Faites comme chez vous

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c'est recevant !

vendredi 26 février 2010

Le vrac d'un vendredi

Les conseils d'une lectrice aux écrivains
Je picorais les sujets « vrac » quand tout à coup, la très inventive Chantal Guy a lancé un « jeu » de lecteur. Ce n'est pas ainsi qu’elle le présente, plutôt comme 10 conseils de lectrice aux écrivains, ensuite, elle nous lance la balle. Ses conseils sont tellement pertinents que j’en avais presque pas à rajouter. Malgré qu'un esprit critique trouve toujours ! Mon premier est dans l’ordre du détail, le deuxième ... pas mal moins :

1. Je sais que c’est tentant de vouloir nous mettre de la couleur plein les yeux, mais il y a des manières plus subtiles, ou originales, ou précises que donner la couleur de chaque chose. Et en passant, on en peut plus des yeux verts (quand tu lis à haute voix pour quelqu’un tu remarques tout tics de langage). On s’entend que c’est beau des yeux verts, mais attention, rares. J’ai vu jusqu’à deux ou trois paires par roman …

2. Vous n’êtes pas notre ami, mais un écrivain. On ne désire pas nécessairement avoir votre opinion sur chaque sujet, même si vous pensez être déguisé (mal parfois) en personnage, ça se voit que c’est vous. Le gros indice est quand certains personnages se ressemblent un peu trop …

* * *
Il est évident que l’on a tous des petits conseils sur le bord de la bouche comme lecteur, en restant conscient qu’en grande majorité, on n’a pas réussi le tour de force de mener un roman à terme. Bravo pour cette détermination et bravo pour accepter de s’exposer ... aux conseils !

- - - Ne vous gênez surtout pas de vous répandre en conseils - - -

Des liens qui se tendent pour se donner la main
Cuneipage, une blogueuse de France, a eu une idée du tonnerre et ces coups de tonnerre ont été entendus par toute la blogosphère. Elle a décidé un de ces jours, et de son seul accord, de parcourir le monde virtuel francophone et relever tout blogue qui parlemente de littérature. J’imagine qu’elle n’avait absolument aucune idée de l’ampleur que ça prendrait.

Elle a publié sa première liste de blogues le 27 novembre 2009 et encore hier elle reçoit ce genre de commentaire « Super, époustouflant, quel travail ... mais snif, snif, mon blogue n’y est pas ». 592 blogues de littérature sont fiers d’y être, et 328 commentaires en témoignent. Cuné conclut en disant qu’on ne viendra pas lui dire qu’on ne lit plus.

Je conclus en disant qu’on ne viendra pas me dire qu’on écrit plus ! On a jamais autant écrit sur ce qu’on lit, en se passant des sacro saints critiques détenteur de la vérité infuse.

Lire, quel jeu fabuleux !
Est le slogan du Salon du livre de l’outaouais qui bat son plein en fin de semaine. Je connais plein de blogueurs, écrivains, éditeurs qui y sont présentement. Je les vois par le gigantesque trou de serrure qu’est Facebook. Bon Salon !

Mes lectures
Je n’ai pas été bien loin pour aller quérir cet item de vrac ! Je veux vous en parler parce que je suis prise sous une brique de presque 700 pages. Le saviez-vous que cette Canicule des pauvres, vedette de La Recrue était un univers de personnages ? C’est la première fois que l’on choisit un roman aussi consistant en nombre de pages, alors Dérives qui fait lilliputien à côté de Goliath, attend. Et moi aussi j’attends. Et vous aussi vous attendrez mon commentaire de lecture ... Heureusement que la lecture à haute voix prend les devants qu’importe les David ou les Goliath. Donc, Passion Japon avance joyeusement, parce que voyager avant de s’endormir, ça fait bien rêver.

mardi 23 février 2010

L'oeil de Marquise - Monique LaRue

Il est pas mal temps que je vous parle de ce roman que j’ai été longue à lire. Il y a des styles qui coulent en nous, familiers, comme si on en connaissait l’auteur. Monique LaRue, malgré que je l’aie trouvé extrêmement sympathique au Salon du livre, n’a pas eu cet effet sur moi. Son œil ne se plait pas à regarder les mêmes personnes ou événements que moi.

Pour rester dans l’œil de l’objectif, Marquise observe ce qui l’entoure et, ensuite, le décrit. Elle relate la vie à Montréal à partir du deuxième référendum jusqu’à aujourd’hui, par la personnalité de ses frères dont l’ainé Louis, chirurgien, incarne un « oui » extrémiste et le cadet, un artiste inhibé parce que mal aimé, un « non » catégorique. Osler est l’étranger, un autre mal-aimé, qui s’est greffé à cette famille exerçant une influence qui frôle le contrôle. Plusieurs autres personnages sont observés, c’est une saga familiale circonscrite dans le temps de 1995 à 2008.

L’histoire du Québec avance dans ses faits divers, quotidiens, le ton est naturel, la réalité se confond au fictif et vice et versa. C’est habile. Il y a de belles qualités à ce roman pour quelqu’un qui a le goût de voir, sous forme romancée, le Québec sous l’angle de l’identité d’un peuple, s’arrêtant à la présence grandissante des étrangers. On fouille la notion du racisme en profondeur et je dis bravo à cette incursion bien fouillée.

J’ai été dérangée de rester prisonnière de l’œil de Marquise, j’étouffais ou m’ennuyais, ou me réjouissais selon les passages. J’y reviens, c’est que l’angle social, pour ne pas dire politique, m’a peu captivé. Je n’ai aucun appétit pour cette approche, bien au contraire, j’en suis rassasiée. Et comme la nostalgie n’est pas une émotion qui s’éveille facilement en moi, je laisserais les autres palpiter à cette histoire. Et quand je dis les autres, ils sont nombreux, à commencer par La Libraire Vaugeois qui a beaucoup apprécié, les libraires du Prix des libraires aussi, et les personnes qui décident du Prix des collégiens pour les collégiens.

Marquise ne s'implique pas, ne raconte pas, elle observe et relate. Ce n'est même pas qu'elle ne relate pas bien mais je ne suis pas arrivée à m’ajuster à sa quasi absence ou quasi présence, écartelée qu’elle est entre ses frères. Son mari, Salomon diffuse une présence constante, il est l’aimant de la vie sous toutes ses formes, mais on le connaîtra pas, ou seulement à la toute fin.
C’est une fresque de personnages, je n’ai rien contre, j’aime les portraits, mais ici l’abondance du détail m’a mélangé ou lassé. Je vous en donne un exemple :
Nicole Tremblay avait seulement été dans la même classe que Marco de la maternelle jusqu’au Cegep Saint-Jean-sur-le-Richelieu. Avocate, avenante, en ménage avec un divorcé du ministère des Relations internationales du Québec plus vieux qu’elle, un homme qui avait été en pose à Milan, à Tokyo, à Santiago du Chili, où il avait connu le père Labelle, lequel était né, selon lui, à Saint-Jean-Baptiste-de-Rouville et non à Marieville. Cet homme avait surtout connu et fréquenté le grand René Lévesque et sa seconde épouse, Corinne, et le grand poète Gaston Miron, et les poètes Gérald Godin et Paul Chamberland, et les députés Claude Charron et Camille Laurin, le père de la loi 101, et le romancier Yves Beauchemin, et tant d’autres artisans de l’indépendance du Québec dont ont longuement parlé, ce soir-là, mon frère Louis et la famille adoptive de Marco.
Tout ça pour parler de Marco, un personnage pourtant assez secondaire. À noter que Nicole Tremblay ne reviendra jamais dans l’histoire, encore moins son mari. Ne pensez pas que c’est ainsi tout au long, j’ai pris un exemple extrême, mais je retiens quand même ce trop-plein de détails, de nomenclatures, d’énumérations. Certains me répliqueraient de passer rapidement ces paragraphes ... désolé mais j’en suis incapable ! C’est le défaut de ma qualité.

Un bon roman pour personnes averties.

mardi 16 février 2010

Maleficium - Martine Desjardins

J’ai mis la main sur un roman qui me dépasse et pour lequel j’arrive difficilement à faire le tour avec mon esprit. Projetée loin de mon univers, au fur et à mesure que je traversais les voyages de ces sept hommes mutilés, mon esprit effaçait certaines traces de cette histoire étrangement inquiétante, particulièrement pour moi qui ne cours pas le fantastique. Une émotion persistait, l’étonnement, pas la surprise qui arrive comme un assaut mais la permanence de l’étonnement.

Le lecteur entre au confessionnal, accompagne un être affligé d’une anomalie qui se présente au Père comme un paumé malchanceux, lui raconte son aventure abracadabrante. Je n’ai pas visualisé le père, ni le confessionnel, qui me sont apparus comme un décor planté pour installer l’ambiance de la culpabilité, du mystère, de la faute. Y défile huit visiteurs prenant à témoin le Père qu’on suppose écouter autant que le lecteur.

Des confessions, ça se chuchotent habituellement, imaginez un peu la bizarrerie de proclamer ces confessions à voix haute comme je l’ai fait. Cette approche a accentué l’étrangeté pourtant déjà dense. Susurrer des mots à l’intérieur de soi, les escamoter quand l’ambiance est trop glauque, ou nous repousse, est complètement différent que se voir mordre dans chaque mot.

Ces hommes partent tous à la conquête d’un « presque pas possible », poussés par la bourrasque de leur ambition qui les projette dans des endroits incongrus pour quérir le plus que rarissime. Une belle démonstration que l’ambition périt son maître ! Ces histoires se présentent avec plusieurs sens que je n’ai pas toujours su démystifier tellement j'étais captée par mes sens aux abois.

Après trois ou quatre confessions, à raison d'une par chapitre, nous réalisons que le squelette de l’histoire est similaire. Marc et moi avons ressenti une certaine lassitude en le réalisant. Mais la chair sur le squelette est si grasse de curiosités disjonctées que l’attention atteinte, avance passant outre le malaise. Question malaise, c'est la première fois que je n’arrive pas à lire un passage à haute voix, que je laisse Marc le continuer à voix basse. J'étais trop dégoutée ! Heureusement, c’est arrivé une seule fois et c'est une question de sensibilité personnelle !

Le style de l’auteure avec son vocabulaire riche, précis, dégage ce quelque chose du poli du lustre de la perfection, comme si le texte avait déjà traversé les âges, que cette histoire avait été composée depuis des décennies. Et ça ne sent même pas le travail ! Assurément, un tour de force. Et la fin ne m’a pas déçue, bien au contraire, elle a tout pour me plaire : une réponse à certains questions et une meilleure compréhension des fragments. Elle rassemble, elle homogénéifie.

La couverture de Maleficium frappe, avec une telle « étiquette », s’il avait fallu que l’intérieur ne soit pas à la hauteur ! Mais les qualités exceptionnelles de l’histoire sont elles aussi frappantes et la font se démarquer. Il ne faut pas se surprendre que ce titre soit en liste pour le Prix des libraires et en processus d’une troisième impression chez Alto.

Deux critiques très édifiantes :
Tristan Malavoy-Racine - Voir
Elsa Pepin – La Presse

Pour en lire quelques pages :
L'Actualité

lundi 15 février 2010

Les révolutions de Marina - Bïa Krieger

De ses origines, elle nous parle abondamment dans ce roman récit de vie, et j'ai trouvé que ce n'est jamais de trop. Le propos est intelligemment intégré à sa vie d'enfant qui suit ses parents subversifs, d'un pays à l'autre : Brésil, Chili, Pérou, Portugal. L'intérêt du récit ne vient pas seulement de cette enfance qui n'est pas ordinaire de l'extérieur, mais aussi et autant de l'intérieur, pour entre autres son désir ardant d'être aimé par son père. Le jeu de séducteur entre le père et la fille est franchement abordé, tandis qu'avec la mère, c'est plutôt le calme propre à la reconnaissance.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce récit de vie. Une lecture lente s’est imposée, afin de mieux savourer oui, mais surtout parce que j’aimais entendre les phrases danser dans ma tête. Je me suis surprise à en relire quelques unes, intriguée par leur charme. Je cherche encore les mots pour les décrire, mais est-ce que le charme s'explique ? Ces mots, ces phrases, ces chapitres, je les suppose très près de la personne qui les énonce, pour la spontanéité et la fraîcheur d'un phrasée différent. Est-ce l'influence d'une auteure qui connaît d'autres langues ? Je n'oserais m'aventurer à l'affirmer, gardant le cap sur l'essentiel ; le chant à mes oreilles !

Je me suis rapidement centrée sur Marina, et heureusement ! J'ai dû m'y accrocher, et très fortement, car la structure du roman m’a malmenée. Les allers-retours temporels, sans logique évidente pour moi, pour mon cerveau de lectrice subjuguée qui ne nourrissait qu’un désir ; s’abandonner à une histoire. De passer d’une époque à l’autre, d’une génération à l’autre, d'une personne à l'autre, d’un pays à l’autre, sans crier gare, a morcelé dangereusement ma compréhension. Ce puzzle, comme tout puzzle, m’a cassé la nénette. Ça m’a certainement dérangée mais je m’y suis résignée, si c’était le prix à payer pour suivre Marina, et danser avec les mots, le prix n’était pas trop élevé.

J’ai pris connaissance que l’auteure pensait à une suite, sans conteste, je serai de cette autre aventure de Marina.

Un conseil : Commencez par la fin !!! Bïa y fait un résumé des aléas de son pays par un chapitre intitulé "Mon pays, ce n'est pas un pays, c'est le bordel" - 1500-1964 - Personnellement, de l'avoir lu au début m'aurait fait apprécier encore plus l'histoire. À mon sens, de l'offrir en dernière instance, équivaut à planter le décor d'une scène après que la pièce de théâtre ait été jouée !

Un autre conseil, mensuel celui-là ! - plusieurs regards se sont posés sur ce livre, nous sommes le 15, c'est La Recrue du mois.

jeudi 11 février 2010

Je donne l'exemple

Si vous retournez à Pas d'allergie à ces plumes, vous y verrez un questionnaire. J'ai posé la question ; à quelle plume aimeriez-vous poser ces questions, helenablue a tout d'abord répondu : moi. Ensuite, Marsi. Il existerait un grand principe quand on veut que l'on nous suive et c'est de donner l'exemple.


1 Quel qualificatif décrirait votre bibliothèque personnelle ?
Embêtante.
Avez-vous une méthode de classement ? Oui. Une volumineuse bibliothèque pour les livres lus, une petite étagère pour les impatients qui attendent de passer entre mes mains. Ça évite toute jalousie. Ma bibliothèque du « lu » a d’énormes carreaux (mes chats la prennent pour un échiquier) et les romans québécois occupent leur propre territoire.

2 Quel est le premier livre que vous vous souvenez vous être procuré ? J’ai le souvenir clair du premier livre que l’on m’a offert en cadeau. Mon frère et ma mère étaient de connivence, j’avais aux alentours de 12 ans, et c’était un genre de Guide pour la parfaite ado en devenir. Je vois encore leurs visages inquiets ; est-ce que ce cadeau allait plaire à une demoiselle qui ne lisait que des romans. J’ai tellement lu et épluché ce livre, qu’il s’en est démantibulé !

3 Avez-vous un plaisir de lecture coupable ? Oui. Je me sens toujours un peu honteuse quand je lis une revue, genre 7-jours, tout au long de ma lecture, je me dis, « je perds mon temps, je perds mon temps ». C’est de plus en plus rare, mais je suis nerveuse et je dois me raisonner : j’ai le droit.

4 Comment êtes-vous devenu auteur ? Euh, rédactrice ? Tout le monde le sait, je crois, ce sont les Correspondances d’Eastman qui m’ont fait la grande demande de tenir un blogue. La vie et la vigueur de ma verve ont fait le reste.

5 Comment faites-vous votre recherche, s’il y a lieu ? En lisant des romans ! Et en lisant plein d’autres choses sur la littérature québécoise. Il m’arrive d’être gourmande et de manger plus que ma panse ... pensée peut contenir.

6 Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ? Oui ! Qu’une opinion de lecture n’est pas la vérité infuse. Qu’une opinion découle d’une vision qui, elle, découle d’un vécu qui, lui découle d’une éducation et s’enchaînent ainsi toutes les prismes de la conscience humaine.

7 Avez-vous des projets en cours ? Qui n’en a pas se meurt à petits feux, non ? Un projet d’écriture à long terme est dans la marmite, et mijote. Le rond n’est pas rouge mais la chaleur diffusée est régulière.

8 Quel personnage de fiction aimeriez-vous rencontrer ? Que lui diriez-vous ? Je pourrais vous parler de plusieurs personnages féminins que j’aimerais voir debout, au lieu d’à genoux, cela doit être pour cela que mon subconscient a remonté à la surface la Donalda de Séraphin. Je lui dirais bien sûr d’aller manger de la galette avec de l’œuf et de la mélasse avec Alexis.

9 Ce qui vous fait sourire ? Les perles d’enfants. Ce sont des innocents qui s’ignorent. Ils en sortent des bonnes. J’ai un agenda qui m’en sort une par jour. J’en partage quelques unes :
« Si tu veux, mon nouveau pantalon, quand il sera grand, je te le prêterai » : C’était Luna et son absurdité à l’état pur. Tu es très beau, tu vas faire courir les filles. –Je m’en fiche, je cours plus vite qu’elles. C’était Maxime pour qui la compétition a bien meilleur goût. « Le yogourt, ça aide à lutter contre les bacterribles ». C’était Valentin qui entend ce qu’il veut bien entendre.

10 Ce qui vous préoccupe au quotidien ? Arriver à dresser la liste des choses à faire !

11 Y a-t-il une cause qui vous tient à cœur ? Si je vous dis la littérature québécoise, vous ne me croirez pas ;-), alors je vous dis la cause de l’Association du Syndrome Gilles de la Tourette qui, c’est le moins que l’on puisse dire, travaille dans l’ombre.

12 Que rêviez-vous de faire, enfant ? M’occuper des enfants ! Je voulais « enseigner » la maternelle. C’était avant les garderies. Ma mère m’a un peu découragée ; « c’est parce que tu es encore un enfant que tu dis ça, tu veux aller t’amuser avec eux ».

mardi 9 février 2010

Pas d'allergie à ces plumes

Je viens d’apprendre officiellement que je suis allergique à la poussière, plus justement dit, aux acariens. Ils deviennent à partir d’aujourd’hui mes ennemis jurés. J’ai appris qu’il y a deux sortes d’acariens, ne me demandez pas comment ils s'appellent, l’ORL n’a pas daigné me transmettre le nom scientifique de mes ennemis. Je saurai quand même les retrouver là où ils se cachent et je serai sans pitié ! Mais ce n’est pas pour vous parler de mes petites, infiniment petites bibittes que je m'amène ici, mais pour vous parler de ceux qui tiennent la plume. Je suis allergique à celles qui bourrent une couette, mais pas à celles tenues par nos écrivains.

J’ai quatre lectures québécoises à dévoiler pour ne pas regarder passer le train de Suzanne, mais y être une passagère. À l'intérieur du défi, je me suis lancé le défi de lire des auteurs québécois connus mais jamais lus ... de mes yeux. Il y en a plus que je suis capable d’en compter et j’ai l’impression qu’il en sort de par toutes les tribunes, à tous les jours, juste pour me faire réaliser que je suis loin du compte. Je viens d’en entamer une : Monique LaRue et L’œil de Marquise. Pendant que je parcours les pages où Marquise s'exprime, je n’ai de cesse de penser à ce que l’auteure m’a révélée au Salon du livre de Montréal ; « Avoir su que le prénom Venise existait, j’aurais appelé mon roman « L’œil de Venise ». Écoutez, ça frappe une Venise ça !

Et Le Délivré vient de m’en livrer un autre ; « Normand de Bellefeuille. Je ne le connaissais pas du tout, il devient un candidat pour mon défi. Afin de mieux connaître un auteur, la meilleure manière est de le lire, mais il y a aussi de lui poser des questions. Un hors d’œuvre qui ouvre l’appétit. Le Délivré suggère d’en relever 10 sur 35 qui nous frappaient. J’en ai relevé douze.


1 Quel qualificatif décrirait votre bibliothèque personnelle ? Anarchique. Avez-vous une méthode de classement ? De moins en moins… Je privilégie de plus en plus « la théorie de la pile », dite aussi « le syndrome des stalagmites »…
2 Quel est le premier livre que vous vous souvenez vous être procuré ?
C’était un Marabout Université, je trouvais ça chic à treize ans… C’était un livre sur les grandes batailles navales… Je l’avais volé (oui, oui) chez Pineault sur Mont-Royal coin Bordeaux… Je vole plus, juré.
3 Avez-vous un plaisir de lecture coupable ?
Aucun, de toute façon j’ai pas grand talent pour la culpabilité.
4 Comment êtes-vous devenu auteur ?
Par hasard… presque… Un chum, Gilles Racette, et moi avions décidé comme ça d’écrire un roman à deux… pour s’amuser… Puis les Éditions de l’Actuelle (volet littéraire des Éditions de l’Homme, à l’époque, 1973…) l’ont accepté et nous ont confié, pour la correction, aux bons soins de Réginald Martel… Il y a pire début dans la vie, non ?
5 Comment faites-vous votre recherche, s’il y a lieu ?
Je lis. Je lis toujours beaucoup en période d’écriture intense. Pour moi les deux activités sont indissociables.
6 Votre œuvre est-elle marquée par un thème récurrent ?
L’enfance. La mort. La douleur.
7 Avez-vous des projets en cours ?
Trois. Un roman : Au moment de ma disparition. Un livre de poésie : Mon visage, Chroniques de l’effroi II. Un texte-jeunesse (oui,oui) : Les gens d’en-bas.
8 Quel personnage de fiction aimeriez-vous rencontrer ? Que lui diriez-vous ?
Joseph K. du Procès de Kafka. Je lui dirais sans doute de ne plus essayer de comprendre. Que le non-sens existe.
9 Ce qui vous fait sourire ?
Le visage de ma blonde, le matin.
10 Ce qui vous préoccupe au quotidien ?
Ce qu’on va manger au souper.
11 Y a-t-il une cause qui vous tient à cœur ?
La faim des enfants.
12 Que rêviez-vous de faire, enfant ?
Archéologue… pour trouver des momies. Quand j’ai compris que je risquais de passer ma vie à épousseter de vieux morceaux de poteries… bof… j’ai commencé à lire…

Ma dernière question est pour vous ... à quelle auteure québécoise - ou auteur - vivant (!) aimeriez-vous poser ces questions ?

vendredi 5 février 2010

Est-ce que vous me permettez de parler de Marsi ?

Il me semble que ça fait longtemps. Je voulais vous laisser le temps de souffler un peu, je vous ai inondé à un certain moment. C’est « autour » de la sortie d’une publication que c’est le paroxysme de l’émotif. Les motifs pour être émotif sont abondants.

Marsi est passé à autre chose, mais pas tant que ça. Laissez-moi vous raconter. Il a pondu une amorce de projet en noir et blanc qui sommeille sur une tablette, ne m’en demandez pas plus, c’est pour le moment top secret. Cette semaine, il prépare les deux premières planches pour participer à un concours pour bédéistes qui s’échelonnent sur quelques mois. Le prix, serait d’être publié dans un album collectif chez Hachette - Glénat Québec. C’est la troisième édition du concours, le premier album est titré « Contes et légendes du Québec », le deuxième Histoires d'hiver. Le libraire a parlé de cette opportunité, à partir de là j’ai filé l’info à monsieur Marsi qui a décidé de plonger.

Entre ces projets personnels, il a eu des commandes qu’il aime exécuter, parce que c’est de l’image, toujours de l’image : quelques logos, étiquettes de bouteilles, un site Internet (pas encore en ligne). Il a aussi participé au concours Communications Arts (si vous voulez voir des illustrations hors du commun !!) une revue annuelle à portée mondiale. Quand une de tes illustrations est choisie, ce serait, paraîtrait-il, une avalanche de contrats en provenance de tous les pays. Bon. Nous n’avons pas encore de réponse, restons calmes ! Voici deux semaines, un encouragement s’est pointé la ligne : une superbe, sublime, mirifique critique dans la revue Lurelu. Une nourriture gastronomique pour le bédéiste (je la rajouterai à La Babillarde). Et puis, mine de rien, il mijote le tome 2. Non officiellement. N’ébruitez pas, mais tenez-vous le pour dit.

Nous attendons la sortie de Marsi en France en avril. Il y a eu un délai pour la sortie de l’album, à cause d’un changement de distributeur chez La Pastèque. En avril, nous sommes invités au Livre en fête à Nouvelle en Gaspésie. Ça nous enthousiasme, nous comble, nous transporte, les fidèles le savent, on adore ce bout de pays. Promesse de chaleur humaine, même l’hiver. Marc visitera les jeunes dans les écoles, il y aura des activités la fin de semaine aussi. Je pourrais vous en dire plus long quand j’en saurais plus long !

Et bien évidemment le Salon du livre de Québec, du 7 au 11 avril (dates pour Marsi à venir). Je vous avoue que nous avons très hâtes au Salon de Québec, séjour que nous abordons comme des vacances. Et entre ça, j’ai poussé un peu dans le dos de mon curieux, de mon extrêmement curieux Marsi, mon fin connaisseur de tous les sujets qui demandent à être connus. Il a donc accepté de passer deux auditions, une téléphonique et l’autre d’une durée de 3 heures à Radio-Canada et a finalement été retenu comme participant à l’émission Pyramide. Quand ? On ne le sait pas encore. Entre janvier et avril, les recherchistes l’ont assuré. Si vous insistez, je vous ferai suivre le dossier !

Avec tout ça, il ne pense pas souvent à envoyer de nouvelles illustrations sur Le Pigeonographe mais, personnellement, je continue à nourrir La Babillarde. Ma dernière chronique traitera (je vais mettre en ligne bientôt), de la demande de mon fils, Rémi à Marsi à la suite de sa lecture de Miam miam fléau. J’ai été extrêmement surprise de la question de Rémi, j’aurais gagé sur bien des questions mais pas celle-là !! Il est d’ailleurs le seul à l’avoir posée. Marsi lui a bien sûr répondu, pour les curieux, c'est ici.

Illustration ci-dessus : Mère Crapette - Marsi.

mercredi 3 février 2010

La traversée des sentiments - Michel Tremblay

On dirait que je trouve, et même cours, après tous les prétextes du monde pour ne pas vous parler de La traversée des sentiments. Pourquoi ? Parce que ... parce que ... pas facile à dire, mais je suis déçue pour des raisons autres que purement littéraires. Mais je vais commencer par le littéraire.

Ce troisième tome est un prolongement qui suit de très près le deuxième La Traversée de la ville par Rhéauna, enfant de 11 ans. Lorsque l’on s’est ancré à des personnages, la hâte de renouer avec eux nous rend souvent exigeant, est-ce parce que mes attentes étaient élevées mais j’ai trouvé cette fin d’histoire bien tranquille, elle aurait pu tout aussi bien se nommer la Traversée de la tranquillité.

J’aborde plus ce troisième tome comme un prolongement qu’une suite ; deux ans plus tard, on retrouve les mêmes personnages, ils n’ont pas évolués. La mère veut partir une semaine en vacances avec ses deux sœurs, sans ses enfants : Rhéauna (Nana) et Théo. N’oublions pas que Rhéauna, 13 ans, prend soin de Théo à l'année, je dirais plus maternellement que sa propre mère. Par une entourloupette du destin, la mère partira obligatoirement avec ses enfants. Les trois sœurs en vacances, Maria (la mère), Teena, Tititte seront hébergées dans les Laurentides, dans un village éloigné, dans la maison dite suspendue d’une cousine, Rose, mariée à un amérindien, virilement beau et porté sur la bouteille. Rose est cette femme sensée à qui Teena a confié son fils de 7 ans pour qu’elle en prenne soin dans cette maison qu’elle a elle-même achetée.

Juste pour vous donner une idée de la lenteur de l’action, la moitié du roman se déroule avant le départ, relatant principalement la question d'amener ou pas les enfants, les inquiétudes, les préparatifs. Ça m’a fait penser au peintre qui devant son tableau déjà complété rajoute de petites touches, de ces détails qui peaufinent l’oeuvre. Ce roman nous offre une fin d’histoire approfondie et bien fignolée, mais en même temps la trame se trouve comme figée dans le temps, on s’enfonce dans les détails. Cette escapade dans le bois, Rhéauna, celle qui a décidé qu'un jour elle deviendrait écrivaine y tenait mordicus, malgré le prix à payer de prendre complètement en charge son frère. Elle a dû promettre à sa mère qu’elle n’entendrait pas son frérot de deux ans de toutes les vacances. Vous imaginez, quasiment un cas de DPJ maintenant ! À ce compte-là, l’insouciance de sa mère peut bien taper sur les nerfs de Rhéauna, même si elle l'adore.

Vers la fin de cette fin de roman, l’auteur se permet la fantaisie d’introduire généreusement son prochain roman « Les contes de Josaphat-le-violon ».

Ma déception ne vient pas à proprement parler de l’histoire elle-même. Quand je suis attachée aux personnages, j'apprécie la lenteur d’action et le fait d’entrer dans le pointu des détails des caractères, d'autant plus que Tremblay fait montre d'une habileté incontestable pour le faire. C’est plutôt un certain abus qui m'a fait réfléchir. Je ne rechigne habituellement pas à la dépense pour m’offrir des romans, vous vous en doutez bien, mais cette fois, j'ai pensé au lecteur qui débourse 25.95 $ (+ taxe) pour son exemplaire qui aurait pu tout au bien se retrouver en DEUXIÈME PARTIE de la Traversée de la ville. Ça ferait peut-être moins concept, c’est vrai, et un peu moins lucratif pour l’auteur, mais d’un autre côté, j’ai eu conscience d’avoir sorti 75 $ de ma poche pour acquérir ces trois romans qui auraient pu facilement en être deux.

Monsieur Michel Tremblay continuera sûrement à faire comme il l’entend, il dispose de cette latitude, mais personnellement, à l’avenir, j’emprunterai ses trilogies ou quadrilogies à la Bibliothèque, préférant réserver ce montant pour de jeunes auteurs non établis.

lundi 1 février 2010

Du jamais vu pour un bédéiste de chez nous !

J’avais dans l’idée aujourd'hui d’enfin pondre mon commentaire sur La traversée des sentiments de Michel Tremblay et puis voilà que l’actualité s’impose dans toute sa splendeur. Je ne vais pas m’obstiner plus longtemps avec elle, je lui laisse l’antenne, surtout quand la nouvelle est aussi bonne.

J’aime la façon dont le libraire Éric Bouchard en fait mention dans Le délivré de la Librairie Monet :

Le miracle Rabagliati

Alléluïa ! Notre Paul national a remporté le Prix du Public FNAC-SNCF pour ses aventures à Québec ! Mais l’événement prend des allures de miracle, car le livre n’avait même pas encore été mis en marché en France… On sent la grogne et la perplexité chez certains bédéphiles français qui tempêtent sur les forums. Mais qu’à cela ne tienne : le Prix du public est le résultat d’un vote populaire réalisé sur Internet ; cependant, son pouvoir s’arrête au décret des cinq finalistes, le gagnant étant élu par le jury.
Bien sûr, les votes populaires se prêteront toujours aux critiques (ne songeons qu’au MétroStar ou aux Jutra, qui ramènent chaque année les mêmes discussions) Mais ce qu’il sera intéressant de remarquer, c’est la «nouvelle» influence d’Internet et des réseaux sociaux. En effet, la sollicitation rapide des internautes-fans au vote peut peser lourd dans la balance pour la détermination des finalistes.

Mais chipoterons-nous sur cette reconnaissance ?

* * *

Faut se lever de bonne heure ...


... pour répondre aux questions de René Homier-Roy à C’est bien meilleur le matin. « C'est le plus gros prix de la bande dessinée francophone, c'est les Oscar. » déclare sur un ton fébrile, Michel Rabagliati. Monsieur Homier-Roy a une idée pour un album à venir : Paul à Paris. Le bédéiste ne dit pas non, mais il devra auparavant s’occuper de sa peur de voyager en avion. Il risque donc d’avoir auparavant un album « Paul, j’ai phobie zéro » ! Tout ça, bien sûr, ayant été dit sur le ton de la blague. Mais qui sait ...
Si vous voulez entendre l’échange, il ne dure même pas 3 minutes.

Une première dans l'histoire de la bande dessinée au Québec!
Pour ceux et celles qui s’interrogent encore sur le côté vraiment surprenant qu’un album du Québec gagne un prix sans même être sorti en France, peut-être que ce dialogue relevé chez Facebook, sous la page de La Pastèque pourrait vous aider à mieux comprendre.

Klare Lijn :
Félicitations à Michel Rabagliati et à ses éditeurs. Il y a quand même une bizarrerie dans cette récompense ô combien méritée. Elle vient saluer une bande dessinée qui n'est pas encore diffusée en France ! Est-ce donc un public québecois qui se serait manifesté en masse dans cette consultation ? Mystère !

La Pastèque
Oui ça peut paraître étrange, mais nous savons que des passionnées de Paul en France ont voté pour ce titre en se basant sur la série. Et il faut dire que ce n'est pas le vote seul qui a fait la différence, puisque au final un jury choisissait parmi les 5 finalistes (eux ayant obtenus le plus de votes). Aussi, à noter que le vote avait aussi lieu dans l'espace FNAC du festival ou le livre était disponible à la lecture.

Maël Rannou
Salut à vous ! J'ai eu la chance de faire partie des 7 jurés qui, après les votes, ont départagé les 5 albums en tête des votes internet. J'en parlerai plus en détail dans un article à venir mais sachez que le vote pour Paul a été fait à 6 voix contre une, et encore une dernière voix contente quand même. Autant dire une belle unanimité. Je raconterai plus de détails bientôt sur Du9 mais vraiment bravo, ça m'a fait tellement plaisir ! Dommage que vous n'ayez pas été là.

* * *
Toutes nos Félicitations à Michel Rabagliati et à la maison d’édition La Pastèque ; nous sommes vraiment très fiers !

vendredi 29 janvier 2010

Le train de Suzanne

Avez-vous vu passé le train de Suzanne ? Le train de la Plume québécoise ? Il passe tranquillement pas vite sur la voie de ma liste de blogues. Et s'arrête à chaque gare où il y a la passion de rencontrer notre littérature québécoise bien portante. Et, peut-être, qui sait, en profiter pour se délester de certains lourds bagages, les préjugés.

Ou encore mieux, faire une vraie rencontre, celle qui entraine avec elle plusieurs autres voyages. Quel beau moment, quand on s’écrie après avoir lu la première œuvre d’un écrivain: « Je veux lire tout ce qu’il écrit ou a écrit ». Retourner en arrière, observer son parcours, se mettre à date avec lui et attendre patiemment le moment de décoller dans ses vies parallèles. Quand on y pense, toutes ces vies que les écrivains nous offrent à vivre ! Mais je m’égare ... Hi Hi... comment je fais mon compte, dans un train pourtant, un train qui sait où il va : destination littérature québécoise.

Suzanne, une grande lectrice en général et de québécois en particulier a lancé ce défi qui ressemble à une invitation : lire quatre écrivains québécois par année. On peut rajouter, si on aime les défis corsés « Découvrir » quatre écrivains québécois. Mais en fait, l'invitation est à la mesure de chacun, pour certains, ils n'auront qu’à tendre la main vers leur pile, d’autres devront emprunter, aller à la bibliothèque, fouiller les blogues, s’informer à des amis, pour lire d’autres titres que Michel Tremblay (moi, qui vient de terminer son petit dernier !) ou Marie Laberge.

« Génial ! » me suis-je exclamé à l’éclosion de l’idée. Quelques jours ont passé, et maintenant c’est plus que génial, plein de gens montent dans le train !!! Des passagers, il y en a, on va faire un beau voyage. Je jubile !

Suivez le train, ou montez, le quai, c’est ici !

mardi 26 janvier 2010

VRAC Sucré Salé

Deux jours que je passe à un poil d’écrire ce VRAC. La vie, c’est prenant n’est-ce pas ? Il y a la vie oui, mais pour être tout à fait honnête, il y a que plus je lis, moins j’écris. Personne n’a encore trouvé moyen de faire les deux en même temps !

Cri de ralliement
J’ai lu un cri de ralliement envers la littérature québécoise. Ne comptez pas sur moi pour le passer sous silence ... malgré le contexte dans lequel il a été écrit (je m’explique à la suite).

Ouvrez n’importe lequel de ces livres à n’importe quelle page : Dickner n’écrit pas comme Plomer. Laverdure et Pellerin, ça n’a rien à voir. Entre Allard et Fortier, impossible de se tromper. Tous ces jeunauteurs (sic) ont une plume distincte, une personnalité propre. Et ça se passe dans l’Arctique, dans les Caraïbes, à Rivière-du-Loup, Tokyo, Saint-Élie de Caxton, Saint-Pétersbourg, Bay City, Hong Kong, Laval, dans un dépanneur Couche-tard… Qui a dit que la jeune littérature était centrée sur elle-même et ne parlait que du Plateau-Mont-Royal ?

Mots de Stéphane Dompierre dont le dernier roman Morlante est en nomination pour le Grand Prix littéraire Archambault. Dans « Côté Blogue, chaque auteur en nomination écrit un billet. En parlant de Archambault ...

Mon dernier achat
J’ai commandé un jouet chez Archambault et un malentendu a fait que je n’ai pas été averti de son arrivée et ils ont eu la gentillesse de le recommander. Comme je l’ai grandement apprécié, je me suis dit, achetons Les révolutions de Marina (ils le tenaient) et quant à y être, Vu d’ici tout est petit de Nicolas Chalifour. J’ai demandé l’aide d’une commis*, j’étais pressée et parfois, le roman n’est pas bien rangé. Je lui ai dit que ce titre était finaliste du Prix des Libraires. J’ai dû le répéter trois fois, elle comprenait toujours Grand Prix Archambault. Je lui ai donc appris l’existence du Prix des libraires qu’elle ne connaissait pas du tout, non plus l’Association des libraires. Je lui ai recommandé de s’informer, que les libraires d’Archambault votaient dans le cadre de ce Prix.

Je n’en reviens pas encore qu'elle n'avait aucune idée de tout cela ! Marc me dit, elle est jeune, sois clémente (parce que patiente, je l’ai été !), elle vient peut-être d’arriver dans cette section. Peut-être oui, n’empêche que la responsabilité d’Archambault serait au minimum d’informer ces libraires. (Je l'ai appelé commis », pas libraire).

Une de nos auteures, fer de lance de Michel Lafon
Michel Lafon, pas Robert Lafond. J’ai été un moment à les confondre.

« Le plus gros succès d'édition de la maison Michel Lafon, c'est chez vous que je l'ai trouvé. C'est avec Anne Robillard, qui a vendu un million huit cent mille exemplaires. Je fais le tour de la France avec Mme Robillard et les admirateurs arrivent habillés en chevaliers. »

Impressionnant n’est-ce-pas ces mots cueillis de la bouche de M. Lafon ? Si vous voulez mieux connaître cet éditeur qui proclame ne vraiment pas aimer l'élitisme, le voici en entrevue avec Christiane Charette.

Mon chroniqueur préféré
Je sais que plusieurs le suivent. Je laisse traîner le lien ici, seulement pour ceux qui ne le suivraient pas, à mes yeux sa dernière chronique est de toute beauté ; un ton senti, plein de noblesse et de justesse. Je l’aime autant comme chroniqueur, ou même sinon plus comme chroniqueur que comme écrivain, et je nomme Nicolas Dickner, lui aussi finaliste du Grand Prix Archambault.

Directrice littéraire ou marraine aimante ?
Une histoire d’amour derrière l’histoire de Miss Pissenlit. Une belle histoire d’autant plus que vraie, entre une écrivaine - Andrée Poulin et sa directrice littéraire, Marie-Josée Lacharité de chez Québec Amérique.

jeudi 21 janvier 2010

Finalistes du Prix des libraires 2010

Je reviendrais à mon dernier billet, l'actualité littéraire prend le dessus aujourd'hui par cette annonce faite dans le cadre d'une conférence de presse donnée par l'Association des libraires du Québec (ALQ) ce matin à la Grande Bibliothèque :


CATÉGORIE ROMAN QUÉBÉCOIS


Vu d’ici tout est petit, Nicolas Chalifour, Héliotrope ***
Maleficium, Martine Desjardins, Alto
L’énigme du retour, Dany Laferrière, Boréal
L’oeil de Marquise, Monique LaRue, Boréal
La foi du braconnier, Marc Séguin, Leméac


CATÉGORIE ROMAN HORS QUÉBEC

Vendetta, R.J. Ellory, Sonatine
L.A. Story, James Frey, Flammarion Québec
Jan Karski, Yannick Haenel, Gallimard
Exit le fantôme, Philip Roth, Gallimard
Une vie à coucher dehors, Sylvain Tesson, Gallimard


Le comité de sélection composé uniquement de libraires :

Robert Boulerice (Librairie Le Parchemin, Montréal),
Geneviève Caron (Librairie Renaud-Bray, Montréal),
Martin Gagnon (Librairie Au Carrefour, St-Jean-sur-Richelieu),
Anne-Marie Genest (Librairie Pantoute, Québec),
Caroline Le Gal (Librairie Monet, Montréal),
René Paquin (LibrairieClément Morin, Trois-Rivières)
Franck Vignal (Librairie Gallimard, Montréal)

Prochaine étape, l'ensemble des libraires du Québec éliront le 10 mai prochain le gagnant dans chacune des deux catégories. Quand il est dit l’ensemble des libraires du Québec, on entend, bien entendu, les librairies indépendantes, s'y rajoutent celles du Groupe Archambault, du Groupe Indigo – Livres & musique, du Groupe Renaud-Bray, des coopératives en milieu scolaire, etc.. Près de 200 libraires vont se prévaloir de leur droit de vote.

Bonne chance aux coureurs et au prochain rendez-vous le 10 mai. (ce sera le printemps, il y aura des feuilles aux arbres !)

***Je vais certainement me procurer « Vu d’ici tout est petit », puisque c’est le seul que je n’ai pas sur mes tablettes, à lire ou déjà lu.

mercredi 20 janvier 2010

La renarde et le mal peigné - Pauline Julien et Gérald Godin

Ça fait deux jours que je me promène avec ce petit livre. J’en suis encore fortement imprégnée. Il contient les fragments de la correspondance amoureuse de géants : Gérald Godin, journaliste, écrivain, professeur, poète, politicien qui a été ministre et a battu Robert Bourassa dans Mercier. Pauline Julien, interprète, écrivaine, auteure qui a enregistré vingt disques solos et signé plus de trente chansons. De passionnants passionnés qui ont été au bout du monde, au bout de leurs vies, et au bout de leurs envies.

Ces lettres dormaient dans un coffre depuis dix ans et ont été réveillées par la fille de Pauline Julien. Elle a hésité avant de présenter cet échange intime entre deux passionnels de la chair et du cœur. C’est qu’ils vont loin dans leurs épanchements. Un petit trésor d’impudique nous est offert. Et quand je dis « trésor » je n’exagère pas, autant pour la forme que pour le fond. N’oublions pas que nous avons affaire à un homme de mots, une femme de paroles, ajoutez-y le torride de l’amour, de l’éloquence, de l’élégance (assez souvent, ils se vouvoient), une réflexion avant-gardiste sur l’amour, des dissensions, des remises en questions, des doutes (Pauline, la spécialiste), mais surtout trente-six mille manières enflammées, ou tendres, de dire : « Tu es l’amour de ma vie ».

Ce sont les plus belles lettres d’amour que j’ai lues de ma vie. Pour le désir. Des lettres chaudes de désir, même après vingt ans, trente ans de vie...j'allais dire commune - on ne désire que ce que l’on n’a pas –et justement, ils partageaient si peu de la vie commune.

Un tel échange de sentiments servis par des mots vibrants pique la curiosité. La curiosité entraîne encore plus de curiosité. J’en suis venue à désirer qu’ils s’écrivent même quand ils étaient ensemble, tellement je voulais saisir ce couple insaisissable. Tant de démesure dans l’absence, à chacun leur carrière florissante, à chacun leur continent ; comment trouver l’entente au-niveau de l’abstinence encourue ? Heureusement, ils étaient avant-gardistes, ces enfants terribles, qui, jusqu’à la mort seront restés fidèles ... à leur manière.

Cette correspondance a des trous de mémoire du temps, mais le fil de la passion est si visible, si solide, qu’on le suit, malgré les bonds. Dans les premières lettres, on accompagne la résistance de Gérald à sa Pauline, éprise au point d’être presque soumise, on sent la puissance du sentiment retenu, jusqu’à ce qu’il plonge... si profondément, que l'on comprends la prime hésitation. Une fois la flamme du poète allumée, elle ne s'éteindra plus, même pendant les dix années où il vivra avec un cancer du cerveau (il était trépané).

Si vous aimez les destins vécus par des personnalités marquantes, si vous aimez l’amour dénudé de pudeur, si vous aimez l'épistolaire au mode passionnel, à ras-la-vie et à fleur de peau, ce serait fou de passer à côté de cet recueil épistolaire. Oui, ce serait fou. Et si je ne suis toujours pas arrivée à vous en convaincre, ça se peut pour mon manque de distance vis-à-vis à cette lecture, j’appelle à l’aide ... Louis Hamelin, l'écrivain et chroniqueur. Il vous présentera le côté social et politique de ce celui qu'il appelle le matou, il couvrira certains aspects que j’ai escamotés. La journaliste Catherine Lalonde ajoute du contexte, faisant parler la fille de Pauline, elle a assis cette correspondance sur quelques juteuses anecdotes et citations. J’y rajoute une Monique Giroux qui résume et encense Pauline Julien d'une jolie manière. J’ai trouvé peu d’informations pertinentes sur Gérald Godin, heureusement qu’un documentaire sur sa vie se trame.

samedi 16 janvier 2010

Une flamme, chez moi

J’interromps mes activités de petite bourgeoise qui reçoit de la visite, entre mon sucre à la crème et mon gâteau « fondant au chocolat », pour communiquer. Eh oui, toujours communiquer, cet acte si essentiel à la vie, et au peuple Haïtien, essentiel à la survie.

Bien évidemment je pense énormément à eux, je voudrais les oublier qu’une flamme, chez moi (photo ci-dessus au côté du Nègre Marron – réf. Fin du billet) me ramène inlassablement à ce qu’ils vivent. Je ne nourris pas de culpabilité d’être là où je suis, ça ne les aiderait même pas, je les remercie plutôt de nous apporter un état d’esprit précieux : relativiser nos malheurs.

Les mots que l’on emploie pour décrire ce cataclysme sont importants. Dany Laferrière nous donne sa vision et je l’aime cette vision, et je dirais même plus, je l’adopte.

Lorsque l'ambassade du Canada m'a proposé d'embarquer vendredi, j'ai accepté car je craignais que cette catastrophe ne provoque un discours très stéréotypé. Il faut cesser d'employer ce terme de malédiction. C'est un mot insultant qui sous-entend qu'Haïti a fait quelque chose de mal et qu'il le paye.

C'est un mot qui ne veut rien dire scientifiquement. On a subi des cyclones, pour des raisons précises, il n'y a pas eu de tremblement de terre d'une telle magnitude depuis deux cents ans. Si c'était une malédiction, alors il faudrait dire aussi que la Californie ou le Japon sont maudits. Passe encore que des télévangélistes américains prétendent que les Haïtiens ont passé un pacte avec le diable, mais pas les médias… Ils feraient mieux de parler de cette énergie incroyable que j'ai vue, de ces hommes et de ces femmes qui, avec courage et dignité, s'entraident. Bien que la ville soit en partie détruite et que l'Etat soit décapité, les gens restent, travaillent et vivent. Alors de grâce, cessez d'employer le terme de malédiction, Haïti n'a rien fait, ne paye rien, c'est une catastrophe qui pourrait arriver n'importe où.

(...)

Les Haïtiens espèrent beaucoup de la communauté internationale. Si des choses sont décidées à un très haut niveau, dans le cadre d'un vaste plan de reconstruction, alors les Haïtiens sont prêts à accepter cette dernière souffrance. La représentation de l'Etat, à travers le gouvernement décimé, étant touchée, c'est le moment d'aller droit vers le peuple et de faire enfin quelque chose d'audacieux pour ce pays.
L’article au complet

Il a une attitude de grand seigneur. Avant, je l’admirais, maintenant il m’impressionne. Quelle élégance d’esprit dans sa grande simplicité. Le positivisme d’un homme qui vit les yeux grand ouverts. Conscient. Continuer à être positif et être conscient, alors là, chapeau !

Il représente à merveille cette flamme qui bouge sur mes murs à côté d’une statuette nommée « Nègre marron », une réplique de celle qui était encore en face du palais national à Port-au-Prince avant d’être détruite. La statue s'est effondrée mais pas ce qu'elle représente.
(Si vous voulez en savoir plus long sur cette oeuvre du sculpteur Albert Mangonès, en 1959, symbole de toute une nation et de toute une race - ici).

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Chantal Guy nous sort un ces papiers de journaliste, non ...non, je ne dirai justement pas de journaliste. Un papier d’être humain ébranlé, intitulé "N'y allez pas qu'ils disaient" qui n’utilise pas le ton neutre. Parce que dans certains cas, moi, ce ton de journaliste – qui plane au-dessus des choses – m’agace. Eh bien, ici, ce n’est pas le cas, pas le cas du tout, je vous invite à la lire.

vendredi 15 janvier 2010

Les murs - Olivia Tapiero

Ce mois-ci, l'équipe de La Recrue a lu le Prix Robert Cliche 2009. Les avis divergent. Je dirais même qu'il y en a qui sont diamétralement opposés, c'est à dire que ce qu'une personne a aimé, c'est ce que l'autre n'a pas aimé. Vu comme ça, la critique littéraire prend tout son sens. Pour moi, en tout cas. Personne ne détient LA vérité, nous détenons NOTRE vérité et en voici neuf :


Un tourbillon autodestructif - Jules
Spirale de la douleur - Mylène
Vouloir tuer son corps - Phil
Chapeau bas, madame - Catherine
Vouloir s'oublier jusqu'à en disparaitre - Maxime
Mourir. Seulement mourir. C'est tout. - Caroline
La mort sans excuse - Marc-Antoine
Transgresser le mal à dire - Claudio

Comme un Mantra - Venise

J'avais un rendez-vous avec une jeune femme qui voulait s’effacer de la vie, je le savais, et n’avais pas particulièrement le goût d’aller à sa rencontre. Une histoire nous prend là où on est, le lecteur, et je venais de terminer un roman se déroulant entre les murs d’un asile. Tout ça pour dire que l’auteure avait un chemin plus long à faire pour venir me chercher. Objectif réussi, je suis embarquée dans cet univers clinique, pas de gaité de cœur, mais j’ai suivi cette fille qui tenait tant à disparaître, ne serait-ce que pour comprendre pourquoi.

Il n’y a pas que son corps qui est entre les murs de sa chair, nous lecteurs, sommes confinés entre les murs des observations obsessives qui résonnent dans notre tête comme un mantra. Les descriptions précises et efficaces de son enveloppe de chair, des entrées et des sorties de la nourriture, m’ont absorbée.

Pour qu’un être dans la fleur de l’âge désire s’effacer jusqu’à ne plus exister laisse imaginer une grande souffrance intérieure. J’ai supposé cette douleur, une équation qu’a fait mon cerveau en mettant les maux ensemble, mais je ne la sentais pas, la projetais seulement. Comprenez bien que c’est la personne folle qui décrit elle-même sa folie. Entendons-nous que cette distance crée une difficulté, la compassion est difficile à naître. Mon intérêt est resté au niveau clinique, je voulais comprendre la démarche thérapeutique de cet établissement de soins qui m’apparaissait complètement inadéquat. La rigidité d’une discipline serait thérapeutique ? Difficile à croire. Je mettais beaucoup d’espoir dans les rencontres avec la psychologue mais on ne s’y attarde pas, et de l’effet de la thérapie sur la malade, encore moins. Ça m’a manquée. Je ne connais pas plus cette femme qu’au début du récit.

Il me reste pourtant une impression forte de l’ensemble. Serait-ce le ciblage inlassable du sujet qui a finalement eu raison de mes résistances ? En tout cas, l’histoire est restée imprimée sur ma matière grise.

mercredi 13 janvier 2010

Festival "Étonnants Voyageurs" en Haïti

Je sais qu’on en parle partout et beaucoup de cette catastrophe qui donne envie de crier sa révolte. Mais se révolter contre quoi ? Mère nature ? On le sait bien que ça fait peu de sens. Ça ne fait que nourrir le sentiment d’impuissance.

Je ne sais pas si vous saviez que plusieurs de nos écrivains devaient partir tôt ce matin pour Port-au-Prince, entre autres : Nicolas Dickner, Michel Vézina, Stanley Péan. Ils se joignaient à un Festival littéraire : Étonnants Voyageurs. TV5 Monde titre ... Un Festival littéraire pour projeter une autre image du pays. Aujourd’hui, cet article sonne un glas pathétique :
Environ 50 écrivains haïtiens et étrangers, dont le prix Médicis 2009 le Canadien d'origine haïtienne Dany Laferrière, prendront part aux activités qui se dérouleront dans onze villes du pays du 14 au 17 janvier..

Pour la responsable de la Direction nationale du livre Emely Prophète, la deuxième édition en Haïti de cet événement littéraire "prolonge l'enthousiasme des prix littéraires décrochés par près de dix écrivains haïtiens en 2009".


Le président du festival, l'écrivain français Michel Lebris, voit ces distinctions comme "les signes d'une reconnaissance par le reste du monde de la formidable créativité littéraire d'Haïti, de sa diversité, de sa capacité à parler au monde entier".


"Le festival littéraire permet d'imposer Haïti dans les salles de rédaction de la Francophonie", croit encore Emely Prophète poétesse. "

C'est une occasion pour les auteurs consacrés et les écrivains d'avenir de faire rayonner Haïti, mal connu à l'étranger", estime pour sa part le journaliste-poète Dominique Batraville.


... si vous voulez l'article au complet, passez par ici.

Chantal Guy, ma journaliste littéraire préférée (bof ... j’envoie promener la diplomatie !), engagée, d’une intelligence qui va au-delà du convenu, nantie d’un humour qui me réjouit, était déjà à Port-au-Prince. Je lui avais même souhaité bon voyage sur Facebook, lui conseillant d’en profiter (!!!), à la suite de sa déclaration (qu’on appelle statut) disant qu’elle éprouvait un certain trac. La veille du séisme, elle disait avoir fait un tour touristique de la ville avec un guide merveilleux : Dany Laferrière. Alors, imaginez-moi sur Facebook, environ une heure après la catastrophe, inquiète au point d’être incapable de penser à autre chose, jusqu’à ce que Patrick Lagacé nous rassure. Toujours sur Facebook. Dans le cas de Nicolas Dickner, c’est lui-même qui est venu nous rassurer, nous disant qu'il était toujours à Montréal, et Stanley Péan, quelques heures plus tard.
Rajout : Soudain, le chaos (reportage de Chantal Guy - 13-01)
Vidéo où les écrivains Ivanoh Demers et Chantal Guy expriment leur désarroi, en attente d'aide.

On a le choix des malaises autour d’une telle horreur : se sentir mesquin de s’inquiéter à ce point pour une poignée de personnes « en visite » pendant que les habitants, eux, vont rester avec leurs pertes insoutenables, leurs deuils cruels, éprouver du malaise de parler d’autre chose, de rire ou de se plaindre. Ou de donner l’impression de ne pas être assez affecté. Ou de ne pas donner de l'argent sonnant. La liste est longue.

Aujourd’hui, les statuts Facebook ont repris à peu près leur cours normal, on reparle de sa propre vie qui n’attend rien d’autre que de continuer son (long ?) cours. On peut aller déposer quelques dollars à La Croix Rouge, pour s’en donner la permission. Ça peut sonner amer ce que je dis là, je ne le suis pas pourtant, je me sens plutôt triste, pour mon impuissance, mais en même temps remplie d’indulgence, au nom de la liberté de réagir comme on l'entend. Ma réaction est de m’attacher plus que jamais à l’indulgence, une forme d’amour de la vie dans ce qu’elle a de plus humain. L’indulgence est un fleuve à la vague forte qui mène sûrement à la compassion. Et la compassion n’est pas un sentiment que l’on endosse comme un vêtement du dimanche pour certaines Causes avec de grands C, pour s’en dévêtir aussitôt revenu à sa vie « normale ».

Je nous souhaite la compassion, un état d’esprit à temps plein pour son voisin, près et lointain.

mardi 12 janvier 2010

Le Vrac à Venise

Permission accordée : vous pouvez lire un livre en avion !
Lisez ... elle est forte celle-là. On peut soigner un individu de la paranoïa mais pas un pays !

Amis canadiens, vous pourrez finalement vous rendre à Los Angeles un livre à la main. Transport Canada a annoncé que l’interdiction d’amener des livres dans ses bagages à main n’était qu’un simple malentendu. Ainsi, les agents de sécurité des aéroports ne pourront plus refuser les bouquins des voyageurs en direction des États-Unis.
Après la tentative d’attentat du 25 décembre, Transport Canada avait augmenté les mesures de sécurité dans les aéroports. Les autorités avaient notamment dressé une liste restreignant les articles pouvant être mis dans les bagages à main. Une liste incluant ordinateurs portatifs et autres caméras, mais excluant les livres. Aussitôt, des groupes de pression, sur Facebook et ailleurs, avaient critiqué la décision de Transport Canada. Mission accomplie.

(tiré du Libraire)

Je ne le lis pas, je le vis
Avez-vous remarqué le titre que je lis ? Maleficium. À voix haute ! Eh bien, pour la première fois de ma vie, j’ai demandé à Marc de terminer la fin du chapitre en silence, j’étais trop dégoûtée. Je considère que je fais un honneur à Martine Desjardins, en arrivant pas à me raisonner, ça proclame combien c'est bien écrit ! Alors hier, quand j’ai déniché cette entrevue signée Elsa Pépin (collaboratrice spéciale La Presse) avec l'auteure, je me suis dit : mission accomplie !

«J'écris pour la même raison que je lis. Je n'ai pas envie de me retrouver dans la cuisine de ma voisine. J'aime apprendre des choses, m'évader. J'ai une vie très tranquille et l'écriture est pour moi une activité d'imaginaire. J'essaie d'arriver à écrire un livre qui ne pourrait être écrit que par moi.» J'ai un faible pour les bizarreries littéraires. Mon ambition était d'écrire une curiosité littéraire.»

Chantal Guy n’a jamais si bien dit !
"Bref, la personne qui donne un livre se dévoile autant qu'elle croit dévoiler celui ou celle qu'elle gâte. D'où le caractère intime du présent, beaucoup plus intime que ces huiles de bain tellement à la mode dans les échanges de cadeaux. On cherche souvent la neutralité dans ce type d'échange, mais elle est impossible lorsqu'il s'agit d'un livre. On dit forcément quelque chose en offrant des mots, qu'ils soient ou pas les nôtres. C'est là tout le périlleux et la beauté de la chose. C'est aussi le meilleur exemple de la complexité de l'autre, qui devient plus évidente à mesure que l'on vieillit".
L'art de donner un livre - cyberpresse - Chantal Guy

Les « meilleurs vendeurs » d’une librairie à l’autre
Après une petite recherche hier - en passant, peu de librairies indépendantes ont des sites Internet - je m'interroge toujours autant sur ce qui fait la différence entre ces listes.

Pantoute (Québec)
1. Ru, Kim Thuy, Libre expression
2. L’énigme du retour, Dany Laferrière, Boréal
3. La canicule des pauvres, Jean-Simon Desrochers, Herbes Rouges
4. La traversée des sentiments, Michel Tremblay
5. Le monde, le lézard et moi, Gil Courtemanche, Boréal

Gallimard (Montréal)
1. L’énigme du retour, Dany Laferrière, Boréal
2. Le Ciel de Bay City, Catherine Mavrikakis, Boréal
3. Paul à Québec, Michel Rabagliati, La Pastèque
4. Tarmac, Nicolas Dickner, Alto
5. Cœur rouge dans la glace, Robert Lalonde, Boréal

Biblairie GGC (Sherbrooke)
1. L’énigme du retour, Dany Laferrière, Boréal
2. Paradis, clef en main, Nelly Arcan, Coups de tête
3. Le Cocon, Janette Bertrand, Libre expression
4. La traversée des sentiments, Michel Tremblay, Leméac/Acte Sud
5. Faim de la terre, Jean-Jacques Pelletier, Alire

Librairie Vaugeois (Québec)
1. L’énigme du retour, Dany Laferrière, Boréal
2. HKPQ, Michèle Plomer, Marchand de feuilles
3. La traversée des sentiments, Michel Tremblay, Leméac/Actes Sud
4. La faim de la Terre 1, Jean-Jacques Pelletier, Alire
5. Le monde, le lézard et moi, Gil Courtemanche, Boréal
6. Paradis, clef en main, Nelly Arcan, Coups de tête
7. Maleficium, Martine Desjardins, Alto

Je termine par la Librairie Vaugeois, et ce n’est pas un hasard. Ça m’apparait évident que la littérature québécoise y est mise de l’avant. Parce que ce je n’ai pas dit, c’est que chez Gallimard par exemple, le 5ième rang est en fait au 16e rang, si on compte les romans d’ailleurs et autres œuvres non fictives. Je reste convaincue qu’un libraire qui s’implique a un pouvoir sur le choix de lecture de sa clientèle, delà certaines disparités.

Hier, j’ai pris le temps de me pencher sur le blogue de la Librairie Vaugeois (voilà pourquoi ce billet a tardé !) et j’y ai découvert tellement de liens intéressants. C’est une mine d’informations sur la littérature, et qui est fréquemment mise à jour. Bien entendu, je rajoute ce lien à ma liste !

Mon agenda

J'ai un nouvel agenda (coudonc, grosse nouvelle !), et j'y retrouve des citations sur la littérature à chaque semaine, je partage celle de cette semaine :

Les romanciers sont plus à nu dans leurs oeuvres de fiction que dans leur autobiographie.
Madame de Staël

Jolie illustration du titre trouvée ici.

samedi 9 janvier 2010

Branches blanches, feuilles blanches

Cette feuille-ci n’est déjà plus blanche puisque je vous écris, les branches à nos fenêtres, elles, le restent (photo ci-contre : vue de notre balcon). Nos arbres ne ploient pas, ils tendent leurs bois pour accueillir les flocons lumineux. Au retour d’un Montréal gris hier, j’ai été surprise et me suis dit, on dirait deux pays éloigné, pourtant à une heure et demie de route.

Mais tout ça ne dit pas où en suis-je dans mes lectures. C’est que je vois bien que je suis au ralenti dans l’envoi de mes billets. Suis-je suspendue sur une branche comme un motton de neige gelée ? Non, c’est presque le contraire, je bouge beaucoup en corps et en esprit, butine des lignes ici et là (des albums BD, des livres pour enfants), ce qui fait que ma lecture principale avance lentement. Je suis en ce moment avec « Les murs » d’Olivia Tapiero, jeune auteure de 19 ans. Il y a de ces lectures qui ne s’avalent pas goulûment, surtout si elles traitent de l’anorexie. Vous en saurez plus long bientôt puisque ce Prix Robert Cliche 2009 est la vedette du mois - La Recrue.

Je ne vous parle pas de La Recrue bien, bien souvent. Et pourtant, elle ne tourne pas toute seule cette vitrine pour les premières œuvres fictives québécoises, d’innombrables consultations et discussions ont cours par courriels entre la dizaine de rédacteurs que nous sommes. Pourtant, certains rédacteurs ne se sont jamais rencontrés en chair et en os (Anick habite la Gaspésie, Caroline, Paris !), bientôt une réunion aura cours et cette situation changera pour certains. Si vous n’avez jamais été vérifié comment nous fonctionnons, je le jette tout cuit dans votre bec d’oiseau curieux puisqu'après deux années et quart d’existence, ce mois-ci, le bulletin de L’UNEQ (Journal de l’union des écrivaines et des écrivains québécois) parle de nous par la bouche d’un des rédacteurs, Philippe :

" La Recrue Du Mois, c’est une équipe de dix personnes bénévoles qui ont toutes un intérêt marqué pour la littérature et en particulier pour la relève littéraire québécoise. Nous choisissons chaque mois de mettre en avant un auteur et sa première œuvre de fiction (roman ou recueil de nouvelles). Nous votons parmi les publications récentes et la recrue du mois bénéficie d’une visibilité sur notre site pendant un mois. Nous mettons des liens vers les commentaires et critiques déjà parus. Nous publions un questionnaire auquel l’auteur-e a accepté de répondre. Nous avons parfois la possibilité de réaliser une entrevue avec l’auteur-e. Enfin, le 15 de chaque mois, chaque membre de notre équipe publie un commentaire sur le livre en question. Nous avons aussi une catégorie que nous appelons le repêchage. Il se peut que certains livres ne rallient pas les suffrages de la majorité de l’équipe. Dans ce cas, les personnes intéressées peuvent tout de même lire et commenter le livre en question. Donc, même si un auteur ne bénéficie pas du statut de recrue, il peut avoir une certaine visibilité via le repêchage. "

Isabelle Gaumont, responsable de l’article a demandé à Philippe ce qui l’avait incité à participer : « J’ai récemment découvert la littérature québécoise (je suis un immigrant français) et elle compte énormément de talents. C’est pourquoi j’ai eu envie de contribuer à ma manière à la relève littéraire en apportant mon regard sur de nouveaux auteurs. Et je dois dire que je ne suis pas déçu, le niveau des livres que j’ai lus dans le cadre de la Recrue Du Mois est très bon. »
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C'est une mozaille de bonne habitude à prendre de suivre le site de La Recrue du mois, et pas seulement le 15, aussi pour ces diverses catégories :

  • Commentaires de lecture - Repêchage
  • Les entrevues
  • Les médias en parlent
  • Notre site fait parler de lui
  • Nouvelles et Actualités
  • Sur les autres blogues.

Bon, je retourne à ma lecture, Les Murs, que j’achève, et ensuite ce sera le difficile et excitant choix de l’heureux élu parmi la trentaine d'impatients romans québécois qui poireautent sur une tablette de moins en moins planche !

mardi 5 janvier 2010

Sonate en fou mineur - Éloi Paré

Ce roman a traversé l’année avec moi. J’avais un peu le trac quand je l’ai commencé, j’en avais pour 338 pages gros format. Un peu surprise du style au début : d’une grande fluidité, tout simple, direct, avec du dialogue, j’ose dire en abondance (il me semble qu’il y a moins de dialogues dans les romans ... que je lis en tout cas), cette absence de prétention à la « regardez-j’écris-bien » est finalement venu me chercher.

Grosso modo, c’est un compositeur méconnu courant après l’inspiration pour LA création du siècle mais qui, comme tout le monde, doit gagner sa vie. Il entre comme gardien de nuit dans un asile, emploi idéal pour composer. Pensez-vous que nous étions, pendant quelques centaines de pages, pour le regarder composer, alerte et inspiré ? Évidemment que non. C’est Tristan qui va venir le chercher sur sa planète de grand compositeur assez nombriliste. Plusieurs personnages vont venir se greffer : Le grand manitou de l’institut psychiatrique ; grandiloquent et borné. La mécène frustrée et laide de jalousie, Rachel, la juvénile Agathe qui se révèlera plus mâture qu’à prime abord. Je n’oublie pas sa Cour masculine car, semblerait-il qu’elle soit irrésistible cette demoiselle, excepté pour notre virtuose, Pascal.

L’histoire file, on ne s’accroche pas à de longues descriptions qui sont plutôt habilement intégrées à l’action. J’ai vraiment beaucoup aimé tout ce qui se passe à l’Institut, je me suis grandement attachée à Tristan, ou plutôt à leur relation très spéciale. Imaginez, Tristan est enfermé et bourré de médicaments depuis l’âge de 16 ans, et après 7 ans de ce régime, une flamme de vie vacille encore en lui. Il s’accroche donc désespérément à ce gardien de nuit qui n’a pourtant pas le droit de lui parler, ce qui crée des tensions palpitantes. Tristan vit à travers les yeux de Pascal qui lui raconte son quotidien qui devient des aventures trépidantes pour un incarcéré. Même en tant que lectrice libre, je me suis aussi intéressée à ces histoires, c’est pour dire qu’elles sont bien menées. Je me suis fait prendre à ce jeu au point que mon attention se relâchait à l’extérieur des murs.

Je ne suis pas juste là, la relation de Pascal avec Agathe m’a aussi intéressée, même si un peu plus banale. La relation avec sa mécène m’a fortement intriguée au départ et puis, ce personnage m’est apparu tellement tiré par les cheveux et la réaction de Pascal à cette vile femme aussi. J’ai un peu décrochée. Mon seul petit problème, si c’en est un, est que le personnage principal, le compositeur m’intéressait en autant qu’il soit en relation. Sa ferveur vis-à-vis la musique, son ambition démesurée, m’est passé comme de l’eau sur le dos d’une cane. Je ne l’ai pas pris à cœur comme l’auteur l’aurait désiré, je crois. Mais qu’importe puisque Pascal a passé 338 pages à être en relation !

Cependant, j’ai un « mais » : la fin. À partir d’un lancement littéraire qui sent le dénouement à plein nez, une escalade d’actions débridées, pour ne pas dire complètement folles m’ont perdue. Pourtant, encore là, j’imagine que j’aurais dû trembler de peur mais trop, c’est trop. J’ai trouvé la scène maladroite de A à Z assez pour sortir de l’histoire et regarder l’auteur écrire. Ce qui n’est pas bon signe. Et en passant, quant à parler de fin, on a appelé épilogue un chapitre mais le dernier (long) paragraphe serait un réel épilogue mais la balance serait plutôt, à mon sens, une suite à la fin de la fin. C’est un détail.

Donc en gros, j’ai apprécié cette lecture et je garde un souvenir indélébile de la relation Pascal-Tristan et de cet asile assez barbare, en ayant apprécié la critique sociale – dans l’humour – sur le bourrage des cerveaux par les médicaments et la prétention outrancière des soignants en chef.

Je vous invite à visiter le passionnant site de l'auteur, Éloi Paré

En nomination pour le Prix de la Relève Archambault : Sonate en fou mineur, Éloi Paré - Éditeur Guy Saint-Jean, 338 p.

jeudi 31 décembre 2009

Ma rétrospective et mes voeux

Une décennie s’achève. Quand je pense à ce dix ans, je ne peux pas tout comprendre, tout englober, il y aurait trop à dire bien sûr, juste de penser aux événements mondiaux. Je ne veux pas trop m’y attarder, est-ce vraiment l’heure de le faire, le mousseux ferait moins de bulles ce soir.

À moindre échelle, cette décennie m'a démontré combien le besoin de ne pas être seul est criant. Plus les gens sont indépendants, ne parlant pas à leur voisin de pallier, plus les familles sont restreintes (fini les douzaines d’enfants), plus les centres urbains fourmillent de monde, plus le « magasin général » a été remplacé par le « Smart Center », moins il y a de conversations animées sur les parvis d’église et plus la blogosphère s’enfle, plus Facebook fait fureur, plus Twitter trépigne de liens. Le téléphone nous suit partout, on y parle devant la caissière à l’épicerie, on « texto » devant le chauffeur de taxi, on apporte sa « vie » qui tient dans un creux de main : portable, IPod (des personnes m’ont dit que tout le précieux de leur vie était compilé là). MP3 pour transporter sa discothèque, et j’en passe, parce que je suis loin d’être techno ! Mais à moins d’avoir les yeux fermés ben dur, on réalise que la communication s’est transformée par les moyens mis à notre disposition. Est-ce les moyens qui ont transformé la communication ou la communication qui avait besoin de ces moyens pour se transformer ?

Je suis aussi frappée par le mouvement. Quand les gens se déplacent ils veulent transporter leur chez soi. Comme les tortues ! Cellulaire, agenda électronique, portable, MP3 ... faut dire que les carapaces sont de plus en plus légères. Tout est léger maintenant. Les premiers cellulaires, deux fois plus volumineux que notre téléphone sans fil porte à rire, assez lourds pour assommer quelqu'un !

J'en conclus que l’être humain démontre d'une autre manière son côté grégaire, qu'il veut absolument faire partie d’un tout ; famille, village, ville, communauté Facebook ou humanité. Si une communauté disparaît, elle est vite remplacée par une autre. On entre plus souvent en contact mais pas avec la personne devant soi, à celle qui pourrait nous regarder dans le blanc des yeux et nous rejeter sans écran. On se protège avant de se lancer dans une relation de chair et de sentiment et ça, c'est si on se lance ! On a maintenant besoin d’être encadré pour se rencontrer, les occasions « naturelles » se faisant de plus en plus rares. On s’étudie beaucoup, on prend moins de risque sur le rejet, on aime les miroirs qui nous renvoient notre reflet, de toutes manières on est sécurité avec la quantité : si c'est pas avec cette personne qu'un lien sera développé, tant d'autres sont accessibles en pesant sur un bouton. Et on contrôle de plus en plus son image.

Ceci n'est pas une critique, c'est une constatation de changement, je ne me place pas au-dessus de ces changements, par exemple, j’aime fréquenter la communauté Facebook. Je fais de l’esprit sans être obligé de me déplacer. On m’applaudit ou me commente, ou m'ignore, je socialise avec des étrangers, toujours dans ma robe de chambre et je connais des détails sur eux que je ne sais même pas de mes amis. Ça m'amuse et me stimule, c'est un jeu de communication. Tout ça pour dire que mon idée ici n'est pas de tout remettre en questions, je tente de tirer, en cette dernière journée de la décennie, une photographie du tournant qu'a pris la communication. Faut dire que je suis essentiellement une femme de communication. C’est là où je place ma passion des mots et mon désir de justice et de justesse.

Bref, de 2000 à 2010, la communication a énormément changé mais pas ce besoin fondamental: le besoin d'être aimé. Je nous souhaite donc un vent doux d’amour qui traverse nos vies, nos têtes, nos cœurs. Je nous souhaite d’aimer et d’être aimé.