre le sens, pas plus que la symbolique du matelas, du feu, de la Farouche en Marie.

Cependant, j’ai cédé à l’intrigue de la relation avec sa Marie, à qui il s’adresse tout au long du récit. Cette part m’apparaissait claire, malgré un questionnement intense et les nombreuses nuances. D’ailleurs, la fin m’est apparue forte.

Je le répète, j’ai apprécié la justesse de la langue, trouvé original l’emploi du futur projeté dans le présent du récit et suis resté coite d’admiration devant l’esthétique de certains phrasés. Cependant, m’a irrémédiablement manqué une relation plus directe avec les personnages, avec cette impression dérangeante qu’un filtre m’empêchait de les rencontrer.

Et si l’option était de nous faire ressentir l’ennui de vivre dans ce village qui se meurt à petit feu, eh bien, mission réussie, je me suis identifiée au personnage heureux de le quitter !

Quatre autres opinions à La Recrue, une présentation de l'auteur et des questions. Nous y allons à fond. Vous saurez tout ... ou presque !

mercredi 27 octobre 2010

Écriture quand tu nous tiens

Bon, me voilà ! Pas mal occupée ces temps-ci, je me suis enfin attelée à un projet d’écriture personnelle. Et ce ne sera pas un roman, plutôt un récit, appelons ça un témoignage. J’en ai pour au moins un an à l’écrire et il y a une excellente raison pour cela, que je ne peux et ne veux pas dévoiler tout de suite. Un peu comme l’embryon dans le ventre, certaines mères l’annoncent haut et fort dès les premiers jours du « oui », d’autres attendent et c’est souvent des personnes qui ont peur de la fausse couche. J’ai peur de la fausse couche. Pour une fois que je suis décidé à coucher mes mots dans un projet de longue haleine !

Et de un !

De deux, je me suis jointe à un atelier d’écriture avec Michèle Plomer. Quand une de tes écrivaines préférées, habitant à une quinzaine de kilomètres de ta demeure part un atelier intitulé « Terre à terre », d’une durée de six semaines, tu ne te fais pas prier. En plus, j’ai un bonus, Marsi y participe aussi ! En cette première soirée de rencontre hier, Marsi a été le bonus mâle pour huit femmes. Les femmes sont lectrices et sont écrivaines, les femmes aiment les mots, qui dira le contraire !

Pour mon plus grand plaisir, Marsi s’est senti très à l’aise. Submergé par un projet de roman graphique, ça tombe en plein dans ses préoccupations du moment. Et puis, il faut le dire, le groupe est très sympathique. Des femmes allumées ! Certaines forment déjà un groupe qui se rencontrent régulièrement pour s’encourager, s’aider mutuellement, et c’est chacune leur tour qu’elles remplissent le rôle d’animatrice. J’ai aimé voir le respect se dégager des unes envers les autres.

Et l’auteure, elle, Michèle Plomer ? Elle a une manière de nous faire travailler, en ne nous martelant pas son savoir, nous aidant plutôt à aller chercher nos réponses. Elle réussit à passer son message, comme si on l’avait trouver toutes* ensemble. Ainsi, je me dis que l’info risque d’aller s’imprimer sur les méninges et d’y rester. En conclusion, je suis très contente de ce que j’ai vu et appris, qui s’annonce très différent de l’atelier « Comment entreprendre son premier roman » avec l’auteur, André Jacques , spécialiste du roman policier. Lequel j’avais aussi beaucoup apprécié. L’occasion de voir sous deux angles différents, c’est ce qui me plait.

En quittant pour mieux vous revenir, je précise que je mettrais bientôt en ligne ma critique sur Nos échoueries de Jean-François Caron. C’est La Recrue du mois d’octobre, mais je ne l’ai pas encore amenée par ici comme je le faisais auparavant. C’était mon astuce pour vous amener à aller vous balader sur notre site renouvelé de fond en comble. J’ai terminé la lecture de la prochaine œuvre sur la sellette le 15 novembre, nous devons maintenant remettre nos « papiers » deux semaines à l’avance. Le suspense demeure entier, webzine oblige !

* pour la circonstance, je fais gagner le féminin sur le masculin !

lundi 25 octobre 2010

Éparpillé de Benoit Roberge

Vous filez pour du léger, très léger, pour de la « chick lit » masculine, vous aimez l’humour en général et l’humour caustique en particulier, cette histoire d’un coup de foudre au cœur d’un été montréalais est peut-être pour vous.

Mais il n’était pas pour moi.

Je commence à conclure que moi et l’humour de Benoit Roberge, nous nous accordons moins que plus. Ce qui me permet de l’avancer est ce Cas Roberge, film que j’ai vu au cinéma. J’ai réalisé qu’à la toute fin qu’il s’agissait du même Benoit Roberge, réalisateur, scénariste et maintenant romancier (son premier).

J’ai écouté l’homme en entrevue, je le trouve sympathique, mais un peu brouillon. Éparpillé est à son image. Je ne nie pas avoir savouré quelques unes de ses critiques sociales bien tournées, surtout avant que la foudre transperce son cœur de bord en bord. Le personnage nommé Louis de Gonzague tombe éperdument amoureux d’une serveuse qu’il lui sert un jour son café dans une Croissanterie. Et qui disparait, s’éclipse, ne revient plus jamais travailler à ce Café. Qu’il regrettera d’avoir manqué l’occasion de se faire valoir à ses yeux ! Il lui a cependant laissé un petit message sur papier blanc.

Le fait qu’il passera sa vie à l’imaginer, la rêver, la chercher m’a lassé. Il en met tant et tant sur cette femme (évidemment le propre de la chick lit), que ça en devient pathétique. Son humour rase-mottes ne soulevant plus que de la nostalgie et de l’apitoiement, il devient une victime, et une victime porte moins bien l’humour mordant, vous ne trouvez pas. Peut-être que son esprit drolatiquement spirituel aurait sonné autrement n’aurait été de ce grand coup du destin.

Il ira la chercher dans tous les coins et, même en Europe, sa serveuse londonienne aux lunettes surdimensionnées. Je vous donne une idée de cette apparition de ses rêves :

« Pour se tenir en équilibre et se mouvoir avec fluidité dans l’espace, elle porte des souliers plats du genre petite Chinoise soumise. Aux pieds d’une granola défraîchie, ces mocassins provoqueraient en moi une profonde répulsion, mais elle, elle les porte divinement bien. L’ouverture sur le dessus laisse deviner un pied blanc et tendre au bout duquel fleurit un crescendo d’orteils savoureux et morphologiquement parfaits. Pour la saveur, je sais, j’anticipe effrontément. Mais comme j’aime anticiper, je dirais nougat suisse et miel d’Orient. Les chevilles sont fines. Mais je devrais les qualifier autrement, parce que des chevilles fines, on entend ça tous les jours. C’est commun, des chevilles fines. C’est banal. C’est comme des joues creuses, des nez aquilins et des mentons proéminents. »

Service de presse
- Éparpillé de Benoit Roberge, Éditions Les Malins, 196 p.

jeudi 21 octobre 2010

Il y était une fois les blogueurs

Samedi, le 9 octobre, j’ai vécu une grosse soirée. Ce genre de moment qui rallie la vie virtuelle, dans laquelle je passe énormément de temps, avec la réelle.

Cette soirée est venue du désir de Sandra Gordon à son premier roman, Les Corpuscules de Krause, d’un lancement sans prétention et flafla, juste du réchauffement de cœurs. Cette Sandra, avec son blogue La Cour à Scrap, s’est attiré plusieurs adeptes virtuels. Dont, moi. Dans son espace, qui m’intimidait au début, je stationne régulièrement mon imagination, il y règne cette liberté d’expression qui sonne comme une invitation.

Ce lancement a trainé dans son sillage deux événements; la rencontre d’une vingtaine de blogueurs autour d’helenablue, grande blogueuse devant l’éternel, venue expressément de Lille en France pour y assister (!!!), suivi de près par la prestation musicale de Masatak (L’homme renversé). Cet happening livre qui unit, réunit, fait la fête, n’aurait pas atteint cette réussite sans un tisseur de liens, Christian Mistral, que j’ai eu, enfin, le plaisir de rencontrer. Il était à peu près temps !

Justement, le plus frappant pour moi fut de rencontrer des personnes dont, pour la grande majorité, j’avais rencontrées dans l’antichambre de leurs mots seulement. En général, c’est la méfiance dans ce genre de « blind party » ; comment faire confiance à des gens camouflés derrière des écrans, le risque est grand de s’y aventurer sans ceinture de fausseté. C’est vrai que tout aurait pu arriver, qu’on se regarde de travers, que des tensions pointent jusqu’à prendre des chocs électriques, et presque pire, que le son sonne faux. Eh bien, désolé de décevoir les plus pessimistes : non, tellement non ! Il régnait dans ce Bar l’Absinthe plus que du respect, c'est l’admiration qui circulait d’une tête à l’autre, et l’association des pseudos avec cette tête qui le porte s’accompagnait de sourires heureux et victorieux « C’est lui ! C’est elle ! ». Même exclamation qu’à la découverte d’un trésor ! Et c'était ça aussi qu'on découvrait, des trésors.

S’aimer déjà avant de se rencontrer, n’est-ce pas un peu magique ? Ça donne toute la valeur aux mots, serviteurs de l’esprit. L’apparence ne précédant pas l’esprit, elle ne fait pas sa loi instantanée parce que conditionnée. J’aime l’idée. Elle me fait penser à la frappante histoire de Cyrano de Bergerac qui a passé à côté de l’amour de sa vie, à ne pas assez faire confiance à ses mots d’esprit.

Ce ne fut pas pour autant une soirée de mots, non justement, il s’en était déjà tellement échangés, et depuis si longtemps, ce fut plutôt une soirée de regards. Une soirée où se voyait de l’assouvissement dans les yeux qui regardent la forme de l’autre pour s’en repaître. Réaliser que les quelques déguisements derrière les écrans en sont des heureux, des imaginatifs, où l’auteur d’un personnage dépasse son personnage. De voir s’articuler les auteurs de blogues, d’entendre leurs échos de voix résonner dans un joyeux brouhaha, m’a nourrie. D’un mouvement lent et concentré, le virtuel rejoignait le réel, et les deux s’unifiaient. S’unifiaient mes deux vies. Je me suis vue et vécue dans un seul morceau cette soirée-là.

Marsi était présent, lui qui navigue peu dans les eaux virtuelles, mais il était loin d’être le seul, je pense au conjoint d’helenablue, au conjoint de Maxime, à la conjointe de Christian Mistral. Ces fidèles compagnes, compagnons, j’ai cru les voir boire à même notre folie effervescente.

Bien entendu, je ne suis pas la première à parler de cette soirée mémorable, plutôt même la dernière ! Si vous êtes curieux de nous surprendre en pays de reconnaissance, de un, Christian a créé un montage avec les photos de Patrick Natier, conjoint d'helenablue qui, bien sûr nous entretient de son expérience québécoise de quatre jours avec verve et émotion. Eh là, là juste avant de mettre en ligne, je découvre un montage à la touche personnelle helenablue, un Carnet de voyage qui prend au coeur, illustre son propos et rejoint le mien.

Et bien évidemment à lire absolument les commentaires de Sandra Gordon par qui tout a commencé ...

Et continue !

* * *
Photos, regardez-y les yeux :
1. Sandra Gordon dédicace sous trois paires de yeux passionnés, ceux de sa soeurette, les miens et ceux de Maxime.
2. Christian Mistral, une tête au-dessus, l'oeil heureux !
3. helenablue, femme si comblée par une poutine, qu'elle s'en ferme les yeux (pour ne pas voir le gras j'imagine) !
4. Ces blogueuses ne s'étaient jamais vues : Mc Doodle et Sandra. Elles se dévorent des yeux.
5. Les yeux du si précieux photographe, Patrick Natier.

lundi 18 octobre 2010

Lancement collectif : 42 auteurs

Je l’ai promis de vous glisser deux mots sur le sprint de ma présentation de 42 auteur-es, et bien sûr que dans mon cas, deux mots égalent deux cents. Minimum !

Je vous raconte. Nous arrivons au Salon du livre de l’Estrie un peu avant 18 h, nous nous dirigeons vers le kiosque de l’Association des auteurs (AaaCe), très bien situé cette année, occupant un coin et plus espacé que l’an passé. Ce n’est pas un luxe si l’on considère la quantité d’auteurs exposés, la majorité des maisons d’édition en ont rarement autant. Marsi s'installe, prenant la place de July Giguère qui finissait une séance de dédicaces pour son recueil de poésie « Rouge, presque noir ». Pour les deux ; aucune visite, aucune vente. C’est que le Salon était, à cette heure, assez désertique. Pendant que Marsi attend sa visite bien calé dans un fauteuil bas, tout petit derrière sa table, et qu'Hélène en charge du kiosque se désâme pour attirer les visiteurs, je suis partie à la recherche de la Salle Alfred Desrochers. Arrivée trop tôt, pas un chat, que le technicien au fond de la salle, je rebrousse chemin, reluquant au passage des kiosques pleins de livres et vides de monde. Je retrouve Marsi en discussion animée avec Mylène Dumas-Gilbert, une fidèle au poste, campant presqu’au Salon, tellement elle tient de séances de signature dans diverses maisons d'édition.

Bientôt 19 h, je retourne à la Salle, empressée de vérifier ma longue liste de huit pages avec Francine qui avait monté les fiches de chaque auteur accompagné d’une photo de leur œuvre sur écran géant. En fait, c’est cette liste que j'ai mise à ma main (et à ma vue !) qui m’a sauvée du bafouillage et des hésitations et m’a permise de m’abandonner à la salle et aux écrivains qui se levaient quand je les nommais. L’assistance a vite compris que les applaudissements iraient aux écrivains présents, pas les absents, ce qui fait que la cérémonie s’est vu accélérée. On m’avait demandé de ne pas outrepasser 45 minutes, et même 30 si possible, j’ai accompli le tout en 18 minutes ! On m’en a félicité puisque la cérémonie a commencé 15 minutes plus tard. On attendait, entre autres, le photographe .... Le photographe improvisé, nul autre que mon Marsi qui est arrivé à la rescousse palliant au fait que personne n'avait d'appareil photo. Une fois mon homme assis dans l’assistance, il ne pouvait plus rien m’arriver ! J’attendais mon tour, en écoutant le discours de la présidente, Suzanne Pouliot, assise confortablement sur un sofa sur la scène, ce qui m’a aidé grandement à rester calme. Comme si j'étais dans mon salon !

Heureusement que le lancement des 42 auteurs s’est déroulée prestement, puisque les deux présidents de jury des six oeuvres finalistes, trois pour le Prix Alfred-DesRochers :

Les chevaux approximatifs - un hommage aux formes de Michel Garneau
Feu blanc – Contes de la lune d’Éric Gauthier
Nous ne vieillirons pas de Patrick Nicol

Et trois pour le Prix Alphonse Desjardins :

Le tombeau de Carlo Michelstaedter de Jacques Beaudry
Le féminisme québécois raconté à Camille de Micheline Dumont
Archiver l’anarchie : le Capital de 1969 de Jacques Julien

ont tous deux donné une appréciation étoffée de chacune des œuvres en lice. Mais, il fallait des gagnants et les derniers furent les premiers !

Prix Alfred-DesRochers : Nous ne vieillirons pas de Patrick Nicol
Prix Alphonse Desjardins : Archiver l’arnachie de Jacques Julien

Fait assez cocasse, Jacques Julien (à gauche sur la photo) a déjà été le professeur de littérature de Patrick Nicol (à droite).

* * *

Malgré ma fierté d'avoir sorti mon épingle du jeu, je suis partie bien désolé du manque de dynamisme que j’ai cru percevoir dans ce Salon du livre de l’Estrie ce soir-là ... un vendredi quand même ! L’utilité d’un Salon à notre ère est une toute autre question et certains dans le milieu se la posent.

jeudi 14 octobre 2010

15 OCTOBRE

Demain est un grand jour. Quasiment trop grand pour moi.

Premièrement, il y a le nouveau site de la Recrue et toutes les surprises qu’il recèle. Il est prêt. Mais je ne l’ai pas vérifié personnellement ... il est verrouillé ! Un peu comme les futurs mariés qui ne se voient pas la veille, histoire de mieux se retrouver, habillés dans du beau et du nouveau. Depuis presque un mois, il est sous clé, pour préserver l’entièreté de la surprise.

Alors, demain, je découvrirai La Recrue en même temps que vous. C’est ça l’idée, ne pas lire à l’avance ce que les autres rédacteurs ont écrit. J’ai hâte. Vraiment, vraiment hâte. Un dodo et puis ça y est !

On va s’en reparler n’est-ce pas ? Vous me direz qu’est-ce que vous en pensez, si nos changements vous plaisent.

Et de UN !

De DEUX maintenant. En ce 15 octobre se rallient deux de mes passions : la scène et la littérature. En effet, je présenterai La Grande Cuvée : 42 œuvres d’auteurs des Cantons de l’Est au Salon de L’Estrie qui s’illustre cette année. Comme je fais partie du conseil d’administration de l’Association des auteures et auteurs des Cantons de l’Est (AaaCe), on me l’a demandé et j’ai accepté avec plaisir. Malheureusement peu de temps est alloué à chaque auteur Imaginez-vous un lancement collectif de 42 auteurs !! et dans la même cérémonie, deux distributions de Prix, Alfred-DesRochers et Alphonse-Desjardins. Il y aura six finalistes dans la salle - trois pour un et trois pour l’autre - assis sur des charbons ardents.

Je vous tiendrai au courant, je vais être en première ligne de l'information.

Demain, c’est aussi l’anniversaire du départ de ma chère maman. Alors, ce fameux 15, une journée chargée dans mon cœur et dans mon corps.

Je voulais vous le dire.

À plus !

mercredi 13 octobre 2010

Abandon de lecture (et Marsi à Pyramide)

J’ai branlé dans le manche avant de vous écrire ce billet. Premièrement, par manque de temps, l’excuse classique. Et là me voici à l’extrême limite ; dans moins d’une heure, une des nouvelles sera passée date ! Alors, celle-là, je vous la dis tout de suite : Marsi passe (ou passera) à l’émission Pyramide à 17 h (nous sommes mercredi, le 13 octobre). Il est un des concurrents, alors si ça vous tente de lui voir la binette quand il est stressé, vous avez beau !

Ma deuxième nouvelle peut prendre des tournures de sondage. Êtes-vous au courant que certains blogues littéraires, comme le mien par exemple, reçoivent des livres en service de presse ? Si vous vous en doutez sans en être certains, je vous le confirme là, tout de suite, dans l’instant, c’est oui.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’après réflexion, j’ai une question à vous poser : est-ce que ça vous intéresserait que je rajoute cette info à la fin du billet : « service de presse » ? Bien plus que ça, je devrais, toujours si ça vous intéresse, rajouter « service de presse approuvé » (par moi), puisque je reçois aussi des surprises, ce qui fait une nette différence pour moi. Quand il est approuvé, c’est que le livre m’attire, quand il ne l’est pas, je serais probablement passé à côté. Je fais des trouvailles intéressantes bien sûr, mais l’inverse est aussi vrai, je peux être déçue, entendre par là que je peine à terminer le roman. Je suis peut-être plus catholique que le pape mais je me suis toujours fait, jusqu’à date, un honneur de lire chaque service de presse. Mais ... mais... je commence à penser à me rajouter de la latitude ; quand je n’ai pas approuvé un service de presse, j’ai l’intention de me donner la permission de l’abandonner, si la lecture est le moindrement ardue. Je vais vous dire pourquoi. Pendant ce temps, certaines de mes lectures choisies ou reçus en cadeau et certains services de presse approuvés attendent sur une tablette qui commence à caler vers le bas, courbée dans un dangereux rictus. Pauvre tablette ! ...

Je ne transposerai pas toute l’émotion sur ma tablette ... non, il y a aussi du « pauvre moi », de ce moi qui tient à conserver intact son plaisir pour la lecture, et le commentaire de lecture.

L’abandon en soi est une forme de commentaire de lecture, malgré tout, je compte y rajouter le « pourquoi » qui ouvre sur l’horizon de possibles lecteurs qui seront stimulés de vérifier s’ils partagent ma vision. Je n’ai pas vraiment apprécié ma dernière lecture, vous l’avez probablement remarqué, mais avez-vous aussi remarqué que ça a donné à deux personnes l’envie d’aller vérifier si elles partageront mon avis après l'avoir lu. J’ai particulièrement apprécié ces prises de position qui sont venues compléter l’amorce de ma réflexion. Et c’est sans compter ceux et celles qui auront terminé ce roman, que moi j’aurais abandonné, ça offre l'espace pour l’exprimer.

Donc voilà, tout ça pour vous dire que je vais commencer à me permettre l’abandon de certains livres. Savez-vous que ça va me demander un effort, au début à tout le moins ? J’ai mis tellement d’énergie à terminer certains romans parfois, en me répétant que c’est le respect que je dois à un livre que je traite comme une personne, et je ne choisis bien sûr pas de couper la parole à une personne. Alors voilà pourquoi mon dilemme n’était pas facile à résoudre.

N’oubliez pas de vous exprimer à savoir si l’info « Service de presse approuvé (par moi) » vous intéresse !

Bon, j’avais un autre sujet, j’y reviendrais car sinon, mon premier sujet « Marsi » à Pyramide sera non pas passé date, mais passé l’heure ...

Merci de me suivre assidument, je l’apprécie, et à tous les jours.

samedi 9 octobre 2010

Tuer Lamarre de Simon Girard

Deuxième roman de Simon Girard, auteur de Dawson Kid en 2007. Je suis assez curieuse de voir la suite des choses pour un jeune auteur. Son premier roman s’est fait qualifier de roman « coup de poing », pour Tuer Lamarre se lit sur le quatrième de couverture la même épithète « roman coup de poing », portant sur des sujets très dissemblables. Dans cette histoire brève qu’on peut quasiment qualifier de novella, il s’agit d’abus sexuels au pluriel, celle du père quand il était enfant, et celle du fils de ce père.

J’ai embarqué dans la partie du début où il est question de l’abus perpétré sur le père, même si étonnante, j’ai cru à cette histoire de dame âgée qui abuse de l’innocence d’un garçonnet. Là où j’ai commencé à décrocher est quand l’homme, maintenant en couple et père lui aussi d’un enfant, réalise en lisant dans les yeux de son fiston, que son garçon vit la même chose qu’il a vécu, à la différence près que l'abuseur est un homme. Comme l’abus vécu par le père n’a jamais été assimilé, encore moins accepté, il devient un très mauvais conseiller pour son fils. Attention, quand je dis un « mauvais conseiller », je sors déjà du résumé qui se voudrait objectif, et je tombe au cœur de ma propre subjectivité, parce que je suis loin d’être sûre que l’auteur ait voulu démontrer que ce père était un pitoyable conseiller. Une aura de victoire ressort plutôt du tandem père-fils devenu une force mue par leur complicité vengeresse.

Mais ce sont les lois du fictif, et l'auteur en est le roi absolu, aussi le problème ne se situe pas à ce niveau mais plutôt que la lectrice que je suis n’ai pas du tout cru à cette histoire de père qui se laisse téléguider par l’esprit de vengeance de son fils. Cette froide et cruelle vengeance du fils, qui jamais ne dira un seul mot sur ce qu’il a vécu avec son abuseur, m’est apparue tellement improbable ! Si encore, il avait été question d’un adulte, mais un enfant de 11 ans, quand il a été abusé sur une longue période ne devient pas du jour au lendemain le dominateur impitoyable d’une situation dont il a été victime. Assez pour que son père se fasse un devoir de mettre à exécution chaque désir exprimé par l’enfant. Et toujours, sans un mot, sans une confession, seulement sous l’effet d’échanges de regards, l'entente tacite surgit assez pour que le duo se mette en état de marche.

Vient se rajouter l’histoire du couple homme et femme (père et mère du fils). Cette fois, c’est le père qui entraine le fils dans sa vengeance d’homme qui se sent victime d’une femme trop « contrôlante ». Que le fils soit mêlé à l’histoire du couple ne m’a pas seulement mise mal à l’aise mais plus grave encore, c’est mon impossibilité de croire qu’un enfant venant de dévoiler un si terrible secret (même si dans le silence de la complicité), au lieu de s'effondrer reste jusqu’au bout le témoin complice de la vengeance du père, perdant du coup la consolation et la compréhension de sa mère.

La vengeance est le leitmotiv de cette histoire. La seule cohérence que je peux y voir est qu’encore une fois la démonstration est faite que l’absence de mots pousse à poser des gestes violents. Mais si encore j’y avais cru, cela aurait sonné plus juste.

lundi 4 octobre 2010

Les Jérémiades - Simon Boulerice

Ce roman, c’est l'auteur lui-même qui m’a donné le goût de le lire. J’avais retenu de sa présentation aux Correspondances d'Eastman qu’on y parlait des amours de l’enfance aussi intenses que celles à l’âge adulte. C’était peu dire. Plus intenses que ça, tu meurs !

Les jérémiades, dans le sens propre du mot (plaintes sans fin qui importunent) de Jérémie 9 ans en est la forme mais le fond, lui, cerne le sentiment amoureux, l’ultime, celui dans lequel on se fond et se perd dans l’autre à force de vouloir lui plaire. Comment expliquer à un enfant la maturité pour rester soi-même devant le regard gourmand d’un ado, roux par-dessus le marché ? Et les parents là-dedans, peuvent-ils le conseiller ? Bien sûr que non, tout de même pas assez fou pour se montrer au grand jour, le petit Jérémie. De jouer avec l’interdit, d’avoir à mentir et faire semblant, lui retire peu à peu de son innocence.

Ce roman va très loin, repousse les préjugés et les conventions comme des broussailles encombrants un sentier fait pour avancer vers l’avant. Un pré-requis absolu pour le recevoir de cœur à cœur ; l’ouverture. Beaucoup, beaucoup d’ouverture pour accepter qu’éprouver l’amour à cet âge, ça fait grandir vite, trop vite. Si on s’attend que des enfants, ça ne fait que jouer et aimer les bonbons, si on n’arrive pas à se débarrasser d’une morale conventionnelle, on risque d’être choqué des propos tenus ici.

J’ai moi-même marché sur la corde tendue de mes principes me demandant parfois si j’allais basculer dans l’indignation du « ça se fait pas ». Les lois du fictif me ramenait à l’ordre ; Simon Boulerice est justement un romancier à l’état pur, il magnifie, se laisse emporter par l’exagération, s’abandonne à l’outrancier, ne se censure pas. Si on se laisse décoller, chevauchant la grandeur des émotions dépassant les personnages, tant mieux. Sinon, eh bien, on reste par terre en risquant de passer son temps à rouspéter !

J’ai aimé que les personnages ne s’appartiennent plus - surtout Jérémie ! - ça m’a fait réaliser que ce n’est plus si courant finalement. C’est une force cette capacité de s’abandonner à ses personnages et, à mon avis, ça va mener loin cet auteur, en même temps que son style déluré au rythme presque dansant. Les dialogues sonnent sans jamais une fausse note.

À voir la fin et son extravagance m’a rappelé que ce créateur est un homme qui aime le théâtre et ses envers du décor.

J'ai aimé ce roman pour sa qualité et aussi, pour l'exercice qu'il m'a forcé à accomplir : me dépasser comme lectrice.

vendredi 1 octobre 2010

J'ai eu peur d'un quartier autrefois - Patrick Drolet

J’étais intriguée. Un comédien qui me fascine dont on dit que la facture du roman est spéciale. Et très spéciale, selon les dires d’une Christiane Charrette. Quelque chose dans l’intonation de CC est venu me chercher ; spécial comment ? Pour être tout à fait franche, ne pas avoir lu ces mots de Tristan Malavoy-Racine : « Ouvrir ce très réussi petit livre, c'est accepter de passer une heure ou deux en compagnie d'un être qui nous ressemble, au fond, la carapace en moins » ; aurais-je accepter d’entrer dans le monde de ce comédien qui incarne assez souvent d’étranges personnages ? Comme j’atteins rapidement (trop ?) mon quota d’étrangeté, le « qui nous ressemble » de Tristan M.-R. m’a rassuré assez pour m’y aventurer.

Et quelle aventure ! Je suis entrée dans l’étrangeté par une voix qui arrive à mettre des mots sur l’anxiété, la peur, l’angoisse d’un personnage. L’angoisse est une émotion si intime qu’elle est difficile à décrire. Et il y arrive haut la main. Chaque angoisse laisse une empreinte unique sur la peau fébrile d’un esprit. C’est le roman le plus anti-cliché sur la peur que j’ai lu jusqu’à date !

Matériellement parlant, qu’est-ce qui est rassurant dans la vie ? Sa niche, sa maison, son quartier. Le narrateur voit les menaces rôder, voit la mort errer, voit les esprits malins vagabonder autour de la maison voisine de la sienne. Qu’est-ce qui a brisé son équilibre : son voisin est décédé à l’intérieur de cette maison. Depuis ce moment, il nourrit la peur et la peur se nourrit de lui, il vit dans la terreur sans la fuir. Il reste, observe, scrute, puis compile ses observations dont il nous fait part avec une minutie du détail qui nous revoie à un imaginaire inquiétant. On perd donc pied, nous aussi, spectateurs de son monde.

Ce traqueur des ombres de la mort se sonde. Cette introspection le pousse impulsivement à sortir de son quartier, quitter une certaine sécurité, à la quête d’une réappropriation de son enfance. Il cherche à renouer avec un frère qui lui a enseigné et avec qui il a eu un échange épistolaire déterminant.

J’ai tenté pour vous de rendre un peu le fond de cette histoire qui est finalement rien sans sa forme. La forme prime, la *texture* se densifie et certains phrasées m’ont ramenés à la même émotion que j’éprouve devant un texte poétique. Une poésie d’action rebelle et dynamique.

J’ai été dépassée par le fond et impressionnée par cette forme :

La moustiquaire servait de rideau de fer contre les vents hurlants et leurs ombres. Je devais attendre, m’étais-je dit. Après plus d’une quarantaine d’heures, le sang, la neige, le sperme du désespoir et le corps du voisin dormaient devant chez moi.
[...]

Après avoir été témoin du sacrifice, j’avais passé quelques heures sous la douche. J’avais voulu tremper la vision arrêtée de la dernière respiration de mon voisin. Rien ne disparaissait sur ma peau. J’avais emmagasiné le long-métrage, dans l’éternité de mon corps.

J'ai eu peur d'un quartier autrefois, Patrick Drolet, Hurtubise, Collection *Texture*, 94 p.