Faites comme chez vous

Faites comme chez vous
c'est recevant !

dimanche 17 juin 2007

Le film avant le roman


Combien de fois entendons-nous « Ce n'est pas aussi bon que le roman » ? Je dirais que c'est devenu une rengaine. Peut-être parce que c'est vrai. Et c'est tout à notre honneur, à nous lecteurs. Cela signifie que nous avons tous et chacun un imaginaire à la hauteur d'un film, de Claude Berri par exemple. C'est un exemple dans le vent (est-ce qu'elle se dit encore cette expression « être dans le vent » ?) puisque « Ensemble, c'est tout » est justement à l'affiche, signé Claude Berri, d'après le roman d'Anna Gavalda. Celle-ci s'est fait connaître avec son « Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part », recueil de nouvelles (1999), sa troisième oeuvre.

Je me compte parmi les heureuses qui n'avaient pas lu le roman. J'ai pu me repaître, savourer, me délecter de ce film tendre. Vraiment tendre. Une histoire d'amour à quatre personnes, âgées de 26 à 83 ans. C'est la Paulette qui a 83 ans. Elle est le deuxième prétexte à « rassemblement » des personnages, le premier étant l'entraide entre voisins d'un même immeuble. Le troisième, je ne le dis pas ... j'en dévoilerai trop. Retenez surtout que si vous avez un penchant pour les thèmes d'entraide, d'implication, d'engagement dans le sens large (inclus avec les mammy et les papy) eh bien, vous êtes à la bonne enseigne, sous le couvert du livre ou du film. L'éditeur a cette phrase savoureuse : « Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever ». C'est pas joli ça ?! Et puis, Anna Gavalda qui, à la sortie du livre, avait terriblement peur de la critique a eu ce mot « Il est trop tendre pour être honnête ».

Mais évidemment, je vous conseille le film avant le roman. Sinon, c'est à vos risques et périls. Je me suis interrogé sur ces risques. Quelle est la raison de cette sempiternelle déception, à l'exception de ne pas correspondre à notre super imagerie de lecteurs ? Le temps. D'après moi, c'est une question de temps. J'ai vu, que dis-je, j'ai été ébloui par « Ensemble, c'est tout » pendant environ deux heures vendredi. J'ai regardé se transformer des personnages que la Vie avec un grand V a décidé de faire évoluer à la Vitesse grand V. Il leurs arrive plein de choses génératrices d'émotions. Et ce vent de changement leur pousse dans le dos pour les faire avancer. Et ils avancent, évoluent, en deux heures ! Tandis que le roman, lui, que l'on prend et reprend selon notre disponibilité se déroule sur un an de vie. Il est plus facile de sentir le temps passer. L'évolution des personnages devient plus probable et on entend moins les « Du bonbon, rafraîchissant, léger, amusant ... quoique peu vraisemblable ».

Le film doit jongler avec le temps, donner l'impression qu'il passe en évitant la technique du « Deux mois plus tard » un peu facile et qui peut même faire décrocher. C'est ma théorie mais j'aimerais bien vous entendre là-dessus. Premièrement, comment procédez-vous : film ou roman en premier ? Avez-vous déjà été cruellement déçu ? J'en ai une embêtante : est-ce que vous avez le goût de lire un roman, une fois que vous avez vu le film ? Je réalise en l'écrivant que c'est la plus importante celle-là. Parce que, exception faite d'Odette Toulemonde qui a été écrit APRÈS le film, c'est toujours l'inverse. Ce qui veut dire que l'on ne fait pas exprès de lire un roman avant le film puisque l'on NE SAIT pas qu'il va être mis en images.

Malgré la probable diversité des réponses, une constante s'impose ; le film pousse sur le roman et par le fait même propulse l'auteur sur la sellette. Ce « Ensemble, c'est tout » s'élèverait-il en une belle pile chez nos libraires si le film n'était pas présentement à l'affiche? On n'a qu'à penser à cette obscure nouvelle (ici, en tout cas) de Brokeback Mountain d'Annie Proulx, tout à coup parmi les meilleurs vendeurs, une fois que le septième art s'en est emparé.

La littérature et le cinéma ; une histoire d'entraide ! Il s'agit de se tenir ensemble, c'est tout !

Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda
J'ai lu – 573 p. 2005 – 17.95 $
Le Dilettante – 608 p. 2004 – 39.95 $

samedi 16 juin 2007

Pour ne pas oublier « L'Inoubliable »


En parlant de mémoire, assise solide de nos souvenirs, on doit inévitablement aborder l'oubli. Fernand Ouellette, ce méconnu, cet oublié, à presque 80 ans et sans avoir consulté Les Correspondances d'Eastman (!) aborde l'inoubliable, tout en poésie et en profondeur. Je ne me serais pas pardonné d'oublier L'Inoubliable, pour se prouver, juste entre nous, qu'un oubli, c'est réparable. Et pour commencer à mijoter sur le thème des Correspondances, la MÉMOIRE.

Ce printemps est sorti L’Inoubliable - Chronique III, de Fernand Ouellette, le troisième volet de ce qu’on pourrait considérer comme le «grand œuvre» d’un des derniers poètes encore vivants de la génération de l’Hexagone. Presque en même temps paraissait, chez VLB, une étude de Denise Brassard intitulée Le Souffle du passage. Poésie et essai chez Fernand Ouellette, dans laquelle l’auteure brosse le portrait de cet immense écrivain qui, outre des poèmes, nous a aussi offert des essais, des biographies et des romans. Bien que 2008 devrait voir la parution d’un autre recueil, la sortie de Chronique III et du livre de Denise Brassard nous offre l’occasion de prendre toute la mesure de ce géant trop peu connu. Tiré du site www.lelibraire.org

« La mort n’est-elle pas, en effet, la seule chose qui soit véritablement «inoubliable» en cette vie? Cet «espace insaisissable», en signant la fin de toute mémoire, nous ouvre à la seule chose qui ne peut pas être oubliée: cette ineffable éternité, en nous, qui est à la fois notre origine et notre fin: «Ah! la mort se rapproche de nouveau, / Me prépare, comme on vide une demeure, / Tandis que je me penche sur la vie, / Rassemble les syllabes, […] Mais ne s’est-il pas élevé en irradiant / Celui qui […] approche les mourants, / Derrière le rideau du silence, / Qui commencent / De refléter sa gloire?», tiré de l'Inoubliable

L’Inoubliable nous rappelle que les mots ont un sens, un sens plus vaste que celui, fonctionnel et étriqué, qu’ils ont dans la vie quotidienne: «S’avançant dans sa spirale, depuis l’immémorial qu’elle rejoint, l’écriture va, passe son chemin et nous entraîne avec elle vers la Lumière», écrit Denise Brassard.

J'avoue que cette dernière phrase m'inspire particulièrement, ne serait-ce que pour son « immémorial », vaste mot qui enferme des mers et mondes ravivés. Même Le Petit Robert se fait limpide : « Qui remonte à une époque si ancienne qu'elle est sortie de la mémoire ».

Bibliographie :
L’Inoubliable. Chronique III, Fernand Ouellette, l’Hexagone, coll. L’appel des mots, 224 p., 25,95$
Le Souffle du passage. Poésie et essai chez Fernand Ouellette, Denise Brassard, VLB, 448 p., 29,95$

jeudi 14 juin 2007

Vrac avant son temps


Hé, j'ai fait un vol de données ! Bais oui. Mais je me le pardonne parce qu'une blogeuse libellule, ça peut voler ... surtout quand c'est du site des Correspondances (www.lescorrespondances.ca). Quand j'ai vu que je pouvais cliquer sur chacun (ou presque !) des invités des Correspondances et entrer dans leur vie privée ou professionnelle, le geste a été irrésistible. Lisez mon consistant butin :

MYRIAM BEAUDOIN naît le dernier jour d'avril 1976 à Sherbrooke. Elle grandit dans une maison de bois blanche et bleue qui partage ses prés avec de gros animaux qui donnent du lait. Elle apprivoise des abeilles dans des bocaux de vitre « Masson », compose des airs d'harmonica à sa vache Mona, et suit des leçons de piano. Quelques années plus tard, toute la famille quitte le Canada, survole l'Europe et atterrit le 11 août 1988 au Rwanda. Myriam commence ses études secondaires dans une école belge et suit des leçons d'équitation dans le pays des mille collines. Le père, consul pour l'Ambassade du Canada, amorce sa mission à Bamako en 1991. Pour Myriam, c'est le temps des rencontres captivantes avec le peuple malien, le soleil près du fleuve Niger, l'adolescence, l'amour et le début de l'écriture. Elle habite dans la villa blanche, dresse un petit cheval arabe et conduit sa Renault dans les routes de sable. En 1994, Myriam quitte la liberté et l'adolescence pour la réalité canadienne. Elle fréquentera successivement l’Université d'Ottawa et celle de Valladolid. Au lendemain du décès de son père, le 4 avril 1998, c'est la fuite vers le Brésil, une escale sur la plage d'Icapui où elle enseigne l'anglais aux enfants des pêcheurs. Elle revient terminer ses études à Montréal et obtient une maîtrise en création littéraire de l'Université McGill en 2001. Un petit bruit sec est son premier roman, paru aux Éditions Triptyque en mars 2003. Son deuxième roman, Hadassa, publié en août 2006 aux Éditions Leméac, est le fruit de la découverte de la culture hassidique. Aujourd'hui, Myriam Beaudoin enseigne le français au Collège Villa-Maria de Montréal


COCASSERIES QU'ON RIT

1) Service à l'auto pour les bibliothèques : Aux États-Unis, dans de plus en plus d'états pas toujours unis, on s'équipe d'un service à l'auto. Même plus besoin d'allonger le pas, seulement le bras, pour se départir d'un pan de bibliothèque. Il faut bien se faciliter la vie, non ? Et à quand le service de « bouquinage » ? Même plus besoin de choisir son livre ! Il faut bien se faciliter la vie, non ?
2) Le livre hôtel : Dans un hôtel de Manhattan, on innove. Vous choisissez le douzième étage, un étalage de livres de philosophie est à votre disposition. Ne pas se méprendre entre le onzième, l'ésotérisme, et le huitième consacré à l'érotisme. Et s'il reste des chambres au sixième seulement ? Eh bien, vous élargirez vos connaissances en technologie (Hi ! Hi !) ... et vous y perdrez (quant à tomber dans le sexiste) votre homme. Aussi, je vous conseille le huitième. Mais, il doit y avoir foule au huitième ... ça, l'anecdote ne le dit pas !
3) Un peu marteau, Sylvie Laliberté ? Je ne sais pas ... D'une folie organisée, c'est sûr ! Elle aime photographier les mots et mettre des images dans ses textes. Elle est photographe, vidéaste, performeuse, auteure compositrice et signe son premier livre : Je suis formidable mais cela ne dure jamais trop longtemps. « Un livre de phrases » c'est elle qui le dit ! Un marteau trône sur la couverture rouge ... Qu'est-ce que cela signifie ? L'homme qui fait parler les images, mon mari, me l'a dit. C'est une allusion à cette fameuse question : Nommez un outil et une couleur ? Ce à quoi la majorité répond : Un marteau. Rouge.

Tous en choeur, allongeons la liste des cocasseries. Allez-y gaiement ! On aime ça les cocasseries ... quitte à vous étirer l'aile pour les voler !

((((()))))

HASSADA, Myriam Beaudoin, Éd. Leméac, 197 p.
Lauréate du prix des collégiens 2007
Finaliste Prix littéraire France-Québec - Prix des lecteurs 2007

Je suis formidable mais cela ne dure jamais trop longtemps,
Sylvie Laliberté, éd. 400 coups, 133 p.

mardi 12 juin 2007

L'Iguane une Lecture estivale ?


Que doit-être, pour vous, une lecture pour la traiter d'estivale ?

Non, mais c'est vrai, la question se pose en grand, ces temps-ci. Que s'ouvre un magazine, un journal, un blogue, la télé, la bouche d'un inconnu ou d'un ami, tout le monde y va de sa suggestion de lecture estivale. Je lis ces suggestions attentivement, prends des notes en étudiante sage qui veut apprendre. Apprendre de quoi se tisse la fibre « lecture estivale ».

Il y a juste un problème, plus je le fais, plus je suis mêlée. J'essaie de dénicher la constante et je ne trouve que variété. Et là, ça me déroute. Est-ce que la lecture estivale se doit d'être comme le théâtre d'été sur le mode comique et léger ? Pourtant, je n'y ai pas trouvé cette constante, c'est donc plus complexe. Tellement, que pour le moment, je me suis arrêtée à cette définition :
Lecture estivale : lecture que l'on fait durant la saison de l'été et variant d'une personne à une autre.

Comme ça, je suis absolument certaine de ne pas me tromper. C'est de la haute définition.

Le seul problème, c'est que ma définition est ennuyeuse à mourir. Elle ne donne pas le goût de se bercer dans un hamac, lisant mollement jusqu'à ce que le livre tombe de ses mains, l'esprit envolé au pays des songes. Donc, je n'ai plus le choix, il me faut VOTRE avis. Je n'en abuse pas mais là, c'est impératif, il me faut ces précisions sur la règle qui régit le : « NON, PAS CET ÉTÉ ... à l'automne peut-être, en hiver sûrement ».

Non, mais je veux être dans le secret moi ! Sinon, je vais relire L'Iguane que je viens juste de lire, ce livre ressuscité par un combat (des livres)***. Je fouillais les commentaires d'autres lecteurs afin de vérifier si on pensait comme moi à propos de L'Iguane c'est à dire que c'était un livre génial. Oui, on est impressionné mais on arrive difficilement à dire pourquoi dans ses propres mots. Tout le monde le démontre par une ou plusieurs citations tirées du livre. Je les relisais ces bouts de phrases glanées ici et là et j'avais l'impression de les lire pour la première fois. Ce livre est si riche qu'il ne s'assimile pas d'une traite. Je vais y revenir à cette lecture (en été, en hiver ... je vous attends avant de décider) mais une chose est certaine, dictionnaire en main. Personnellement, c'est le livre, toute proportion gardée parce qu'il est mince (186 p.), dans lequel j'ai rencontré le plus de mots nouveaux.

Me semble que lire avec un dictionnaire, ça fait pas estival, non ? Me semble.

...

Bon, désolé, je prends une décision ! Je ne peux pas vous le référer. L'Iguane n'est pas estival même si l'action se déroule sur le bord du fleuve. Et pis qui a du sable qui colle dans la sandale. Pis de la grotte. Pis de l'amitié. Parce qu'il y a un accident de motoneige et une tête qui s'arrache (je ne vends pas de punch, n'ayez crainte).

Je pense que j'ai trouvé un exemple de ce qui n'est PAS une lecture estivale : L'Iguane. Je me trompe pas là ? Rassurez-moi ! Je me sens pas trop trop vaillante, moi là, sans ma définition de poltronne.

*** Montréal, le 2 mars 2007 — Le combat des livres 2007 est arrivé ce matin à son point culminant sur les ondes de la Première Chaîne (95,1 FM à Montréal). Parmi les deux livres encore en lice, c’est L’iguane de Denis Thériault (XYZ éditeur), défendu par l’humoriste Dominique Lévesque, qui a été choisi grand gagnant. Dans ce savoureux roman régional qui se passe sur la Côte Nord, le héros, un jeune adolescent à l’imagination débordante, nous dévoile des pans de son univers secret.

lundi 11 juin 2007

Invitation à danser


... avec les mots bien sûr. Des compagnons stables, compatissants et qui ne nous pilent pas sur les pieds !

La première invitation est au www.voir.ca (choisissez Estrie), juste pour y découvrir que cette semaine, Les Correspondances d'Eastman sont à l'honneur. En première page, une Francine Ruel pointe le nez vers le ciel de son imagination. Ça se voit tout de suite qu'elle s'exalte à nous entretenir de la super programmation de la cinquième édition. La photo a un petit côté rigolo et l'article signé Élise Giguère, la pétillante rédactrice en chef du Voir/Estrie soulève passion et tendresse. Elle aime l'événement, elle ne fait pas semblant, sa plume s'envole dans une danse ... bon, bon, je reviens les pieds sur terre, ça va mieux pour danser de toutes manières !

L'important est votre glissement de curseur jusqu'à ce site d'échangistes culturels par excellence. Vous lisez et si le coeur vous en dit, vous écrivez. Ou sinon, vous critiquez ou vous vous exaltez fin seul dans votre salon. Non, non, ça se peut, il y en a qui aime ça danser tout seul, ça dégourdit quand même !

Au www.voir.ca, on n'attend que ça, votre opinion. Et vous serez récompensé de vos efforts par des lecteurs qui laisseront des traces, des votes. Les votes peuvent se transformer en jetons et les jetons se transforment en prix : CD, billets de cinéma, spectacles, théâtre, DVD, tout ce qui est à proprement parler culturel. Je vous assure que c'est simple comme « bonjour », ou même « bonsoir ». Une fois votre opinion exprimée, vous recevrez automatiquement 10, 20 ou 30 jetons. Commencez là, tout de suite votre premier pas de danse, parce que vous connaissez la chanson ; c'est le refrain des Correspondances d'Eastman ! ... Et bien sûr, tout le monde ici connaît les Correspondances, n'est-ce pas ? Et que j'en entende pas un qui réponde NON ? (Hum ...Hum... Je peux me montrer sévère, voyez-vous là ... mon sourcil crispé ?).

Allez, un petit roulement de hanches, une contorsion de poignet et ça y est, vous êtes en ligne !

Comme il faut toujours prêcher par l'exemple, j'y ai laissé un commentaire intitulé « La parenthèse sereine de l'été ». Ah oui, quand vous votez pour un commentaire, vous accumulez des votes aussi.

Je vous le dit, une vraie danse en ligne !

vendredi 8 juin 2007

Que le meilleur gagne !

Attention, ce propos prend sa source de ma vie privée. Cette mise en garde s'impose pour ceux qui éprouvent du vertige à tomber dans du plus personnel. Certains blogues, « Les écrivains québécois » (Carole Beaudoin) classent les billets dans divers tiroirs dont un consacré au « personnel ». Le blogue des Correspondances étant de prime jeunesse, il n'en est pas encore à répertorier les billets. Un jour cela s'imposera, j'imagine.

Tout ça pour vous dire que mon mari et moi avons participé au jeu télévisé animé par Alain Dumas, Que le meilleur gagne ! Une chance sur 100 de toucher 5,000 $ ou même 10,000 $, aucune loterie n'égale cette probabilité. Bien sûr, un peu de connaissances générales s'imposent et le mot « général » n'est pas pris à la légère. Des questions « touche-à-tout », de chansons populaires à un nom de fromage, le morbier par exemple. Justement, le morbier a expulsé 28 concurrents hors du jeu. C'est trop, beaucoup trop, si on veut que l'émission dure une heure. Radio-Canada se réserve donc le droit d'annuler les questions qui éliminent trop de concurrents, nous en sommes avertis avant notre arrivée. À cet enregistrement, pas moins de quatre questions ont été annulées pour cette raison. Voilà un des faits qui ne se voit pas à l'écran et un autre, assez évident pour le concurrent, est l'état d'agitation entre ces coupures obligatoires afin que se repositionne l'équipe technique. Un meneur de foule tire des prix et son objectif est de faire oublier une compétition serrée entre de proches voisins. Il y aurait même eu de l'agressivité lors des premières émissions. Maintenant, ils arrivent à créer une ambiance où s'oublie en partie la compétition et, surtout, la déception. La troupe de concurrents actifs diminue lentement mais sûrement. Des rêves s'envolent en fumée.

Je vous invite à regarder l'émission de lundi, le 25 juin à 20 h 00, celle qui a été enregistrée le 6 juin. Vous aurez l'occasion de voir de près mon mari, Marc Simard puisqu'il est ce meilleur qui a gagné. Pour ceux qui ne connaissent pas l'émission, le meilleur des 100 déterminé par une élimination progressive touche un premier 5,000 $ et il doit répondre à une deuxième question au côté de l'animateur, la caméra braquée sur ses moindres réactions, pour gagner un autre 5,000 $. Mon mari a failli à cette dernière question. Une consolation altruiste : le 5,000 $ se divise avec les 100 concurrents (qui rejouent) répondant correctement à cette toute dernière question. Quant à moi, je me suis rendu jusqu'au 22ième dernier concurrent mais le plus fâcheux est que, dans l'énervement du gain que nous venions de faire, j'ai mal "pitonné" (4 pitons en 10 secondes) pour la dernière question.

Est-ce vraiment nécessaire de dire combien nous sommes comblés du dénouement de cette soirée ? Cela tombe vraiment bien pour deux artistes pigistes comme nous. Et je suis très fière de mon homme. Je me retournais souvent (ils séparent les couples pour éviter une possible tricherie) pour contempler sa concentration déterminée. C'était beau à voir.

Pour ceux à qui j'ai donné le goût d'y participer, la démarche est très simple, et on revient ici au pied de la lettre, il s'agit de rédiger une anecdote (brève) à remplir dans le formulaire à cette adresse : http://www.radio-canada.ca/television/que_le_meilleur_gagne/index.shtml

La disponibilité requise est de 16 h 30 à environ 20 h 30 à la maison de Radio-Canada à Montréal. Ils parlent d'une fin possible à 22 h 30, par contre des techniciens m'ont assuré que depuis le début de la saison, le plus tard a été 20 h 30.

BONNE CHANCE !

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On nous a recommandé d'apporter de la lecture pour déjouer l'attente, le prétexte était idéal pour me procurer le dernier roman de Louise Portal « L'angélus de mon voisin sonne l'heure de l'amour ». J'ai réalisé avec surprise qu'elle en est à sa huitième publication. J'avoue que je la suis depuis « L'Actrice », j'ai donc dévoré « Les mots de son père » avec un plaisir incommensurable. Il me reste à découvrir trois romans : Jeanne Janvier, L'Enchantée, Cap-au-Renard. Du théâtre, Où en est le miroir ? et de la poésie « Portal en chansons ».

Je suis entrée dans l'histoire de Jeanne Dorval et me laisse caresser par le souffle doux des mots, des phrases, des silences. L'écriture bien particulière de Louise Portal a le don d'apaiser n'importe quel esprit surchauffé.

À lire après un passage à « Que le meilleur gagne ! » ... Absolument !

jeudi 7 juin 2007

Distribution du livre : réponses contradictoires


Suite à ce questionnement ; Pourquoi il n'y avait plus d'exemplaire (ne serait-ce qu'un !) du dernier Suzanne Myre, deux mois après sa sortie, j'ai reçu une réponse par courriel de Gilbert Caillère de la maison d'édition Marchand de Feuilles:

« Nous publions aucun livre à compte d'auteur. (réponse à ma question vérifiant une information m'ayant été transmise au Festival des Écrits de l'ombre)

Marchand de feuilles est à la fois éditeur et diffuseur ce qui signifie que nos livres sont plus rapidement approvisionnés par les libraires car ne passent par aucun intermédiaire. Malheureusement, en ce qui concerne GGC, qui est sur notre grille d'office nous avons reçu cette semaine le retour des invendus de MISES À MORT de Suzanne Myre de cette librairie. »


Et vlan ! Mauvais timing pour moi qui commande le livre à peu près la même journée où il est retourné. Je comprends maintenant le malaise du libraire responsable des commandes. Comment dire ... des phrases sifflaient dans son cerveau, de ces phrases tues et tuées avant l'éclosion buccale.

Toujours sous le même sujet, j'ai apprécié un commentaire laissé par celui qui s'est nommé « Précision » et comme je viens à peine de le dénicher (Grosse machine, 3 juin), je ne voudrais pas que vous le ratiez :

« ... Pour ce qui est de Marchand de Feuilles, outre le fait qu'ils publient des livres qui sont, malgré leur qualité d'impression douteuse et leur graphisme kitsch, souvent intéressants, ils ont choisi de ne pas avoir de distributeur. Un distributeur accueillerait certainement leurs livres, même à une époque où on parle plus de retours que de ventes. Se distribuer soi-même est un choix et le libraire est pris pour négocier les stocks de Myre, Moutier et les autres en commande spéciale. À qui la faute si les livres ne sont pas disponibles? Cela dit, Suzanne Myre est unique, qu'on aime ou pas, et elle mérite plus qu'une copie en librairie ».


Je commence par le plus évident pour « Précision » et moi : un livre devrait avoir droit de vie dans une librairie, quant à moi quatre mois (imaginez, on en est à se battre pour quatre mois de vie !!!). Cela n'a pas été le cas pour Mises à Mort et depuis mon feuillet, plusieurs lectrices (j'attends toujours le lecteur) m'ont approchées m'assurant que c'est chose courante. J'ai le choix de répliquer « C'est renversant », par souci d'apparente modération, signe d'équilibre, ou je réplique « C'est révoltant », si je n'ai pas peur de passer pour emportée. J'opte pour le dernier, même si j'admets qu'il y a plus révoltant dans la vie. Je précise donc : c'est révoltant ... dans le milieu littéraire. Voilà ma réputation est sauve !

Je n'ai toujours pas de réponse claire puisque un semble dire que le libraire est responsable, l'autre suggère que c'est la maison d'édition. Selon le représentant de « Marchand de feuilles », il est plus rapide de se distribuer soi-même et selon le commentaire laissé par « précision », c'est plus « spécial », sous-entendu plus compliqué.

Mon aspiration à plus de clarté est toujours aussi vive. Si jamais il y a des personnes (neutres ou pas neutres) qui connaissent les rouages internes de la distribution, nous avons besoin d'éclaircissements ici. Merci. De mon côté, j'ai pensé à demander au chef de pupitre section littéraire du Voir et tout récemment blogeur, Tristan Malavoy-Racine.

Je vous reviens sous peu avec sa réponse mais auparavant, je vous promets un intermède récréatif appelé « Que le meilleur gagne ! », émission à laquelle mon mari et moi avons participé hier (100 concurrents). À demain !

mardi 5 juin 2007

Directement de ma mémoire ... en bref


Bon, attention, je m'essaie à rendre un message bref. Je me lance ce défi justement aujourd'hui où j'ai tant à dire, puisque je reviens du dévoilement de la programmation des Correspondances. Une conférence de presse, comme disent certains. Mais aujourd'hui, je n'ai pas entendu cette expression et je m'en porte très bien. Ça m'écorche un peu les oreilles, déjà que le mot « conférence » amène du monde en avant, qui parle, qui explique, et qu'on écoute et quand c'est notre tour, si on est sage, on pose des questions. Eh bien, cela ne s'est pas du tout déroulé comme ça.

C'était animé, intime, chaud, vivant. Le courant passait et la parole aussi. C'est avec sensibilité que l'animatrice, Danièle Bombardier, reliait les paroles entre elles. Elle l'a tout d'abord prêtée à la présidente, une Nicole Fontaine allant à l'essentiel avec un naturel élégant, pour ensuite la passer à Francine Ruel qui l'a gardée suffisamment pour débouler, avec vivacité, la programmation d'un calendrier chargé à ras bord. Cette femme ne peut s'empêcher de tout assaisonner de son grain sel et il ne faut surtout pas manquer ses parenthèses. Parce que ses parenthèses, elles sont fameuses ! Et que dire de son fion qu'elle envoie, n'importe où, n'importe quand. Avec elle, il faut tendre l'oreille vers le mot dit en catimini. Parce qu'il est souvent savoureux. On se tient loin de la science oratoire mais bien plus près de la parole portée avec bonheur. Parce qu'elle le porte encore le bonheur aux Correspondances même si cette année s'ouvrent grand les tiroirs de la mémoire. Pour y piger à notre guise. Comme dans les Lettres de Fadette (je vous en reparle de ces lettres-là, rappelez-vous, je relève un défi). Bref, ils ont fait naître en moi l'envie, le désir, la hâte de partir en voyage au pays de la mémoire. Est-ce parce que les gens vouent un amour sincère à cet événement, mais la rencontre avait des allures de fête.

....
Allez, dites-le que je suis capable de faire bref ! J'en ai confondu certains, n'est-ce pas ? Mais pas moi ! Car moi je sais que j'ai pris autant de temps à effacer qu'à écrire. C'est une règle de la mémoire : Ce que l'on en retire, ne s'efface pas nécessairement ...

lundi 4 juin 2007

Maudit que le bonheur coûte cher !


Après « Et si c'était ça, le bonheur ? », je termine à l'instant « Maudit que le bonheur coûte cher ! ». Suite à une question sur le bonheur, une affirmation, que dis-je, une exclamation ! C'est que Francine Ruel est une femme exclamative. Oui, oui, c'est un mot qui existe, je viens de l'apprendre et ça tombe bien puisqu'il est approprié à cette femme qui est tout, sauf ennuyeuse. Il y a un mot qui la résume : vivante.

C'est rare que l'on parle d'une auteure comme si on la connaissait. Pourtant, je connais Olivia, le personnage qui anime cette histoire en deux tomes mais je ne connais pas Francine Ruel. Ou plutôt, je la connais comme tout le monde la connaît, parce qu'elle se laisse facilement deviner, se cachant derrière aucune mascarade. L'impression de lire les péripéties de Francine Ruel, une femme de coeur, à travers celle d'Olivia, une femme de coeur aussi, est très frappante.

Le deuxième tome « Maudit que le bonheur coûte cher ! » nous sort des aléas rocambolesques de vouloir « refaire une maison à neuf ». Pour être tout à fait juste, pas dans les premiers chapitres où l'on s'attarde à la rénovation, une passerelle entre les deux romans. Et puis, on se lance à pieds et mains déliés dans un condensé de vie très goûteux.

Une fois la couverture refermée, je réalise qu'en 385 pages sont abordés, mine de rien, maints et maints sujets chauds : le sida chez les jeunes, le mariage, l'adoption par des homosexuels, le deuil, la chimiothérapie, la fausse couche, la reconnaissance du bon compagnon amoureux, la grossesse, le désir, la ménopause, l'estime de soi, la naissance ... On passe de la vie à la mort, de la joie à la tristesse et le entre-deux grouille à souhait. Toujours dans un appétit de vivre et de victuailles. Et, on y désamorce, en maniant l'art du "mine de rien", un tas de préjugés. On pourrait tout aussi bien traiter cette histoire bien menée de chronique époustouflante d'une femme grouillante qui tente, comme tout le monde, de décrocher sa part de bonheur.

C'est aussi l'art de renvoyer un miroir à tout un peuple afin qu'il s'y mire. Sans aucune moralisation, juste pour le plaisir de raconter des histoires de coeurs, palpitantes sous la couverture chaude de l'humanisme. Les Québécois aiment rire, ils sont des jouisseurs innés et Francine Ruel fait plus que le comprendre, elle le vit. Il ne lui reste plus qu'à le transmettre, ce qu'elle fait très habilement d'ailleurs, dans un style et un ton qui lui ressemblent.

Univers à visiter si vous aimez la simplicité de la chaleur humaine et l'absence de prétention. Pour jouissifs seulement !

)))))((((((

Meilleur vendeur
Librairie Archambault : 10ième
Librairie Renaud-Bray : 9ième
Librairie Pantoute : 5ième
GGC Sherbrooke : 4ième

dimanche 3 juin 2007

Une grosse machine


Je suis un peu déconnectée. Peut-être parce que je l'ai été d'internet pendant plus de deux jours. Tout ça pour l'amour du mot français ! Quand « mon » disque dur a crashé, on a installé ce qu'il y avait sous la main ; un système d'exploitation anglais. J'ai essayé de m'adapter, j'y suis arrivé oui, mais avec la sensation de la voyageuse en vacances dans un pays étranger. Comme chacun sait que le propre des vacances est sa temporalité, quand le docteur informatique m'a demandé si je désirais en changer pour un système d'exploitation français, j'ai décidé de rentrer au bercail.

Ce que je ne savais pas est que le trajet de retour serait si long. Les chemins informatiques sont des voies si étroites qu'aucune concession n'est acceptable. L'informatique est une dictature accueillie dans nos vies à bras ouverts. Pour son résultat sensationnel. Pour moi qui passe de la basse à la haute vitesse, c'est de l'ordre du sensationnel. Est-ce que mon cerveau suivra ? Est-ce que le prochain crash qui me guette est celui de mon esprit incapable de suivre? Je réponds par un espoir ; que la machine atteigne sa limite car l'humain en a une. Je dis ça et je me trouve bien frileuse, malgré mon lainage. C'est fermer la porte au nez de l'évolution. Peut-être, après tout, que nous allons développer une partie de notre cerveau, jusque là inexploitée, à force d'aller vite, de plus en plus vite. Mais avant de développer ce qu'il faut pour l'atteindre, cette vitesse, ça peut être inconfortable. Entre le gros et le petit, on se sent parfois bien à l'étroit.

Je pense aux librairies (il est temps de nous ramener au principal sujet non ?), les intermédiaires, c'est à dire celles qui se situent entre les grosses et les petites. Les moyennes quoi ! Elles n'ont pas la vie facile ces temps-ci. Elles ont été exclues de l'Association des librairies indépendantes parce que pas assez petites, comme GGC et Chez Raffin par exemple, même si elles ne sont pas assez grosses pour bénéficier des avantages reliées à une chaîne. C'est un sujet chaud que j'ai essayé de démêler mais on m'a fait comprendre que le sujet était très complexe. Je me méfie des sujets « trop » complexes et, pourtant, je suis attirée vers eux comme un papillon de nuit vers la lumière.

On se brûle les ailes parfois, avant même d'avoir eu le temps d'y voir plus clair. Je vais y revenir, c'est certain, et en attendant je me suis penchée sur du vraiment petit, comme la maison d'édition « Marchand de feuilles ». Elle se démarque pour ses beaux livres, graphiquement parlant. Ils encouragent que l'image se balade parmi les mots, à la manière loufoque, fantaisiste avec toujours une touche d'esthétisme. J'ai appris, par un libraire responsable des commandes, que « Marchand de feuilles » n'a pas de diffuseur. Cela expliquerait pourquoi il n'y avait aucun exemplaire de Mises à Mort sur les tablettes, même s'il est sorti depuis à peine quelques mois. J'étais encore plus surprise de constater qu'on en commandait une seule copie. On m'a révélé que c'est le huitième exemplaire commandé en trois fois. Est-ce parce que c'est un auteur peu lu ? Non, m'assure le libraire, malgré que ça dépend, me dit-il deux secondes plus tard. Son avant-dernier « Le peignoir », ils en auraient vendu deux exemplaires seulement. Tandis que celui qui a gagné un prix « Nouvelles d'autres-mères », ils en auraient vendu d'innombrables copies.

La question se pose : est-ce qu'ils en ont vendu plusieurs copies parce que l'oeuvre avait été primée et de ce fait, on en tenait une pile en magasin, comme La Fabrication de l'aube en ce moment ? De ne pas tenir de copies n'aide pas à vendre, ça tombe sous le sens. Ça nous amène à cette constatation qui nous jette hors du rôle idéal du libraire : celui qui nous stimule et nous amène à .... Force est de constater que c'est celui qui suit la tendance, la demande. Un rôle assez passif, quoi !

Le libraire a conclu en me disant que c'est une grosse « machine » le livre. Une grosse machine !? Ce n'était pas le mot à prononcer devant moi ces temps-ci ! On me nargue, je vous le dis, on me nargue. Je n'ai aucune aptitude pour démonter mon glinglin à clavier mais l'autre machine, elle, ne perd rien pour attendre !

Histoire à suivre.

mercredi 30 mai 2007

Un hamac en janvier


Est-ce que ce titre vous a attiré ... intrigué ? Est-ce que les titres influencent vos achats de livres ? Bonne question. Complexe question. Admettons qu'au lieu d'un Hamac en janvier, le titre ait été “Un hamac en juin”. Beaucoup moins intriguant n'est-ce pas ?

Je suis convaincue que le titre est un coup d'envoi ou un tamis aux mailles serrées. On n'a qu'à penser à “Mises à mort” ; est-ce que ce titre vous aguiche comme lecture d'été, la plante des pieds plantée dans le sable ? Et pourtant ! C'est le recueil de nouvelles le plus positif de la très prolifique nouvelliste québécoise, Suzanne Myre. Est-ce que “J'ai de mauvaises nouvelles pour vous”, "Nouvelles d'autres-mères"***, "Humains aigres-doux" ou "Le peignoir" vous titillent un peu plus ? Il y a matière à comparaison chez elle puisque Mises à mort est son cinquième recueil de nouvelles. Évidemment, la question est inévitable : Pourquoi la nouvelle ? Elle offre cette réponse : “On ne demande jamais au romancier pourquoi le roman, mais on demande toujours au nouvelliste pourquoi la nouvelle, comme si c'était un genre à part”. C'est pas bête.

Que les épistoliers se le tiennent pour dit, elle rajoute : Je pense que je suis venue naturellement à la nouvelle ou elle est venue naturellement à moi. J'ai commencé par écrire des lettres. Mes premières écritures sérieuses, c'étaient des lettres, des lettres à mes amoureux, des lettres aux gens. Probablement qu'entre la lettre et la nouvelle, il y a un lien de durée. (...)

Si Mises à mort est un titre un peu rebutant, en tous cas pour moi, il l'a été, il faut être immensément curieux pour aller au-delà du titre. C'est suite à une entrevue que j'ai finalement décidé de donner une chance à l'auteure prétendue la plus sarcastique de la littérature québécoise. C'est faire porter un large chapeau à cette montréalaise (1961) qui dit écrire ses meilleures nouvelles dans des monastères qui, selon elle, sont des endroits très inspirants “où tu n'as pas le choix de revenir à toi-même” pour l'obligation de faire silence. La spiritualité est très importante dans sa vie. Suite à cette déclaration, “Mises à mort” me fait déjà moins peur, même avec sa tâche de sang sur le tablier ! Si la mort est celle d'un chat, d'un chien saucisse ou de deux ou trois mythes, allons-y de gaieté de coeur, surtout si elle manie l'humour cinglant comme un couteau de cuisine.

Et puis moi, ça m'impressionne une auteure qui écrit cinq recueils en six ans, alors titre ou pas titre, j'y vais !

***Prix Adriennne Choquette 2004, finaliste au Prix des libraires et au Prix France-Québec 2004.

mardi 29 mai 2007

Un facteur compromettant


Me voici victime d'un complot de la vie. Oui, oui, c'est vrai ! Je vous raconte. Tout commence par un aveu : je ne suis pas très versée sur les bédés, les mots à suivre carreau par carreau. J'ai d'ailleurs toujours peur de ne pas les suivre correctement, ce n'est plus aussi aisé que les Tintin de mon enfance. Cette non propension pour le neuviève art, la bédé, devient de plus en plus gênante. Mon mari est un bédéiste, voyez vous. Un bédéiste qui publiera bientôt (le “bientôt” du milieu c'est à dire dans une demie-année environ) à La Pastèque. Vous savez Les Paul dans le métro ou en appartement ou à la pêche, cette série à succès écrite et dessinée par Michel Rabagliati ? C'est sûr qu'il y en a qui connaisse. Je me répète depuis quelques mois : Demain, j'en lis un !

La Vie ne croyant plus ma résolution, elle s'est organisé pour me coincer. Comment ? Vous allez voir, c'est subtil mais efficace. Il faut que vous sachiez que je suis fanatique de la chronique littéraire “Hors Champ” de Nicolas Dickner, auteur de Nikolski, roman si ingénieux (j'y reviendrais) et son avant-dernière chronique nous entretenait d'un album BD. Car, lui, il ose. C'est notable car ce n'est pas tous qui osent parler de cet art parfois considéré comme mineur ou uniquement pour les mineurs. Mais Dickner est un homme hors champ et c'est pour ça qu'on l'aime. Sa chronique louangeait donc “Rapide-Blanc” de Pascal Blanchet, toujours de La Pastèque. Il arrive carrément à me mettre l'eau à la bouche, tellement il vante sa lecture. Je m'empresse d'aller le quérir à la bibliothèque ... de mon mari. Et je le lis, un peu inquiète, c'est le moment de vérité ; vais-je être obligée de me forcer ? Mais non, pas une miette, bien au contraire ! Un sourire étonné aux lèvres, j'ai pris plaisir à lire une page de notre histoire du Québec ; Rapide-Blanc, ce village qui a été effacé de la carte d'un coup de bulldozer. Ce Blanchet a toute mon admiration pour l'ingéniosité et l'audace de son coup de crayon. En tous cas, ça ventilise un cerveau. Parce que ça peut surchauffer, des neurones, toujours devant le même bouillon de culture !

Mais qui a parlé de complot ? Moi, je sais, moi. N'y aurait-il pas là un brin de paranoïa, vous demandez-vous ? Peut-être, mais voyez toujours. J'ai reçu un cadeau cette fin de semaine, et ce n'est même pas ma fête ! Devinez quoi ? Bais oui ! “La bicyclette rouge” un manga. Et qui monte cette bicyclette ? Un facteur ! Et qu'est-ce que j'ai trouvé comme entrée en matière de la dite bédé :

Être auteur c'est un peu comme être facteur
Tout près de chez moi se trouve une poste (bureau)
Une petite poste aux murs de briques rouges
et décorée de plantes vertes grimpantes

Quand je passe devant la poste, un poème vient à mon esprit
Quand je passe devant la poste, j'ai l'impression d'entendre une chanson
Je me sens toujours bien quand je passe devant.

Souvent j'ai envie de recevoir une lettre de quelqu'un
Je souhaite qu'elle soit sur un papier blanc, écrite en bleu
Alors quand arrivent ces moments, j'écris moi-même une lettre

Je n'écris pas grand chose. Je demande des nouvelles et j'y ajoute un poème
Quand je me rends à la poste pour l'envoyer, j'ai l'impression de devenir riche
Comme dans mon enfance quand j'allais à la banque y déposer
l'argent de poche que j'avais économisé

Kim dong Hwa

Je vous l'avais bien dit que c'était un complot !

samedi 26 mai 2007

Le bonheur est dans le pré et dans la poésie

Le bonheur a la cote. Même la poésie s'en mêle ! Faut dire que pendant “100 jours de bonheur” www.100joursdebonheur.com - dès le 23 mai (voyez, on y est déjà, le soleil aidant !), on a le temps de toucher à bien des artistes, même les poètes, ces mal-aimés, ces mal-lus, ces mal-compris.

Savez-vous que les poètes ont trouvé une manière de faire palpiter la poésie ? Ils la lisent et toutes les occasions sont bonnes pour le faire. C'est très dynamique le milieu de la poésie. C'est pas moi qui le dis, c'est Carole David, la présidente de la Maison de la poésie à Montréal. Moi, je suis ici pour la croire et je la crois. Elle m'y a fait penser, c'est vrai qu'il y a plein d'événements et d'occasions de se rassembler autour de la poésie. L'agenda artistique en est plein ; pensons à la huitième édition du Marché de la poésie du 31 mai au 3 juin, événement qui foisonne d'activités. Cette année, le thème est Paroles de femmes, avis aux intéressées.

Pour l'évenement “100 jours de bonheur”, pas moins de cinquante poètes ont fait virevolter les mots soulevés par le thème du bonheur. Qui osera dire maintenant que les poètes sont de ténébreux individus qui ne voient et ne broient que du noir ? Il y a autant de sortes de poésie que de personnes : adopter cette croyance permet de s'ouvrir très grand. S'ouvrir veut aussi dire accepter, parfois, de ne pas tout comprendre. Carole David discutait avec Christiane Charette et parlait de poésie cérébrale, lyrique, celle-au-je, l'engagée. J'ai attendu mais elle n'a jamais parlé de la poésie naïve. Je suis convaincue qu'il y en a une, vous savez celle qui vient du coeur, toute simple. Il arrive que les enfants parlent toute en poésie sans même le réaliser. Après tout, si en art visuel on admet l'art naïf, pourquoi pas en littérature ?

Il y a la poésie déguisée en prose aussi. De plus en plus courante celle-là. Elle s'avale comme du bonbon. Je pense à Nelly Arcan, vous savez “Putain” et “Folle” ? Une écriture éclatée qui touche des sujets durs. Eh bien, cette fois, elle nous arrive avec un relent de poésie chez son dernier-né : L'enfant dans le miroir. En tout cas, c'est ce qu'en dit Tristan Malavoy-Racine, chef de pupitre section littérature du Voir :
“Au-delà des qualités stylistiques de ce livre, de son acide mais réelle poésie, il faut souligner les grandes qualités esthétiques. Une autre réalisation du plus haut niveau à sortir des presses du Marchand de feuilles.


Naïvement vôtre,

jeudi 24 mai 2007

Et vive la mémoire vive !

Je vous en prie, soyez indulgent pour ma prose aujourd'hui, je suis perturbée, je ne vous écris pas de mon «dinausaure». J'ai perdu un gros morceau de ma mémoire hier. Je parle bien sûr de ma mémoire robotique. En fait, mon disque dur a rendu l'âme. Il a agonisé bruyamment, lançant de désespérés CLIC CLIC CLIC. Présentement, il continue d'agoniser toujours aussi bruyamment, c'est ce que m'a fait savoir le chrirurgien qui fouille les entrailles de sa mémoire en quëte de fichier doc. Il continue de gémir bruyamment. J'entendais sa détresse au téléphone quand le «chirurgien» m'a donné des nouvelles de sa santé. Son refus de mourir discrètement, je le vois comme son désir de clamer haut et fort qu'il m'a servi pendant neuf ans.

Quand je l'ai présenté comme un dinausaure au spécialiste, il m'a répliqué : «Quoi ? Vous l'avez depuis trois mois ?» Le ton avait sa dose de sarcasme bien sür mais n'empêche qu'il y a une part de vérité. Il faut continuellement «actualiser» ses données, les enregistrer, les répertorier. En ce moment, je me retrouve avec une mémoire claire de mon plus «vieux» passé, puisque celui-ci a été transféré sur CD, tandis que mon plus neuf, lui, a disparu complètement de «ma» mémoire. Mon plus récent, donc mon plus important. Vous avez remarqué ? Je dis «ma» mémoire ? Je m'identifie à mon robot-ordi, je suis une machine.

C'est certain que je n'ai pas pu m'empêcher de penser au thème des Correspondances cette année : la mémoire. Que serions-nous si nous perdions toute notre mémoire, si tous nos souvenirs se volatilisaient d'un coup de vent ? Notre vécu, quoi. Qu'écririons-nous si nous perdions nos assises dans le temps ? Je me sens très interpellée par la question en ce moment. Jusqu'à quel point nous reposons-nous sur notre mémoire, ce vaste bassin oû baigne nos souvenirs ? Cela m'a d'ailleurs amené â me poser une question que vous vous ëtes peut-ëtre posée : écrivons-nous de la mëme façon depuis l'avènement du traitement de texte ? Est-ce que notre écriture est plus audacieuse pour tous ces incessants recommencements que nous nous permettons ? Se tromper, recommencer, récupérer est une affaire de rien. Rappelez-vous les documents beurrés de liquide-paper ? J'ose croire que l'on se contentait de bien moins de qualité littéraire, qu'en pensez-vous ?

En plus, maintenant, nous pouvons faire du vieux avec du neuf. Par exemple, prendre un texte qui date et l'actualiser avec notre nouvelle manière d'écrire, car bien sür chacun sait qu'un texte écrit de sa main voici un an ne nous correspond déjà plus, tellement nous nous transformons rapidement. Nous tentons de performer autant que les machines finalement. Si vous vous ëtes déjà entretenu avec un auteur à l'étape du lancement de son livre, si vous grattez la surface «vendeuse» , vous réaliserez qu'il n'est pas satisfait. Il recommencerait son texte pour l'améliorer, tant il a évolué depuis.

Il faut continuellement s'actualiser et quoi de mieux pour le faire que partir à zéro ! C'est ce que la vie me forçce à faire. Hier, je devais me raisonner ; je ne SUIS PAS mon robot-ordi. Ce n'est pas MA mémoire à moi qui a flanché. Faut dire, que l'ordinateur est un prolongement si intime avec, enfermé dans son ventre tous nos souvenirs, Je pars avec le souvenir de mes souvenirs. Je suis le résultat de mon vécu, enregistré ou non, et je compte sur lui pour écrire du neuf, à neuf. Je pars avec moins de bagages bien sür et cela me pousse vers l'avenir car j'ai l'essentiel : ma mémoire vive.

N.B. : La prochaine fois, j'espère vous écrire de mon nouvel engin. Je vous en prie, cette fois-ci, soyez indulgents pour les coquilles (nouveau clavier = nouveaux accents) !

mercredi 23 mai 2007

Les écrits de l'ombre et ses suites

Et je signe …

… D’UN SIGNET DES CORRESPONDANCES D’EASTMAN. Ma pile de signets à l’avant de mes deux bouquins, je vantais ma correspondance avec Eastman et son événement. J’en ai abondamment parlé ; à des personnes qui en entendaient parler pour la première fois et qui se demandaient où était situé ce village au nom à consonance anglaise, à ceux qui en avaient vaguement entendu parler mais dont l’œil pétillait à l’évocation des jardins accueillants, des "faux facteurs et fausses boîtes à lettres" mais à la « vraie » poste restante, aux "vraies" lettres qui s’affranchissent de l’affranchissement (magie … magie !). Et finalement, aux quelques personnes qui connaissaient déjà et, là, je me retenais de ne pas leur sauter dans les bras avec ma légendaire expressivité doublée d’ultra spontanéité !

... PAS. La première fois qu’un gentil monsieur à l’œil rieur me demande de dédicacer « Éventail & Motifs », ma bouche s’entrouvre et même une mouche endormie aurait eu le temps d’y pénétrer. Je ne l’avais pas prévue celle-là ! Le souffle court, il me fallait trouver un peu d’inspiration … avant d’expirer. Heureusement, le dieu de la dédicace vint à mon secours ; la personne lut mon gribouillage et sembla satisfaite. Après coup, je réalisais que j’avais oublié de la signer !

Une Marraine Reine : Andrée Lachapelle
Cette joyeuse dame est la reine chérie de St-Antoine-de-Tilly depuis l’émission La Petite Séduction. Peut-être parce que le fluide de l’amour aime circuler, elle a accepté d’être la marraine du Festival des Écrits de l’ombre. Elle s’était promis de rencontrer chaque auteur. J’imagine qu’elle y est parvenue, en tout cas moi je l’ai rencontrée, elle est même partie avec mon recueil de poésie, à défaut du conte pour enfants déjà écoulé. Pour cette marraine à 67 filleuls, c’est un tour de force de se pencher sur le dernier-né de chaque écrivain. Elle aurait bien aimé qu’on lui greffe quelques bras et quelques oreilles de plus (de grâce, ne soyez pas trop visuel !). Que voulez-vous, c’est une femme qui donne le goût de l’aimer ! Si ce goût vous anime vous aussi, vous pourrez la rencontrer aux Correspondances d’Eastman. Elle sera mise en scène par son inséparable, talentueux et assez silencieux compagnon, André Melançon. Le sympathique homme était présent, peut-être un peu dépassé par cette passion enveloppant sa pétillante compagne. En tout cas, en cette fin de semaine, il a accepté de partager son amour pour elle ... avec les autres !

(Dé) Chiffrer le Festival
Sexe ?
42 Femmes (F) – 24 Hommes (H) – 1 collectif (enfants)

Quoi ?
Poésie = 21 (14F-7 H)
Fiction = 20 (14F-6 H)
Auto & Biographie, croissance personnelle, spiritualité = 13 (8F-5 H)
Divers = Conte philosophique (2 H), Guide pratique (2H-1F), manuel scolaire (1H), jeux de lettres (1F)

D'Où ? Ville de Québec 21, Chaudière-Appalaches 19, Laurentides 6, Montérégie 5, Estrie 4, Montréal 3, Saguenay/Lac St-Jean 2, Mauricie 2, Lanaudière 1, Gaspésie 1.

Âge ? Moyenne suggestive et donc très approximative (au coup d’œil !) : 55 ans
Extrême : quelque début vingtaine côtoyant une dame à l’esprit vif et enjoué qui a écrit 136 pages – spiritualité - à 86 ans (Janette a de la « compette ») !

Vos commentaires ?
Venise

lundi 21 mai 2007

Post Festival

La tête emplie de souvenirs, je reviens du Festival des écrits de l'ombre. Quelle expérience ! Je ne m'attendais pas à avaler autant de nouveautés, ingurgiter autant d'informations, engloutir autant d'apprentissages. Ça me fait penser à un retour de voyage et cette impression d'avoir vécu un mois en quelques jours. L'air un peu surpris, un peu hébété de voir que les choses, elles, n'ont pas changées en son absence. J'ai vécu de la vie en condensé. Quand tu es dans ta routine, tu vis des émotions semblables, confortablement assise sur tes points de repère.

Même si tout est encore pêle-mêle dans mon cerveau, je peux vous assurer que ce Festival est sûrement bien pensé, et organisé, puisqu'il atteint son but ; l’auteur et ses écrits repart avec beaucoup plus de confiance et un lot d’informations de tous genres dans ses bagages. Soixante-huit auteurs, soixante-huit parcours dans les sentiers marginaux de l’auto édition est une fréquentation riche en émotions. Tout au long de ces trois jours, en plus d’occuper une table où les visiteurs viennent feuilleter tes livres, nous est offert des tribunes pour présenter et lire des passages de nos écrits, soit devant nos pairs ou devant public. Quant à moi, j’ai accepté toutes les offres de lecture, soit à quatre endroits devant quatre publics différents répartis dans le village (bibliothèque, galerie d’art, gîtes, centre communautaire, ect ). J’ai reçu des commentaires et des réactions à chaud, ce que l’on est loin d’avoir habituellement, seul avec sa plume et ses idées. D’entendre et de voir les autres t’aide à te définir, d’ailleurs s’est précisé en moi mon prochain projet d’écriture.

Demain ou après-demain (mardi, j’ai un tournage dans le film « La ligne brisée »), je vous reviens avec plus d’objectivité et donc, des questions et des chiffres. Quel est le profil des auteurs inscrits (âge, parcours, produits), le genre d’écrits présentés, l’affluence du public, les activités, l’intérêt des visiteurs, enfin tout ce que – bien sûr ! - vous brûlez de savoir …
D’ailleurs, ne vous gênez pas s’il y a une question à laquelle je n’ai pas pensée, ça m’aiderait à débroussailler mon trop-plein d'informations.

Allez, je décante … je décante.

vendredi 18 mai 2007

Un délai


Personne qui lit ou a lu Le Bien des miens ? Je suis surprise. À moins que ... J'ai une idée, je vous laisse jusqu'à mardi pour me répondre ! C'est bon ça ? On donne toujours ce qu'on aimerait recevoir n'est-ce pas? Je vous donne un délai ... c'est ce que j'aimerais tellement recevoir en ce moment ! Une journée, une toute petite journée et nous serions fin prêts avec tous nos beaux livres fraîchement sortis de "l'exacto" (ce soir, ma fatigue me donne la permission de réinventer l'orthographe !). Ça sent l'encre pas sèche ici aujourd'hui.

Si vous êtes lasses de m'entendre parler de la fabrication de livres, eh bien dites vous que c'est absolument la dernière journée. C'est promis. Promesse facile à tenir puisque je ne peux pas faire autrement!

Donc, dès mardi, vous avez un feuillet consistant sur ce fameux Festival des Écrits de l'ombre à St-Antoine de Tilly. À moins que vous soyiez trop curieux pour attendre, alors rendez-vous sur le site. Toutes les informations y sont : www.ecritsdelombre.com. Vous trouverez le plan pour vous y rendre et l'horaire pour le public. Il n'y a que la météo qu'il ne donne pas, mais y paraît qu'après la pluie, le beau temps !

On s'en reparle mardi. Et attention, l'année prochaine, c'est vous qui présentez vos écrits. Des nouvelles, de la poésie, un scénario de film, un recueil de lettres peut-être ? Tout est permis, le ciel de votre imagination est la seule limite !


À VOS PLUMES ... PRÊTS ... ÉCRIVEZ !

mercredi 16 mai 2007

Venise veut savoir

Ah, savez-vous ce à quoi je passe mon temps ces dernières heures ? Non pas à lire, malgré que cela se tienne très près d’un livre ; c’est à en fabriquer. Deux livres complètement différents, un de poésie « Éventail & Motifs » et un conte pour enfants « Un morceau d’étoile filante ».

Quand j’ai accepté d’aller présenter au Festival des écrits de l’ombre, mes manuscrits ou tapuscrits si vous préférez, ils étaient écrits oui, mais non fabriqués. Léger détail ! Je ne réalisais pas vraiment dans quoi je m’engageais. Mon chum non plus ! Comme il est illustrateur, graphiste et perfectionniste (c’est le troisième titre qui prend le plus de temps !) il a mis la main à la pâte, pas à papier. mais c’est aussi laborieux : Mesurage, découpage, collage, photocopiage, boudinage = Bricolage avec un grand B. Ou de l’artisanat, si vous trouvez que Bricolage, même avec un grand B, fait trop maternel. Moi, je préfère bricolage car il rime avec ouvrage …

Bon, allez, je me change les idées ! Quoi de mieux pour me changer les idées que de vous entretenir d’un livre tout fait ? Et à plusieurs, plusieurs, plusieurs exemplaires (pour le Québec, on s’entend) et premier vendeur dans plusieurs plusieurs, plusieurs librairies, toujours au Québec. Une grande dame qui ne veut pas qu’on lui parle de son âge… vous me voyez venir … qui se fait appeler Germaine Maltais …vous y êtes ! Après Sa vie en trois actes, voici « Le bien des miens ». J’ai lu le résumé très long et très complet sur le site de la librairie Pantoute (à Québec) et j’ai quasiment eu l’impression de l’avoir lu !

Est-ce que vous me voyez venir là aussi ? Je suis attirée par ce roman et en même temps non. Ça vous arrive j’espère ? Sinon, je vais me sentir bien seule. J’ai trouvé une manière de ne pas me sentir seule, sur l’île déserte de mon ambivalence, et c’est en vous demandant de m’en parler. Parlez-moi du dernier-né de notre Janette nationale ! Son premier roman.

J’ai raisonné ainsi ; s’il est le premier vendeur, c’est qu’il y a plein de gens qui le lisent, non ? Je veux savoir … comme Janette.

mardi 15 mai 2007

Prix des libraires du Québec 2007

Lisez ce court extrait du blogue (www.lelibraire.org/blogue.asp) qui vous dévoilera le gagnant:
Éric :
Petite précision: le jury ne s'est pas réuni pour choisir les lauréats. C'est le résultat des votes qui détermine les gagnants. Les libraires avaient jusqu'au 31 mars dernier pour se prononcer.
- le président du comité
Conrad :
La fabrication de l'aube, pour la force de l'émotion et ses grandes qualités stylistiques, mériterait ce prix.
Venise :
Mon commentaire est une question. Est-ce que quelqu'un saurait qui a gagné le prix des libraires du Québec 2007 ? Merci !
Adeline :
Dans la section Actualités, un peu plus haut, les lauréats sont dévoilés! Conrad, vous avez de l'intuition...

Dans la catégorie Roman québécois, les libraires ont donc choisi le livre
La Fabrication de l'aube, de Jean-François Beauchemin.


Référence
:
Pour connaître les autres finalistes: lelibraire.org/article
Pour en savoir plus sur le Prix des libraires: www.prixdeslibraires.qc.ca
Pour visionner les photographies de la soirée de remise des prix: www.flickr.com/photos/meantux/
Vous trouverez dans le prochain numéro du journal le libraire (à paraître le 4 juin) une entrevue avec Jean-François Beauchemin.Le 26 janvier 2006, suite à ma lecture de l’article sur Jean-François Beauchemin « Mort Vivant » dans le Voir (http://www.voir.ca/livres/livres.aspx?iIDArticle=40096), je suis accourue à la librairie, il me fallait ce livre à tout prix, c’était une urgence. Arrivée à la librairie, un commis a été le chercher dans l’arrière boutique, il n’était même pas encore déballé ! Le 2 février 2006, je l’avais complété et j’étais mûre (même si encore assommée !) pour partager mes impressions sur le site du Voir. Les voici :


lundi 14 mai 2007

Mode d'emploi pour envoyer vos commentaires

Plusieurs personnes se sont plaintes d'éprouver de la difficulté à acheminer leur message. J'ai donc demandé à mon fils (vous savez, combien il n'y a pas de secret informatique pour les jeunes !) la procédure qu'il a utilisée pour m’en envoyer un. Je l’ai même essayée afin de la tester ... Alors voici :

1. Vous cliquez sur commentaire

2. Un carré s’offre à vous ; écrivez, ne vous gênez surtout pas, écrivez, on adore vous lire ! Il n’est pas obligatoire de faire absolument « littéraire » et je vais dire comme Guy A. Lepage « On jase, là ! »

3.
Une fois votre commentaire rédigé, bref ou long, l’important est d’en envoyer un (Hi ! Hi !), vous trouverez un point . dans un cercle 0 à côté de Google/Blogger , déplacez le point à côté de AUTRE = Si vous voulez donner votre nom – ANONYME = Si vous désirez le rester

4. Et voilà, le tour est joué ! Nous recevrons et lirons votre opinion, commentaire, remarque, suggestion, avis, information ...

Cela me permettra de rester convaincue qu’il y a des gens qui me lisent !

La Fabrication de l'aube

Ce récit, un coup de poing au coeur donné par Jean-François Beauchemin. J'ai reçu cette confidence le souffle coupé, comme lorsque l'on reçoit un coup subit en pleine poitrine. Impossible de lire l'histoire de ce ressuscité sans frémir devant la grandeur de sa vision et de ses questions.

Attention, ce livre est à marquer du sceau « unique » pour ses propos intimes et vrais. Une réflexion saturée d'amour simple, suite à une mort manquée. Une déclaration d'amour aux proches, chantée sous tous les octaves avec la conviction mesurée que sans eux, il serait un homme mort.

Hébété d'être encore vivant, le personnage c’est à dire Beauchemin lui-même, s'interroge sur le sens de la vie. La tête tantôt levée vers le ciel, tantôt baissée vers la terre, son regard englobe tout avec ouverture. Il retourne les questions dans tous les sens et en trouve un : la re-connaissance. C'est un face à face avec un auteur talentueux qui n'a pas eu à aller puiser à même l'inspiration puisqu'elle est venue à lui, après l’avoir expédié aux enfers de la douleur. Cette douleur qui l'a séquestré, presque momifié, durant six mois.

Il serait gênant d'évaluer le style ou la structure du récit, le geste revenant à accorder une note sur une confidence offerte généreusement par un humain pris en flagrant délit de vulnérabilité. Aussi, le bonheur est que c'est si bien écrit ! Les mots nous soulèvent, nous entraînent jusqu’à ce que notre oeil se noie à force de regarder ses propres assises secouées. Sans jamais, au grand jamais de lavement par la vague de l'apitoiement, plutôt une invitation à lire naturellement comme si, pour parler d'une renaissance et d’une reconnaissance, ce langage d’une poésie épurée s'imposait.

Beaucoup de talent et de générosité de la part de Jean-François Beauchemin , c'est pas mêlant, il nous a fait le cadeau de sa vie !


dimanche 13 mai 2007

La traduction est une histoire d'amour et Jardin Sablier


Je parle des livres sur ma table de chevet ! Cette fois, celui « qui va » est « La traduction est une histoire d’amour » de Jacques Poulin. Je l’ai consommé puis assimilé car ces deux actions ne se sont pas faites simultanément. À prime abord, j’ai été déroutée par cette histoire contenant un excès de tendresse. Ça n'arrive pas dans la vie ... de la pure fiction quoi ! Je me suis ravisée, avouons que mon réflexe était bizarre de contester l’excès d’un sentiment que je place en haute estime, la tendresse. De la fiction, c’est de la fiction et si j’ai déjà « embarqué », et plusieurs fois, dans des invraisemblances d’actions pourquoi ne pas acquiescer, admirer même, le noble sentiment qui poussent ces personnages, la jeune traductrice rousse et le vieillard écrivain, à s’inquiéter pour une parfaite inconnue ? C’est un très beau livre au style épuré, sobre, précis, une histoire qui ennoblit l’âme.

Le lendemain, « l’autre qui vient » arrivait sur ma table d’une manière surprenante. J'avais à peine les yeux ouverts que mon conjoint m'a mis entre les mains un petit livre si charmant qu'il a l'air d'une carte de la fête des mères à plusieurs pages (92) ! Une prose poétique comme je l'aime : Le Jardin Sablier. L’auteure, une fervente des jardins et de la terre a eu l'idée d'allier à chaque mois de l'année des plantes, des actions à faire en rapport avec la nature avec un grand N, en y semant son "JE" et c'est intéressant car cette ...
"Michèle Plomer est née à Montréal, enseigne à l'université de Shenzhen et habite dans un complexe résidentiel avec 25,000 Chinois. Elle étudie le mandarin et cultive des cactus sur son balcon du 18e étage"
Stéphane Despatie, journaliste du Voir, rajoute :
On sarcle une langue simple et belle, bien plantée dans l'arrière-pays des Cantons-de-l'Est. Le parti pris est celui de la lenteur et de l'observation de la nature (ou de la vieille dame sage!). Pour seule action: le passage d'un cervidé. Pour seule violence: l'écrapoutillage de la bébitte à patate. Mais j'oublie le principal: on remue la terre et on cerne l'essentiel. Si la "zenerie" vous énerve plutôt que vous calme, Le Jardin sablier, par conséquent, pourrait aussi vous rebuter. Mais encore une fois, vous auriez peut-être tort, car le dépouillement et la précision des phrases, la retenue et l'exposition sobre mais juste des sentiments méritent le détour.

J’ai déjà « deux mois » donc, deux chapitres de lus. Je ne suis pas une friande du jardinage et pourtant, j’adore.
Je découvre de plus en plus la littérature québécoise et décidément, je suis impressionnée. Sur le tournage de Tout est parfait, j’en ai profité pour demander autour de moi si les gens avaient lu Guillaume Vigneault. Je me suis fait répondre, on a pas tendance à lire du québécois, ça ne nous amène pas ailleurs …Qu’en pensez-vous ?

samedi 12 mai 2007

Tout est parfait


Il fallait s’y attendre quand un film prend un tel titre « Tout est parfait » c’est que l’orage risque de gronder. C’est le cas. Hier, je participais à titre de figurante au film d’un tout nouveau scénariste et écrivain québécois, Guillaume Vigneault. Oui, oui, le fils de Gilles, auteur de « Carnets de naufrage » et « Chercher le vent », deux livres que, personnellement, j’ai beaucoup aimés. Une écriture intime, une voix qui se tient près du souffle du cœur, un « je » auquel on croit et qui croît au rythme de la nature … humaine. En le lisant, j’avoue que je n’ai pu m’empêcher de penser à son paternel, que dis-je son patriarche (ne serait-ce que pour l’inclusion du mot « patri » !), le flamboyant Gilles Vigneault dont la langue enfle les petites choses quotidiennes sous un chaud vent poétique. Guillaume, auteur de deux romans à succès et ce scénario de « Tout est parfait » est à parfaire un prénom puisque le nom, il l'a déjà !

Ses romans sont des perles de mer, quant à moi. Un style détaillé, précis, très près de la réalité, une aisance pour nager dans les eaux de l’imaginaire avec effluve poétique, ne serait-ce que pour la quantité de symboles qui jonchent le parcours du narrateur. Un journaliste a parlé d’une écriture intuitive, oui, c’est une belle manière de dire qu’il s’ouvre à plus grand que lui. L’histoire est celle d’un jeune barman, Alex, habitant le Plateau, perturbé par une récente rupture amoureuse et qui part à la conquête de soi. Un texte qui réfléchit des miroirs intérieurs pour « Carnets de naufrage » et pour « Chercher le vent » une quête de soi à la limite de la démarche initiatique. En surface, le propos est jeune avec un langage jeune et si on creuse au-delà de cette apparence, il dégage une maturité étonnante ciblant un sujet qui n’a pas d’âge ; la relation amoureuse.

Cette fois, l’écrivain plonge sa plume dans un tout autre médium : le scénario de film ce qui va tout probablement transformer l’écriture de ses futurs romans. Un scénario est un jus concentré de gestes évocateurs, d’images fortes qui doivent remplacer le fameux "mille mots".

« Tout est parfait » est l’histoire de cinq jeunes qui font un pacte de suicide collectif et on suit le deuil de celui qui survit. Le résumé apparaît franchement noir et déprimant mais n’oublions pas que la caméra est centrée sur le survivant, celui qui a trahit le pacte pour plutôt choisir la vie. Pourquoi ? Voilà ce que nous apprendrons par la voix de ce jeune homme qui deviendra complice de la vie, en compagnie de l’ex-blonde d’un jeune suicidé. L’ambiance sur le plateau était très concentré, derrière la caméra, une femme avec des exigences extrêmement précises. Un thème avec des relents dramatiques, il est vrai, mais incontournable si on ne s'enfouit pas la face cachée dans du sable mouvant. Un film prometteur qui sortira en 2008, une première réalisation de Yves-Christian Fournier, un publiciste et documentariste reconnu pour ne pas avoir la langue dans sa poche et tenir mordicus à la qualité de l’image et à l’innovation.

Qui sait, peut-être tout sera-t-il parfait … ou presque !

jeudi 10 mai 2007

Poésie et les livres qui parlent

Vous pensez qu'il y a un lien ? Non. Ce sont deux sujets. Je vous ai bien attrapé hein ? Je suis bloggeuse mais aussi blagueuse !

Je commence par le premier sujet, la poésie, des plus rébarbatif pour certains et pour d'autres, des plus inspirant. Je m'adresse à ces derniers qui auraient une vingtaine de poèmes qui traînent dans leur tiroir. Qui traînent, mettons, depuis pas trop longtemps (qui n'a pas écrit quelques poèmes adolescent-e et pire, adolescent-e en peine d'amour ?). Vous pourriez vous offrir le plaisir de les actualiser ou même les glorifier par un prix qui s'adresse justement à une âme poète qui n’a pas encore été publiée.

Ce prix a été créé afin de favoriser l'écriture et la lecture poétique chez les gens de tout âge. Il se veut un hommage au poète Alphonse Piché et sera remis à la Maison de la Culture de Trois-Rivières lors de l'ouverture officielle du 23e Festival International de la Poésie qui se tiendra dans cette ville, du 28 septembre au 7 octobre 2007. Il est question de 20 poèmes (ou moins) sur un maximum de 25 pages à remettre avant le 30 juin 2007, sous pseudonyme, cette méthode étant toujours rassurante pour l’équité. Premier prix : 2000 $, Deuxième : 500 $, plus invitations (et coucher) pour participer au Festival. Pour plus d’informations : www.fiptr.com

Avant de quitter le sujet POÉSIE pour aborder les livres qui parlent, j’ai une question qui me brûle les lèvres et je l’adresse à priori aux hommes : comment se fait-il que, sur les 17 derniers lauréat-e-s de ce concours, 3 seulement aient été des hommes ???

Bienvenue aux dames (selon l’expression consacrée !) qui veulent tenter une réponse à cette question !

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Par les livres qui parlent, je fais allusion à ces livres maintenant lus, contés ou racontés sur un CD glissé dans la pochette du livre. Je pense, entre autres, à la maison d’édition Planète Rebelle qui utilise cette technique, particulièrement dans le domaine du conte, Fred Pellerin par exemple. Ces livres ne se vendent même pas plus chers - 22.95 $ - que dans le cas d’un livre silencieux. Cela se fait aussi pour les enfants. Et je me dis, pourquoi pas aussi pour les personnes qui ont de la difficulté à lire, dû à un problème de vision temporaire ou plus chronique.

J’aime l’idée de faire parler les livres et je viens de m’acquitter de l’exercice d’en enregistrer un durant trois jours : « Un morceau d’étoile filante » - conte pour enfants que j’ai rédigé voici quelques années. C’est ma solution à une problématique. J’ai envoyé cette histoire à plusieurs éditeurs et quelques uns ont pris la peine de m’expliquer que le sujet ciblait pile les 3 à 6 ans mais que la complexité de l’histoire, elle, rejoignait les 6 à 9 ans. Alors, pourquoi ne pas la rendre accessible aux 3 à 6 ans en la lisant moi-même, me suis-je dit.

J’ai réalisé combien ce n’est pas une mince tâche, j’ai eu un face à face sévère avec le micro. Aucune erreur n’est acceptable - le bafouillage est à la portée de toutes les bouches ! – et il faut lire avec cœur devant un outil si sensible qu’il guette les moindres sautes de voix. Il y a donc une « manière » de lire avec laquelle je me suis familiarisée.

L’expérience m’a fait réfléchir à ce marché du livre avec CD amené très probablement à se développer, ne serait-ce que pour un phénomène incontournable ; la population vieillissante. Il n’est tout de même pas question d’abandonner un loisir aussi enrichissant que celui de lire !

mardi 8 mai 2007

Est-ce que vous connaissez le Festival des écrits de l'ombre ?


Ce Festival, en est à sa deuxième édition et est parrainé par un organisme à but non lucratif. Il a lieu du 19 au 21 mai dans le joli village de St-Antoine-de-Tilly à 60 kilomètres de Québec.

L’idée a jailli en se basant sur des chiffres effarants : 5 000 livres sont publiés chaque année sur les 50 000 manuscrits proposés aux éditeurs. Bien évidemment, c’est loin de signifier que ces 45,000 livres ont rien d’intéressants à offrir ! C’est donc une occasion pour ces auteurs non publiés de présenter leurs écrits (chansons, manuscrits, scénarios de film, poésie) et d’établir un contact direct avec le public. J’ai donc le grand plaisir cette année de faire partie de la centaine d’auteurs inscrits.

Je ne sais pas exactement ce qui m’attend, c’est évidemment toute une aventure. On me promet que c’est un lieu d’échanges effervescents. On nous offre l’occasion de rencontrer le public puisque l’on occupe une table à la Place des auteurs où l’on peut vendre nos manuscrits. Déjà d’échanger avec d’autres auteurs qui sont dans la même situation que soi a quelque chose de ravigotant. Il y a évidemment des ateliers d’information, des lectures de nos écrits, des entrevues et notre fiche d’auteur est jointe au Répertoire 2007, un outil de diffusion. Et pour couronner le tout, c’est la délicieuse et joyeuse Andrée Lachapelle qui en est la marraine cette année.

Je me suis prêtée à l’exercice, au début, avec un peu de tiraillement. « Est-ce que ça vaut la peine ? Qu’est-ce que ça va me donner ? Ça ressemble à s’éditer à compte d’auteurs ce que je n’ai jamais voulu », vous savez toutes ces questions embêtantes que l’on a l’art de se poser. À l’heure actuelle, seulement l’exercice de remplir les exigences : biographie, cheminement littéraire, bibliographie, résumé de l’écrit, etc, je l’ai vécu comme une permission que je m’accordais de naître en tant qu’auteur.

Ça paraît tout simple comme ça mais, on écrit, on écrit et nous sommes les premiers à se plaindre de ne pas être édités, lus, reconnus mais quand arrive le moment de se définir, c’est plutôt vague. Nous sommes face à un choix : rester dans le rêve (et chialer !) ou la réalité (être confrontée !). On prend un risque en s’avançant vers les autres : plaire ou déplaire et entre les deux, le vaste champ de la critique constructive.

Alors, en fin de semaine, j’étais à la préparation « physique » de ces écrits, car il faut bien les endimancher, les enjoliver, leur mettre une jaquette … de jour !

Et vous ? Oui, vous qui aimez écrire et être lu, qui avez un manuscrit achevé ou à l’état potentiel, c’est l’année prochaine, à la troisième édition que vous plongerez ? Et si avant de plonger, vous êtes de ceux qui allez tester le fond de la piscine, eh bien, rien ne vous empêche de venir faire un tour au Festival des écrits de l’ombre !

vendredi 4 mai 2007

De l'âne au coq


Quand l'intention est d'aborder un sujet et puis l'autre, sans suivre d'ordre, quelle importance de placer le coq avant l’âne, voulez-vous bien me le dire ? Je suis certaine que vous n’y verrez que du feu ! "N'y voir que du feu", une autre expression courante. Je me jette sur mon dictionnaire … Mon dieu, à cet instant, combien j’apprécie que le français soit ma langue maternelle ! Une page et demie de dictionnaire pour « feu », combien cela vaut-il de pages en caractère lisible ?! Bien entendu, j’ai du lire tout, absolument tout, pour arriver à la fin à un « n’y voir que du feu » : ne rien y voir (dans le sens d’éblouir). Tout cette lecture pour ça ! Soit que je change de dictionnaire, soit que je m’adresse à quelqu’un qui a plus d’imagination, ou de connaissance, ou un meilleur dictionnaire. Parce que ici, nous faisons au moins un feu par jour (n’ayez crainte dans un foyer de masse !) et je n’ai jamais été ébloui par le feu. Je peux partir dans la lune en le fixant longtemps oui, mais éblouie jamais. M’échappe la filiation du mot. Y aurait-il un détective de la lettre à l’écoute ... ? En attendant, puisqu’il faut bien attendre, j’ose une conclusion intempestive sur l’extrême adaptabilité de la langue. Comme pour le principe du jeu du téléphone, les expressions se transforment à l’usage, et rapidement à part ça, et nous avons la surprise de réaliser qu’à la source l’expression n’avait pas ce sens. Et pourtant, tout le monde comprend le nouveau sens adapté. C’est pour dire que se sont les utilisateurs d’une langue qui ont le dernier mot.

Mais ce n’était pas là mon dernier _ _ _. Le paragraphe précédent était de l’imprévisible, il est donc grand temps que je m’attaque à mon prévu qui était à saveur de coq à l’âne, vous vous rappelez ? Quant à être dans les mots, parlons mot de passe dans le Passe-mot. Une personne m’a raconté sa tentative d’ajouter son commentaire au Passe-mot ce qui est, à mon avis, très très louable ! Quand il lui a été demandé son « Mot de passe », elle a figé (j’ai beaucoup d’imagination) et a tout interrompu. Elle ne connaissait pas « notre » mot de passe ! Elle a eu l’impression (toujours l’imagination) de ne pas faire partie de la gang des amoureux de la lettre puisqu’elle ne connaissait pas LE mot de passe. Il est temps que je dise un mot sur le sujet, et pas un mot de passe, même si c’est le Passe-mot. Il n’y a pas de « Mot de passe » prédéterminé. Imaginez-en un ! Votre auteur préféré mettons. Ou le nom de votre chat, s’il a une connotation littéraire … je blague. N’importe quel mot qui vous inspire, excepté « feu » … J

Pour terminer, même si je n’ai pas abordé tous les ingrédients de mon coq-à-l’âne (ils l’écrivent comme ça aussi dans le Larousse) je ne peux passer sous silence la lecture sur scène par Jean L’Italien et Bernice Hamel (initiatrice du projet) d’un échange de lettres « Le grand amour Monet-Chartrand » à l’Église de Richelieu. J’ai réalisé en l’écoutant combien ces lettres m’ont marqué dès une première lecture dans « Ma vie comme rivière ». Elles se sont ancrées en moi. Un hommage mérité et respectueux pour cette grande dame, Simonne Monet. Un incident m’a particulièrement touché, Michel Chartrand, dans toute la fragilité de ses 90 ans, s’est levé de son banc un peu avant la fin et de son propre-chef a décidé d’aller donner la main à chacun des participants. Ceux-ci accueillaient ces remerciements l’air un peu éberlué. Une bonne âme lui a tendu le bras pour aller le reconduire et ainsi pouvoir donner le mot de la fin.

Quant à moi, c’est Michel Chartrand qui l’a eu le mot de la fin.

Sachons accueillir l’imprévisible, de toutes manières, les événements de la vie se présentent de l’âne au coq !

Venise

mercredi 2 mai 2007

La libellule des Correspondances


Je ne pense pas vous avoir déjà dit ce qui m'a attiré vers Les Correspondances d'Eastman. Je ne pense pas non plus être en mesure de tout expliquer. Surtout pas ! L'inexpliqué se nourrit à même les coulisses de la Vie et j'ai beaucoup de respect pour les coulisses, là où les gens se concentrent avant d'exposer le meilleur d'eux-mêmes.

Une chose dont je suis certaine ; il y avait plusieurs correspondances dont ce symbole de la libellule, attaché Aux Correspondances d’Eastman. Avant même de mettre une première fois les pieds à Eastman, lorsque j'avais à utiliser un pseudonyme, je signais "Libellule". Une correspondance de plus !

Mais pourquoi la Libellule ? Pour moi, c'était l'attraction vers ce bel insecte si à son affaire, capable d'être aérien, malgré son imposant volume. Et puis s'y cache aussi le mot "Libelle" qui appelle un court texte, satirique, dit mon Larousse. Je n'écoute pas toujours les Larousse et j’habille aussi le libelle d’atours sarcastiques autant que tendres, selon la rondeur de la lune. Pour les Correspondances d'Eastman, j'imagine qu'a beaucoup joué la classique symbolique occidentale évoqué par la libellule : fragilité, complexité, simplicité, rapidité, liberté, vivacité, vie. Nous aimerions tous nos écrits empreints de ces attributs, non ? Et puis, bien sûr, la libellule voyage en grand, par bonds et par ponts, d’un jardin d’écriture à l’autre. C’est un insecte qui emplit discrètement l’air et, en astrologie, les signes d’air (verseau, balance, gémeaux) sont les signes de la communication.

Et pour qui cela fait un sens, je suis verseau, ascendant balance, ce qui explique peut-être pourquoi j'aime passer le mot.

mardi 1 mai 2007

Dites-moi comment vous lisez, je vous dirai qui vous êtes !


La traduction est une histoire d’amour. Quand j’ai lu ce titre pour la première fois, je l’ai pris au mot et suis passé à côté ; je cherchais un roman. C’est un roman ! D’un auteur québécois (et pourtant pas de la dernière cuvée) que je ne connaissais pas du tout, Jacques Poulin.

J’ai osé le choisir parmi tant d’autres sans même le connaître. Je vis dangereusement ! Il y a quelque chose d’excitant de risquer une lecture dans une librairie. C’est quand même plus compromettant qu’à la bibliothèque ! Bouquiner, c’est relaxant. Explorer pour acheter, c’est un peu plus stressant. L’idéal est de partir avec l’idée de bouquiner seulement et tout à coup ressentir l’impérieuse envie de se sauver avec un livre, de l’apporter dans son univers. De l’adopter.

J’ai adopté « La traduction est une histoire d’amour » et nous en sommes à l’apprivoisement, lui et moi. Il doit se faire rapidement, j’en suis à la page 25 et il y en a 131. On a pas toute la vie ! J’ai failli pourtant failli choisir une longue vie, une moyenne brique intitulée « La troisième lettre » (ça m’attire les lettres, moi !) et puis j’ai opté pour ce livre, que dis-je ce livret, avec son format enveloppe (rectangulaire) qui se tient bien en mains. Si léger qu’il m’a semblé que la lecture en serait légère. Elle l’est. Trop peut-être mais elle l’est. C’est de la belle littérature ronde en bouche. Des mots qui se disent bien dans la tête. Des mots qui passent bien d’une tête à l’autre.

Comment choisir un livre ? À l’ère des conseils, des mises en garde, des modes d’emploi, personne, à ma connaissance, n’a jamais donné d’instructions à cet égard. À part les suggestions de lecture dont, bizarrement, on ne se souvient jamais le temps voulu.

J’imagine que c’est parce qu’il y a autant de manières de choisir un livre que de personnes.

Comment choisissez-vous les vôtres ? Avez-vous un comportement prévisible ? Aimez-vous votre manière de procéder ? Aimeriez-vous en changer ? Avez-vous des regrets, des hantises, des coups de cœur ? Lisez-vous du usagé, du neuf ? Les portez-vous rapidement à vos yeux ? Vous attendent-ils en ligne ? En pile ? Êtes-vous boulimique, infidèle, monogame, échangiste ? Êtes-vous capable de claquer la couverture au nez d’un auteur ? Combien de pages accordez-vous à la conquête ? Avez-vous un livre de chevet et combien de temps le reste-il ? Lisez-vous du mince, du épais, du fictif, de l’essai, de la biographie, des lettres … Alouette !

J’aurais pu continuer ainsi longtemps. C’est une belle manière d’aborder, de rencontrer, de connaître l’autre. Il y a de plus en plus de personnes seules et de moins en moins de club de lecture. Bizarre. Tiens, une petite dernière : Connaissez-vous quelqu’un (vous incluant !) qui fait partie d’un club de lecture ?

RSVP (allez, au moins une !)

Venise