Faites comme chez vous

Faites comme chez vous
c'est recevant !

jeudi 3 juin 2010

Communiquons !

Avant de vous parler du subjectif (mes impressions sur la conférence de presse du 2 juin), je laisse passer l'objectif ... les faits. Suit ci-dessous, le communiqué de presse (légèrement adapté) qui rassemble les grandes lignes de la 8e édition des Correspondances d'Eastman. J'ai bien dit les "grandes lignes", suivront d'assez près d'autres "petites lignes" ...

J'en profite pour vous amener au paragraphe qui vous concerne tous, immédiatement, celui qui précise la date limite pour participer à la Poste restante : 15 juin. Oui, le 15 juin ! Tout le monde attend-il la dernière minute pour participer ?! Allez, suivez votre désir, votre instant, votre instinct ! C'est un honneur que d'être lu à la grande fête de la lettre ! Prenez cet instant pour vous relier à vous, à votre intériorité, à votre créativité. Donnez-vous ce temps ; vous le méritez ! Nous attendons vos lettres en grand nombre ... il y a des récompenses littéraires, exprès pour vous qui vous seront remises dès l'ouverture des Correspondances, jeudi, le 5 août.

Sans plus tarder (car je suis capable de vous entretenir jusqu'à demain !)... Place au communiqué de presse, juste pour vous, chers lecteurs ! Et si vous avez des ? questions ? suite à cette lecture, n'hésitez pas une seconde, je suis ici pour y répondre et, en plus, ça me fait un immense plaisir :-) ...

Communiqué de presse ... à lire (publier) immédiatement
Du 5 au 8 août, les Correspondances d'Eastman porte haut la confiance en servant le thème des « Rencontres inespérées » qui ouvrent à tous les possibles de la vie. Pendant 4 jours et 3 nuits, cʼest lʼoccasion dʼentendre et de voir une trentaine dʼécrivains et artistes sʼexprimer sur le sens profond de la rencontre, quʼelle vienne de lʼesprit, des pensées, ou du coeur.

Cʼest à nouveau sous la marquise du Théâtre La Marjolaine, et suspendus dans une bulle champêtre, que les écrivains sʼabandonneront à des confidences parfois surprenantes lors dʼentretiens dirigés par des animateurs expérimentés, tel que Jacques Allard, Danièle Bombardier, Bruno Lemieux, Antoine Tanguay, et Myriam Wojick.

La porte-parole de lʼévénement, Danièle Bombardier est enthousiaste, et comment ne pas lʼêtre à lʼévocation de noms dʼécrivains tels que Dany Laferrière, invité dʼhonneur de lʼévénement et gagnant du prix Médicis 2009, ainsi que des Edem Awumey (en lice pour le prix Goncourt 2009), Jean Barbe, Jean-François Beauchemin, Myriam Beaudoin, Marie-Christine Bernard (Prix France-Québec 2009), Simon Boulerice, Joël Des Rosiers, Christine Eddie, Max Férandon, Dominique Fortier, Louis Hamelin, Monique LaRue, Alain Mabanckou (invité de la France), Marsi, Michèle Plomer, Louise Portal, Yvon Rivard, Hélène Rioux, Francine Ruel, Marc Séguin (prix des collégiens 2010), Rodney St-Éloi et Kim Thuy (prix RTL-Lire 2010). La floraison de talents est telle, quʼon pourrait sʼexclamer « nʼen mettez plus, le jardin est plein » !

Cette année, plus que jamais, les jeunes ne seront pas en reste. Pour lʼoccasion, des écrivains qui ont écrit pour la jeunesse, Dany Laferrière, Marie-Christine Bernard, Daniel Laverdure et le bédéiste Marsi se feront Mousquetaires des lettres. Ils iront, tambour battant, à la rencontre de lʼimaginaire fertile des jeunes de 8 à 15 ans.

Entretiens et cafés littéraires : Respirer lʼautre
À la demande générale, cʼest sous la marquise du Théâtre La Marjolaine, qui célèbre cette année ses 50 ans, que se vivront des «cafés littéraires» très prisés, si on se fie aux années antérieures. Afin de réserver des places qui partent vite, il est suggéré de se procurer les billets rapidement pour ce privilège rare de rencontrer de près, trois ou même quatre écrivains de renom sur une même tribune. Et quelle tribune ! Ces cafés littéraires à lʼair libre sont certainement une terre fertile pour des rencontres inespérées.

Marc Levy de retour pour son amour de la lettre
Que diriez-vous dʼun atelier dʼécriture sous la guidance de Marc Levy ? Les Correspondances dʼEastman sont privilégiées, cet écrivain de grande renommée sʼest pris dʼaffection pour cet événement unique en Amérique du Nord. Il faut dire quʼil entretient un amour particulier avec la correspondance ; dans presque tous ses romans, lʼénigme passe par le prisme dʼune lettre. Dans le cadre de cet atelier, en plus de recueillir ses confidences sur lʼimportance de la correspondance dans sa vie, quelques chanceux pourront bénéficier dʼune séance dʼécriture guidée par cet homme sensible, à lʼimaginaire débordant. Il serait de mise de se hâter pour réserver ! Si, malgré tout, vous avez manqué votre chance, vous pourrez vous reprendre en assistant au café littéraire « Lʼattente de lʼautre (lʼespéré) ». Lʼauteur y sera, en compagnie de Louise Portal et Kim Thuy. Si on se fie à lʼannée passée, il y aura de la magie dans lʼair !

SPECTACLES LITTÉRAIRES : CONCERT DE MOTS
Jeudi 5 août, 19 h 30 : Clémence. 50 ans de métier, ça se raconte!
Cʼest à Clémence DesRochers, une femme témoin de notre temps depuis 50 ans, que les Correspondances dʼEastman ont confié le spectacle dʼouverture. L'animation assurée par la très expérimentée Danièle Bombardier mettra notre Clémence nationale de lʼavant, cette femme attachante pour son humour à la fois tendre et mordant.

Vendredi 6 août, 19 h 30 : Lettres recommandées
Cette coproduction avec le Festival international de la littérature présage, avec ses savoureux extraits de missives de Yann Martel à Stephen Harper. La mise en scène est de Claude Poissant qui a aussi participé au collage des textes avec Marc-Antoine Cyr. Il sʼimposait de faire appel à des comédiens de calibre pour servir ces textes intelligents : Sophie Cadieux, Alexandre Goyette, Louise Laprade, Macha Limonchik, Olivier Morin et Étienne Pilon.

Samedi 7 août, 19 h 30 : Je suis un pays rêvé Hommage à Dany Laferrière
Lʼoccasion était trop belle de ne pas en profiter pour rendre hommage à Dany Laferrière. Le collage de textes sera lu par une comédienne accomplie, Pascale Montpetit, soutenue par Mireille Métellus, Mani Soleymanlou et, Martin Faucher qui assure également la mise en lecture. Cette soirée sera suivie par La Caravane de lʼEspoir, une activité-bénéfice au profit du Fonds Haïti de Bibliothèque sans frontières.

Dimanche 8 août, 15 h 30 : Hommage à Marie Laberge
Dans un élan naturel dʼaffection et dʼaffinité, Les Correspondances dʼEastman rendront également hommage à lʼécrivaine Marie Laberge dont le feuilleton épistolaire Lettres à Martha est suivi par plus de 42 000 lecteurs et lectrices.

Il est à noter que cette année, le partenariat avec le Théâtre La Marjolaine sʼaccentue et permet le système des sièges réservés pour les spectacles littéraires ci-haut mentionnés
(Venise rajoute ... réservez tôt ! ... numéros de téléphone à la toute fin)

Nouveautés : spécifiquement vôtre
Souper-causerie : complices dans lʼécriture comme dans la vie
Louise Portal, muse et co-fondatrice des Correspondances dʼEastman, et son complice, Jacques Hébert, nous font le cadeau de leur intimité de fervents créateurs, en partageant un repas de fine cuisine santé. Une rencontre coup de coeur présentée par le SPA Eastman. RSVP : 450 297-3009.

Le Salon de Martha
Passez au salon, des correspondantes de Martha attendent toutes personnes curieuses de faire
connaissance avec Martha, un personnage mis au monde par Marie Laberge, qui a rejoint plus de 40 000 correspondants et correspondantes.

UN COEUR QUI BAT LA MESURE DES LETTRES
Le Circuit des lettres prêtera le pas à quelque 3 000 personnes curieuses dʼarpenter les aires
aménagées pour lʼécriture : chambres, jardins et, sʼajoute cette année un sentier poétique où des
écrivains et des artistes ont laissé leurs empreinte : le Portage des mots. Lʼan passé, pas moins de 2 000 lettres ont été expédiées de par le monde, comme autant dʼéchos à la grande fête des lettres. Des projections de films, des expositions reliées à lʼart du mot, des lectures
publiques, seront autant de lieux propices pour mener le randonneur au
bonheur dʼune rencontre avec soi, ou avec lʼautre.

La Poste restante
Sous la supplique des fervents épistoliers, la lettre est maintenant mise en vedette avant lʼévénement. En cette 8e édition, la Poste restante voit grand et étend son concours à quiconque se sent inspiré par le thème « Rencontres inespérées ». Jusquʼau 15 juin, à partir du confort de son foyer, lʼépistolier peut envoyer autant de lettres quʼil le désire, par courriel ou par courrier postal. Les noms des gagnants du concours seront dévoilés lors de lʼouverture officielle, le jeudi 5 août, à 17 h. Description des nombreux prix et règlements

La Poste courante
La lettre courante prend les jambes à son cou, ce qui ne serait pas possible sans lʼaide des valeureux facteurs qui les transportent dans leur sac ! Pour le détenteur du stylo passeport, toutes ses lettres rédigées sur le Circuit des lettres seront affranchies, quʼimporte la destination. Et il nʼy a pas que la détente et lʼinspiration promises au coeur des chambres et des jardins dʼécriture, on y trouve aussi de la lecture avec une centaine de livres, mis à la disposition du randonneur épistolier. Il nʼy manque que le carnet dʼadresses personnel de lʼépistolier !
Le Sentier des lettres sera animé, lʼespace de notre passage, par les mots envoûtants de Dany Laferrière et des poètes haïtiens… à lire sur des panneaux graphiques le long du parcours qui mène à la Chambre sylvestre.

Un service en attire un autre
Le service de la Bouquinerie sʼimpose dans le contexte des Rencontres inespérées. Les
Correspondances dʼEastman, en collaboration avec la librairie Archambault, rendent possible la satisfaction du désir né dʼune rencontre inattendue. Quoi de plus apprécié par le lecteur, après avoir entendu un écrivain aimé à un café littéraire, de pouvoir se procurer son oeuvre en plus de la lui faire dédicacer ?

Le coeur du village palpitera dʼactivités, le coeur de La Marjolaine également, pour relier les deux, lʼaorte du chemin du Lac dʼArgent jusquʼau Chemin du Théâtre, le service de navettes est disponible gratuitement en après-midi.

Accueil et billetterie
Le stylo-passeport donne accès au site, incluant les expositions, les projections, les animations sur le Circuit des lettres. Papier et enveloppes sont fournis gracieusement à lʼinscription. Les enveloppes accréditées par les Correspondances sont affranchies aux frais de lʼorganisation, et ce, partout dans le monde ! Le stylo-passeport biodégradable est en vente au chapiteau de lʼaccueil au coût de 12,50 $ pour les adultes et de 10 $ pour les aînés (65 ans et plus) et les étudiants avec pièce dʼidentité. À noter que lʼentrée est gratuite pour les moins de 16 ans.

Heures dʼaccueil sous le chapiteau dans le stationnement de lʼÉglise :
Jeudi (de 12 h à 17 h)
Vendredi et samedi (de 9 h 30 à 20 h)
Dimanche (de 9 h 30 à 15 h 30).
Les billets pour les spectacles, les cafés littéraires et les ateliers sont en vente aux endroits suivants :

Billetterie officielle : La Place des lettres (338, rue Principale, Eastman)
Ouvert du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h
Le dépanneur de la Pointe (25, rue Lapointe, Eastman)
Ouvert 7 jours sur 7, de 6 h 30 à 22 h (le dimanche à partir de 7 h)
Le magasin Archambault de Sherbrooke (330, rue des Érables)

Réservations téléphoniques : 450 297-2265 ou 1 888 297-3449
Renseignements : info@lescorrespondances.ca

photo 1 --- Kim Thuy Auteure de Ru
photo 2 --- Martin Faucher, Kim Thuy, Danièle Bombardier, Macha Limonchik
photo 3 --- Marc Levy
photo 4 --- Sélection de livres d'écrivains invités / Brigitte Beaudet
photo 5 --- Macha Limonchik lisant un extrait de Ru de Kim Thuy
photo 6 --- Martin Faucher, Kim Thuy, Danièle Bombardier, Macha Limonchik, Line Richer, Nicole Fontaine

mardi 1 juin 2010

Pleurer comme dans les films - Guillaume Corbeil

« Une histoire d’amitié et de rêves projetés sur l’écran sombre de l’inquiétude et de la souffrance » Il est dit aussi sur la quatrième de couverture : « Guillaume Corbeil a terminé une maîtrise en création littéraire. Il étudie présentement à l’école nationale de théâtre du Canada. »

Eh bien, je n'ai pas été surprise d'apprendre que cet auteur étudie en théâtre en lisant la quatrième de couverture, une fois ma lecture terminée. J’y ai trouvé une essence théâtrale, par les personnages forts, mystérieux, étranges, pour la tension dramatique qui sous-tend chaque tableau. Et un côté nettement décalé entre la réalité et le fictif. Un peu comme si on se regardait vivre, pleurer, rire, créant un décalage comme dans les films. Et finalement ce qui m'a semblé être des symboles, par exemple, celui des boules que l'on secoue pour y créer de la magie est très présent.

C’est l’histoire de deux enfants, un garçonnet hydrocéphale (j’ai pris cette info sur la quatrième, je ne l’ai pas saisi en lisant) et sa petite amie et cousine, Jade. Celle-ci est aveugle, en fait elle n’a pas de yeux du tout, et est affublée, pauvre elle, d’un père complètement borné qui, de génération en génération se relaie le rêve d’une vie : conduire des grues. Donc, c’est réglé, pas d’école pour cette petite puisque le seul horizon possible est le maniement de manettes... et comme elle ne voit pas, peine perdue, vie fichue.

Une tendre complicité unit ces deux enfants qui nagent dans un monde d’enfance étrange, empreint de peurs, de mystères, et de ces fortes interprétations de la réalité. Le garçon adapte sa vision pour Jade, lui offre un monde embelli. Par amour pour elle, il désire qu'elle voit du beau, du magique. L’auteur nous amène à la frontière étroite rasant le réel et l’imaginaire. C’est poreux ; on chavire dans un ou dans l’autre. Ça peut donner un peu de vertige, le sol de la réalité se dérobe parfois.

Ce que j’ai cependant trouvé le plus étrange est la projection de la mère sur son fils : il ne sera pas un écrivain, il est un écrivain, j’ai eu l’impression bizarre que le présent s’imbriquait dans le futur. Elle va jusqu’à laisser libre une place dans la bibliothèque pour ses futures œuvres. C’est trouble, nébuleux, malsain cette attention et ambition que cette mère prête à son fils. Tout est excessif dans cette histoire. Un fait est resté dans le brouillard pour moi et c’est la relation de la mère avec Émile Ajar, son locataire qui vampire la vie de la mère et du fils ; est-il ou pas le père du garçon ?

Ce que j’ai préféré est la relation des enfants entre eux. L’ambiance est forte et convient à l’étrangeté. On s’y attend avec des enfants. Avec les adultes, c’est spécial, suis-je arrivé à vraiment m’adapter ? Ce roman ouvre les vannes de l’imaginaire, alors les amateurs de réalités terre à terre, abstenez-vous ! Par contre, ceux qui aiment les symboles, les métaphores, les excès, l’onirique, on peut aller jusqu’à dire la poésie, vous serez plus que servis, vous serez comblés.

Thème très bien abordé de l'enfermement dans lequel nous projette la pauvreté de notre vision. J’ai apprécié, par contraste avec l’étrangeté, que la plume soit alerte, habile, précise. Je suis certaine que ce n'est pas le dernier roman de cet auteur.

Sophie Cadieux a adoré !

Pleurer comme dans les films, Guillaume Corbeil, Leméac, 151 p.

samedi 29 mai 2010

Vol et survol ... des blogues

Je me permets un intermède qui prend des allures de récréation avec tout le travail que j’ai à abattre ces quelques jours derniers. C’est que, parfois, pour m’aérer les méninges qui se coincent, je me promène sur les blogues. Et bien sûr que j’y fais des trouvailles que j’appelle des trésors de l’instant. Mon impulsion de partage étant trop forte ce soir, j’arrête tout pour vous les offrir en direct.

À commencer par ce trésor d'un enfant, parce que ceux qui ne sont pas sur facebook ne savent pas combien je suis férue de ces perles qui roulent des lèvres brillantes des enfants. Je viens juste de la relever du carnet littéraire d’Andrée Poulin. Je lui ai immédiatement dit que je lui volais cette anecdote sur le champ :
Voici la scène: une classe de première année où je viens de terminer une animation d'auteure. Voici le héros: un jeune garçon très blond, qui m’arrive à peine à la taille.
Le petit blond s’avance et examine mes livres étalés sur le rebord du tableau vert.
- As-tu écris tous ces livres là? demande le blondinet.
À son ton, je n’arrive pas à savoir s'il est horrifié ou émerveillé.
- Oui, que je réponds, incertaine.
Et le petit blond de me demander, d’un air impressionné :
- Les as-tu tous lus ?
Savoureux n’est-ce pas ? Et l’auteur de ces lignes d’intituler son billet « Est-ce que l’auteur lit ce qu’il écrit ? »

Et comme si c’était tout ! Un autre vol à clic armé pour cette citation sur le blogue La librairie Vaugeois, et mûrie par Dominique Fortier de son dernier récent opus Les larmes de St-Laurent. C’est une chanson pour l’oreille mais surtout une réflexion. Une réflexion sur le temps, poétiquement légère réfléchie sur l’eau de la vie.
Écoutez ...
«Une théorie veut que tout ce qui vit et a un coeur dispose du même nombre de battements avant la mort - tant pour la souris et tant pour l'éléphant -, qu'une fois la réserve épuisée, l'être s'éteint. Cela signifierait, sans doute, que la vie de la grenouille, de l'oiseau-mouche ou de la fourmi n'est pas véritablement plus courte que celle de l'homme ou de la baleine, mais qu'elle se déroule à un rythme différent, propre à chaque espèce. Une vie serait toujours longue d'une vie; simplement, comme il est des planètes où le jour dure des mois et d'autres où le soleil se lève et se couche toutes les quelques heures, certaines créatures éphémères compriment en une journée ce que d'autres mettront un siècle à vivre.»
À chaque semaine, il y aura une citation à l’ordre de ce carnet littéraire, aussi intéressant que régulièrement à mis à jour. Je vous laisserai vous pencher pour les cueillir à l’avenir ... juste à côté dans le champ de ma liste de blogues.

Le troisième est un vol de libellules tiré d'un blogue que j’aime d’amour pour sa poésie simple et ses états d’humeurs humains. En toute simplicité chez Line Rouge. Imaginez, c'est elle la mère magicienne qui a fait naître ces trois libellules avec son pinceau trempé dans l’aquarelle. J’y sens, avec mon deuxième nez, de l’intemporel. Accompagné d'un haïkus, toujours aussi joli :
Canicule d'été
au milieu du mois de mai
prendre des vacances


Parlant images, je me suis jointe récemment au blogue Défifoto, histoire de me faire aérer l’humilité. Un blogue collectif où l'on envoie une photo à chaque premier du mois, toutes inspirées du même thème (ce mois-ci : ombre). On y retrouve des ferrés, des passionnés, des expérimentés. Alors, moi, simple amatrice à ses premiers balbutiements, une "pousseuse" de bouton automatique, que vais-je y faire ? Prendre ma nécessaire dose d'admiration parce que dans la vie, le plus est important est la participation sans prétention et avec passion.

Et là, je retourne travailler ...
(finalement, je n’ai pas eu le temps d’envoyer ce billet, il restait les liens, le titre, les images à rajouter, alors ce matin, ça y est !)

mardi 25 mai 2010

Mieux me connaître

Je reçois de temps en temps de telles demandes
"Je m’appelle Lucie et je suis étudiante en master 2 médiation culturelle. Je fais un mémoire sur la lecture sur internet, et dans ce cadre j’aimerai vous poser quelques petites questions (en pj). Si vous vouliez bien y répondre, je vous serai très reconnaissante ! Les réponses resteront anonymes".
Je l’ai reçu le 11 avril et j’ai pris le temps d’y répondre le 16, en profitant pour poser quelques questions : À quelle université étudiez-vous ? Comment avez-vous trouvé le Passe-Mot (si c'est le Passe-Mot qui vous a mené à moi !) ? Quelle a été votre première impression du Passe-Mot de Venise ? Combien de blogues avez-vous contactés ? Quel pourcentage a accepté de vous répondre ?

Je n'ai jamais reçu de réponses, même pas eu le droit à un « Merci » pour les réponses à ce questionnaire (vous le verrez !) pour le moins élaboré. Alors, j’ai décidé de vous l’offrir !
VOUS
1. Pouvez-vous vous présenter brièvement ? (sexe, âge, ville, diplôme, profession)

Venise Landry, mère de 56 ans qui a 2 garçons. J’habite Eastman depuis 5 ans, le village des Correspondances. Je suis originaire de Montréal. J’ai exercé plusieurs métiers : coordonnatrice, "relationniste", réceptionniste, téléphoniste, service à la clientèle, et pour la plupart des mandats dans de modestes organismes culturels ou communautaires. Membre de l’Union des artistes, je suis aussi comédienne. J’assiste mon conjoint dans sa carrière d’auteur, illustrateur et bédéiste.

2. Depuis combien de temps tenez-vous un blog de lecture ? Au magazine Voir, ça fait 5 ans que je tiens un blogue, tandis qu’au Passe-Mot de Venise, carnet de littérature québécoise, ça fera 3 ans dans quelques jours à la journée mondiale du livre, le 23 avril. Pendant les 6 premiers mois, c’était le blogue officiel des Correspondances d’Eastman. Il devait être tenu par plusieurs rédacteurs mais personne n’est venu me rejoindre et ma plume a couru en solitaire. Comme Les Correspondances d’Eastman n’est (malheureusement !) pas actif toute l’année, on pensait fermer le blogue. J’ai eu peur que les efforts investis se perdent et qu’à chaque année on doive repartir à zéro. On m’a alors chaleureusement encouragé à faire cavalier seul. Je ne l’ai pas regretté puisque de toutes manières, je couvre les Correspondances d’Eastman dans son avant, pendant et après. Je tiens à préciser que Le Passe-mot de Venise s’est ensuite donné la mission de couvrir la littérature québécoise. Je fais aussi partie du blogue collectif de maintenant onze rédacteurs, La Recrue du mois, une vitrine pour les auteurs québécois qui en sont à leurs premières œuvres.

3. Quelle est votre fréquence de publication (par semaine) ? Auparavant, je publiais un billet au deux jours et maintenant, je tente d'y arriver au trois jours !

VOTRE RAPPORT A LA LECTURE
4. Avez-vous toujours aimé lire ? Oui, toujours. Quel est votre rapport à la lecture ? Je tourne les pages de mon imaginaire en même temps que les pages du roman ! Mon cinéma intérieur entre en activité. C’est un tête-à-tête intime de moi à une autre personne. Ça calme un peu mon immense appétit des mots, pour la foi que j’ai en eux, que des phrases clairement émises débroussaillent la pensée, la stimulent jusqu’à la faire surgir. Sans les mots qui se forment dans une tête, est-ce que la pensée existerait ? Les mots sont le véhicule de notre monde intérieur. Je rajouterais que les mots écrits pèsent plus lourds que les mots à l’oral.

5. Combien de livres lisez-vous par mois ? 6 à 7 livres.

6. Avez-vous participé à un forum de lecture auparavant, ou à toute autre activité littéraire ? J’ai participé à plusieurs ateliers d’écriture collective avec un dramaturge. J’ai pris des cours de scénariste, de recherchiste à l’école Parlimage. Encore récemment, j’ai pris un stage d’écriture avec le romancier de polar, André Jacques. Et j’ai aussi fait partie d’un club de lecture classique pendant environ un an.

7. Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer un blog littéraire ? Le Passe-Mot de Venise est une demande qui est venue de l’extérieur (cf. question 2) mais pour le blogue au magazine Voir, le ressort intérieur qui m’a fait plonger est ma participation et celle de mon mari à un concours de nouvelles. Les 100 textes finalistes dans 5 catégories (général, humour, érotique, polar, essai) ont été mis en ligne afin que les lecteurs du Voir les commentent, le texte de mon mari y était. J’ai commenté les 100, à raison de 1 à 2 par jour pour arriver dans les délais. C’était la première fois de ma vie que je faisais cet exercice, et je recevais des « feedback » d’une part de l’équipe Voir, sous forme de points, et d'une autre autre part, des lecteurs qui votaient pour les meilleurs commentaires de lecture. Cet exercice m’a guidée et m'a permis de m'améliorer. C'est pendant ce cheminement que j’ai développé la passion de m’y adonner.

LA BLOGOSPHERE LITTÉRAIRE
8. Que pensez-vous de la blogosphère littéraire ? C’est un club de lecture à hauteur planétaire ! La lecture n’est plus une activité en solitaire, on s’encourage, se consulte, se conseille, et j’ose croire que les écrivains savent plus ce que l’on pense de leur oeuvre. Ils ne reçoivent plus seulement les échos d’intellectuels croyant qu’ils possèdent LA vérité.

9. Quels sont vos rapports avec les autres membres ? On se fréquente assidûment, c’est joyeux, c’est plus que respectueux, c’est chaleureux. On y fait preuve de courtoisie. Il arrive qu’on laisse un bref message seulement pour dire qu’on est là, pour éviter que le blogueur-euse pense qu’il ou qu’elle parle dans le néant cybernétique ! Et comme dans la vie, on choisit nos amis par affinités, même chose dans la blogosphère littéraire !

10. Les avez-vous déjà rencontrés ? Si oui, combien de fois et à quelle(s) occasion(s) ? Nous aimons bien se voir le bout du nez et s’amuser : rencontres dans les Salons du livre, piques-niques ou sorties au resto, ou participation aux Correspondances d’Eastman ! Pour ce qui est de La Recrue (blogue littéraire collectif), nous avons des réunions environ deux fois par année, en plus d’innombrables échanges de courriels dans le courant de l’année. Des amitiés se créent.

REMARQUES
11. Souhaitez-vous ajouter quelque chose ? Avez-vous des remarques ou réflexions ? J’aimerais rajouter que si j’ai choisi d’uniquement fouiller la littérature québécoise au Passe-Mot, c’est par conviction que nos écrivains ont extrêmement besoin que l’on découvre la valeur de leur œuvre. J’en ai été convaincue plus que jamais en apprenant qu’en général un roman (pas les quelques exceptions) considéré comme un succès au Québec est vendu à 500 exemplaires !!! Si j’arrive de temps en temps à faire disparaître quelques préjugés autour de notre littérature, je suis contente. Je trouve essentiel qu’on « se » lise. Si on se donne la peine de consommer des T-Shirt fait au Québec, il devrait en être de même pour notre culture. Surtout pour notre culture !!

Et si vous permettez, je terminerai ainsi : autant les lecteurs sont précieux pour un écrivain, autant ils le sont pour un blogueur :-) ...

dimanche 23 mai 2010

Par ici et par là

Chronique au « je »
C’est dimanche par ici ... et par chez vous ? Tout le monde est dehors (quand il n’y a pas de hockey), on délaisse les écrans et on regarde la vie directement dans les yeux. Moi de même. Aujourd’hui, direction Montréal ; librairie Monet ! Eh oui, je reste bien plantée dans le milieu du livre ! Aujourd’hui, jour BD, pendant que le rabais cours, pour la dernière journée, si je ne m’abuse. Attention, ça vaut la peine 30% de réduction si vous en achetez une douzaine et plus. Nous, on se met à trois, aucun règlement ne le défend (on démêle les $ après) !

J’ai terminé hier un roman que je n’ai même pas eu le temps d’annoncer « Pleurer comme dans les films ». Un beau titre. Critique à venir, j’essaie de démêler mes impressions et ce n’est pas évident. Auteur d'un premier roman (déjà écrit un recueil de nouvelles) : Guillaume Corbeil.

En attendant, quant à être derrière votre écran, pourquoi ne pas prendre connaissance de ceci :

Prix mérité (à mon avis !!)
Maleficium de Martine Desjardins (Alto) a échappé le Prix des libraires du Québec plus tôt ce mois-ci. Il s’est cependant rattrapé le week-end dernier, lors du congrès Boréal tenu à Québec, en mettant la main sur le prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique. Le prix, doté d’une bourse de 2500$, récompense la meilleure production de ce genre paru en 2009.

Librairie philanthropique (j'adore cette initiative)
Nous avons décidé de faire notre part en supportant des OBNL qui agissent positivement à divers niveaux. Notre support prend la forme de la vente de livres usagés. Tous les revenus de vente sont remis à des organismes.

Un autre objectif du projet est de rendre la lecture accessible à un maximum de gens. C'est pourquoi tous les livres en vente à la Librairie philanthropique sont à 1$. 1$ pour plusieurs heures de lecture, ça représente sûrement un des loisirs le plus économique ... et bénéfique. Car ceux qui lisent enrichissent leur esprit!

Ce prix très bas pour les livres vient avec une règle qui vise à minimiser la gestion de petites commandes : vous devez acheter un minimum de 10 livres. 10 livres pour 10$, pas mal, non?

J'aime beaucoup cette citation
"Un bon écrivain est son propre maître. L’essentiel est de rester attentif à ces deux points fondamentaux : la musique et le rythme. Si on n’a pas d’oreille, vaut mieux faire autre chose. Personne ne peut vous apprendre à écrire une phrase qui sonne juste".
(je vous dis de quelle bouche elle sort, demain, à moins que vous le sachiez ...)

mercredi 19 mai 2010

Dans sa bulle - Suzanne Myre

J’étais toute excitée de lire « Dans sa bulle », j’ai gardé un si bon souvenir de son dernier recueil de nouvelles (Mises à mort) pour les sarcasmes qui tombent comme des couperets, pour le condensé qui frappe. Faut dire que lorsqu’on en est à son cinquième recueil en six ans, on peut parler d’expertise.
Suzanne Myre, quand elle change de genre, elle n’y va pas à moitié et nous présente un roman de 410 pages !

Dès le départ, j’ai retrouvé et savouré son style à l'humour mordant qui se prête tellement bien à la vie dans un hôpital, je me retrouvais en terrain connu (le sarcasme !), et je m’en délectais. Mélisse est une préposée au bénéficiaire qui aime son métier malgré un œil et un jugement aiguisés. Très, très aiguisés. Son œil scanne sa réalité qu’elle nous rend avec autant d’ironie que de bonhommie (à laquelle j’ai dû m’habituer!). Cette jeune femme est indéniablement aimée des hommes ; le vieillard alerte, l’ami bizarre, l’adonis amoureux, le médecin complice, tous sont sous son charme. Les autres préposés, les malades, tous l’aiment ou l’aimerons. On parle d'un ton « vaudeville », j’oserai une manière plus moderne de le dire, un ton un peu chick litt. J’espère que le mot ne fera pas peur à ceux qui se disent allergiques, c’est le temps ou jamais de s’ouvrir et ne pas bouder son plaisir. Cette légèreté n’exclut en rien, ici, un propos nourri et intelligent.

C’est léger dans le sens qu’entre le ton dramatique et comique, l’auteure a poussé fort sur le dernier, y ajoutant l’option d’embellir les situations. On sait qu’il est rare qu’une femme se trouvant ordinaire, vivant une routine ultra ordinaire, avec indifférence ou ressentiment pour ses parents, captive à ce point tous les hommes intéressants. Pourtant, l'histoire se tient et on y croit mais ne cherchez pas de sens psychologique profond.

Un de mes thèmes préférés a été l’amour filial, justement un moteur de ce roman, et j'ai apprécié l'action dans un hôpital que l'auteure connaît bien étant elle-même préposée au bénéficiaire. Les descriptions sont savoureuses.

Pour la narration, il y a les chapitres de Mélisse où on se tient près d’elle avec le « je », et on visite les autres personnages par le « il ». C’est de plus en plus courant cette rotation entre le "je" et le "il" mais j’avoue, et je cherche encore à mettre le doigt sur ce qui m’a dérangé, que j’ai eu l’impression que la narration au « je » n’étais pas aussi stable que celle au « il ». Je m’approchais de Mélisse, ayant l’impression de la connaître, et de l’aimer, et puis, elle me revenait avec un ton qui me semblait légèrement changé, plus froid, moins entraînant à ce qu'il me semblait. En même temps que je l'écris, je me sermonne « que me voilà exigeante et pointilleuse ! »

J’avoue sincèrement avoir eu tendance à décortiquer ce roman. Peut-être parce que j’avais beaucoup d’attente, j’ai voulu absolument comprendre pourquoi je ne suis pas sortie de ma lecture emballée. J’en suis sortie amusée. Certains diront que c’est déjà beaucoup ... et ils ont bien raison !

samedi 15 mai 2010

J'écris parce que je chante mal - Daniel Rondeau

Vous êtes gâtés, vous avez huit autres avis à La Recrue (eh oui, déjà le 15 du mois !). Ne vous fiez surtout pas au mien seulement. Quand c'est une Recrue, je situe moins, en comptant que nous sommes plusieurs à le faire. Ce recueil de nouvelles où des micros côtoient des longues est captivant. J'en ai admiré l'intelligence, ne serait-ce que pour la pluralité des sens. Un condensé d'essence de mots, juste, précis, pas un n'est superflu.

Comme l’auteur tient un blogue, je m'attendais à des chroniques. J'ai eu une certaine difficulté à me situer au départ. Vous savez, cette manie que l’on a tous (ou presque tous) de vouloir situer, caser, étiqueter ... peut-être pour être sûr de bien comprendre ?

J’ai fait un premier essai de lecture à voix haute, mon conjoint était curieux. Faut dire que le titre est amusant, le livre attirant pour l’œil, tout pour plaire. Mais, après une quarantaine de pages, Marc n’embarquait pas vraiment.

J’ai abandonné ma lecture et un mois plus tard, j’ai repris du début et cette fois suis entré en contact avec l’homme qui me chantait ses maux. Il se fait mieux entendre sans voix. Ses lignes, ses textes, ses histoires prennent plusieurs sens. Ici, on ne voyage pas à sens unique. Ça donne l’occasion de jongler, échappant des idées, les relançant, les laissant tomber ou les ramassant pour rejouer. On peut glisser en surface ou plonger un peu plus profond, j’aime quand un auteur m’offre ce choix.

Des textes longs suivent des courts, des forts suivent des faibles, il m’est arrivé d’aimer les textes courts, les mots alignés sous tension, mais en général, j’ai préféré les longs. Daniel Rondeau donne le goût d’entrer dans un univers pour s’y laisser vivre un moment. Cette chose importante étant dite, j’ai réalisé qu’il y a un bon et un mauvais côté à chevaucher des hauts et des bas, on vit de l’insécurité. Cette instabilité dérange une navigation calme, ces soubresauts m'ont dérangés. J’aurais aimé m’abandonner !

Voilà pourquoi j’ai hâte que cet auteur nous écrive un roman au long souffle. En attendant, je sais ce que je vais faire ; aiguiser ma conscience pour être en mesure d’en saisir toutes les subtilités.

mercredi 12 mai 2010

Les Prix, ça fait jaser

On dirait quasiment que c’est fait pour ça, faire jaser. Ce n’est pas du tout une mauvaise chose, c’est même excellent, ça attire l’attention sur la littérature. J’y vais avec l’air du temps et je vous rapporte ce qui se dit sur le Prix de l’Association des Libraires (ALQ) qui a été décerné, comme vous le savez probablement, à l’Énigme du retour de Dany Laferrière et dans la catégorie Hors Québec à Vendetta dont l'auteur, R.J. Ellory était présent pour recevoir son Prix .

Selon les dires même de l’Association des libraires : (ALQ) "...Ces titres ont été remarqués par les libraires pour leur originalité et leur qualité littéraire. Ayant pour mission de repérer de nouveaux talents et de souligner l’accomplissement d’auteurs établis, le Prix des libraires du Québec est remis pour la dix-septième fois. Sélectionnés par un comité de sept libraires en janvier dernier, les titres finalistes ont ensuite été portés à la connaissance de l’ensemble des libraires du Québec, qui devaient élire un lauréat dans les deux catégories. Cette année, un nombre record de votes a été enregistré: 210 libraires se sont prévalus de leur droit de vote".

J’ai participé à une discussion animée et plusieurs trouvent décevant que ce soit l’Énigme du retour le gagnant, supposant que les libraires devraient se donner comme mission première de porter à l’attention une œuvre qui en aurait besoin. Vous savez combien j'ai à coeur de faire ressurgir les œuvres québécoises qui passent discrètement (pour ne pas dire distraitement !) dans la masse des médias et, pourtant, je vois difficilement comment les libraires pourraient s’empêcher de voter pour l'œuvre qu’ils ont beaucoup aimée, optant plutôt pour une œuvre qui a eu moins d’attention. Ça deviendrait laborieux, presque studieux. Le principe même d'un vote est de laisser la liberté du choix, comment envisager l’ALQ donnant comme consigne aux votants « N'oubliez pas, même si vous avez beaucoup aimé un livre, entre deux choix, essayez de prendre celui qui a eu moins d’attention ». À mon avis, ça ne se fait pas. On vote pour l’amour de ... et pas pour de la stratégie, on n’est pas en politique tout de même !

D'avoir l'assurance (je donnais 2% de chance pour Maleficium) que ça serait L’Énigme du retour le gagnant enlève de l’élan vers le concours. Quand c’est aussi prévisible, parce que le roman fait à ce point l’unanimité, pourquoi ne pas faire une mention à celui qui arrive en deuxième ? Ça serait la moindre des choses, ça nous garderait vigilant, on se demanderait qui serait le deuxième.

Je vais mettre mon idée en pratique à ma très, très petite échelle, je vous annonce que d’après moi, le deuxième serait « Je crois, j’espère, je mise sur ... Maleficium de Martine Desjardins » ! Un roman d’une telle qualité ! Je parie qu’il va sortir de nos frontières pour son sujet universel, tellement original, d’un vocabulaire à couper le souffle (il est finaliste pour le Prix France-Québec). De l’audace en veux-tu en v’là ! Pour personnes érudites, et les autres qui aiment être dépassées juste ce qu’il faut pour se garder alerte, une histoire qui transporte dans des méandres imaginaires très bien documentés ! Vraiment ... n’aurait été du titre fort de Dany Laferrière (ne lui enlevons rien, son Prix est mérité), cela aurait été Maleficium.

Bon, c'est dit !

Je passe à autre chose, mais ne vous empêchez pas d’en discuter, surtout pas, c’est faire couler de l’encre dans une mer littéraire parfois trop impassible (rien à voir avec du pétrole envahissant la mer des Caraïbes !).

Autre Prix, certains sont au courant, d’autres non : mon cher Marsi s’en est mérité un pour un travail non achevé ! Drôlement dit, mais avant que je m'explique, je commence par le commencement : Glénat/Québec a à cœur de faire connaître des auteurs québécois de bande dessinée :

Hachette Canada a le plaisir d’annoncer les résultats de son grand concours de bande dessinée dont le thème était “Partie de Pêche”. Les 6 projets primés seront publiés par Glénat Québec dans un album collectif qui sera lancé en fin d’année 2010. Les prix ont été décernés à :

• Premier prix (2000 $) : André-Philippe Côté (Franz et Sigmund)
• Deuxième prix (1500 $) : Jonathan Côté et Orbie (Pas de pêche!)
• Troisième prix (1500 $) : Philippe Girard (Le lac caché)
• Quatrième prix (1000 $) : Myriam Roy (Marine en ligne!)
• Cinquième prix (1000 $) : Zviane (Esquive)
• Sixième prix (1000 $) : Marsi (Le Brâne)

Marsi a reçu ce Prix et l'assurance que ses six planches seront publiées. Par contre, il n'en a envoyé que deux à date, et le synopsis. C'était la règle. Voilà pourquoi je dis qu'il est récompensé pour un travail non finalisé. Il doit maintenant envoyer les quatre autre planches à des dates déterminées.

Nous sommes super heureux, cela nous tient dans le bain littéraire !

lundi 10 mai 2010

La promeneuse du Cap - Louise Portal

J’ai osé commencer par le deuxième, quitte à revenir à « Cap-au-Renard », le premier. Je ne crois pas que ce fut une bonne idée. Il m’a certainement manqué son départ de vie pour m’attacher à Murielle, cette femme meurtrie d’une soixantaine d’années. La magie de la rencontre n’a pas opérée chez moi, malgré un attachement indéniable aux lieux qu’elle parcourt, contemple, observe, la fameuse côte gaspésienne.

Cette femme est à unifier son passé à son présent pour compléter une guérison déjà bien amorcée. Nous sommes conviés à la suivre dans son pèlerinage d’exploratrice d’émotions qui décollent du fond de son être, dans le but d’un jour mieux accueillir son avenir. S’infiltre du silence entre les mots, tellement il y a de recueillement dans les observations qui nous sont rendues un peu à la manière d’un journal tenu par une femme portée sur la contemplation. En tout cas, c’est furieusement tranquille ! Peut-être n’étais-je pas d’humeur à envisager une si importante quiétude d’esprit, j’y ai presque trouvé de la langueur à certains moments.

Plusieurs personnages croisent Murielle, ou ressurgissent de son passé. Par exemple, un couple très beau chez qui elle séjourne quelque temps. La relation entre les deux êtres est exquise, malgré le cancer avancé de l’un, une relation parfaitement harmonieuse. Trop parfaite peut-être ? J’ai presque l’air d’insinuer que les gens heureux n’ont pas d’histoire ...et pourtant, je ne crois pas cela.

Murielle porte en elle un passé infernal, des souvenirs tragiques. Pourtant, dès les premières lignes, au niveau émotionnel, j’ai eu la sensation que tout était déjà réglé, qu’il ne s’agissait plus que de finaliser la guérison en posant des gestes un après l’autre.

Ce récit m’est apparu comme la thérapie de Murielle rendue à la manière d’un journal intime, une conclusion détaillée du premier tome, probablement intéressant pour ceux qui ont lu (ce qui n’est pas mon cas, je le répète) et aimé Cap-au-Renard. J’ai cependant apprécié la visite de lieux que je connais bien, de reconnaître par exemple « Café Couleurs » à Barachois m’a apporté une belle émotion, d’autant plus que j’ai lu la principale partie du roman en Gaspésie. Une manière de faire une tournée de la Gaspésie, puisque Murielle s’y déplace allègrement, et sans la fatigue du voyage !

La promeneuse du Cap de Louise Portal (site officiel) - Éditions Hurtubise, 176 pages.

vendredi 7 mai 2010

Tout bouge autour de moi - Dany Laferrière

Fait assez amusant, je l’ai lu en auto durant mon aller-retour pour la Gaspésie, donc au moment où tout bouge(ait) autour de moi. J’avais hâte de lire ce récit***. J’ai accepté comme un cadeau que Dany Laferrière nous invite à l’intérieur de lui à ce moment tragique de son existence. Par contre, je trouve aberrant que ce récit soit mon entrée dans son univers écrit. J’avais « L’énigme du retour » entre les mains, j’ai cependant préféré le « pendant » à « l’avant ».

Fébrile, j'ai lu goulûment ces chroniques et comme pour tout ce qui s’avale rapidement, je me demande à cette minute quelles empreintes a laissé ce livre sur moi. J'y ai nettement vu deux parties : le « pendant », ses pieds dans la terre de Port-au-Prince, le « après », ses pieds remarchant dans une vie organisée.

La partie « Pendant »
J’ai découvert jusqu’à quel point Dany Laferrière sait démanteler les instants pour nous les passer comme des clichés qui défilent et défient nos yeux. C’est ce que je désirais ; être là. Il m’y a amené et j’en ai eu les larmes aux yeux. Non pas pour la tragédie qui bouleverse l’être mais pour la reconnaissance qu’il me prête le regard de celui qui ne court pas le sensationnalisme, de celui qui donne priorité à la vie, de celui qui fait tomber l’événement sur ses pattes. Je vois comme une chance inouïe d’avoir vécu au même moment que lui cette minute fracassée en 60 secondes longues, comme si la terre se secouait pour se casser. Ébranlée d’entendre en même temps que lui le son prolongé du silence en écho à la catastrophe. J’avais besoin du regard d'un fervent de cette terre mais à l’œil détaché, nullement ému par automatisme. Ce qui donne un regard lucide qui devant la mort s’ouvre encore plus grand à la vie.

Cet homme a su donner un rythme à son récit, découpant ses souvenirs en diapositives projetées dans un phrasée poétique qu’il boucle comme autant d’histoires en soi. Il a lâché ses impressions par petites bribes titrées qui m’apparaissaient contentes de se libérer des murs de ses méninges. Ça, je l’ai senti. J’ai reçu sa fébrilité à donner ses impressions comme le serait un photographe effrayé par la possibilité de les voir s’engouffrer dans la mémoire de l’oubli. C’est là que se voit à nu son âme de journaliste, celui qui s’aime témoin pour laisser le haut parleur exprimer la beauté du survivant qu’il était déjà avant de survire encore.


La Partie « après »
Le ton change quand il revient au pays et à son agenda. J’ai eu l'impression de tomber, j’ai dû me relever pour m’adapter, peut-être autant qu’il a dû le faire, qui sait. J’ai pensé avoir perdu le fil, j’ai eu honte un instant de mon désir qu’il reste là-bas pour que j’y demeure encore un temps.

Après une transition de quelques pages qui m’ont fait perdre la notion du temps qui file vite (en même temps que l’auto), j’ai plongé dans le cœur de sa réflexion. Je l’accompagnais de nouveau. Il avait dépassé l'étape des observations, projeté au fil d’arrivée en vivant vibrant après une course où les jambes tremblent encore et bat trop vite le cœur. Après la première étape des observations, Laferrière tire ses conclusions droit sur les cibles. Cette réflexion profonde sur le sujet complexe du peuple Haïtien m’a impressionnée. Je l’ai lue les yeux écarquillés, autant que l’esprit. On n’a pas réfléchi à moitié, pensez à l’éditorialiste amusant que peut être Dany Laferrière, et rajoutez-y l’urgence du cri.

À la lecture de ce récit, au mieux, vous apprendrez beaucoup, au pire, vous réfléchirez beaucoup, mais une chose est certaine, l'indifférence est exclue.

Tout bouge autour de moi, Récit, Dany Laferrière --- Mémoire d'encrier ---

***
Tristan Malavoy-Racine, rédacteur en chef du Voir cerne ce récit en peu de mots. Je nourris une vive admiration pour son art de la concision, sa critique complète ici.

"Dans ces textes brefs, sobres, sortes de vignettes accompagnant les images d'un drame, Dany Laferrière - que le hasard ou le destin avait convoqué sur le sol de son enfance - dit le séisme à hauteur d'homme, les bruits d'une ville en état de choc, puis les premiers miracles d'une vie qui reprend ses droits".

mardi 4 mai 2010

Miss Pissenlit - Andrée Poulin

Eh que ça tombe bien de vous entretenir de Miss Pissenlit en ces jours où pointent leurs petites têtes de soleil ! Je mets au défi quiconque de voir le pissenlit de la même façon après cette lecture. Mon chum m’offrait souvent de la salade de pissenlits et ma réticence à en manger s’approchait du dégoût. Maintenant, je suis ouverte, comme nos cousins européens, à goûter à tout ce qui est à base de pissenlit, cette plante abondante qui se mange de la racine au bourgeon.

Bon, avant que vous pensiez être tombé sur un blogue d’horticulture, je plonge dans l’histoire. Manouane, une ado de 15 ans, rejetée de son village suite à ce qu’elle appelle la « Catastrophe », pâtit à cause de la réputation de ses parents, surtout celle sa mère qui passe pour folle tellement elle veut frénétiquement convertir tous et toutes à son idolâtrie de la Vierge Marie. Entre une mère à genoux devant ses statuts et un père à genoux pour traire ses vaches, elle se révolte de la bêtise du monde entier, tout en continuant d’aider son père.

Ce n’est pas un thème nouveau mais la manière de l’aborder est originale, les personnages secondaires intéressants et, surtout, le récit vif et alerte est rigolo. J’ai apprécié l’humour tout en finesse et cette manière de nous en apprendre sans que l’aspect pédagogique soit pesant. Manouane a déversé dans ce pissenlit sous-estimé toute l’attention qu’elle ne reçoit pas. Elle le cueille, l’étudie, le défend, le soigne, mais surtout le cuisine, en biscuits ou en boutons macérés. Au cours de ce « 376 pages », il y a une étude de pissenlit poussée, intégrée avec entrain et bonne humeur.

Progressivement, Manouane se fera des amies ; Mistinguett, une étrangère qui ose ouvrir une lingerie érotique dans ce village puritain, Alex, un policier sculpteur marginal, et le Frisé, le seul ami de son âge, cet être heureux, un allié dans la guerre à l'arme "graffiti2" que Miss Pissenlit mènera à nul autre que le maire de la place !!

Je me suis laissée entraîner par l’histoire, j’y ai pris un réel plaisir malgré de minimes réserves, par exemple une certaine lassitude face au manque de nuances du caractère des parents. À mon avis, le côté trop caricatural retire à l’histoire plus qu’il n’apporte, ce qui n’est pas le cas des autres personnages poussés, mais non jusqu’à la caricature. Petit agacement, comme toujours, vis-à-vis les êtres parfaits : Le Frisé. Assez parfait pour dégager un côté paternel surprenant pour un jeune homme de cet âge attiré par une jeune fille de cet âge. Je me suis aussi demandé s’il n’y avait pas un excès de pudeur dans cette relation ; est-ce par peur que ce roman ne tombe dans les mains de plus jeunes ? Pour les ados, ils risquent de trouver la relation un peu couventine avec tout ce qu’ils vivent et entendent aujourd’hui !

Je le répète, ce sont de moindres maux, puisqu'ils ne m'ont pas empêché de m'abandonner à mon plaisir. C’est un roman à lire à partir d’une douzaine d’années, mais ne surtout pas se priver si on est un adulte. Premier roman pour adulte et ado chez Andrée Poulin qui a déjà écrit une quinzaine de livres pour enfants. Sur ce, je vous laisse en compagnie de sa Miss Pissenlit :

Si les pissenlits étaient rares, fragiles ou menacées, on les ferait pousser dans des serres chaudes. On créerait des associations de protection du pissenlit. Mais ils sont partout, alors on y accorde aucune valeur.

[...]

À Sainte-Cunégonde-du Cap-Perdu, je suis comme le pissenlit. Méconnue et méprisée. Incomprise et jugée. Mais je ne me laisserai pas pourchasser, piétiner, ravager ou détruire.


Miss Pissenlit, Andrée Poulin, Québec Amérique, 376 pages

vendredi 30 avril 2010

BD chaleurs sous l'angle "adulte"

Une promesse que nous ne regretterons jamais
Pour ceux qui tombent ici en suivant le fumet d'un roman québécois, et qui ne savent pas comment cette tournée « Livres en fête » a été déclenchée, c'est l’an passé par un coup de foudre amical dans un resto à Nouvelle. Nous ne connaissions pas les proprios, Paul Hashey, ni Geneviève Philippe, nous avons mis les pieds à « La Petite école », authentique école de village convertie en resto gastronomique où les produits du terroir sont les vedettes. Un échange de blagues et d’idées surprenantes pendant le repas ne nous faisait tout de même pas deviné qu’à la caisse, il y aurait échange de promesses « Nous lirons votre BD et nous vous inviterons ». Et nous de répliquer : « Certainement que nous viendrons !

Conférence en duo
En cette soirée thématique BD, nous nous sommes épivardés en quatre parties, de l’entrée jusqu'au dessert. L'écoute des convives devant nous était frappante. Peu de questions, plutôt cette écoute fine avec un soupçon d’étonnement dans l’œil, et quelques remarques amusées par ci et par là. Une concentration si parfaite que l’idée m’a parfois traversé que c’était de la politesse.

Pendant que nous savourions des plats inspirés de l'univers BD ...
  • Ravioles à la truite nappées d'une crème citronnée – Magasin général de Loisel et Tripp
... nous ajustions notre discours. N’oublions pas que c’était notre premier exposé devant des adultes. Marsi était particulièrement nerveux, allez savoir pourquoi, il se sent toujours plus susceptible d’être jugé par des adultes !

Le tout s’est terminé par le tirage d’une œuvre inédite des personnages de Miam miam fléau que Marsi a sorti à trois exemplaires (l’original maintenant avalé par un virus informatique). Après le repas, il s’est installé derrière l'ancien pupitre, devant le tableau, deux vestiges de la vieille école, avec son coffre à crayons ancestral. La difficulté consistait à bien distribuer les six albums qui nous restaient. Beau problème ; il en manquait ! Ces tête-à-tête nous ont fait réaliser combien notre conférence avait été appréciée, chacun y allant de commentaires reconnaissants.

Délectables souvenirs nichés sous le palais de nos mémoires

Viens voir dans ma cave –
Une initiative de Rock Harvey, le propriétaire de la librairie indépendante Liber de New Richmond. La bande dessinée pour adultes est un créneau qui gagnerait à être connu, voilà l’essence même de cette initiative. Et quand je dis pour « adultes » ce n’est pas dans le même sens que les films ! Il y a de tout, vraiment tout, et mes yeux de néophytes ne savaient plus à quelle ouverture s’écarquiller pour englober ces murs tapissés de bandes dessinées de toutes les couleurs et de tous les formats. Titres conjointement sélectionnés par Dany Arsenault et et monsieur Harvey. C'est la première fois que ce dernier faisait descendre ses clients dans sa cave qui a un air authentique de cave, avec ses piliers de métal couleur rouille, ses murs de ciment bosselé, sa petitesse et sa luminosité de caveau, ce qui lui confère une étrange ambiance clandestine. J’en témoigne ! Quelques cruchons de bière « Le Nauvrageur », bière artisanale de Carleton-sur-mer couchés sur un lit de glace désaltéraient les gorges chaudes. Des passionnés, surtout des hommes, avides de toucher, de tourner des pages et d'ensuite déposer précieusement le butin sur son étalage. Je voyais se coller peu à peu de petits post-it jaunes sur les couvertures avec la mention « vendu ». Rien à vendre, tout à convoiter !

Marsi a déambulé comme le pur inconnu qu’il est, son album Miam miam fléau bien accoté sur le ciment. Je me retenais bien sûr de clamer « C’est lui, l’auteur, c’est lui ! » Un autre auteur était présent, tout aussi anonyme, mais plus identifiable parce que de la région : François Miville-Deschênes.
Un étrange souvenir. Et il en faut !

Comme si c'était la leur
J’ai égaré une veste en lycra noir à l’effigie de l’Université de Sherbrooke. Et cette veste, j’y tenais. J’ai appelé les deux restos que nous avons fréquentés, ils l’ont cherchée comme si c’était la leur. J’ai finalement rejoint la bonne école, Le Bois Vivant de New Richmond et la secrétaire a fait des pieds et des mains pour la trouver. Elle l’a finalement dénichée dans une classe, suspendue à une chaise droite depuis une semaine. Elle a elle-même été la porter à la librairie Liber et delà, une personne ira la chercher pour me la remettre à notre prochaine visite au mois d’août. J’ai trouvé franchement exceptionnel qu'une personne prenne à cœur ce qui arrive à l’autre à ce point. L’être humain a un bon fond et j'ose croire, pas seulement en Gaspésie !

mardi 27 avril 2010

BD à la Baie des Chaleurs

Retour à la maison aux heures frontière de dimanche à lundi. Mon silence d’hier s’explique par une panne d’énergie, celui d’aujourd’hui par une panne informatique ! Si j’entre dans les détails de ces pannes, mon billet sera terminé et vous n'aurez pas fait de tour dans la Baie des Chaleurs et ce serait vraiment dommage. Nous sommes revenus de la Gaspésie claqués, mais ô combien heureux. D’un bonheur satisfait.

Le lendemain de notre arrivée, mercredi 21 avril, la première classe primaire à visiter était à Nouvelle. Nous avions compris qu'il s'agissait de classes de 4e, 5e ou 6e, une activité parascolaire pour le club de lecture sur l’heure du dîner. Marsi et moi donnions une mini-conférence interactive en première partie et en deuxième, on faisait circuler une feuille où l’enfant complétait 3 cases en partant de 3 postures du roi Taraboum 1er dessiné par Marsi. On invitait les enfants à y écrire ce qu’ils désiraient à l'intérieur des phylactères. Pendant l'exercice, nous passions dans les rangées et, curieuse, je me penchais sur à peu près chaque dessin et je posais des questions. À un moment, je regarde de plus près et demande « Qu’est-ce que tu as écrit ? » et elle de me répondre « Ce n’est pas moi, je ne sais pas écrire » - J'observe la petite, qui me semble aussi petite que mignonne. Mais de quelle degré êtes-vous ? », "Je suis en première année " et sa voisine de compléter : Ça va de la première à la sixième année ... vous imaginez notre surprise ?!

Les jours suivants, à Maria et à New Richmond, ce fut ce à quoi on s’attendait : 4e à la 6e année. Et quelles classes ! Des enfants allumés, intéressés, inventifs, charmants, intelligents, vifs d’esprit, remplis d’humour. De vraies leçons de vie sur deux pattes. Ils nous ont comblés, s’impliquant à fond dans leurs dessins de bande dessinée à 3 cases. Une manière de démontrer l'individualité de l'imaginaire aussi unique que des empreintes digitales puisqu'aucun des dessins n'était identique à l'autre. À la fin, nous leur remettions une carte plastifiée "Borbo", genre de certificat de participation précisant que le samedi, Marsi leur rajouterait un dessin au verso s’il venait entre 13 h et 15 h à la librairie Liber de New Richmond.

Jamais nous nous sommes imaginés être "victimes" à ce point de notre succès ! Vous dire la quantité d’enfants qui se sont présentés accompagnés de leurs parents ! Les libraires, Marsi, moi, les parents, les enfants, tous autant que nous étions avons été dépassés par cette affluence et impressionnés par la ferveur patiente qui régnait. Ils sont arrivés avec leur carte et pour beaucoup, ils achetaient un album. C’était Livres en fête et ça paraissait ! Pendant 3 heures et 15 minutes, Marsi n'a pas levé la tête pour ne pas se décourager de la longueur du serpentin devant lui, il a dessiné des personnages en double, en triple, en quatuor puisqu’ils en demandaient pas seulement dans l’album mais sous la carte. Tellement une belle ambiance ! J’en garderai le souvenir toute ma vie. Quelques uns prenaient la peine de dire à Marsi que c’était la première fois de leur vie qu’ils venaient acheter un livre dédicacé. Il y en a un absolument charmant (tout en sourire) qui a affirmé d’une manière assez rigolote qu'il était dorénavant le fan numéro 1 de Marsi. Nous avons éclaté de rire. Ils nous a repris : « Ce n’est pas une blague que je fais là, c’est vrai ». Comment ne pas être touché droit au cœur ? Il n’y a pas à dire mais il faut absolument que je le dise, les gens qui habitent La Baie des chaleurs sont des personnes chaleureuses en saperlipopette !

Demain, parce que demain, je devrais revenir à la normale, plus de panne d’énergie, ni d’informatique, je vous raconterais nos expériences « adulte » ; la soirée « Viens dans ma cave – BD pour adultes » et le Souper-Conférence thématique BD au resto La Petite École avec cet invité spécial, Marsi ... et sa Venise.

À demain !

Nota Bene : Deux livres de terminés, bien sûr Miss Pissenlit et ensuite « Tout bouge autour de moi » de Dany Laferrière, plus La promeneuse du Cap de Louise Portal en cours.

Rajout : Imaginez qu'à la minute où je m'apprêtais à publier mon message ... une panne d'électricité !!! (maintenant réglée bien sûr).

lundi 19 avril 2010

Destination Livres en fête

Je ne peux pas croire que je peux enfin vous parler chers lecteurs ! C’est que j’avais hâte. J’espère que ça vous rassure, je ne me suis pas éloignée, je ne suis pas tanné, et j’aime toujours autant vous parler de littérature québécoise sous tous ses angles, doux et plus pointus. Mon silence s’explique par d’intensifs préparatifs ; Marsi et moi partons pour vivre une expérience qui s’annonce palpitante : Livres en fête en Gaspésie.

Cette histoire, parce que c’en est une, a commencé l’été passé quand nous avons été soupés au charmant resto « La petite École » à Nouvelle dans la Baie des Chaleurs. Son nom n’est pas une fantaisie, c’est réellement l’ancienne école du village qui a été transformée en resto. À ce moment-là, la mutation s’était opéré à peine depuis deux mois. Les audacieux propriétaires, que nous ne connaissions pas ni d’Ève, ni d’Adam puisqu’ils se nomment Geneviève et Paul (!), nous ont jasé un peu. Aussitôt qu’ils ont appris que Marsi sortait un album où il serait fortement question de bouffe, avec une batterie de chef cuisiniers, ils se sont allumés encore plus. Une promesse fut faite ; quand votre album sortira, on vous courriellera pour essayer d’organiser une tournée ici si l’expérience vous intéresse.

Eh bien, cette fameuse et surprenante Geneviève a tenu parole ! Quelques mois plus tard, nous voilà à la veille de notre départ pour donner des ateliers à saveur de bulles et de phylactère à trois écoles primaire (4e 5e 6e) de la région, une à Nouvelle, l’autre à New Richmond et finalement à Maria. Le jeudi, une rencontre amicale – thème BD - à la librairie Liber de New Richmond, et toujours à cette librairie indépendante une séance de dédicaces le samedi après-midi.

Mais je ne vous ai pas encore parlé du clou de notre escapade : le souper thématique BD à La petite École où Marsi sera l’invité spécial. Le menu célèbre certains mets typiques de certaines bandes dessinées, et pour l’occasion Marsi a dessiné des napperons où les convives pourront laisser aller leur imagination, s’ajoutera plein d’autres petits clins d’œil. Ah oui, j’oubliais, Venise va s’en mêler ! Pendant que je vais être serveuse, Marsi va mettre la main à la pâte auprès du cuisinier, l’expérience sera être complète. En passant, c’est nous qui avons proposé ses rôles, pour être au cœur de l’action. C’est bien la meilleure façon pour les convives se sentent à l’aise de nous aborder et poser toutes les questions qui leur viennent en tête.

Je voulais vous en parler car dans les jours qui suivront, je ne sais pas trop à quelle fréquence je vais être en mesure de vous poster des billets. Premièrement, je ne sais pas si le gîte où nous créchons donne accès à l’Internet à ces invités. Je peux toujours compter sur les Cafés Interne, alors vous allez peut-être avoir de mes nouvelles ... de Nouvelle !

Surtout que j’ai hâte de vous parler de Miss Pissenlit. Je ne me couche pas ce soir sans savoir le fin mot de cette histoire.

Alors, chers amis, je vous laisse le bonsoir ... on se lève tôt demain !

À bientôt !

jeudi 15 avril 2010

Il ne faut pas parler dans l'ascenseur - Martin Michaud

"Je tiens à vous remercier de la confiance que vous me témoignez en choisissant de lire mon roman : vous me consacrez de ce fait non seulement de l’argent durement gagné mais aussi plusieurs heures de votre temps libre. À mes yeux, c’est un geste qui compte".
Cette invite de l'auteur m’a tout de suite bien disposée, ce n’était pas de trop, après une trentaine d’années sans consommer de polar, pour cette réticence à découvrir des scènes d’une grande brutalité. Il y a en oui, et en quantité, mais la magie s’est produite, ce sont les personnages humains qui ont pris le dessus.

Je ne sais pas pour les autres mais ma tendance devant une enquête est de jouer à la détective et d’essayer de prendre en défaut, non pas le coupable, mais l’auteur. J’ai assez rapidement deviné le mobile de l’assassin, mais ai été déjoué pour le meurtrier à un lien près. Malgré ce fond de vérité soupçonnée, mon intérêt n’a pas faibli, la forme et le comment me tenant entre leurs cisailles. L’histoire roule au rythme d’actions soutenues, on se déplace d’un endroit à l’autre avec habileté. L’auteur a tout mis en œuvre pour créer un état d’urgence, par le danger incessant pour les potentielles victimes, mais aussi pour son Lessard. Pour lui, ça passe ou ça casse. Son supérieur en veut à sa peau d’enquêteur, il doit être hyper performant ou sinon ... Donc, la vapeur sort de la marmite à pression.

Comment Lessard est arrivé à me gagner, ce détective criblé de clichés, ce genre de Colombo plein de défauts, la femme en moins ? C’est la loi de la sympathie, j’imagine, mais il m’a eu, le bougre.

Il est difficile de ne pas aborder le sujet exploité sous tous ses angles ; la ligne mince entre la réalité et le rêvé (coma). Intrigue secondaire presque voleuse de l’enquête vedette par son emphase. Je me demande encore si cette intrigue imbriquée diluait ou nourrissait le propos, chose certaine, la prémisse de base est simple mais on en fait tout un plat mais, justement, n’est-ce pas là tout l’art du romancier !?

Je tâte la fin sans vendre le pot aux roses, car je tiens à dire que le dénouement m’a fait un peu décroché par sa, heureusement brève, mais intense note mélodramatique. Sinon, eh bien, moi je suis prête à suivre Lessard. Qu’il ne me déçoive pas !!

Et l'auteur de rajouter :
"J'aimerais beaucoup connaître vos impressions à l'issue de cette lecture. Si vous avez envie de les partager, d'en savoir plus sur la prochaine enquête de Lessard ou encore d'avoir accès à des inédits, retrouvez moi sur le site suivant :
http://www.michaudmartin.com/index.php

Ce que la Recrue en pense : ICI

lundi 12 avril 2010

Mon salon du livre de Québec

Que de rencontres, et beaucoup plus nombreuses que prévues ! J’avais dressé ma liste d’auteurs et de numéros de kiosque, j’avais même étudié le plan pour concilier et enfiler efficacement les séances de dédicaces, j'ai vite réalisé que pour une rencontre avec le plaisir, je devais lâcher prise sur cette liste. Errer entre des périmètres délimitant une concentration de rencontres fortuites, c'est essentiellement ça un Salon. Ma première fut Ginette, une assidue du Passe-Mot qui m'a reconnue en ligne pour une dédicace sous la page de garde de « Tuer Vélasquez » de Philippe Gérard (pour Marsi !). Un exemple de rencontres parmi tant d’autres. Chose certaine, j’ai réalisé que je me ressemble ! Je me félicite de m’exposer virtuellement avec des photos qui ne sont pas maquillées, pas plus que moi d'ailleurs !

Chacun des livres que j’ai acquis s’accompagne d’échanges de mots déboulés avec la pressante conscience du temps qui manque parce qu'une personne derrière soi attend elle aussi ce précieux échange :

Ceci est mon corps – Jean-François Beauchemin
La fabrication de l’aube – Jean-François Beauchemin
Échanger quelques mots avec cet auteur avec qui je sens une rare affinité fait partie d’une promesse que je me fais à chaque Salon. Et je la tiens.

Le Champs des merles – Louise Poulin
Une poussée vers l’aventure. Tendre vers une auteure inconnue de soi, s’arrêter parce qu’elle sourit déjà au possible d’une rencontre avec un lecteur et parce que la plume sur le fond blanc de la couverture vous attire irrésistiblement.

Ben – Daniel Shelton
J’adore cette série de bandes dessinées sur un couple à la retraite occupé par ses enfants et petits-enfants. C’est une récréation jouissive, une relaxation qui me détend la bouche en forme de sourires. Je n’avais pas le premier (difficile à trouver) alors, aussitôt vu, aussitôt enfilé dans le sac !

Fol Allié – Patrick Dion
Incontournable détour pour cette nouvelle Grenouille bleue en même temps que cette envie du virtuel s’éclatant dans du réel, Patrick Dion étant omniprésent sur le net. J’ai d’ailleurs vécu le décalage « virtuel-réel » si vivement que je buttais sur mes mots, surtout au début. Un homme à la hauteur de sa simplicité et de son amour pour les gens.

Arabesques – Pierre Samson
Acquisition suite à une conversation avec l’auteur de La canicule des pauvres, Jean-Simon Desrochers (j’étais contente, il m’a interpelée !) où nous avons parlé de la maison d’édition Les Herbes Rouges, très souvent accolée à la poésie et qui publie pourtant du roman en quantité, et je suis sûre que J.S.D. rajouterait, en qualité ! Ce nouveau titre passe inaperçue jusqu'à date et j’y suis sensible. Ce sera tout probablement notre prochaine lecture à voix haute.

Un homme est une valse – Pauline Harvey
Choisi pour moi par Jean-Simon Desrochers ! Je me suis laissé conseiller par cet homme de qui se dégage une assurance en ses perceptions hors du commun. J’ai lu le résumé - après l’achat - sidérée de voir jusqu’à quel point j’ai maintenant hâte de lire cette histoire.

Deux cerises sur mon sundae : Miss Pissenlit et La corde à linge magique d’Andrée Poulin, pour mon cœur jeune fille et ceux de mon filleul et ma filleule. Nous avons cassé la croûte avec l’auteure qui ressemble à ses textes, intéressante et intense, la différence principale, elle a une voix et est plus vivante !

Je pourrais déclarer que le chapitre des achats est clos, ce serait sans compter les surprises et cadeaux à Marsi pendant qu’il dédicaçait Miam miam fléau. Des albums de bandes dessinées, dédicacées bien sûr, l’exemplaire de la revue Bazzart, spécial BD et même une reproduction d’une planche de la Fée Clochette de l’ami Loisel.

Mais je n’en dirai pas plus aujourd’hui, j’en réserve pour la Babillarde. Je termine par un cri du cœur, et en stéréo : Nous adorons la ville de Québec et les gens qui l’habitent !

Rajout le 13 avril ... j'ai tu le nom de personnes tellement importantes dans le but de ne pas trop m'étendre alors je les rajoute parce que ça a aucun bon sens de ne pas les mentionner :

Super échange avec l'auteur de La Recrue du mois : Martin Michaud
Sympathique et bref échange avec Hélène Simard à la direction Le Libraire
Les rieuses blogueuses : Karine:), Abeille, Emma
L'auteure d'Enthéos Julie Gravel-Richard - à consulter son très intéressant billet sur ses visites au Salon
Instructifs et fréquents échanges avec Sylvain Lemay, blogueur, professeur et initiateur de l’École multidisciplinaire de l’image de l’Université du Québec en Outaouais et critique à la revue Lurelu
Plusieurs auteurs de bandes dessinées, et si nombreux que je les garde pour La Babillarde.

Ouf ... je me sens mieux !

jeudi 8 avril 2010

Qui a gagné ? Un autre concours !

Le nom de la personne tiré de la main de Marsi de ma casquette verte (printemps !) est Lucie Octeau. Bravo Lucie ! Tu n’as qu’à acheminer ton adresse postale à mon adresse courriel (dans mon profil) et tu recevras le livre d’un des auteurs ou auteures présents à la 8e édition des Correspondances d’Eastman. Je n’en dis pas plus, ce sera une surprise ! Il sera dédicacé puisque je compte me le procurer au Salon international du livre de Québec en fin de semaine où nous serons présents au kiosque La Pastèque :

* Vendredi - 9 avril = 20 h à 21 h
* Samedi - 10 avril = 11 h à 12 h et 19 h à 20 h

* Dimanche – 11 avril = 14 h à 15 h

Vous n’avez pas participé ? Vous n’avez pas gagné ? Ce n’est pas grave, j’ai un autre concours ! Celui-ci dure plus longtemps, les prix sont plus abondants et s’adresse à quiconque aime écrire des lettres. Denise Neveu, la coordonnatrice de la Poste restante des Correspondances d’Eastman s'adresse à vous !
Sans doute avez-vous déjà comparé l’une ou l’autre des personnes qui ont compté dans votre vie à des étoiles qui ont éclairé votre route... Eh bien! c’est à l’une de ces personnes que je vous propose d’exprimer aujourd’hui en quoi votre rencontre avec elle a été inespérée.

Cette personne inspirante peut faire partie de votre enfance, de votre adolescence, d’un passé plus immédiat ou de votre vie présente : un membre de votre famille immédiate ou élargie, une enseignante, un voisin, un compagnon de travail ou de voyage, une amie intime, un amour passager ou durable, une femme, un homme, un vieillard, une enfant…

Parmi tous ces gens qui vous ont conduits comme Alice, au Pays des Merveilles*, n’oubliez pas d’inclure ceux qui, au premier abord, vous ont dérangés et bousculés, qui vous ont secoué les puces ou enlevé le tapis de la sécurité sous les pieds car, sans eux, seriez-vous l’être humain que vous êtes devenus?

Enfin, il arrive aussi que nous vivions des rencontres décisives avec des figures de proue de la sphère publique dont les oeuvres, les passions ou les engagements sociaux nous marquent, à leur insu : une romancière, une philosophe, un maître spirituel, un homme politique, une femme engagée, un astrophysicien, une marathonienne, un chasseur de papillons, un poète…

Qu’elle soit un phare sur votre chemin actuel ou qu’elle l’ait déjà été, choisissez donc une personne marquante pour vous et adressez-lui une lettre la plus ressentie possible.

Conditions de participation

• Chaque participant(e) peut soumettre une ou plusieurs lettres à des destinataires différents.
• Une page de présentation doit précéder chaque envoi et comporter les coordonnées de l’auteur : nom, prénom, adresse postale complète, numéro de téléphone et adresse courriel si disponible.
• Chaque lettre soumise doit contenir un minimum de 40 lignes et un maximum de 50 lignes.
• Les textes doivent être présentés à double interligne, en caractères 12 points et nous parvenir par courriel à : posterestante@lescorrespondances.ca - - - ou par la poste à l’adresse suivante :
Concours de la poste restante
C.P. 37
Eastman (Québec) J0E 1P0

Règlements
* Période d’ouverture du concours : du 5 avril au 15 juin. Aucune lettre ne sera acceptée après le 15 juin à 23 h 59.
* Aucune copie manuscrite ne sera acceptée
* Les participant(e)s autorisent les organisateurs du concours à mettre leurs textes en lecture publique s’ils sont retenus lors de la sélection finale et à les diffuser en tout ou en partie sur un support papier ou électronique, ce qui implique que les auteurs cèdent leurs droits aux Correspondances d’Eastman.
* Le jury, présidé par madame Francine Ruel, choisira les cinq lettres qui répondent le mieux aux critères de sélection suivants : qualité du français écrit, ton et rythme du texte, originalité des idées émises, puissance évocatrice de l’expérience.
* Les lauréat(e)s seront invité(e)s à recevoir leur prix lors de la cérémonie d’ouverture des 8es Correspondances le jeudi 5 août à 17 h au Parc du temps qui passe au cours de laquelle les lettres gagnantes seront lues publiquement.
* Les employé(e)s des Correspondances d’Eastman, les membres de son Conseil d’administration et tous les membres de leurs familles sont exclus du concours.

Prix et reconnaissance
* Chèques-cadeaux de chez Archambault, beaux livres de la maison d’édition Hurtubise, ouvrages d’auteurs présents lors de l’événement, crayons laissez-passer valides durant tout le weekend des Correspondances et billets gratuits pour assister à un café littéraire du vendredi 6 août.
* Les lettres gagnantes seront diffusées sur notre site WEB et exposées à la bibliothèque d’Eastman durant la tenue des Correspondances.

***Illustration de Marsi - Chapelier tiré du roman Alice aux pays des merveilles

lundi 5 avril 2010

Concours maison

Edem Awumey (en lice pour le prix Goncourt 2009)
Jean Barbe
Jean-François Beauchemin
Myriam Beaudoin
Marie-Christine Bernard (Prix France-Québec 2009)
Simon Boulerice
Joel Des Rosiers
Max Ferandon
Dominique Fortier
Louis Hamelin
Marie-Sissi Labrèche
Dany Laferrière (prix Médicis 2009)
Michelle Plomer
Louise Portal
Monique LaRue
Marsi
Yvon Rivard
Hélène Rioux
Francine Ruel
Roméo Saganash
Marc Séguin
Kim Thuy

Ces vingt deux personnes du milieu littéraire ont un point en commun.

Quel est-il ?

Je placerai les noms de ceux et celles qui laisseront la bonne réponse en commentaire dans un chapeau, et le 8 avril, Marsi pigera un nom (les yeux fermés, jurés !), et cette personne recevra le roman d’un de ces auteurs par la poste.

Gracieuseté Venise
(À prendre comme un cadeau de Pâques pour mes lecteurs assidus)

Indices :
  • Nous sommes le 5 du mois
  • 4 mois
  • Huitième
  • Rencontres inespérées

Bonne chance à tous les participants !

vendredi 2 avril 2010

Vrac lié

Liens ou mots clés : Combat des livres, Bande dessinée, Paul, Paris, France-Québec (Prix), Entendu parler, Marsi, Bandes dessinées, Salon du livre Québec.

Avez-vous remarqué que je n’ai pas dit un mot sur le Combat des livres cette année ? Si on compare avec les années passées, ça fait contraste. Je l’ai écouté pourtant, malgré moins d’élan que par les années passées. Pourquoi ? Premièrement, les choix. Je n’avais lu aucun, une raison un peu puérile, je le concède, mais pour m’en défendre (sans même être attaquée !), ce n’est pas la raison principale. L’autre raison pèse son Prix Médicis et son Grand Prix du livre de Montréal et, peut-être, Le Prix des Libraires. Que Françoise David n’ai pas cherché plus loin que son dernier livre de chevet, L’Énigme du retour de Dany Laferrière m’a déçue. Je voyais déjà les autres se forcer à le descendre. Ça faussait le résultat : pas de suspense, il allait gagner (c’est d’ailleurs le cas) et ça faussait aussi le comment. Qui aime les combats prévisibles ? Malgré ce mauvais départ, je l’ai écouté jusqu’à la fin et avec un certain plaisir. Pourquoi ? Les débatteurs sont venus chercher mon admiration, c’était un combat de livres, pas d’égos. Et j’en suis sortie avec des envies de lire certains titres, ce qui est le but ultime.

Moi qui aime de plus en plus les bandes dessinées, je me pose la même question que plusieurs : à quand une bande dessinée au combat ? Un Paul à Québec par exemple, ce qui m’amène à parler du papa de Paul, Michel Rabagliati, présentement à Paris. Le chanceux ! On peut suivre ses vas et viens sur Twitter. Il y en a même qui se sont inscrits exprès ! Et quant à être à Paris, profitons-en pour parler du Prix France-Québec, auquel on devrait, à mon avis, porter une plus grande attention pour le rayonnement du roman québécois en France.

Marie Christine Bernard a reçu son prix France-Québec le 24 mars dernier au siège de la Délégation du Québec à Paris. L’auteure de Mademoiselle Personne vient de faire paraître Sombre peuple, toujours chez Hurtubise, et en profite pour faire la tournée de lycées et bibliothèques français. Ce dernier titre va inévitablement se rajouter à ma pile. Au mois de mai, l’écrivaine devra passer le flambeau à un autre auteur. Trois titres comptent parmi les finalistes du volet 2010 : Maleficium de Martine Desjardins (Alto), également finaliste au Prix des libraires du Québec, Le rôdeur de la Paramount de Pierre Fortin (Québec Amérique) et HKPQ de Michèle Plomer (Marchand de feuilles). Vous imaginez ? HKPQ, mon coup de cœur !! Je commence à croire que j’ai des affinités avec l’Association France-Québec. Et Maleficium, c’est de la compétition sérieuse ça ! Vous me surprenez à ne pas (je me surprends aussi), à ne pas avoir lu « Le rôdeur de la Paramount » et même (chut !), de ne même pas en avoir entendu parler.

Si vous n’avez pas encore entendu parler de Marsi, eh bien c’est que vous aboutissez ici en curieux ou en déboulant d’un lien à l’autre (Bienvenue !) alors je dirais en catimini, les autres n’écoutez pas, que Marsi est mon mari oui mais ne serait-ce que de ça, je n’en parlerais pas mais c'est aussi et surtout (ici) l'auteur de Miam miam fléau, bande dessinée à l'imaginaire débridée, destiné aux esprits jeunes, qui aiment se sortir du quotidien. Là, les autres vous pouvez écouter (!), il sera présent au Salon international du livre de Québec en fin de semaine prochaine :

Passez-nous voir pour un coucou ou une dédicace personnalisée

Kiosque de La Pastèque :
  • Vendredi - 9 avril = 20 h à 21 h
  • Samedi - 10 avril = 11 h à 12 h et 19 h à 20 h
  • Dimanche – 11 avril = 14 h à 15 h

BONNES PÂQUES !