Faites comme chez vous

Faites comme chez vous
c'est recevant !

samedi 18 février 2012

Vrac foisonnant !

L’édition : un chemin de croix ou de foi
Par-delà une poignée d'écrivains reconnus, que dissimule la réalité de l'édition? Les maisons font-elles correctement leur travail? Comment sont traités les manuscrits?
Des questions qui se posent et se répondent autant en France qu’ici.

Les écrivains sont-ils fréquentables ?
À Zone d’écriture, milieu actif où l’on se pose des questions existentielles, on s’est demandé ce qu’il faut savoir avant de d'aller plus avant dans une relation avec un écrivain. Caroline Allard, Marie Hélène Poitras, Stéphane Dompierre, Matthieu Simard et Samuel Archibald ont préparé la liste des 20 choses à savoir. - - - Prenez des notes, on ne sait jamais !

Des films, en veux-tu, en v’là !
Combien êtes-vous capable de nommer de romans québécois portés à l’écran, n'importe où, n’importe quand ? - - - Je ne veux pas vous enlever vos moyens mais Rue des Libraires en ont trouvé 21 !

$ Coup de cœur $
Quand ça va bien, ça peut aller encore mieux ! L’auteur du recueil de nouvelles Arvida, Samuel Archibald, déjà finaliste pour Le Prix des Libraires, se voit décerner une bourse des librairies Renaud-Bray. D’ailleurs, c’est une première que cette soirée bénéfice qui accorde une bourse à une œuvre choisie parmi ses Coups de cœur 2011, et 3 autres bourses d'ailleurs. Un collant apposé sur leur oeuvre que les écrivains prendront maintenant moins à la légère. Si elle était remplie de louis, cette bourse vaudrait son pesant d’or : 20,000 $ - Ça aide à payer l’hypothèque !

Vous ne connaissez pas Samuel Archibald ? Décidément, monsieur Archibald et les librairies, ça fait bon ménage, Rue des libraires l’a interviewé pour vous.

Moustachu de mes rêves
Le journal Métro offre aux usagers des transports en commun une tribune, Métro flirt, où ils peuvent déclarer leur amour à un mystérieux inconnu croisé dans le métro ou dans l’autobus. Le but étant que la personne convoitée se reconnaisse, puis qu’elle se manifeste par l’intermédiaire de la même tribune. L’émission Informan s’est penchée sur une missive.

Pas pour les enfants
Ceux qui pensent encore que la bande dessinée, c’est pour les enfants, vont déchanter à Tout le monde en parle où Guy Delisle, auteur de bande dessinée québécois, vivant en France depuis une vingtaine d’années, va nous parler de son album Chroniques de Jérusalem. Marié à une femme médecin (sans frontières), il l’accompagne dans ses voyages, prend des notes qui, au retour, se transforment en anecdotes et en dessins. C’est pas toujours jojo mais, d’après Marsi qui le suit à la trace, ses albums sont foisonnants d’informations sur le quotidien de pays visités, tels la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord. On y découvre un autre angle que celui des médias, affirme-t-il.

Moi
Ma mère m'a toujours dit qu'on devait se garder pour la fin. Je ne dérogerai pas à mes habitudes et ne tomberai pas dans la mare des confidences, mais j'ai promis d'apporter à votre attention mes billets @Voir. Je n'y manque pas, parce que ça fait drôlement mon affaire :-). J'en ai sorti un hier, Lisez-vous Lisée ?

mercredi 15 février 2012

La chorale du diable - Martin Michaud

Je m’étais attachée à l’inspecteur Lessard à ma lecture de Il ne faut pas parler dans l’ascenseur. Puis, l’auteur est intrigant, un avocat possédé par la passion d’écrire des histoires morbides. Et le mot « morbide » n’est pas de trop, ni le mot « violence ». Le résultat ? Une Venise qui prend un an avant de se décider à plonger dans cette Chorale du diable.

Je ne le regrette pas, c’est une bonne histoire et les amateurs de romans policiers seront comblés. Je pense à ceux qui aiment ces histoires touffues où un fil en arrache un autre et entraine avec lui trop de morceaux, qu’il faut ensuite placer, les mains pleines de sang. De ces histoires qui se déroulent avec des êtres perturbés à en être enfermés, et qui ne le sont pas.

Ça commence par une scène de tuerie familiale, à la hache, qui sera classée par l’équipe d’enquêteur comme un « banal » drame familial où le père disjoncte et tue femme et enfants. Pas pour Victor Lessard cependant qui doute de cette conclusion, et de lui-même, qui a vécu semblable expérience étant jeune. D'ailleurs, le spectre de son frère Raymond l’accompagnera pour le lui rappeler.

Dans ce second tome, Martin Michaud pousse encore plus loin le profil de l’inspecteur imparfait, allant jusqu’à en faire un être perturbé, carte qu’il jouera tout au long du récit. Cet enquêteur, un héros comme vous pourriez l’être, en autant que vous acceptiez de risquer, pas seulement votre carrière, mais votre vie, à n’en faisant qu’à votre tête, vous foutant de l’autorité pour traficoter par en-dessous. Pourquoi ce comportement un peu suicidaire ? Supposons que c'est pour prouver que vous êtes normal, à vos yeux et à ceux des autres. En même temps, et là est le jeu du roman policier à personnage vedette comme Lessard, le lecteur tremble pour lui, tout en sachant pertinemment que l’auteur ne le fera pas mourir.

Fait intéressant, une enquêtrice est le pendant féminin « à la Lessard » aussi irrévérencieuse, aussi rebelle mais plus violente. Le duo travaille chacun de leur côté, empêtré dans l'écheveau de meurtres familiaux et d’enlèvement de jeune fille. La détective en veut horriblement à Lessard pour une vieille histoire. Un duel entre êtres trop semblables.

Lessard reste un être vulnérable à l’amour, ce qui contribue également à le rendre humain. Il a changé, il fait maintenant attention à sa santé, ne bois plus de café et de malbouffe pour vraisemblablement mieux se conserver, d’où le paradoxe avec son agissement si téméraire que quasiment suicidaire. En passant, j’ai toujours de la difficulté à croire à ses histoires d’amour, potentielles ou réelles. De le trouver attachant est une chose mais de l’imaginer séduisant est une autre. Rien ne le laisse supposer.

Secte, religion, dieu/diable, bien/mal, parapsychologie, prédation sexuelle, pédophilie, délinquance, être possédé, si vous aimez les histoires complexes à démêler, sur fond noir foncé et rouge clair, si vous êtes capable d’en prendre, allez-y gaiement.... j’ai presque envie de dire, vous allez vous amuser !

Pour ma part, après toutes ces pages lues avec attention et intérêt, je réalise que je ne suis pas une bonne lectrice de polars. Je manque d'enthousiasme pour jouer à trouver le coupable, je mets aucune énergie à démêler le comment du pourquoi. Un peu comme si c’était tellement gros pour un si petit concentré de temps que je n’embarque pas. Quand je lis habituellement, j'aime ouvrir grand mon esprit pour englober les personnages, les chérir, tandis qu’avec du polar noir foncé, je reste sur mes gardes. On ne sait jamais quand on peut se faire surprendre, et voir une scène insoutenable. Ma réaction réflexe est de me fermer.

Nota bene : Martin Michaud est le gagnant du Prix Saint-Pacôme 2011 du roman policier. Si vous êtes intéressé à mieux le connaître, il tient un site web.

La chorale du diable, Martin Michaud, Éditions Goelette, février 2011

lundi 6 février 2012

La porte du ciel - Dominique Fortier

Un jour, une petite fille blanche d’environ sept ans surprend une petite noire se faire malmener et demande à son père d’intervenir, ce qu’il fait, sans tenir compte des paroles de celui qui lui amène l’enfant « Prenez garde, on la dit possédée par le diable, elle ne vous servira pas à grand chose». Il faut savoir que nous sommes au milieu du 19e siècle au Sud des États-Unis à la veille de la guerre de Sécession, et l’esclavage va de soi. Les noirs sont faits pour travailler, comme d’autres penser, c’est une loi naturelle, c’est ce que pensent une bonne part des citoyens.

Ce qui fait qu’une blanche et une noire à peu près du même âge grandiront côte à côte sur un domaine où la blancheur règne ; les champs de coton de la Louisiane. Il ne faut pas croire que l’auteure fouillera les sillons de l’histoire avec son H majuscule, ce qui nous sera raconté n’a rien d’historique mais s’ancre plutôt par l’image, imprégnant le tissu d’un imaginaire, celui de chaque lecteur. Je commence à croire que Dominique Fortier aime coudre, pour le souvenir qu’il me reste du Bon usage des étoiles où elle a amalgamé des pièces sur d’autres pièces, qui ne semblaient pas aller ensemble mais qui, en bout de ligne, finissent par former un tout. Elle faufile des pans d’anecdotes ensemble, les couds avec des coutures si fines qu’à peine visibles, le résultat donne un seul morceau qui s’appelle un roman.

Avec La porte du ciel, on peut parler d’un patchwork, ce tissu fait de morceaux disparates cousus les uns aux autres. L’élément principal pour moi a été la vie de ces deux êtres de sexe féminin, la blanche au statut clair, la noire au statut embrouillé. J’ai éprouvé un intérêt curieux, presque voyeur, à les connaître intimement. J’aspirais à toucher de quoi était faite cette relation ambigüe. De quelle manière s’aimaient-elles dans ce contexte où celle qui n’est pas blanche couchait au pied du lit de celle qui l’est. La noire balayant le plancher, faisant du petit point dans la même pièce que les demoiselles blanches, mais retirée dans un coin. Pendant qu’une est toute en parole et en droits acquis, l’autre est toute en silence et en devoirs imposés. J’aurais aimé me faufiler entre les deux et voir l’émotion.

Pendant que j’attendais, courais même après cette émotion, l’auteure me sortait du quotidien des jeunes filles et m'amenait, plus haut, plus loin. La plume de Dominique Fortier vole au-dessus de l’étendue du monde, plume qu’on peut traiter de poétique par son utilisation de symboles. L’image forte toujours l’emporte, la métaphore, le sens caché, la parabole. Ce qui en fait un texte à réfléchir et à contempler. L’entrée en matière nous en donnera une bonne idée ; ne perdons pas de vue le Roi Coton !

Le silence s’entend entre les personnages. Les gens se parlent pourtant, leurs bouches font du bruit, mais ne sont pas particulièrement articulées par l’émotion. Les relations n’exposent pas l’écheveau des émotions humaines. Ça fait certainement curieux quand on s’y arrête, et je m’y suis arrêtée. Parce que l’émotion entre les gens se tait, certains pourraient accuser le texte de froideur. Je comprends que l’on puisse l’aborder de cette façon, mais quant à moi, pourtant grande consommatrice d’émotions dans la vie comme dans mes lectures, je me suis laissé entrainer par la grandeur et la beauté que l’auteure désigne. De toutes manières combien d’auteurs sont des spécialistes de l’émotion relationnelle ! À chacun son style.

Je ne vous ai pas encore dit qu’on y aborde la guerre, les moeurs du mariage, les traditions précieusement transmises. On parle aussi couleur, motif, tissu, coton. Et bien sûr, d’exploitation, de richesse acquise, de pauvreté extrême sur fond noir et blanc. Se rajoute à La porte du ciel, une voix narrative qui apostrophe le lecteur sans crier j’arrive ! J’en ai été surprise, et à chaque fois. Je ne sais pas encore si j’ai aimé tellement elle m’a fait sursauter ! Qu’importe, puisqu'il en sera probablement autrement au prochain roman de Dominique Fortier. Ainsi vont les gens créatifs, à ne jamais faire deux fois la même chose.

mercredi 1 février 2012

Vrac un jour, vrac toujours

2 Quartanier, 2 Alto
Eh bien, ça y est, ils ne sont plus que 5 dans la catégorie Roman québécois pour le Prix des Libraires :
- Samuel Archibald, Arvida, Le Quartanier.
- Jean-Simon Desrochers, Le sablier des solitudes, Les Herbes rouges.
- Karoline Georges, Sous béton, Alto.
- Catherine Leroux, La marche en forêt, Alto.
- Éric Plamondon, Hongrie-Hollywood Express, Le Quartanier.

Je vais sûrement lire « Sous béton » avant la divulgation du gagnant le 14 mai, puisque j'ai un exemplaire.
Pour la liste Hors Québec, c’est par ici.

Volteface et malaises
Rétablissons la situation. Dernièrement, nous nous sommes décriés devant ce titre anglais : Négroni on the rocks. Eh bien, nous apprenons qu’il était question ici du titre provisoire du manuscrit de Raphaël Germain, le titre officiel étant, attention, ça ne s’invente pas ... Volteface et malaises. Cela serait tout simplement une erreur de la maison d’édition Libre expression. Ce troisième roman sera lancé dans deux mois la journée de l’arrivée du printemps le 21 mars 2012.

Le no 69 du magazine du Libraire
En février, le dieu Éros est plutôt sollicité, St-Valentin oblige. Est-ce pour cette raison qu’un numéro érotique, le 69, est distribué gratuitement. On a besoin d’être guidé dans cette jungle qui nous fait des clins-d’œil, vous ne trouvez pas ? Essayer de mettre la main sur ce numéro spécial du Libraire, ou encore, téléchargez-le.

Un Québécois gagne le Fauve d'Or
Chroniques de Jérusalem, le dernier album de Guy Delisle, a raflé le Fauve d’or, récompensant le meilleur album de 2012, au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Guy Delisle a déclaré être d’autant plus ravi d’obtenir ce prix que le président du jury cette année était Art Spiegelman, légendaire auteur américain, à qui on doit notamment Maus.

«Pour les gens de ma génération, Art Spiegelman est un monument. Il est arrivé avec la réponse que nous attendions, nous qui pensions que l’on pouvait faire autre chose en BD. Quand j’ai lu « Maus », j’ai pleuré. Cela a été un jalon pour tous les auteurs», a déclaré Guy Delisle à Parismatch.com. (référence Actualités Le Libraire)

Comment se porte la communication ?
C’est à peu près cette question que j’avais en tête quand j’ai entrepris la rédaction de mon billet « Pourquoi tenir à un blogue ? » Chez Venise. Cliquez-vous ... à ce que j’y avance ?

dimanche 29 janvier 2012

Les têtes rousses - Claude Lamarche

Comment pourrais-je me targuer de transparence sans mentionner immédiatement que Claude Lamarche est une blogueuse que je suis avec grand intérêt et qui fréquente le Passe-Mot avec assiduité. Ceci dit, j’ai tenté de la lire avec toute l’objectivité possible, ce qui n’a pas été évident.

Les têtes rousses sont celles de trois Irlandais, deux sœurs et un frère, chassés de leur pays en 1847. Pendant que l’aînée de 19 ans prend très au sérieux son rôle d’ainesse, le trio accoste à Montréal après un périple bouleversant sur un voilier où s’entasse la chair humaine de leurs compatriotes. La plus grosse part du roman ira cependant à l’acclimatation d’une petite population irlandaise dans un quartier de Montréal qui leur sera attribué dès leur arrivée.

Dans un premier temps, le voyage en mer s’apparente à plusieurs de ces expéditions où la grosse misère règne accentuée par la terrible angoisse devant l’inconnu. Déracinés, voguant sur l’eau dans les pires conditions, ces périples de boat people se ressemblent, en tout cas, rien dans cette histoire ne m’est apparu différent de la traversée vécue dans le récit Ru de Kim Thùy par exemple.

L’intérêt du roman repose sur l’approfondissement de la psychologie des personnages, puisque la trame portant sur l’exil d'une famille est assez mince. J’ai réussi à m’attacher au trio, mais ce fut progressif et un peu ardu pour plusieurs détails qui seraient astreignants à tous énumérer. L’auteure a fait de l’ainée, Bridget Bushell, son personnage principal, un être fait d’ambiguïtés et d’ambivalences. Cette femme que l’on veut nous laisser croire forte, avec un ascendant naturel sur les autres, surtout sur son frère et sa soeur, est timide et doute énormément de sa valeur.
Généralement, j'ai eu de la difficulté à croire à son autorité naturelle, mais je dois dire particulièrement envers son frère, surtout après que celui-ci ait pris les choses en mains avec vigueur pendant le voyage. Je n'ai pas compris sa soudaine soumission, une fois les trois installés dans leur nouveau home. Si j’avais eu accès à ses pensées intimes, peut-être en aurais-je saisis les raisons. Faut dire que le titre - que j'aime beaucoup ! - Les têtes rousses, représenté par trois médaillons m'ont laissé croire que trois caractères seraient fouillés, quant en fait le frère et la sœur serviront plutôt de faire-valoir à l’ainée.

Cette dernière se définira plus nettement avec la maternité, un personnage de mère de l’époque auquel j’ai cru. L’exposition des moyens de subsistance d’alors est une mine de renseignements. Un homme, Denis traverse l’histoire aux côtés de Bridget. Ce personnage bien incarné, éprouvant des émotions claires et nettes, est le plus limpide à mon avis et donc le plus intéressant. Je m’y suis d’ailleurs attachée plus rapidement.

Il n’est jamais facile de raconter une vie, de l’enfance à la mort, surtout quand on désire toucher à d’innombrables personnages, ancêtres, enfants, petits-enfants, ce qui transforme l’histoire en saga. Malgré ce que j’appelle quelques maladresses, j’ai pris du plaisir à ma lecture qui a apporté à mon attention un pan d’histoire méconnu, l’émigration irlandaise au Québec. N’est pas étranger à mon plaisir non plus, une narration sur un ton posé, pour ainsi dire détaché, qui sait éclairer à grands traits inspirés le décor humain et la nature urbaine.

Note : L'auteure vient de me faire découvrir le site où elle nous entretient des lieux et de certains événements. Ça ancre le roman dans notre réalité, ce qui n'est pas à dédaigner.

jeudi 26 janvier 2012

Du vrac s’impose

Un vrac, quel meilleur moyen pour se donner temps et élan pour s’élancer sur sa prochaine critique !

Une rentrée en plein hiver
Plusieurs les connaissent déjà, je veux dire ceux qui font et lisent Le Devoir, Danielle Laurin a apporté à notre attention d’affriolants titres québécois. Un hiver chaud ! Je relève ses titres pour jouer (si vous désirez des infos, des extraits, elle en donne), jouer à quel titre vous aimeriez vous faire offrir en cadeau, ou celui que vous allez vous offrir en cadeau. De mon côté, j’y vais avec quelques commentaires.

1- Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage, Martine Delvaux (Héliotrope) – Elle me tente cette auteure, surtout après l’avoir entendu en entrevue à Plus on est fous, plus on lit. J’achèterais l’auteure avant le livre cette fois.
2- Petal's Pub, Arlette Cousture (Libre Expression) ... Ouais, pas sûre.
3- Charlotte before Christ, Alexandre Soublière (Boréal)- Encore un titre anglais ! Fatiguant cette manie. Ça m’enlève le goût de le lire. C’est un premier roman, probablement qu'il sera recensé par la Recrue du mois
4- Le hasard et la volonté, Jean-François Beauchemin (Québec Amérique) – Incontournable, pour moi en tout cas.
5- Une femme comblée, Brigitte Haentjens (Prise de parole) - Vous ne pensez pas que je devrais lire cette auteure ?
6- Seulement attendre et regarder, Elena Botchorichvili (Boréal) – On peut pas tout lire, dommage.
7- Tsukushi, Aki Shimazaki (Leméac) – Il me tente.
8- Amour et autres violences, Marie-Sissi Labrèche (Boréal) – Je pense pas, non. Et vous ?
9- Le Christ obèse, Larry Tremblay (Alto) – Curieux quand même sur 22 titres, 2 ont le mot Christ
10- L'affaire Brenner, Jean-Pierre Trépanier (Le Sémaphore) - Peut-être.
11- Monsieur Électrique, Jean-Marc Beausoleil (Triptyque) Je vais dire comme François Legault « On verra »
12- Transtaiga, Ariane Gélinas (Marchand de feuilles) – Premier roman et premier tome d’une trilogie ! Marchand de feuilles, une maison d’édition qui fait confiance à ses auteurs !
13-Tous les corps naissent étrangers, Hugo Léger (XYZ) - Un autre premier roman, d’une personne un peu plus connue
14- Encre, Dragonville Tome 2, Michèle Plomer (Marchand de feuilles) – Non mais, je l’attends-tu rien qu’un peu celui-là !
15- Mayonnaise, Éric Plamondon (Le Quartanier) - Deuxième tome (déjà !) après Hongrie-Hollywood express, en lice au Prix des Libraires
16- Négroni on the rocks, Rafaële Germain (Libre Expression) – Sûrement efficace dans le genre, mais je répète « On ne peut pas tout lire ! »
17- Rose Brouillard, le film, Jean-François Caron (La Peuplade) – Je serai prête à revivre une expérience avec cet auteur.
18- Lit double, Janette Bertrand (Libre Expression) – Pouvez-vous croire que je n’ai encore lu aucun de ses romans ? Pourtant, j’admire cette femme.
19- Le testament du professeur Zukerman, Francis Malka (Hurtubise) – On dit qu’il y a du mystère, de l’étrangeté, tout pour me plaire. Je ne connais pas cet auteur.
20- Griffintown, Marie Hélène Poitras (Alto) – Savez-vous, celui-là ... et bien, je vais le lire !
21- J'haïs les bébés, François Barcelo (Coups de tête) – Léger, une récréation de lecture, un petit show d’humour écrit... bien écrit ? À vérifier.
22- Le jeune homme sans avenir, Marie-Claire Blais (Boréal) – Du substantiel. Mais je ne sais pas. J’attends vos commentaires.

Un rendez-vous avec soi
Est-ce qu’il vous arrive de participer au concours mensuel de la librairie Carcajou ? Vous pouvez gagner des livres et ce mois-ci, c’est un échantillonnage de livres sur soi.... pour vous ?

Peux pas m’en empêcher...
... de parler de la langue et du langage. Je vous l’avais dit que j’apporterai à votre attention mes billets @Voir. Comme je l’ai dit sur facebook « je « pêche » pour ma paroisse ...

Pas seulement moi
Qui prêche pour ma paroisse, d’autres aussi prêchent pour ma paroisse ! Cette fois, et j’en ai été très honorée, c’est Rue des Libraires. Un recensement de blogues littéraires par Isabelle Beaulieu, elle nous offre une belle rue de blogues à découvrir....

dimanche 22 janvier 2012

Un couple d'enfer (Les Nombrils) - Delaf & Dubuc

Voici environ cinq ans, j’ai lu par hasard « Pour qui tu te prends », premier tome de la série Les Nombrils, maintenant si populaire. Delaf & Dubuc en sont au cinquième tome et font un tabac en Europe. On se comprend que je ne suis pas la clientèle cible de ce trio de jeunes filles en mal de garçons, deux « m’as-tu-vu » (Vicky et Jenny) et un faire-valoir, Karine, dont le seul point commun est leur nombril à l’air !

J’ai acheté le premier tome dans une bouquinerie, à l’état neuf, probablement un service de presse non lu d’après la libraire, par solidarité pour le couple de bédéistes qui habitait la même région que « mon » bédéiste Marsi. Qui plus est, le tandem créatif, Delaf au dessin, Dubuc au scénario, avait une bouille sympa, travaillait ensemble, tout en étant un couple dans la vie. J’étais convaincue que cet achat serait un geste isolé, je n’allais certainement pas mordre à l’hameçon, moi qui riais sous cape des fanas de séries déclinées en douzaine de tomes. Eh bien, je me suis lourdement trompée, me voici à espérer qu’il y en ait une douzaine ... en autant que la qualité demeure.

Pour que la qualité demeure, les personnages principaux doivent évoluer, ne pas faire du sur-place et que des personnages forts s’y rajoutent et viennent chambouler les prédominantes relationnelles. Que surgissent des retournements de situation importants, mais probables. Bref, qu’on n’achète pas le lecteur en lui redonnant la même bouillie à chaque tome en tablant sur son attachement aux personnages. Il est facile de s’asseoir sur ce laurier, mais les auteurs ne l’ont pas fait, ma récente lecture me le prouve hors de tout doute.

Vous aimeriez que j’étaye mon propos ? Je m’apprêtais à le faire, au meilleur de mes connaissances, quand j’ai découvert la critique de mon ami explorateur BD. De sa lucarne, PG Luneau développe les points forts du tome 5 et, moult détails à l’appui, digresse sur les raisons pour lesquelles cette série maintient sa qualité. Pourquoi redire du si bien dit, d’autant plus qu’en cliquant, vous aurez le plaisir d’y découvrir une discussion passionnante autour du sujet des expressions françaises dans une bande dessinée d’origine québécoise. Delaf lui-même commente à deux reprises, partageant avec nous ce dont on peut difficilement se douter n’étant pas confronté à certaines règles ... Je reste intentionnellement vague, tout pour piquer votre curiosité !

Quoiqu’il en soit, j’applaudis ce gigantesque succès de bédéistes québécois à l’étranger. C’est une chose de réussir un album, mais une série ! D’un tome à l’autre, les lecteurs attendent d’être propulsés, toujours plus loin, toujours plus haut. Me voici haut, jusqu’où ira mon saut à la lecture du tome 6 ?

jeudi 19 janvier 2012

À force de lire, écrire

Mon ami et explorateur BD, Pierre-Greg Luneau m'a avertie, si ton perfectionnisme t'amène à vouloir toujours rédiger des billets différents Chez Venise et au Passe-Mot, tu t'en sortiras pas ! Je lui donne raison, avant de la perdre ! Aujourd'hui, je misais sur deux billets mais je me rends, ils seront semblables. J'y ajoute de petites confidences, puisque nous sommes entre nous. Entre amis ! C'est moins anonyme que Chez Venise où je sais à peine qui me visite. Je vous offre également un vidéo que j'ai trouvé amusant, pas une danse du ventre, une danse du livre !

Ne pas perdre nos plumes
On se plaint souvent que notre télévision d’état, Radio-Canada ne fait pas suffisamment de place à la littérature. Quand il y a lacune, il faut la dénoncer, c’est sain. Quand il y a matière à féliciter, il faut le souligner, c’est sain.

Notre télévision d’état a encouragé les écrivains pendant une trentaine d’années avec les Prix littéraires Radio Canada. Initiative louable mais un peu statique. Un concours une fois par année, la balance de l’année, rien. Radio-Canada a compris qu’il y avait place à l’amélioration et a lancé son espace Zone d’écriture, un lieu d’échange dynamique, une communauté où les écrivains peuvent se retrouver et partager leur expérience en ligne. Cet espace convivial offre des défis d’écriture, des ateliers d’écriture en ligne, des textes originaux d’auteurs, des éditoriaux, des nouvelles sur le monde littéraire et des suggestions de lecture. Tout en n’oubliant pas les Prix littéraires qui perdurent mais avec certains changements. Par exemple, les compétitions Nouvelle, Récit, Poésie se font maintenant à tour de rôle. Chacune de ces catégories peut rapporter 6,000 $ au lauréat et un 1,000 $ à quatre « mentions spéciales » sélectionnés par le jury. J’en profite pour dire qu’il reste seulement 13 jours à ceux et celles qui désirent soumettre leur(s) texte(s) dans la catégorie « Récit » présentement en cours.

Dernièrement, l’éditrice de Zone d’écriture, l’écrivaine Marie-Hélène Poitras, nous a mis sur la piste d’un thème, auquel personne n’échappe aussitôt né : la famille. Quand on y pense deux secondes, plusieurs de nos écrivains ont fait du pouce sur ce thème. Marie-Sissi Labrèche va jusqu’à dire que S’il fallait que les auteurs n’écrivent pas sur leur entourage, en particulier sur leur famille, il n’y aurait pas de littérature. « Les familles sont des asiles de fous » rajoute Régis Jauffret.

Je ne sais pas si on peut dire de Radio-Canada que c’est une grosse famille mais une chose est certaine, les liens s’assemblent et se ressemblent. Avez-vous regardé « Apparences », la nouvelle série de Radio-Canada ? On y aborde la famille et son apparence, souvent trompeuse. Un concours d’écriture en lien avec ce thème de famille et ses secrets est ouvert à tous. Je l’ai découvert sur le site de l’émission, et ai décidé de le porter à l’attention publique, on en entend peu parler, il me semble.

En avez-vous des secrets de famille ? Qui n’en a pas ! Un concours à la portée de toute plume qui chatouille les mots vous attend. Lire puis écrire, deux gestes qui se tiennent aussi près que remplir puis déverser. Alors, si vous avez un trop-plein de lecture, vous savez maintenant quoi faire, écrire ! En plus, c’est une occasion de publication et de gains intéressants.

Avant de quitter le tableau des belles initiatives Radio-canadiennes, je vous mets Les mots à la bouche, toujours via l’espace Zone d’écriture.

La danse du livre

dimanche 15 janvier 2012

En région arctique et ailleurs - Laurence Gough

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué mais je ne rédige plus à chaque numéro une critique de premier roman au webzine La Recrue du mois. J'ai dû ralentir ma cadence, la vie familiale au sens le plus large m'y obligeant. De par ce recul obligatoire du webzine, quand j'ouvre ses pages le 15 de chaque mois, je suis époustouflée devant l'ampleur du travail de ces 15 rédacteurs-trices, une rédactrice en chef, un webmestre, un graphiste, et cela à titre entièrement bénévole. C'est à souligner et je le souligne !

Ce mois-ci, les circonstances s'y prêtant, je me suis commise dans un repêchage que je ne pensais pas aimer autant. Le voici :

Thomas, leader incontesté entraine ses amis, un groupe d’étudiants, dans un chalet en Gaspésie pour s’y reposer. Traduction pour des jeunes de cet âge : faire la fête. Il est content d’y amener sa blonde, Noémie, qui fait partie de son quotidien depuis des mois, mais son cousin, non. C’est un fardeau que sa tante et sa mère lui font porter depuis l’enfance, c’est toujours à lui qu’incombe la tâche d’intégrer son étrange cousin Simon à une vie sociale normale. Cette fois-ci, il en a marre, et encore plus quand il décèlera une attraction entre sa blonde et ce dernier. Se pensant en parfait contrôle de sa vie et de celle de sa blonde, il ne considérera pas Simon comme un rival, leur offrant même l’occasion de mieux se connaître en faisant du pouce en pleine nuit frigorifiée au cœur de la vastitude Gaspésienne.

L’auteure a traité cette histoire avec dynamisme et arrive à nous faire entrer dans le jeu de l’attraction, le jeu du jeu aussi, puisque Noémie et Simon s’adonne à l’amour comme des enfants riant sous cape. La différence de Simon est bellement présentée, cela en devient presque un hommage aux troubles psychiatriques qui, plus qu’acceptés, deviennent festifs.

J’ai pris plaisir à partager les réflexions intimes de Noémie, personnage tout à fait cohérent. Simon est étrange juste ce qu’il faut pour entretenir le mystère. Du côté de Thomas, j’ai trouvé plus difficile de cerner ses pensées intérieures qui contrastent avec son comportement extérieur.

Je sais combien il est hasardeux de suggérer un roman à une catégorie de personnes mais cette fois-ci, je ne peux taire la voix que j’ai entendu tout au long de ma lecture : « Ce roman passionnerait la jeunesse ». Ceci dit, je suis en âge d’être grand-mère et je l’ai apprécié. Il ne faudrait surtout pas se priver de découvrir une histoire au rythme soutenu par un style alerte, entrainant le lecteur dans une douce et imprévisible folie.

jeudi 12 janvier 2012

Passez me Voir ...

Est-ce que j’ai l’air de négliger mon Passe-Mot, moi là ?! Arrêter de passer le mot de nos auteurs québécois, ça serait pas très gentil (sourire) pour l’année 2012. En fait, entre les pages de mes billets, j'ai été occupée par une autre manière de passer le mot des écrivains québécois. Je vous annonce donc officiellement que je fais partie de la nouvelle équipe de blogueurs du Voir, vitrine panoramique de plusieurs points de vue.

Remarquez que je tenais déjà au Voir un semblant de blogue, depuis 2005, donc avant le Passe-Mot, mais le fonctionnement ne me donnait pas la latitude d’initier le sujet de mes chroniques. Je pouvais commenter un roman en autant qu’un journaliste l’ait déjà fait. Et comme ils ne peuvent pas commenter tous les livres, de tous les auteurs québécois !!

Évidemment, il y aura certaines redites, puisque je vais transférer mes comptes-rendus de lecture du Passe-Mot à Venise (nom très original du blogue !!) mais s’y ajoutera des billets exclusifs, sur du cinéma par exemple, ou des questions sociales irrésistibles. Ce genre de billets, je les porterai à votre attention en passant par mes chroniques Vrac. Si vous manquez un Vrac, ne vous gênez surtout pas d’aller me visiter directement, ne serait-ce que pour la raison bien simple que nous sommes récompensés au nombre de clics par billet ! C’est une récompense symbolique, mais si on calcule qu’au Passe-Mot, l’œuvre est entièrement bénévole, n’ayant jamais voulu accepter les nombreuses offres de promo, je me sens très à l’aise de toucher une minime compensation financière. Si vous doutez du symbolisme, penchez-vous vers moi, je vais murmurer : 5 $ par 1,000 clics, par billet. Hum... je sais, nous n’allons pas bien loin dans la vie avec de tels montants, mais ne sous-estimons pas la visibilité, la crédibilité, deux denrées appétissantes qui se consomment fraichement.

Le Passe-Mot ne sera pas négligé, j’en fais la promesse. D’ailleurs, j’en profite pour annoncer, qu’avant même cette nouveauté Voir dans ma vie, je comptais faire du ménage visuel sur le Passe-Mot. Pour ce faire, je dois mettre temps et énergie par en-dessous, via le tableau de bord. Pour ceux qui me connaissent, ce n’est pas vraiment mon fort. Je dois réorganiser. Je n’aime pas que ma liste de blogues se retrouve tout en bas de la page ... si bas, que ces blogues auxquels je crois, sont moins accessibles, et qui sait peut-être moins fréquentés. Pour remonter la face de mon blogue, je dois retirer ma bibliothèque. Elle est maintenant trop volumineuse (et les livres n’y sont même pas tous !), je dois remplacer par des « nuages » de catégories. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais mes commentaires de lecture sont classés sous « compte-rendu » Il y a d’autres catégories, par exemple « vrac » « info & actualité » « parlons blogues » (celui que vous lisez, s’y classe) « récréation » « Prix littéraires » etc .... Il y a plusieurs catégories que j’ai délaissées depuis bientôt cinq ans de droit et d’usage. Certains se souviendront que j’ai déjà tenu des billets « Réfléchissons notre langue » ou « Sondons-nous », ou « Entrevues » ... Ça ne va pas être facile à ordonner tout ça.

C’est ma résolution de l’an 2012, rendre plus claire cette plateforme à laquelle je tiens beaucoup, parce que vous êtes là ... tout en espérant que vous passerez me voir au Voir :-)

dimanche 8 janvier 2012

La fille de l'imprimeur est triste - Nicolas Gilbert

“... Si on se met à écouter la musique du hasard avec attention, ne risque-t-on pas de vouloir danser à son rythme ». Oh, que j’aimerais être l’auteure de cette phrase ! Fort à propos, elle se retrouve sur le quatrième de couverture de ce roman qui m’a beaucoup plu.

Dès les premières pages, expulsée de mon quotidien, de mon siècle, je suis entré dans un ailleurs. « Deux hommes que cent cinquante ans séparent portent un même nom, un même visage » . Réaction des terre-à-terre ? « Ça ne se peut pas ». Ça ne se peut peut-être pas, mais Nicolas Gilbert a tout mis en œuvre pour que j’y croie. Je ne pourrais expliquer sa technique, que j’apparente au tour de magie devant lequel tu restes incrédule. Mais, le résultat est là, tu ne peux nier.

Les deux hommes, à un siècle et demi de distance, partagent la même flamme amoureuse, une Marie. Pas la même occupation. Un est imprimeur puis photographe en 1836, l’autre écrivain puis traducteur en 1986. J’en profite pour préciser que les curieux de l’art de la photographie au 19e siècle seront comblés, personnellement, ces techniques très bien expliquées m’ont intéressée. D’ailleurs, ce François Meunier du 19e siècle m’a généralement captivée plus que le moderne.

On suggère aussi que les deux sont des ratés. Je n’ai pas vécu leur condition humaine ainsi. Peut-être ratent-ils des rendez-vous avec l’amour, peut-être se cachent-ils derrière la lettre, au sens large et restreint, ce qui fait naître une envie de les secouer. Mais se laisseraient-ils faire ? Leur caractère est fort, ce sont des têtus. Ils disposent de peu de miroirs pour leur renvoyer qui ils sont, puisqu'ils ne laissent pas entrer facilement des personnes dans leur intimité.

Il vaut la peine de ménager le mystère qui fait le charme de cette histoire, on peut même dire la force. C’est le bijou enfermé dans le trésor verrouillé à double tour. Tout au long des pages que l’on tourne avec empressement, tout en se délectant du style parfait dans son genre classique, l’énigme nous porte. Rarement ai-je été aussi mélangé dans un roman, pas perdue, agréablement mélangée. On a joué avec moi comme le chat avec la souris et j’ai fini par confondre les deux personnages. C’était voulu. Enfin, j’imagine. Si ce ne l’était pas, eh bien, c’est réussi, les lignes de destin se rejoignent tant que j’ai fini par confondre les François Meunier : lequel est lequel !?

Décidément, après « Le Récital », que j’ai aussi aimé, ce Nicolas Gilbert (site de l'auteur) ne me déçoit pas. « La fille de l’imprimeur est triste » est son troisième roman, publié chez Leméac, juillet 2011, 238 p.

mardi 3 janvier 2012

2012 : Bilan & Top 10

J'ai tout d'abord pensé dresser un Top 5, pour cette impression de ne pas avoir assez de titres qui m'ont emballée cette année. Mais à partir du moment où j’ai reculé dans le temps, sans grand enthousiasme je l’avoue, ma mémoire m'a rapidement donnée des secousses « celui-ci, ah oui, et celui-là, aille, c’est vrai, je l’avais oublié ... » Incroyable jusqu’à quel point la mémoire à court terme supplante celle à moyen terme ! Et sans l’ombre d’un soupçon de scrupule.

Je suis toujours un peu effrayé par les bilans, ces miroirs qui renvoient l’heure juste. L’heure se présente en chiffres, ces vérités non discutables. Tout ce qui est non discutable se passe de mots. Et je n’aime pas me passer de mots, ni des miens ni de ceux des autres. Cette fois, les chiffres sont venus s’accorder avec mes mots, j’avais lu suffisamment pour un Top 10.

Comment ai-je procédé pour arriver à ce Top ? (plus un 3)
Essentiellement, j’y ai été avec le souvenir. De un, le souvenir de mon intérêt et, de deux, le souvenir de mon plaisir. Pour l’intérêt, premier critère : il fallait me souvenir le plus parfaitement possible de l’histoire. Qu’elle ait laissé ses empreintes sur moi. Que l'histoire se tienne dans ma main de lectrice, qu’elle fasse maintenant partie intégrante de ma vie.

Le plaisir maintenant. Là, on entre dans le carrément personnel. Vous le savez ceux qui fréquentez ce vaste club de lecture qu’est le Net et ses ramifications de blogues littéraires, le plaisir est chose intime. Ça se discute à peine et ça s’échange énormément. Un plaisir contre un autre peut mener à des plaisirs contagieux.
Ne disons surtout pas non à une contagion qui entretient la santé de notre milieu littéraire ! En parlant de santé, on s'en souhaite en 2012, de la santé comme dans sentez-vous bien avec vous-même, vos aimés, vos proches et ... vos lectures !
Top 10 de mes lectures 2012
1. La Petite et le vieux – Marie-Renée Lavoie - XYZ, Collection Romanichel
2. Il pleuvait des oiseaux – Jocelyne Saucier - XYZ, Collection Romanichel
3. L’homme blanc – Perrine Leblanc - Le Quartanier
4. Les cœurs tigrés – Yves Morin - Hamac (Classique)
5. DRAGONVILLE – t.1 Porcelaine – Michèle Plomer - Marchand de feuilles
6. Le temps qui m’est donné – J. François Beauchemin - Québec AmériqueLien
7. La marche en forêt – Catherine Leroux - Alto

8. Déjà - Nicolas Bertrand - Hamac
9. Je compte les morts – Geneviève Lefebvre - Libre Expression, collection Expression noire
10. L’escapade sans retour de Sophie Parent – Mylène Gilbert-Dumas - VLB Éditeur

Romans illustrés - - - J'en ai lus peu, ce sera donc un Top 3 - - -
Ben - Danse toujours ! - Daniel Shelton - Les 400 Coups.
Pour en finir avec le sexe - Caroline Allard & Iris Boudreau - Septentrion - Collection Hamac-Carnet.
Le cristal qui pousse - Steve Proulx - Trécarré

vendredi 23 décembre 2011

Récréation "Noël" !



C'est pas croyable !
Cette chanson date de 1974 et on se la chante encore !

La bonne nouvelle ?
Ce n'est pas un message subliminal
Je vais revenir avant le 7 janvier !



Ça, _ _ _ _ _ _ , rassemblons-nous
autour du pain de l'amitié
dans un esprit d'entente
... ouvert sur l'autre

Je vous souhaite un joyeux JOYEUX NOËL !


J'ai ouvert ma fenêtre de bureau pour que vous voyez ce que je vois...

N'est-ce pas féérique ?

lundi 19 décembre 2011

Je m'emballe

Je m’emballe à écrire des cartes de Noël, alors j’écris moins au Passe-Mot .... Hon ! J’emballe également des cadeaux, dont des livres bien sûr. Et je pense. Et là, je m’arrête parce que je pense trop. Il faut que ça sorte ! Je pense aux centaines d’achats de livres qui se feront à Noël, et surtout OÙ ils se feront.

La fête de Noël est importante pour les commerçants, ça nous le savons tous. Particulièrement pour les boutiques, les artisans, les magasins qui ne sont pas des chaînes et évidemment donc, pour les librairies de quartier.

Préférablement acheter vos livres dans une librairie, au lieu du Wall-Mart ou du Costco, malgré les rabais, peut sembler masochiste, mais c’est un geste consciencieux et intelligent. Ces magasins-là, pour ne nommer qu'eux, vont chercher ce fameux profit dans lequel les librairies puisent pour subsister le restant de l’année. En tenant compte aussi qu’avec les livres numériques, les librairies deviennent encore plus vulnérables.

Se laisser tenter par la facilité des choix qui s’offrent sous nos yeux signifie qu’une quantité effarante de best-sellers se retrouveront sous les sapins. Avez-vous pensé que nous lirons tous les mêmes titres ? Ça ne fait pas des individualités bien fortes ! Pourtant, tout au long de l’année, nous ne manquons pas une occasion de claironner que nous sommes des êtres uniques et créatifs.

Les libraires conseillent, guident, c’est un métier, c’est une passion. Penser à visiter cette librairie près de chez vous, de préférence une librairie indépendante, où vous serez accueillis et où vous ferez des trouvailles fait toute la différence. La personne à qui vous l’offrirez risque d’être d’autant plus touchée que le titre sera particulier. Et en plus du service personnalité, vous risquez d'échanger des sourires et des suggestions pour vos prochaines lectures ! D’après moi, ce qui risque le plus d’arriver est que vous y preniez goût.

En vous approvisionnant dans une librairie, vous ne faites pas que vous contentez sur le moment, vous contribuez à ce qu'un service de qualité demeure le restant de l’année. Je pense à nos jeunes, les étudiants par exemple. Quand ils ont besoin de conseils pour une recherche, c’est le libraire qui va l’aider à trouver, ou qui va commander le livre dont il a besoin. Ce n’est pas Wall-Mart ou Costco qui vont faire ça pour lui ! L’idée derrière ceci, pour ne pas dire le principe, est de ne pas penser aux librairies seulement quand on en a besoin mais aussi quand ils ont besoin de nous. Se rappeler que la revue Le libraire et le site nous éclairent 365 jours par année par leurs commentaires et informations. Ils nous en donnent pour notre argent, sans qu'on ait un sou à débourser :-) !

Ce serait triste de voir nos librairies s’éteindre une à une à cause du manque à gagner, parce qu’on achète tous nos best-sellers ailleurs (et le ailleurs est vaste) dans le temps des fêtes ! Qu’est-ce que vous diriez que l’on se retrouve avec uniquement des grandes surfaces qui tiennent un inventaire qui oscille entre 400 et 600 livres !

On se retrouverait devant une culture étroite comme une allée de supermarché.

Ouf... ça m’a fait du bien ! Je peux maintenant continuer à emballer, l’esprit un peu plus en paix.

mercredi 14 décembre 2011

Vrac Varia

Le Top 10 de La Presse - roman québécois
1. Il pleuvait des oiseaux Jocelyne Saucier (XYZ)
Une des grandes réussites de l'année récompensée par le prix des Cinq continents de la francophonie au mois d'octobre, ce roman touchant sans être pathos parle d'amour, de vieillesse et d'amitié sur fond de grands espaces abitibiens. Parce que tout le monde a
droit à une deuxième chance. (Josée Lapointe)
2. Et au pire, on se mariera Sophie Bienvenu (La Mèche)
Puissant premier roman, sous la forme d'une confession brutale, maladroite et touchante, celle d'une fillette de 13 ans qui aime trop quelqu'un qu'elle ne devrait pas aimer. Ce livre, on ne peut plu
s le lâcher, jusqu'à sa finale crève-coeur. (Chantal Guy)
3. Guyana Élise Turcotte (Leméac)
La douleur tisse un lien fusionnel entre Ana, son fil
s Philippe et leur coiffeuse Kimi. C'est la tendre solidarité des survivants, et dans ce roman, déjà couronné du Grand Prix du livre de Montréal, Élise Turcotte redéfinit de façon magnifique la notion d'âmes soeurs. (C.G.)
4. La patience des fantômes Rachel Leclerc (Boréal)
Cette saga familiale hors norme qui se déroule en Gaspésie sur 100 ans est d'une puissance foudroyante, tant par sa construction narrative que par son écriture maîtrisée et limpide. Joachim Levasseur, héros plus grand que nature, est à classer parmi les figures mythiques de la littérature qué
bécoise. (J.L.)
5. Le sablier des solitudes Jean-Simon DesRochers (Les Herbes Rouges)
Un jour de tempête de neige, un carambolage monstre fait se fracasser les destins de plusieurs personnages et c'est comme si vous y étie
z, dans chacune des voitures, dans tous les esprits. Pour son deuxième roman, Jean-Simon DesRochers confirme son talent et son style, celui d'un rare écrivain qui a le souci de plaire par l'expérimentation. (C.G.)
6. Arvida Samuel Archibald (Le Quartanier)

Jouissif, ludique et écrit avec verve, Arvida est le faux-vrai récit d'une ville, de ses histoires épeurantes ou rocambolesques et de ses personnages. Le livre d'un conteur-né, qui a su créer une mythologie sans se prendre au sérieux. (J.L.)
7. Polynie Mélanie Vincelette (Robert Laffont)

On ne voit plus le Grand Nord de la même façon après avoir lu ce roman, sorte de pol
ar polaire, dans lequel Ambroise tente de savoir pourquoi son frère Rosaire est mort. Vincelette séduit par son originalité, son érudition et sa sensibilité, offrant du coup une vision moderne d'un territoire trop souvent folklorisé. (C. G.)
8. Au beau milieu, la fin Denise Boucher (Leméac)

Premier roman d'une i
ndignée de 75 ans, Au beau milieu, la fin parle de la vieillesse, mais surtout de la vie qui va et du coeur qui continue à battre, toujours. Assurément le succès-surprise de la rentrée d'automne, rempli d'humour et d'humanité. (J.L.)
9. Atavismes Raymond Bock (Le Quartan
ier)
Dans ce recueil d'histoires, Raymond Bock s'intéresse à l'Histoire, notre histoire. À une filiation tragique depuis les origines sanglantes de la colonie jusqu'à son abandon devant la télévision, c'est à la fois épique et pathétique, e
t le regard, lui, est impitoyable.
10. (C.G.) La chorale du diable Martin Michaud (La Goélette)
À Montréal, les corps d'une mère et de ses trois enfants sont retrouvés gisant dans
leur sang, tués à la hache. Le mari s'est suicidé après s'être tranché la langue. Victor Lessard mènera l'enquête. Un an après la parution de son premier polar, Martin Michaud revient en lion dans ce suspense ultra-complexe mais parfaitement maîtrisé.

  • appréciable diversification des maisons d’édition (autrement dit, un seul titre Boréal)
  • auteurs : Féminin 6 Masculin 4
  • Quartanier et Leméac ont chacun 2 titres sur 10
  • journalistes de La Presse qui ont fait ces choix : Josée Lapointe, Chantal Guy.
  • #10 est non identifié (je gage que c’est CG)
  • j’en ai lu 2 sur 10 : #1 #7
  • j’en lirai 3 autres : #2 #3 #8 (puisque je les ai en tablette !)
  • j’ai souvent failli acheter #4
  • auteurs que je ne connais pas : #6 #9
Trésor à images – top 5 – BD/Roman graphique
Mettons à l’honneur les couvertures et si elles vous intriguent ou attirent, Alexandre Vigneault de la Presse explique pourquoi il vous conseille la lecture de ces cinq titres. À noter que 2 de ces titres, Chroniques de Jérusalem et Habibi se retrouvent également parmi le top 5 des libraires de la librairie Monet, assez ferrés en bandes dessinées, soit dit en passant.

Paul au Parc ? Allez, pour les enfants !
À propos de l'album graphique Paul au Parc de Michel Rabagliati, j’ai eu la surprise d'apprendre que l’album sera catalogué "jeunesse" dans le cadre du Festival d’Angoulême. J’ai lu l’article dans lequel l'organisation se justifie et sincèrement il faudrait que je le relise, je continue à trouver les raisons nébuleuses pour ne pas dire louches.

Pour la collectionneuse que je suis
En décembre est sorti un numéro du Librairie Hors série qui traite seulement de Littérature québécoise. IL fallait être au bon endroit au bon moment pour mettre la main sur un exemplaire papier. Je n’ai pas été au bon endroit au bon moment. Mais ...mais... une âme charitable m’en a gardé une copie ! Je l’aurai donc à notre prochain voyage à Québec, en espérant que ça ne saurait tarder. Mais si vous n’êtes pas un collectionneur, comme moi, des exemplaires papier du Libraire, allez-y gaiement, téléchargez votre copie.

Le Matou oui, mais bien plus
Yves Beauchemin a remporté le Prix Ludger Duvernay pour l’ensemble de son œuvre. Il n’est pas aussi couramment cité que Michel Tremblay mais il reste un auteur prolifique au Québec. Il a été marqué par sa première œuvre Le Matou, un peu comme Gabrielle Roy et son Bonheur d’occasion. Il écrit également pour la Jeunesse et est porté à sortir ses histoires en plusieurs tomes.

La rue des libraires
Là, franchement, j’aurais dû vous en parler avant ! Je ne sais pas où j’ai la tête parfois !Il a fallu que je commande un livre pour Marsi pour Noël pour réaliser combien ce site est pratique (pour commander un livre en ligne d’une libraire indépendante), instructif (compilation de ce qui se passe dans plusieurs librairies), amusant, convivial, coloré et ... québécois ! Allez vous promenez sur la rue des libraires, c’est pas fatiguant (!) et c’est gratuit ... comme toutes les promenades ! Faites du lèche-vitrine, vous allez finir par entrer, je gagerais le mille-feuille qui m’attend dans le frigo.


Ouf... je voulais en dire bien plus, mais bon on se reprendra, vous avez plein de liens à cliquer, et des livres à lire, et des cadeaux à envelopper !

dimanche 11 décembre 2011

La Solde d'Éric McComber

Je mentionnerai que je suis une assidue du blogue de cyclo-nomade Roule, Rosie, Roule d’Éric McComber. J’admire son style. Je ne compte plus les fois où j’ai été suspendu à ses lignes pour son art de garder le suspense. Son style ouvert à tout vent surprend. Un style à la personnalité forte et marginale d’un auteur détendu qui rallie le sarcasme à la bonhommie de belle façon.

Ceci étant dit, jetez un coup d’œil sur le livre objet « La Solde ». Vous vous arrêtez. Les étiquettes fluo sont là pour que l’on ne passe pas à côté. Cette apparence m’amène à penser "Voilà une couverture qui, plus que suspendre l’attention veut la surprendre et à la limite, la secouer". En cela, le livre est bien étiqueté ! Tout au long de cette rencontre avec Émile Duncan, je me suis arrêtée, surprise, et secouée.

Mais commençons par le commencement. Sur la quatrième de couverture, on fait allusion à un bluesman dérouté qui accepte un travail qui le rebute, la correction d’agendas scolaires, jusqu’au jour où le manuscrit qu’il a écrit en secret est édité.

J’ai divisé le roman en deux parties. La première est la rencontre de l’homme qui baisse pavillon devant sa vie. Elle est moche, sa vie, tellement moche qu’il la rend encore plus moche en faisant un travail auquel il ne croit pas. On apprend au fil des chapitres, divisés en mois suggérant la l'agenda scolaire, qu’il est hanté par le fantôme d’une femme qu’il a aimée. Jusque là, rien de nouveau sous le soleil. Mais l’homme, et l’auteur derrière l’homme, a décidé de partager avec nous le plus infime détail de sa vie intime, comme le récurage de son nez, ou l’observation du fruit de son labeur intestinal. Je n’ai jamais été aussi loin dans l’intimité d'une personne, même pas avec l’homme de ma vie, alors imaginez combien c’est peu tentant avec un pur étranger déprimé ! Intrinsèquement, ça se défend, quand les cloisons de ta vie se referment sur toi, la première prison est ton corps. On confine le lecteur à cet espace clos, un corps en fonction (et en érection), ce contenant d’un esprit désabusé. C’est manifestement étouffant, presque que puant. Claustrophobe s’abstenir.

J’ai senti de la fraicheur quand est entré dans la vie d’Émile Duncan des relations, et donc des dialogues, avec tout autre personne que lui-même. Tout d’abord avec ses parents, et ensuite avec une panoplie de femmes qui lui tombent dessus. Des femmes, encore des femmes et toujours des femmes se présentent à lui, de tout acabit, ayant comme point en commun d’être belles et sexy. La cause serait ce manuscrit qui, à sa grande surprise, est publié et lui amène cette belle palette de femmes qui ne désirent qu’une chose : vérifier sa virilité. J’ai pris plus de plaisir à la lecture de cette deuxième partie, ne serait-ce que parce que le personnage est plus appétissant en relation que seul avec lui-même.

Mais n’empêche que l’histoire, toutes parties confondues, m’a laissée sur une note d’insatisfaction. Je m’attendais à plus de ce roman qui m’est apparu futile par son absence de subtilité. Tout d’abord, le personnage Émile Duncan est présenté en surface. Quant à en apprendre autant sur ses habitudes d’hygiène, et de baise, j’aurais également aimé toucher son esprit. Le personnage est un musicien, il faut se contenter de le croire sur parole. J’aurais aimé sentir sa passion en berne, cela m’aurait évité de croire qu’il s’agit, par exemple, d’un dentiste en dépression. Ses tendres pensées pour Celle qu’il a aimée sont à peine esquissées. Cet amour vibrant qui marque la cassure avec sa vie passée aurait pu être un filon à exploiter pour donner plus de chair à Émile Duncan.

La révolte du personnage, plus évidente à la première partie, passe par la facilité : les favorisés d’un côté (bourreaux) et les défavorisés de l’autre (victimes), une mince démarcation les sépare dans l’usine. Les exploités, les correcteurs d’agendas sont maltraités, pendant que l’exploitant se prélasse dans des bureaux luxueux avec de belles salles de bain. J’ai également eu de la difficulté à croire à l’abrutissement de son travail de correcteur, j’exercerais le métier de correctrice d’agendas scolaires n’importe quand ! Faut dire que je n’ai pas adhéré aux sarcasmes de la méchante société qui sert des inepties aux jeunes dans les agendas, sous-entendu que le « Système » est pourri jusqu’à l’os.

Mais mon insatisfaction a atteint son point culminant à la fin, ce point final à mes attentes. J’ai espéré page après page le dénouement, c'est-à-dire la teneur du roman qui contient de quoi changer la vie de l’écrivain du tout ou tout. Je me suis retrouvé devant rien, à moins qu’il soit question d’une entourloupette et que nous ayons entre les mains le roman dont on fait allusion dans le roman. C’est mon hypothèse et elle est hasardeuse. Sans ce fondement, il devient tentant de croire à une démonstration franche et fière d’une élucubration masculine parce que, croyez-le ou non, ce personnage extrêmement passif, reçoit tout de ces dames. N’est-ce pas là agréable fantasme !

Un roman qui a le mérite de ne pas se prendre au sérieux, les surprenants dessins qui y sont glissés nous mettant sur cette piste. Cependant, à mon avis, le fort sarcasme entre ses pages tombe à plat. De là un certain malaise, comme celui éprouvé devant la blague que personne ne rit.

La Solde, Éric McComber, Édition La mèche, 232 pages, parution 0ctobre 2011.

mercredi 7 décembre 2011

Les coeurs tigrés - Yves Morin

Un titre qui m’attirait sans que je comprenne exactement pourquoi. J’aurais pu me contenter de l’émission « Tout le monde en parlait », où l’on s’est souvenu collectivement de la bière qui tue. Cette période de huit mois durant les années 1965-66 où des patients se présentaient à l’Hôtel-Dieu de Québec avec tous les mêmes symptômes et la même position. Quoi de plus mystérieux que 48 cas de maladie cardiaque, dont 20 morts (44%), en un si court laps de temps, dans la ville de Québec, chez de gros buveurs de bière d'une marque en particulier. Une voix me poussait à lire ce roman signé de la main même du cardiologue qui a traité ces cas. Je sentais que j’y découvrirais les dessous de cette affaire qui m'apparaissait encore nébuleuse. Je m’en félicite aujourd’hui ! J’ai trouvé ce livre pas moins que passionnant. Le médecin qui a soigné « Les cœurs tigrés » en avait long dire, il en avait gros sur le cœur.

Tout l’intérêt vient que le cardiologue Yves Morin a su présenter cette histoire, basée sur des faits vérifiables, sous l’angle du roman. Ce qui n’empêche pas que le texte soit parfois parsemé d’explications médicales assez pointues, mais toutes accessibles de la bouche de ce médecin habitué d’expliquer en langue simple. Ça laisse aussi supposer qu’il a assimilé, songé, mijoté sa matière à un point qui laisse entendre que cet empoissonnement collectif a hanté ses jours et ses nuits. Le fait qu’il connaisse l’histoire sur le bout de ses doigts a élevé son art de la raconter aussi haut qu'un conteur à la langue déliée, y ajoutant des rasades de mauvais sang qu’il s’est fait à cette époque. En tous les cas, si vous ne comprenez pas instantanément les explications médicales, elles reviendront, soyez-en certains. On pourrait reprocher les répétitions. À certains moments, on aurait pu ne pas exposer de nouveau au lecteur ce qu’il savait déjà parce qu’un nouveau personnage avait besoin d’explications. Personnellement, j’ai pris le parti de lire rapidement à ce moment-là.

En fermant cette couverture, vous saurez toute, toute la vérité, et plus encore. Le « plus encore » est tout aussi intéressant et est tiré de 1665, cette année où un premier médecin, Jean de Bonamour, a mis les pieds en Nouvelle-France, accueilli par l’intendant Jean Talon. Ce dernier aurait inauguré une brasserie à laquelle il tenait beaucoup. La consommation de la bière évitait celle de l’eau-de-vie qui faisait des ravages chez les hommes qui s’y adonnaient alors. Un parallèle est ingénieusement tiré et le phénomène de la bière qui tue éclipse « trois siècles » sous notre nez. Une manière habile de mettre l’emphase sur le fait qu’une erreur non élucidée a tendance à se perpétuer.

Nous nous promenons donc de l’an 1965 à l’an 1665, accomplissant ce gigantesque bond à l’intérieur du petit bureau de la sœur Augustine en chef, sœur Ste-Geneviève de l’Hôtel-Dieu. Des bilans sporadiques (chapitres nommés « petit entretien) entre le cardiologue et la clairvoyante sœur Ste-Geneviève serviront de prétextes pour nous raconter l’histoire du docteur Jean de Bonamour, encore plus isolé dans son combat contre l’ignorance, que ne le fut le docteur Yves Morin.

Me voici maintenant plus savante sur les mœurs médicales du 17e siècle, de l’usage des herbes cultivées dans un jardin attenant à l’hôpital L’Hôtel-Dieu ou sur la côte Sillery, par exemple. Comme cette histoire occupe pas loin de la moitié du roman, j’ai été heureuse de m’y intéresser autant qu’aux années 1965. Bien sûr, la lectrice n’était pas dupe, il est peu plausible que la religieuse ait raconté cette longue et détaillée histoire durant de tels entretiens, mais la matière est si captivante que l’on se prête volontiers à cette astuce d’auteur.

Sur la quatrième de couverture, on parle d’un « roman historique aux allures de thriller médical » et je ne trouve pas l’assertion trop forte. Le suspense est précieusement conservé, l’auteur nous tient en haleine. Chaque voile occultant la réalité est soulevé progressivement par d’honnêtes et consciencieux hommes de science. Ils forment un petit escadron isolé puisqu’ils doivent garder secrète leur découverte, jusqu’à ce que les preuves soient irréfutables. Une nouvelle maladie qui, soit dit en passant, sera nommé cardiomyopathie des buveurs de bière québécois, ne nait pas officiellement en criant seulement « bistouri » !

Visitez ce site pour documents d'archives, photos et illustrations, cartes et plans, références et plus encore. Notez bien que 42 documents ont été consultés pour la rédaction de ce roman.

Je découvre à l'instant que la Librairie Vaugeois a sorti son commentaire pour ainsi dire en même temps que le mien. Ça vaut la mention !

lundi 5 décembre 2011

Récréation vidéographique

Attention ... message d'intérêt général ! J'ai vainement essayé d'installer les photos, et comme blogger n'a jamais voulu collaborer, j'ai décidé, après la rédaction du texte ci-dessous, de me rabattre sur une vidéo. C'est ma première vidéo à vie ... soyez indulgents !

Malgré que j’aie hâte de vous entretenir du roman basé sur une histoire des plus véridiques et des plus vérifiables “Les coeurs tigrés”, je nous donne une récréation (catégorie à part entière du Passe-Mot). Parce qu’il en faut, des récréations, surtout quand on vient de travailler fort et, bien sûr, quand on commence à entendre les clochettes des lutins. Ça se prépare Noël, surtout quand on aime déposer sous le sapin des créations littéraires ou artisanales.

Je vous invite à retourner dans le passé pour nous accompagner, Marsi et moi, vendredi dernier où avait lieu le lancement de La féérie de Noël à la Savonnerie des Diligences d’Eastman. Je ne sais pas si vous l’avez appris à travers les branches de sapin, mais toute l’année durant, la savonnerie de notre village a sorti des savons spécialement conçus pour s’agencer avec des étiquettes « personnages » de l’album Miam Miam Fléau de Marsi.

Nous avons donc participé à ce lancement de cette première initiative d’exposer, durant décembre, des artisans afin que les visiteurs de la Savonnerie des Diligences puissent découvrir des talents de la région et avoir l’occasion d’acheter leurs cadeaux localement. À l’honneur, il n’y avait pas que des savons édition spéciale « Miam miam », on découvrait des styles originaux de bijoux, des étuis à crayons, à maquillage, d’ingénieux agencements d’épices, des poupées Kokeshi, des coffrets ou divers savonniers en bois... euh, mais qu’est-ce que je fais là moi, conjointe de bédéiste, de ne pas mettre en pratique la maxime « Une image vaut mille mots ».

Hum... hum, et une vidéo vaut mille images ...